Pontifiant. Pontifiant et vain. Voila les deux qualitatifs qui me nouaient la gorge après avoir relu mon dernier billet. Ressenti assez effroyable de me débattre dans une flaque de quelques centimètres d’eau, où le flasque pachyderme que je suis manquait de se noyer.
Il avait suffit de quelques échanges acidulés sur MSN avec d’affectueux amis…
C’était bien moi qui, dans ce texte, avais entrouvert la porte à ce mot redoutable : témoignage.
Je me suis souvenu avec quelle distance prétentieuse j’avais rejeté, j'en parle ici, la proposition d’apporter ma contribution à une émission sur l’homoparentalité.
La dite émission a été diffusée début janvier.
J’ai profité des cours de rattrapage de GayClic pour, finalement, la visionner en entier.
Et ? Alors ?
J’ai été bien soulagé de m’être abstenu.
Je n’ai pas su récupérer des extraits de cette vidéo. C’est bien dommage. J’aurais pu faire deux ou trois montages amusants, pour illustrer comment on pouvait tenir l’antenne en alignant doctement de fades platitudes. Tout en restant dans le politiquement correct.
Mais c’eut été tout aussi vain et inutile que l’émission elle-même.
Les couples de parents hors normes rencontrent les mêmes difficultés éducatives et les mêmes joies que les couples traditionnels. Voila. C’est dit. Résumé exhaustif. Quel enrichissement !
Il n’y avait là rien qui réponde vraiment à mon interrogation sur l’intérêt des témoignages. Et je ne pouvais me satisfaire une fois encore de balayer d’un revers de main toute éventualité d’une parole publique. Malgré la crève qui me cloue à la maison depuis quelques jours, et transforme mon cerveau en un plat de riz de veau un peu trop cuit, j’ai essayé de prolonger ma réflexion.
Que m’apportaient, personnellement, ces témoignages ? Très peu. Une phrase, glissée à un moment par l’une des deux mères. Quelque chose comme : « Nous devons nous attendre à ce que les petites difficultés de nos enfants, inévitables à l’adolescence, soient imputées à notre mode de vie hors normes ». Je me suis tant et tant interrogé sur ma responsabilité vis-à-vis de mes enfants, dans les difficultés qu’ils semblent éprouver à s’intégrer dans le monde économique actuel ! Mais ce n’était ici qu’une réflexion. Gratuite. Sans argument et contre-argument. Une concession à la morale dominante, qui se voulait dignement assumée.
Que pouvaient apporter aux « autres », aux hétéros-normés, ces quelques exemples de vie, quand bien même heureuse et épanouie, mais présentés comme des exceptions ? Rien. Ou tellement peu. L’exception justifie la règle. Toujours.
Alors ?
Combien j’aurais préféré une émission rigoureuse faite par un vrai journaliste, avec de véritables arguments, étayée par des apports d’intellectuels, psychologues, sociologues, pédiatres, intervenants sociaux.
Quelque chose comme : « L’éducation des enfants dans une cellule familiale homoparentale. Avantages et inconvénients. »
Ou bien : « Risques et bénéfices d’ouvrir l’adoption à des structures familiales non traditionnelles, célibataires et couples unisexes. »
Ou bien : « Structure et rôle de la cellule familiale dans le monde moderne : parents célibataires, familles reconstituées, couples homoparentaux, unions libres, familles traditionnelles. »
Ou bien : « Le mariage, le PACS, l’union libre, le concubinage, la coparentalité, et les enfants dans tout ça ? »
Ou bien : « Le désir d’enfant, et l’aptitude à l’assumer quel qu’en soit le prix. »
Faut pas rêver.
Enfin, mais je ne saurais pas encore, dans l’instant, vraiment expliquer le malaise que je ressens, à constater la multiplication de ces témoignages consensuels. Car il faut le constater. Ils se multiplient ces derniers temps :
- Les maternelles : l’homosexualité chez les ados (Fr5 : 12 janvier 2009)
- C’est quoi, l’amour ? L’homoparentalité. (TF1 : 9 janvier 2009)
- Homophobie à l’italienne (Arte : 3 janvier 2009)
- La bisexualité : tout un art ? (Arte : 18 décembre 2008)
- Toute une histoire. Comment révéler son homosexualité à ses proches ? (Fr2 : 18 décembre 2008)
Je ne remonte pas plus… Delarue tient l’affiche…
Et je ne parle pas des séries, souvent de qualité, telles « Clara Sheller »…
Tout serait donc pour le mieux dans le monde des bisounours ?
Le malaise, il est là, je crois.
J’aimerais mieux que l’on parle davantage :
- Des 9 sénégalais incarcérés pour homosexualité (Ce qui a « ému » notre cher clown) ;
- Des deux jeunes de Valenciennes ayant subi une agression homophobe ;
- Du refus d’autoriser les gays déclarés à donner leur sang (toutes précautions étant prises par ailleurs) ;
- De la « Proposition 8 » entérinée qui fait faire une sacrée marche arrière aux USA d’Obama ;
- De « Brokeback Mountain » censuré en Italie ;
- Du maire de Moscou qui rejette avec mépris la « Gay Pride » ;
- Etc. …
Dans certains de ces cas, les témoignages accablants sont apportés par les acteurs. Malgré eux. Dans leur chair. La réalité de la vie rend bien modeste.
Non, non, et non. Tout ne va pas pour le mieux dans ce monde.
L’homophobie est encore là. Bien là.
Prétendre témoigner dans les conditions proposées par ces émissions serait inconvenant.
Et illusoire.
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 25176
En ligne : Selon OB : 2
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-deux ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt deux ans qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
J'ai de plus en plus peur. Je sais, je suis totalement ridicule de trouver ceci un peu trop.
"Le marié est-il trop beau ?"
Et puis, quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. C'est inéluctable. 24/67, ratio incontournable. Je verrai.
J'imagine encore que je saurai être digne.