J’étais tout songeur et rêveur ce matin, hésitant à raconter ma soirée d’hier. Il y a longtemps que je n’ai pas parlé polissonneries. Non que je devienne pudique, croyez-le bien ! Non que je sois en quoi que ce soit bloqué par l’ombre réfrigérante de certains lecteurs de ce blog ! Enfin, si… Un peu. Je sais que mes enfants seront discrets et pudiques si le billet du jour prend une intonation intimiste. Mais il n’en est pas de même de certains regards que je sens peser sur moi avec tout le potentiel d’un jugement moral et mesquin. Tout l’art de faire du mal sans rien dire… mais je me fais sans doute des films sur l’écran noir de ma solitude. Et puis, une menace potentielle, quelle qu’elle soit, ne m’a jamais arrêté.
Non, comme je le répondais à un lecteur sur MSN, c’est plus simplement que je n’ai rien, ou pas grand-chose à raconter… Après tout, c’est l’hiver ! Patience, le printemps arrive !
Ce matin, j’étais donc ainsi dans l’expectative, lorsque, en faisant le tour de mes blogs préférés, je suis (re)tombé sur cette
vidéo :
Et là, j’y ai vu comme un signe. Vous savez combien j’aime me laisser porter par le hasard…
(Gros flottement. Une envie de fumer épouvantable vient de m’enlever pendant quelques minutes toutes possibilités d’action. Je n’avais
pas encore éprouvé une pulsion aussi forte. Là sera sans doute une des plus grandes difficultés : la cigarette était mon inspiratrice, ma trieuse d’idées, ma modératrice, ma consolatrice
lorsque je séchais, mon émulatrice lorsque je peinais… Il faudrait que je fasse sans désormais ? Je ne suis pas sûr de pouvoir continuer à soliloquer… Je suis loin de me prétendre un
artiste, mais, juste une question, est-il possible de créer sans être un minimum dans la transgression et le dépassement d’interdit ? Une vie de non-fumeur me semble redoutable parce que
trop sage…)
Je reprends. Je disais y avoir vu un signe pour rendre compte de mes actes...
Hier au soir, j’étais en pleine séance de dial un peu délirante sur MSN. Délirante dans le sens où j’ai beaucoup de mal, contrairement
à certains, à gérer plusieurs dialogues en simultané. Comme je suis réticent au langage codé, il me faut un minimum de temps pour rédiger mes réponses. Et quand les choses sont juste un peu plus
intenses que la moyenne… Mon biquet était en pleine crise existentielle, une nouvelle fois le moral dans les chaussettes, doutant
de tout, de ses parents en premier lieu (il y a de quoi !), de lui-même et des autres. Et les idées morbides ressurgissaient. Histoire de changer, et de me donner l’occasion de le cajoler à
distance… Mais parallèlement, ma fille me parlait de l’accident survenu à son chat, m’envoyait des photos, et me racontais ses inquiétudes et ses projets…
(Au moins pendant ce temps, pas une seconde pour penser aux cigarettes…)
Et j’ai cru entendre frapper. Après une petite hésitation, j’ai entrouvert la fenêtre du bureau pour vérifier. Une ombre effectivement attendait devant la porte sous une pluie battante…
Axel !
Oh, j’ai déjà parlé de ce garçon. Notre rencontre avait été surprenante, imprévue comme le plus souvent. A mes yeux ce n’était
qu’une anecdote. Mais nous nous sommes revus. C’était toujours lui qui venait vers moi. Je gardais mes distances, j’étais également peu disponible. Quelques temps après le décès de Monique,
nous nous sommes de nouveau rencontrés, j’ai craqué et l’ai emmené chez moi. Et ce père de famille nombreuse s’est de nouveau révélé passionné, avide de m’offrir à satiété son adorable corps
d’éphèbe grec. Avec ses limites : « j’embrasse pas ! »…
Depuis, de temps en temps, il débarque, sans prévenir. Il refuse de me donner ses coordonnées et de m’appeler avant. « Je passe, si t’es pas là, tant pis… Si t’es là, tu me dis si ça te
gêne… ».
Hier au soir, il ne me gênait pas. Un temps pourri ne m’avait pas permis de mettre le nez dehors de toute la journée. Embué dans mes interrogations et ma difficulté à gérer mon sevrage, une
distraction était la bienvenue ! Nous allions au moins discutailler un moment. Il a besoin de me parler de ses soucis, il est en train de se séparer de sa femme, qui ne supporte plus la
région et veut, contrairement à lui, repartir dans leur Nord natal, alors que son quatrième n’a pas encore un an…
C’est ce que nous avons fait. Je lui ai offert une bière (moi qui ne bois pas, et surtout pas ce breuvage là, j’en garde désormais
toujours deux ou trois bouteilles au frais… A tout hasard…), et nous avons papoté… Heureusement qu’il vient à vélo. Parce que le brillant et le trouble de son regard m’a laissé penser que quelque
substance illicite… La conversation n’est pas restée très longtemps paternaliste. Je suis un garçon très posé, je vous assure ! Mais là, ma cuisine intégrée n’avait jamais eu l’occasion
d’assister à une conversation ni une scène aussi… Haute en couleur ! Moment de pur délire, où Axel s’est offert à ma gourmandise et ensuite à ma lubricité avec une sensualité très…
Porno-stars !
La table et les combinaisons de chaises n’y ont pas suffit, et le lit s’est avéré plus pratique pour aboutir nos projets.
Ce garçon est adorable. C’est vrai, j’oublie très facilement qu’il approche de la quarantaine.
Mais… « J’embrasse pas ! ».
Hier au soir, ce fut encore plus insupportable que précédemment. L’accord physique s’avérait si intense ! Son abandon complet, sa réceptivité totale, et… Ouah ! Que ce fut
dur !
Avec un rire amer, je me gaussais de ses blocages ridicules. Il a réagit très fort. « Non ! Je ne suis pas bloqué ! Mais j’ai des enfants, de jeunes enfants, et mes baisers, ne sont que pour eux ! »
Histoire de garder sa bouche saine, ajoutait-il…
Je n’ai pas pu m’empêcher d’éclater de rire lorsque cette bouche entreprit de gober avec un art consommé, et je dois le reconnaître un talent fou, ce que je croyais moins familier pour un jeune père qu’une simple langue !
Le but n’était pas la discorde ! J’oubliais mes critiques acerbes et me contentais de ce que ce garçon était capable de m’accorder. Ce qui aurait fait le bonheur de beaucoup !
Seulement voila. Je garde de bien beaux souvenirs de cette soirée, mais une énorme, énorme frustration. Et je me suis dit que, peut-être bien, j’aurais été plus heureux et en tout cas plus paisible, si ce garçon m’avait accordé ses baisers et
refusé tout le reste…
Et lui aurait sans doute pensé ne plus être un homme… Il livre son corps… Pas sa tête !
Les hommes sont drôlement faits.
(Après ça… Si je réussis à ne pas fumer de la journée, je serai vraiment sur la bonne voie !
Vingt Dieux, que c’est dur !!)
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 33708
En ligne : Selon OB : 3
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-deux ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt deux ans qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
J'ai de plus en plus peur. Je sais, je suis totalement ridicule de trouver ceci un peu trop.
"Le marié est-il trop beau ?"
Et puis, quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. C'est inéluctable. 24/67, ratio incontournable. Je verrai.
J'imagine encore que je saurai être digne.