e soleil est au rendez-vous. J’ai au moins réussi ça. Depuis que je suis tombé sur ce vieux grimoire au fin fond du grenier, je m’acharne à vouloir en dépecer tous les secrets. Mais
il rigole, sévère. C’est lui qui fait ce qu’il veut, et non moi qui donne des ordres. Comment ai-je pu croire ?... Ne venez plus me parler de l’expérience ! Des vieux ! De
l'enrichissement de la vie ! Des sages ! Mon cul, oui !
Justement, celui-là ! Il ferait mieux de rester à sa place !
Après avoir fait la fête, il y en a qui disent qu’ils ont la tête dans le cul.
Moi, j’ai en permanence le cul dans la tête. Je ne suis pas à la fête.
e n’est pas pratique de monter dans ce grenier. Les rares fois où j’avais passé la
tête par la trappe, il m’avait semblé vide, royaume des courants d’air et des rats. Je n’ai aucune raison d’y traîner mes guêtres. Sauf ce jour là, à cause d’une fuite, au cours d’un violent orage. Une tuile déplacée. Toujours sujet au vertige, je suis monté voir si je pouvais faire quelque chose depuis le grenier. J’ai dû ramper dans un
recoin peu accessible. Sous un tas de poussières et de brindilles, j’ai aperçu cette vieille boîte à gâteaux métallique. Même à plus de soixante berges, on peut rêver au trésor sans être vraiment
ridicule, n’est-ce pas ? Mon cœur s’est mis à battre la chamade. Je me suis fortement cogné la tête en voulant m’asseoir trop rapidement. La chose était assez lourde. J’étais fébrile en
essayant d’arracher le couvercle collé par la rouille. Et puis brusquement cet étrange grimoire s’est retrouvé entre mes mains. Une couverture pleine peau, un titre incompréhensible écrit dans un
mystérieux alphabet. Du doré survit en partie sur la tranche et dans le creux de certaines lettres. Une ferrure minutieusement ouvragée entoure l’ouvrage et est fermée par une serrure imposante.
Intimidante. La clef est dessus. En place.
Si seulement je savais tourner cette clef du bon côté. Ouvrir la porte de l’espérance !
Je n’ai pas osé. Je suis redescendu, manipulant avec précautions l’objet miraculeux. De retour dans mon salon, assis sur le canapé, le grimoire posé sur la table de verre, je suis resté des
heures, sans bouger, recueilli. Surtout pas rêveur ! Non ! Surtout pas !
J’ai toujours eu horreur des Châteaux en Espagne. Pragmatique. Matérialiste et
pragmatique.
Bon, ok… Mais quand je me suis décidé à tourner la clef… Que le livre s’est ouvert… J’ai bien dû me rendre à l’évidence ! Il s’agissait bien d’un vieux, vieux grimoire contenant à coup
sûr des formules magiques. De toutes sortes ! Il doit y en avoir pour tous les cas, toutes les situations, pour satisfaire tous les besoins imaginables ! Le challenge serait de
trouver quoi pour quoi, quoi pour qui, qui pour quoi, et le reste. Je suis têtu, vous le savez. Je trouverai.
Mais comment ? Comment diantre ? Il est vrai que Saint Rémy de Provence, fief de Nostradamus n’est qu’à une vingtaine de kilomètres d’ici. Ceci doit expliquer cela. Et puis,
qu’importe ! Le ciel, auquel je ne crois pas, me fait un signe. Je prends. Je verrai bien la suite…
Et que l’on ne vienne pas me parler de livre de recettes de cuisine, non mais !
’ai toujours eu horreur des Châteaux en Espagne. Pragmatique. Matérialiste et
pragmatique. Oui, matérialiste et pragmatique, mais lucide.
Je suis têtu, je trouverai. La preuve. J’en avais marre de ce temps pourri. Jamais, depuis que je suis ici, je n’ai vu autant de pluie sur une aussi longue période. Alors j’ai ouvert le grimoire.
J’ai trouvé un texte très court, énigmatique, mais avec comme enjolivure un magnifique soleil resplendissant. J’ai eu beaucoup de mal à le lire. Alors j’ai fait semblant, en modulant savamment ma
voix. J’ai bien senti que quelque chose se passait !
Le soleil est au rendez-vous. J’ai au moins réussi ça.
este à vérifier le deuxième volet de l’incantation.
J’ai demandé un beau
iquet.
Je n’ai même pas eu le temps de faire le tour complet des quais. J’ai tout de suite vu ces deux freluquets. Pas un biquet ! Deux ! Trop fort. J’ai dû mal lire l’un des mots du quatrain.
Ou le grimoire fait ce qu’il veut. Il croit peut-être m’impressionner ? Je suis un vieux de la vieille, moi ! Il m’en faut plus pour me laisser pantois !... Ils sont mignons, en plus,
ces marmousets !...
Là, plus besoin de vieilles écritures. Je vais sortir mon grand jeu. Je vais mettre en branle les violons, faire frissonner les échines, faire vibrer les petits cœurs. Ça, je réussis assez bien.
Ils sont mignons, mais surtout, d’évidence, ils aiment qu’on les admire. Du billard pour moi !
Plus de trois heures qu’ils ont accepté de venir boire une bière à la maison. Coup de foudre réciproque. Ils sont adorables. Ils me trouvent super. Classique. Courant. Normal. Des tas de projets.
Nous n’arrêtons pas de faire des plans sur la comète. Géant !
Ce grimoire est vraiment super ! D’ailleurs, nous sommes en train de devenir potes. Nous discutons de plus en plus souvent ensemble.
Oui ! J’ai dit des tas de projets ! P.R.O.J.E.T.S ! C’est clair il me semble ? Pourquoi vous venez me parler à nouveau de Châteaux en Espagne ? Je le sais bien que c’est
le titre ! Mais là, je parle de projets ! Tout ce qu’il y a de plus sérieux !
ounir est d’origine marocaine. Lui a choisi d’être français, mais toute sa famille
est retournée vivre au pays. Et dans dix jours une de ses sœurs se marrie. Il est triste. Il voudrait être auprès d’eux ce jour là. Mais il n’a pas un sou vaillant. Il a envoyé le peu dont il
disposait par mandat express. Pour le cadeau. Il me montre les papiers et tout et tout (comme dirait mon fiston !). Et moi qui rêve de découvrir ces pays du soleil ! Qui en rêve
tant !
J’en suis sûr : c’est le grimoire qui m’a soufflé la solution. Je paye le voyage pour nous deux, et Mounir m’accueille dans sa famille pour la durée du séjour. Marché équilibré :
voyageant seul, l’hébergement me coûterait au moins aussi cher que le prix de son billet pour la traversée. Lui me booste, m’obligeant à organiser un voyage que je suis pour le moment incapable
d’entreprendre seul.
agnant, gagnant.
ziz est originaire d’une autre région du Maghreb. Les voyages, ce n’est pas vraiment
son truc. Il aime bien rester ici, chez lui. Ce qui l’intéresserait, c’est de pouvoir travailler. Ça, oui. Marre des plans galère ! Il s’est spécialisé dans le bâtiment. Ça a marché, un
certain temps. Et puis un piège a cons. Une sous-traitance au black, pour améliorer les finances. Et le piège. L’entreprise donneuse d’ordre qui se plante lamentablement, en laissant une énorme
ardoise sur ses frêles épaules. Galère. Enorme découvert. Aucun droit, bien entendu. Marre de tirer le diable par la queue.
Et cette maison, ma maison, qui lui redonne la niaque ! Il y a tant de choses à faire ! Mes projets deviennent les siens. Il va m’aider. Il m’offre ses compétences. Son enthousiasme
m’obligera à avancer dans ces, dans ses, dans mes projets.
agnant, gagnant.
Voyez, je dis bien projets ! Cessez de ricaner en marmonnant je ne sais quoi sur l’Espagne !
Je maîtrise de mieux en mieux le grimoire. Je tire tous azimuts, sur tout ce qui bouge. Un peu d’ivresse, se pourrait bien... Heureusement que ma grande expérience me permet de tenir le cap en gardant la tête hors de l’eau. Sinon, pour un peu, je me laisserais déborder !
Mounir vient souvent me voir. Plusieurs fois par jour. Nos projets avancent. Il me guide dans cet univers complètement abscons pour moi. Agences de voyage. Compagnies de navigation. Ports de
départ. Ports d’arrivée. Le rêve est déjà là. Je sens déjà l’odeur du sable chaud. Je vois presque le légionnaire…
atatras…
Je ne vous permets pas de rire ! Et ne parlez pas de cartes, ni en château, ni en Espagne… Euh… Ne parlez pas de château, ni de cartes, ni d’Espagne ! Vous n’avez pas le droit ! De
toute façon vous arrivez trop tard. Le grimoire, il m’a tout dit. Il m’a tout expliqué. Que c’était quand même bien de ma faute, tout ça, cette histoire de manque de passeport. Que j’avais une âme trop sensible. Que je ne pensais qu’au chagrin de Mounir qui ne pourrait pas assister au mariage de sa sœur. Que, mais non, ce n’était pas
que j’avais été troublé outre mesure lorsqu’il avait enlevé le haut pour me montrer l’immense cicatrice qui suivait l’axe vertical de son torse, suite à une grave intervention chirurgicale, il y
a un an. Que bien sûr, il y avait la cicatrice, mais aussi un buste magnifique, des pecs impecs, des abdominaux frémissants aux dessins juste accentués ce qu’il faut par ce bourrelet livide et
par la trace des agrafes ; un ventre, mmmm, un ventre… Un ventre, quoi ! Relativement commestible. J’avais été un peu troublé, ouais, mais ce n’était pas pour ça que j’avais fait
réparer sa voiture et que je lui avais prêté ces six cents euros... Non. C’était pour qu’il puisse assister au mariage de sa sœur. Et il m’a juste remercié d’un baiser. Sur la joue. Comme un bon
petit qu’il est.
D’accord. Je me suis fâché quand ce satané grimoire s’est mis à ricaner. J’ai eu une grosse colère. Je n’aime pas que l’on se moque de moi, surtout lorsque je ne sais pas pourquoi ! Il m’a
gâché le plaisir, ce foutu bout de papier chiffon ! Je n’en ai plus dormi pendant plusieurs jours. Je ne sais pas pourquoi, dès que le sommeil se faufilait entre les draps et les
couvertures, je voyais une tempête en mer, ou je recevais la visite de policiers qui me baragouinaient une sordide affaire de drogue ramenée de là-bas grâce ou à cause de mon argent. Ou
j’entendais Mounir totalement ivre et plombé rire aux éclats avec des camarades au sujet de je ne sais quelle vieille pédale.
C’était l’enfer. J’ai même failli aller jeter ce vieux manuscrit à la déchetterie, loin, loin, là-bas… Mais je me suis dit qu’il pouvait m’être encore utile. Alors je lui ai juste fait la gueule.
Je l’ai remis dans une boîte métallique, et hop ! Tout en haut de l’armoire ! Je ne lui ai plus parlé pendant tout le voyage de Mounir.
Non mais !...
Un après-midi, je me suis retrouvé nez à nez avec mon voyageur. Il était revenu. Sans m’appeler. Sans venir me voir. Il était pressé. Il m’a dit qu’il me ferait signe, bientôt. Bientôt.
J’attends. Je suis allé rechercher le grimoire et je l’ai grondé, mais grondé ! J’étais très en colère. Je lui ai reproché de ne pas m’avoir prévenu. D’être un faux frère. Je n’ai pas tout
compris de ce qu’il marmonnait entre ses pages. Quelque chose comme « Il n’y a de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ». J’ai pas bien compris ce qu’il voulait
dire.
Nous nous sommes fait la gueule quelques temps. Mais je ne sais pas rester longtemps rancunier. Je me suis quand même bien promis d’être très parcimonieux dans mes sollicitations magiques. Chat échaudé…
n jour, Aziz a débarqué. Comme ça, il venait aux nouvelles. Il n’avait pas revu
Mounir depuis l’après-midi de notre première rencontre. Il ignorait tout du voyage. Il m’a traité de « crédule » ! Tu parles d’une entrée en matière ! Pour ma part, je faisais
encore la gueule à l’espèce de parchemin millénaire. Je l’avais remis en haut de l’armoire.
Voilà. J’ai pris mes décisions tout seul. Comme un grand autonome qui a de réelles aptitudes à une authentique initiative. J’ai écouté. J’ai réfléchi. J’ai décidé. Seul.
J’allais louer gratuitement à Aziz une des chambres du bas. Oui, bon enfin, je me comprends. J’allais prendre une fille au pair, mais en l’occurrence ce serait un jeune homme. Plutôt bien fait de
sa personne. Qui paierait en nature. Mais non ! Qu’est-ce que vous allez penser là ! Je ne suis pas comme ça, moi ! Aziz en compensation de l’hébergement ferait un certain nombre
d’heures de travaux d’intérêt public à mon usage personnel : jardinage, petits travaux de maçonnerie, entretien… Un nombre d’heures bien précis, déterminé. Pas d’arnaque. Donnant-donnant. Je
suis sérieux, moi, monsieur ! Et surtout honnête. Hélas !
ous avions bien des choses à mettre au point. La rencontre allait se prolonger. Aziz
souhaitait faire un saut chez les amis chez qui il résidait avec sa copine pour prévenir tout le monde qu’il resterait absent tard. Bon, si c’est lui qui le dit… Moi, pendant ce temps là, j’en
profitais pour renouer le dialogue avec le contenu de ma boîte en fer blanc. Quand même ! « Fais gaffe, que je lui ai dit, j’ai pris là une décision raisonnée et raisonnable, tu as
intérêt à m’accompagner et à m’aider ! Pas à me mettre des bâtons dans les roues ! Ni me fourvoyer dans un quelconque château ibérique ! »
Non, mais… Je sais être autoritaire quand il le faut !
Aziz revenu, nous avons précisé les modalités et clarifié les conditions tout en mangeant. Soirée éminemment agréable. Ce garçon, beaucoup plus mature que Mounir est d’un commerce fort plaisant.
Il gagne à être rencontré seul. A être mieux connu. Les choses se précisaient. Tout me semblait clair, honnête. Contrat mis noir sur blanc. Pas d’entourloupe. Période d’essai. « Bail »
trimestriel tacitement renouvelable. Impec. Rien de graveleux. Choses dites franchement et clairement de part et d’autre. Il sait ce que je suis. Je sais qu’il a une copine et une bonne bande de
copains plus ou moins machos.
Sacré grimoire ! Il a décidé de me faire languette… Je vous jure !
n soir, Aziz m’a téléphoné pour me demander s’il pouvait venir manger… Avec un
copain ! Ben voyons ! Les amis de mes amis étant mes amis, j’ai fait une énorme platée de pâtes. Généreuse. J’avais vu un peu juste. Ils avaient vraiment faim !
Et ce chameau s’est pointé avec celui qu’il m’a présenté comme un de ses deux meilleurs amis. T. est un peu plus jeune qu’Aziz. J’ai eu le souffle coupé. La chique coupée. Les jambes coupées. Le
reste coupé aussi. J’étais en mille morceaux. T. est super canon. C’est peu de le dire. Ce n’est pas racontable. Ces grands yeux noirs bouleversants. Ce grand corps félin et sensuel… Je ne vais
pas dire que je n’en dors pas la nuit : au contraire ! J’en rêve toutes les nuits. Il y a des moments où je me fais peur. Généralement, aussitôt après je me trouve ridicule. A gerber.
Ou à envoyer direct à l’hospice…
Sacré grimoire ! Je suis sûr qu’il a voulu se venger de sa mise en quarantaine ! J’appréhende de rencontrer T. . Je perds tous mes moyens. Je bégaye. J’oublie ce que j’ai à dire, je
rougis… Sacré grimoire ! Je lui explique que ma demande est beaucoup plus modeste. Je ne veux pas collectionner les supers coups ! Je voudrais en réussir un bien. Très bien même. Comme
si j’étais de nouveau jeune. Mais il refuse de me révéler la formule magique. Je passe des heures à déchiffrer ces pages calligraphiées. C’est qu’il faut que je sois prudent ! Va savoir ce
qui peut se cacher dans ces formules magiques ? Quand je crois avoir trouvé, je travaille très méthodiquement les incantations sélectionnées. Des fois… Un simple problème d’accent, et,
pffff… l’escargot rentre dans sa coquille au lieu de…
J’ai vraiment un problème d’accent.
e travaillais dans le bureau. Aziz jardinait. J’ai entendu quelqu’un lui demander si
j’étais là… Quoi ? Qu’est-ce ? Axel ! Mon beau quadra au corps d’éphèbe. Je l’ai fait me rejoindre. J’avais prévenu Aziz : je n’allais pas changer mon mode de vie parce qu’il
était là. Nous étions d’accord. Axel avait été particulièrement émoustillé par le jeune mâle torse nu qui l’avait accueilli… Nos retrouvailles furent particulièrement grandioses. Enfin, presque.
J’ai juste eu un petit problème d’accent. Sacré grimoire !
quelques temps de là, un début d’après-midi, j’étais seul en train de
travailler devant cet écran lorsque la sonnette m’a fait sursauter. Je me préparais à envoyer balader le démarcheur quelconque, il n’y avait jusqu’à ce jour que ce genre de personnage pour me
rendre visite dans la journée. Mais de loin, la silhouette m’intrigua, et ce visage barbu ne m’était pas totalement inconnu… Ahmed a laissé pousser sa barbe ! Et en plus il était
parfaitement à jeun ! Je n’arrivais pas à y croire ! Oh ! Que j’ai maudit ce putain de grimoire ! Erreur d’incantation, d’accent, ou de dosage, la formule magique ne fut pas à
la hauteur de mes espérances. Ou ces dernières ne furent-elles pas soutenues par des arguments ayant toute la fermeté requise. J’en ai beaucoup souffert. Ahmed en a été déçu. Encore. Pourtant,
cette fois il s’avéra tendre et attentionné. Patient. Affectueux. A défaut de le posséder, je rendais hommage du mieux que je le pus à ce corps magnifique. Son dos m’impressionna
particulièrement. Il est splendide, et d’une douceur inouïe. Je n’avais pas pu l’apprécier vraiment dans les rapports précédents, un peu trop musclés à mon goût… Là, je ne me rassasiais pas d’y
promener le bout de mes doigts et mes lèvres. Comme à chaque fois, Ahmed me fit don de sa jouissance, paisiblement, sereinement. Comme un baume sur notre déception commune.
Sacré grimoire ! Il doit bien rigoler ! Dire que d’aucuns ont besoin, pour s’offrir de petits frissons, de se raconter des histoires de monstres, de fantômes et de farfadets ! Moi,
je n’ai pas besoin de tout ça. Un vieux parchemin, un vieux corps, une vieille vie. Et c’est à pleurer. L'horreur garantie. Dire que là, ces dernières semaines, j’ai tenu dans mes bras plus de
jeunes et jolis garçons que dans les dix dernières années de ma vie antérieure ! Et pas une fois, vous entendez, pas une fois, je me suis montré digne de ce que la vie consentait encore
à m’offrir.
Je ne construis des châteaux que pour les démolir. Pauvre Espagne ! C’est à pleurer.
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Depuis le début : 20114
En ligne : Selon OB : 2
Fin Novembre 2010 je rencontrais mon Chérubin.
Aujourd'hui il approche de ses 25 ans, et j'ai moi-même dépassé les 68 bougies.
Depuis plus de deux ans et demi, je vis la relation à laquelle je n'ai jamais réussi à croire.
Et alors ?
Je ne fanfaronne pas. Je ne m’affiche pas : moins d’une quinzaine de lecteurs aborde ces pages, la très grande majorité ne dépassant pas l’affichage issu d’une requête vaseuse dans un quelconque moteur de recherche.
Les rares lecteurs réguliers attendent probablement la fin de l’histoire. Avec plus ou moins de sadisme, plus ou moins de curiosité.
C’est curieux. Je ne veux plus penser à ceux qui me lisent, d’où l’épuration en cours de la mise en page, et en même temps je suis incapable de fermer le blog. Encore moins de tout détruire. Fétichisme ?