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Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /Jan /2009 15:48

Et j’ai fait un grand pas en avant !

Nooon !! Je ne vais quand même pas tomber dans ce genre de plaisanterie digne d’un blog politique !

Non !

Et puis je suis moins con que ça. J’ai fait un léger pas de côté. Un peu de côté, et un peu en arrière aussi. On n’est jamais trop prudent.

Et je me suis bien cassé la gueule. En beauté. La prudence ne me réussit pas.

 

J’imagine volontiers que d’aucuns se demandent de quoi je parle au juste. Je les comprends. C’est assez salade, là, ce que j’essaye de formuler.

 

Bien sûr, je pourrais vouloir parler de mon retour dans les coulisses ténébreuses de ma Provence ensoleillée. (Je vous assure, il n’y a rien de contradictoire dans ce que je dis !).

Hé bien, non. Il n’y a rien d’intéressant à en dire, dans l’immédiat. Oh ! Je me suis bien arrêté sur une aire d’autoroute à une vingtaine de kilomètres de ma maison. Après la sécheresse aride de l’hiver parisien où je n’ai rien reconnu et rien compris, j’ai bien été surpris de me retrouver confronté à une fréquentation du lieu supérieure à l’habitude. Le froid, qui devait très probablement titiller les vessies. Oh ! Il y avait bien un grand et très beau garçon, au visage mâle, viril, souligné par des cheveux mi-longs, élégamment ondulés, et un gracieux collier de barbe rousse, qui m’a tourné autour avec une persévérance discrète. Oh ! Bien sûr j’ai été profondément troublé par ce corps athlétique qui se laissait effleurer avec une dignité toute british… Oh ! bien sûr j’ai été étonné que les quelques phrases que nous ayons échangées aient pu être simples et intelligentes. Nous avons convenu que ce moment n’était pas le plus opportun pour une belle et vraie rencontre. Et je suis reparti. Un petit pas en arrière. Mais pas un gouffre devant moi. Juste le trou noir de ma peur, qui m’a fait partir sans essayer de glaner quelque coordonnée. Juste une rencontre avortée, qui m’obsède depuis un peu plus que la normale.

 

Bien sûr, je pourrais plus simplement faire allusion à ces six semaines passées dans mes souvenirs. Souvenirs que je n’ai pas retrouvés. Que je n’ai pas reconnus. Que je n’ai pas pu apprécier. Ils m’échappaient. Je redoutais tout autant qu’un gouffre ce retour sur le passé. Il n’est jamais bon de revenir sur ses pas. Il n’y a pas eu de retour, ni de passé, ni de souvenirs, ni de projet, ni d’espoir. Je me suis retrouvé seul. Désespérément seul. Malgré mes enfants. Malgré mes amis. Malgré mes rencontres de blogueuses et de blogueurs. Seul dans un monde inconnu et hostile. Seul.
Monique n’était pas auprès de moi. Elle n’était pas derrière moi. Elle ne m’attendait pas. Elle n’était pas. Irrémédiablement.

Ce n’était pas un gouffre. Ce n’était pas un trou noir. Juste du vide. Rien que du vide.

 

Bien sûr, d’autres supposeront que je fais plus simplement référence à cette nouvelle fuite : je n’ai pas déposé mon manuscrit dans une autre maison d’édition. Mais ce n’est pas un pas sur le côté, ni légèrement en arrière. Plus simplement je tourne enfin le dos. Non pas à un gouffre, mais à une foultitude d’ambitions, de paraîtres, d’espoirs vains, d’arrivismes et de prétentions. Je m’en sens trop éloigné, trop étranger. J’ai décidé de mettre les pouces, une bonne fois pour toutes.

On se rapproche… On se rapproche…

 

Hé, oui, bien sûr, je fais simplement allusion à mon obsession du sens à donner à l’écriture. A mon dernier billet. Là, je me plaçais face au gouffre, je levais la jambe, et hésitais sur où je devais poser le pied.

Anecdote qui pourrait être amusante. Au moment où je commençais à rédiger le papier précédent, un inconnu découvrait ce blog. Il allait continuer pendant deux jours, jusqu’à avoir lu, dans l’ordre, l’intégralité du contenu de ce carnet. J’imagine le sourire en coin de certains d’entre vous, voire un franc et jubilatoire éclat de rire. Moi, je ne ris pas. Je sais, c’est con. Il est inutile que vous le disiez. Pour moi ce fut douloureux.

Non pas qu’un personnage énigmatique s’approprie ma production : elle ne m’appartient plus dès l’instant où elle est publiée. Quiconque peut bien en faire ce qu’il veut !

Non pas que je sois tant soit peu obsédé par un quelconque besoin de reconnaissance. Je m’en contre balance ! A pied, à cheval, en voiture. Et en bateau, à voile ou à vapeur.

Alors ?

Alors, justement, j’ai encore une fois eu la preuve que je n’étais pas capable d’exprimer simplement des choses simples. D’essayer de faire comprendre où se situaient mes souffrances et mes interrogations.

En retour, je n’ai eu que moqueries (affectueuses, mais moqueries quand même !) ou, et toujours, des affirmations gratuites. Talent, vie riche, « bien écrit », histoire touchante…

Oui, oui, oui, je veux bien. Et alors ?

Ce que j’ai écrit jusqu’à présent a pris la forme d’un témoignage. Un témoignage qui est lu, visiblement. Qui est peut-être reçu. Peut-être. Pour ce qu’il est, ou, comme je le disais, pour ce que le lecteur s’attend à rencontrer…

Un témoignage. Voila. Ça y est. J’ai tout dit. Tout dit de mon amour, tout dit de mes interrogations de père, tout dit de la solitude d’un pédé trop vieux qui a trop de fois « laissé passer sa chance ». Et maintenant ?

 

Ecrire, je le croyais, j’ai essayé de faire perdurer en moi cette croyance, c’est communiquer.

Communiquer, c’est établir un lien. Privilégié. Un lien entre celui qui s’exprime, et celui qui reçoit. Un lien, c’est un vecteur. A double flèche. A double sens.

 

Lancelot a laissé un très beau commentaire, qui exprime admirablement ce qui peut être reçu à l’un des bouts du vecteur. « Mais il reste un petit quelque chose de bien : on a l'impression d'apprendre auprès des autres. On a la sensation de ressortir grandis après les avoir lus. D'avoir trouvé un élan pour nous améliorer. Pas que dans notre écriture. Dans notre vie aussi. »

 

Et personne ne me propose les prémices d’une réponse pour l’autre côté. Celui du producteur. Pourquoi écrire ? Quand ou à quel niveau l’écriture présente-t-elle un quelconque intérêt ?

Il y a ceux qui se croient, se veulent, s’espèrent, ou sont, tout simplement, des artistes. Des écrivains. Ils croient, veulent, espèrent, laisser leur œuvre à la postérité. Ils ont une raison d’écrire.

Il y a ceux qui rêvent de se propulser sur le devant de la scène. Par des billets, des photos, des dessins, des chroniques politiques. Ils rêvent de grandir, ou de se grandir. Ils ont une raison d’écrire.

Il y a ceux qui débordent de vie, et qui utilisent les blogs comme des trop-pleins salvateurs. Ils s’amusent, et bien souvent amusent les autres. Ils ont une raison d’écrire.

Il y a ceux qui aiment recevoir du courrier, même virtuel. Qui collectionnent les commentaires comme d’autres les timbres. Pourquoi pas ? Ils en tirent satisfaction, en ne faisant de mal à personne. Et ils ont une raison d’écrire.

Il y a ceux qui rêvent de laisser une trace posthume. J’en ai été. On m’a dit que c’était indécent. J’ai intimé l’ordre à certaines pensées de ne plus quitter le corps du stylo. De soigneusement se cacher dans les archivages. C’était pourtant une raison d’écrire.

Et puis il y a ceux qui écrivent, sans savoir pourquoi. Sur une envie aussi impérieuse que celle de se gratter le crâne lorsque l’on parle de poux…

Comme je l’écrivais en conclusion du billet précédent : écrire simplement sans prétendre à rien, « A quoi que ce soit d’autre que de jouer avec les mots et les sentiments, avec plus ou moins de bonheur. Juste et uniquement pour continuer à vivre. Sans aucune autre ambition. ».

 

C’est un peu court, jeune homme.

 

Mais non ! Le blog est un merveilleux vecteur de rencontres ! C’est vrai.

 

« Oh, ne m’en veux pas… Je ne prends plus beaucoup le temps de venir te lire. Mais c’est tellement secondaire, maintenant que nous nous connaissons et sommes amis… »

« Tu es meeerveeeeiiilleux !! Faudra qu’on se revoie, un de ces quatre. On se téléphone et on se fait une petite bouffe ? »

Il y a aussi les entrevues qui me font inévitablement penser aux rencontres des équipes du tournage, lors des avant-premières de films.

Les spectateurs n’oublieront jamais l’acteur qu’ils admirent à qui ils ont serré la main.

L’acteur était en promotion du film. Il ne sait plus qui il a rencontré. Et où.

 

Je ne ferai pas la promotion de ce blog. Je rêve de vraies rencontres.

 

J’étais au bord du gouffre. Le pied en l’air, j’hésitais pour décider où le poser.

Plutôt en arrière, et de côté. J’ai rencontré un lecteur fort élogieux, qui possède quelques compétences indiscutables dans le monde de l’édition.

Une des rencontres riches et agréables qui, au final, ne me font pas regretter ce séjour parisien. Une réelle sympathie entre nous dans ces longs échanges d’une demi-journée entière. Une expérience à reconduire. Et pourtant.

 

« Je vais être franc, Boby. Si tu m’avais proposé ton roman à l’édition, je l’aurais refusé. Si tu me proposes un livre de témoignage, d’après ton blog, je signe des deux mains… Tu as, là, quelque chose à dire, et les mots pour le dire. »

 

Sur le cul. Je ne me suis pas encore relevé. Je hais les livres de témoignages et la complaisance qu’il y a à parler de ses malheurs avec la distance de l’écriture. Mes phrases avaient la spontanéité et la force du vécu d’un blog. Distanciées et réécrites elles seraient puantes. Comment pourrait-on imaginer que je puisse verbaliser de nouveau le calvaire de Monique ?

 

Sur le cul. Au bord du gouffre. Je ne sais toujours pas pourquoi écrire. Si ce que j’écris en vaut la peine. Il semble bien que non : l'accueil fait au roman le prouve.

Un progrès toutefois : je sais pourquoi je ne veux pas écrire ce que je refuse de figer sur une feuille de papier.

L’écrit doit être un devenir. Pas une sépulture.

Publié dans : De l'écriture
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    Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...

     

Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!        
 Juillet 2012        
      J'ai obtenu le statut de résident étranger au Maroc.
            C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Seulement, il y avait ce satané véhicule ! Je n'ai plus le droit d'avoir mon jouet décapotable français. Je suis rentré en France pour essayer de le vendre afin de racheter un petit véhicule au Maroc. Seulement voila. En période de crise, ce genre de véhicule ne se vend pas ! Ou bien les acquéreurs potentiels n'osent pas investir dans de la fantaisie, ou bien ils ont les moyens d'acheter le même véhicule neuf...
Bref... Je n'ai eu d'autre solution que de racheter moi-même le cabriolet, au prix fort (plus de 22 000 €uros, soit 5000 €uros de plus que l'estimation communément admise. Se rajoutent les frais de douane ("Mise en circulation" au Maroc), environ 11 000 €uros, l'assurance marocaine (l'ancienne assurance ne peut avoir cours à l'étranger), couverture à payer en une fois annuelle (environ 1000 €) Plus... Plus...
Bref... Je suis plus pressé qu'un citron... Mais je suis près de lui.
. Je veux vivre par et pour lui.  Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, maintenant. Tout de suite.   
       
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Qui je suis

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  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, j'ai redécouvert l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune ! C'est lui qui m'a choisi, et je n'ai pas su dire non...

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-deux ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt deux ans qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

J'ai de plus en plus peur. Je sais, je suis totalement ridicule de trouver ceci un peu trop.

"Le marié est-il trop beau ?"

Et puis, quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. C'est inéluctable. 24/67, ratio incontournable. Je verrai.

J'imagine encore que je saurai être digne.

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