Dimanche 19 avril 2009 7 19 /04 /Avr /2009 23:40

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Non, non, je t’assure, Jeff, t’es… Un mec absolument adorable. Gentil comme cela n’existe plus. Le moule il est cassé, à ce que l’on dit. Absolument adorable, j’insiste. Seulement voila…

Seulement, voila. JE pédale dans la choucroute. Je. Moi. Seul responsable. J’ai pourtant horreur de faire du mal. « On » peut me reprocher beaucoup de choses. « On » peut n’éprouver que du mépris pour mon égo exacerbé. Sans doute. Peut-être. Certes. Sûrement. Probable. Evidemment. Mais personne ne peut dire que je suis méchant. J’en suis hélas incapable. HELAS ! C’est vrai. Il m’est arrivé d’être envieux en voyant quelqu’une prendre son pied en lançant des vacheries cinglantes. Au point d’en mouiller sa culotte de plaisir. Si, si ! Envieux mais résigné : je sais bien que l’on ne peut pas demander à un hippopotame d’escalader les rochers de la forêt de Fontainebleau ! A chacun son domaine. Moi, c’est plutôt dans le genre roulé dans la farine et passé à la moulinette du ridicule que je me sens dans mon élément. La méchanceté, ce n’est vraiment pas mon terrain. Trop dur à escalader, pour quelqu’un qui, comme moi, est sujet au vertige.

Seulement, voila. Je ne vis pas des choses faciles en ce moment. Je ne supporte plus ces échecs à répétition. Je ne supporte plus de gâcher la marchandise. Et c’est volontairement que j’utilise cette expression triviale. Je suis comme tous les mauvais ouvriers, qui, pour expliquer la médiocrité de leur production, accusent la mauvaise qualité de leurs outils. Oui, je gâche la marchandise.

De temps en temps, j’essaye de m’instruire en profitant chez Dominique d’une séance de rattrapage d’une série américaine diffusée, je crois, sur une chaîne cryptée : « Queer As Folk ». Les aventures d’un groupe de pédés en folie. Tous plus canons les uns que les autres, ces gays trentenaires. Dans le dernier épisode, l’un d’eux est dragué par son toubib « chiropracteur ». Discussion entre potes : « Oh, c’est un vieux ! Il a au moins la quarantaine ! »…  J’ai senti comme une baffe. Allez savoir pourquoi !

Surtout, n’allez pas voir dans ma phrase une énième pirouette montrant une distanciation, oh combien, de bon aloi ! Non ! J’ai été mal, vraiment très mal. Une violente nausée, un profond dégout de moi-même. Exactement ce que doivent ressentir ces jeunes éphèbes qui se sentent déshabillés par mon regard de gros vicelard… La nausée. Le dégoût. Je le sais. Je l’ai toujours su. Jusqu’à présent, j’ai juste essayé d’en faire abstraction. Il y a juste un moment où les œillères deviennent insupportables.

Dans un premier temps je me suis demandé pourquoi j’avais de tels états d’âme et je ressentais cet écœurement là, justement maintenant, alors que dans ces dernières semaines quelques jeunes et beaux mecs se sont jetés, D’EUX-MÊMES, dans mon lit ? Ce premier temps fut très court. Je ne sais pas me mentir. C’est un autre de mes défauts. Car je le sais bien ! Ce n’est pas mon « ami d’amour », ce n’est pas l’un de ces deux ou trois jeunes étudiants lecteurs du blog qui me manifestent de temps en temps leur admiration, ce n’est pas mon jeune lycéen, éphèbe énamouré, qui me tient la jambe pendant des heures sur MSN, ni même l’un ou l’autre de ces trentenaires que je croise sur les lieux de drague qui s’est jeté dans mes bras ! Non. Ce sont des jeunes en galère. Très jeunes, et très en galère. Attention ! Je ne dis pas non plus que j’abuse de la faiblesse de garçons en difficultés ! Non. Même pas. Ce serait peut-être être moins salop. Je brille, et j’éblouis des cibles trop facilement bluffées. En faisant semblant de ne pas en profiter, de toujours veiller à les laisser libres de leurs choix.

Et j’empaquette le tout avec pleins de flonflons pour ici ! Pas très ragoûtant. Vraiment.

Et Jeff dans tout ça ? Ah, oui ! Je voulais parler de Jeff dans ce billet. Ah ! J’ai du mal ! Hein ! Dur, dur, la confession ! Jouer au mec bien pendant des jours et des jours, et puis, pfffff….

Des mois que je rencontre Jeff régulièrement, sur le circuit des initiés. On se croise. Bonjour, bonsoir, rien de plus. Il a une bonne bouille, Jeff. Je me suis même souvent dit qu’il a dû être très beau mec. Il a de sacrés beaux restes. Une chevelure abondante grisonnante et ondulée, un regard perpétuellement rieur, un sourire que je qualifierais même de craquant, toujours des tenues décontractées ou sportives. L’allure générale n’est vraiment pas mal du tout. Dommage qu’il soit vieux, me disais-je de temps en temps, après une petite discussion à bâtons rompus. Je l’aurais rencontré un peu plus tôt… et il n’était pas rare que ce genre de réflexions soient immédiatement suivies d’un petit coup de culpabilité : « Et toi, tu n’es pas vieux, connard ! » Et aussi : « Lui au moins il s’entretient et a un physique agréable. Même quand il aura ton âge, il sera encore potable »…

C’est con, je ne sais pas comment dire. Des fois l’idée que si j’étais un jour obligé… Avec un vieux… Lui, peut-être… Me traversait l’esprit…

N’importe quoi !

Un jour nous avons parlé un peu plus que de coutume. Par surprise, j’ai reçu la plus magistrale baffe imaginable. A peu de choses près, Jeff et moi avons le même âge ! Marié, des enfants, et tout, et tout… Il m’avait déjà fait comprendre à plusieurs reprises que lui de son côté, il aimerait bien… Scié. En état de choc, je lui ai donné mes coordonnées pour qu’il vienne, à l’occasion, « discuter » à la maison.

N’importe quoi !

Jeff est venu passer un petit moment un après-midi. C’était prévu. Il ne se posait pas de question, et espérait un petit câlin. C’était couru. Je n’ai pas osé dire non. C’est incroyable. A part un œuf colonial que j’ai trouvé particulièrement disgracieux (Il ne doit pas faire le dixième du mien, à moi !), il est particulièrement bien fichu. Un corps totalement imberbe et très doux, une très grande sensualité, une forte sensibilité aux caresses.

Je suis resté de marbre. Désespérément. J’ai fait ce que j’avais à faire, à savoir ce qu’il attendait de moi. Mécaniquement. Je lui ai donné du plaisir. Sans émotion, sans âme. Je me suis vu dans la peau de ces jeunes qui se soumettent à mes désirs graveleux. Sous couvert de romantisme. Et je me suis dégoûté.

C’est clair. Dans cette histoire, j’ai voulu me punir. J’ai même cru pouvoir m’avilir. Mais Jeff a trop de gentillesse. Il n’a rien exigé, ni montré aucune déception. Il a pris les choses comme elles venaient, simplement. Et moi, je m’en suis voulu. Je me suis encore plus détesté. Je n’ai progressé en rien. M’obliger à caresser un homme de mon âge, même s’il semble bien avoir facilement dix ans de moins que moi, ne résolvait en rien ma problématique. J’aime les jeunes éphèbes. A en crever.

 Crever, je dis. Le jour où je partirai, ne cherchez ni pourquoi, ni midi à quatorze heures : j’aurai perdu tout espoir d’avoir ma dose de survie.

 

Cette après midi, Aziz et moi avons jardiné. Sa copine, installée au soleil sur un fauteuil de jardin nous regardait bosser. C’est leur problème… Je me foutais éperdument de ne pas être seul avec mon locataire. Là, torse nu, avec la puissance et l’efficacité que j’avais déjà constatées, il a bossé comme un acharné. Et je fondais en regardant ce buste de porno star, sa plaquette de chocolat impeccablement dessinée, ses hanches étroites, ses pecs et les muscles des bras bandés par l’effort. Il était beau, et moi, j’étais aux anges.

Bien entendu, il ne m’aurait pas déplu de le prendre dans mes bras !… Bien entendu, j’aurais bien envoyé sa nana sur la lune sans billet de retour ! (Il l’a envoyée faire je ne sais quelle course, mais la pause n’a été que de courte durée…)

Bien entendu. Mais je préfère, oh, combien ! Ce simple plaisir des yeux que de faire n’importe quoi avec n’importe qui… Je n’ai pas vraiment ressenti de frustration. Je me sentais bien, entouré de jeunesse.

Non, non, je t’assure, Jeff, t’es un mec absolument adorable. Je ne sais pas si tu liras ce billet. C’est possible, puisque je t’ai indiqué le chemin. Mais ce n’est pas toi qui es visé ! Tu es un garçon charmant. Et si j’étais tant soit peu normal, je devrais me réjouir d’avoir réussi à éveiller ton intérêt.

Mais je ne suis pas normal. Je vais avoir soixante quatre ans quand cet effroyable mois se terminera, et mon cœur ne bat la chamade que pour des partenaires qui ont, au maximum, la moitié de mon âge. C’est même mieux si j’ai celui d’être leur grand-père.

Je ne suis pas normal. Je ne sais pas comment tout ça se terminera.

Pour le moment, je vis. J’ai remis les œillères en place.

(Illustration : Paul Cézanne - 1899 - Ambroise Vollard)


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Bonjour...

    Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...

     

Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
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      1er Février 2012
Je suis de retour dans le Royaume depuis un mois.    
      J'ai entrepris les démarches pour obtenir le statut de résident étranger au Maroc.
      Je ne peux plus me cacher derrière mon petit doigt : C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Je ne veux plus me torturer. Dans quelques mois peut-être, lorsque la France sera redevenue une République ouverte et démocratique...
. Pour l'instant je veux vivre. Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, ici, maintenant.    
Je baigne dedans.    
       
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  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, je redécouvre l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune !

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. Je verrai.

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