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Mardi 6 janvier 2009 2 06 /01 /Jan /2009 13:25

Cette nuit, j’ai eu une longue visite. Un lecteur est tombé sur mon blog au hasard d’un surf, et y est resté plus d’une heure. Mettez également cette dernière phrase au féminin, tout autant possible et vraisemblable.

Depuis septembre dernier, j’ai ainsi des visiteurs et des visiteuses qui s’attardent. Parfois au-delà du vraisemblable. Le record a été battu à plus de six heures ! Six heures à lire ma prose ? Je n’arrive pas à le comprendre, à l’admettre. Et cela m’interroge très fort.

Sur ce que des lecteurs peuvent percevoir de ces billets.

Sur ce qu’ils y voient, ou y trouvent.

Sur mon écriture.

Sur ce que moi, je voulais dire. Et pourquoi.

 

Je l’ai déjà raconté au hasard de réflexions sur ma difficulté à m’exprimer : je ne suis pas un littéraire. J’ai eu une formation initiale dite « moderne ». A mon époque, les langues mortes n’étaient pas pour les fils du peuple. J’étais « bon » en rédaction française, et en mathématiques. C’est cette dernière qu’il convenait de privilégier : un fils d’ouvrier qui accède à un diplôme d’ingénieur, là était la promotion sociale !

Adolescent, je dévorais tous les livres qui me tombaient sous la main. Essentiellement les grands classiques français. J’ai englouti sans nuance et sans esprit critique Victor Hugo, Zola, Balzac, Jules Verne, Camus, Cendrars, Dumas père, etc. … j’ai flirté avec quelques grands poètes, Prévert, Aragon, Apollinaire, Baudelaire qui me subjuguait. Je suis complètement passé à côté de la littérature étrangère. Je ne regardais pas l’écriture. Je ne voyais que les « histoires », le moyen de m’évader de ce dont était faite ma vie que, déjà, je détestais.

Plus grand, c’est le cinéma qui a pris le pas sur la littérature, les images sur les mots, et petit à petit j’ai de moins en moins lu.

Pour finir par ne plus lire du tout. Les mots des autres devenaient agressifs et hautains, en faisant résonner effroyablement le vide de mon être.

Pour moi, l’écriture n’était qu’un outil, à la pratique douloureuse, mais indispensable. Technique. Sans âme.

Pour écrire, il faut avoir quelque chose à dire. Du moins le croyais-je, avant d’avoir lu des blogs.

Et que dire ? Quand on n’a pas la plus infime parcelle de confiance en soi ?

Quand sa vie est un magma informe et chaotique ?

Mes rares tentatives à parler de moi sont restées vaines. Jusqu’à ne plus tenter de tentatives.

L’écriture n’était qu’un outil pour parler des autres. Educateur, mes rapports sur les mineurs que je suivais faisaient des pages et des pages. Ingénieur, mes dossiers d’analyse et de conseils étaient jugés « trop littéraires »… J’en concluais aisément que je ne savais pas écrire efficacement.

Magma informe et affecté.

Je suis incapable de travailler mon style. J’ai beau me lire, me relire, chercher à me charcuter, j’ai le sentiment de piétiner. De faire du sur place. A part le basique « sujet, verbe, complément », je ne sais pas ce qu’est l’analyse grammaticale et syntaxique. Je me laisse uniquement guider par la sonorité des phrases. Elles doivent « bien couler ». Un rythme, que je ne sais ni analyser ni définir, mais qui doit me convenir. Ce n’est pas ce que j’imagine être réellement l’écriture.

 

La détention m’obligea à dépasser provisoirement ces blocages. Le besoin de maintenir la communication avec ma femme, l’obligation de poser toutes les cartes sur la table pour m’obliger à une remise en cause profonde et sincère, le besoin de crier ma douleur dans le silence de l’isolement, m’a permis de jeter des mots sur le papier. Je ne dis pas d’écrire.

J’ai repris quelques extraits de ce long texte dans les premiers billets de ce blog. Des extraits parmi les moins emphatiques, les moins ridicules.

Il y a deux ans, lorsque j’ai décidé d’ouvrir ce blog, je me suis jeté à l’eau. Littéralement. En m’appuyant donc sur la bouée de ces textes que nous avions retravaillés ma femme et moi. Ils avaient, en quelque sorte, l’aval d’un tiers.

Je n’envisageais pas vraiment d’être lu. Mon lectorat potentiel était mes enfants. Plus tard. Que d’autres me lisent n’était qu’un aléa imprévisible et secondaire, une règle du jeu, ni un objectif, ni une nécessité.

Et j’ai été lu. Par peu de personnes, mais j’ai été lu. Et ces lecteurs m’ont obligé à modifier ma propre vision sur mon écriture. Je ne suis pas encore sûr que ce soit un bien.

Je comprenais, alors, que d’aucuns puissent s’attarder à me lire. Ce n’était pas un problème de qualité d’écriture, mais la situation dramatique que nous vivions. Des personnes extérieures, excusez le terme, mais je le crois juste, des spectateurs, assistaient à un drame poignant : la mort lente, quasi en direct, d’une femme encore jeune, et le désespoir de son époux.

Ça ne ferait pas un film. Ça ne ferait pas un bouquin. Mais ça faisait un bon blog.

L’empathie est un sentiment tellement gratifiant !

Déjà, à ce moment, la question devenait pour moi lancinante : quelle distance entre ce que je vivais au quotidien, et ce qu’en percevaient mes lecteurs ?

Je ne savais y répondre, mais la chose était vaguement claire : chacun prend dans sa lecture ce dont il a besoin au moment où il lit. Ses propres sentiments gouvernent davantage son entendement que les mots mêmes de l’auteur. Et s’il y a résonnance, le lecteur a le sentiment que la chose est bien dite. Voire que c’est magistralement exprimé.

Ce n’est pas un problème de qualité d’écriture, mais un effet d’écho favorable. Simplement.

 

Voici maintenant un an que je poursuis l’écriture sans but défini, hors celui d’écrire. Et ça me fait peur. Non, je dois me montrer plus modeste. Ça m’interpelle et me laisse dubitatif.

Je dois bien m’interroger sur la facilité avec laquelle j’ai prêté l'oreille aux compliments et encouragements à continuer à écrire.  Sur la complaisance avec laquelle je me suis lancé dans l’écriture d’un « roman ». C’est bien que j’avais envie d’y croire !

C’est flatteur et valorisant de penser que l’on n’a pas grand-chose à dire mais qu’on le dit si bien que ça peut intéresser des lecteurs !

Ou.

C’est jouissif d’avoir le sentiment que sa vie est tellement riche et remarquable qu’elle va passionner les lecteurs, malgré la pauvreté de l’écriture !

Ou.

C’est prodigieux de n’avoir rien à dire, de le dire si médiocrement, et de trouver quand même quelques affamés de lecture qui vous consacrent quelques instants d’attention !

Vivent les blogs !

 

J’ai un trop profond respect pour les maîtres de l’écriture, je conçois trop le travail besogneux qu’est le ciselage d’un texte précis et pertinent pour prétendre à quoi que ce soit.

A quoi que ce soit d’autre que de jouer avec les mots et les sentiments, avec plus ou moins de bonheur. Juste et uniquement pour continuer à vivre. Sans aucune autre ambition.

Publié dans : De l'écriture
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...

Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!

1011170025m

Clin d'oeil !

 

Bonjour...

    Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...

     

Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!        
 Juillet 2012        
      J'ai obtenu le statut de résident étranger au Maroc.
            C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Seulement, il y avait ce satané véhicule ! Je n'ai plus le droit d'avoir mon jouet décapotable français. Je suis rentré en France pour essayer de le vendre afin de racheter un petit véhicule au Maroc. Seulement voila. En période de crise, ce genre de véhicule ne se vend pas ! Ou bien les acquéreurs potentiels n'osent pas investir dans de la fantaisie, ou bien ils ont les moyens d'acheter le même véhicule neuf...
Bref... Je n'ai eu d'autre solution que de racheter moi-même le cabriolet, au prix fort (plus de 22 000 €uros, soit 5000 €uros de plus que l'estimation communément admise. Se rajoutent les frais de douane ("Mise en circulation" au Maroc), environ 11 000 €uros, l'assurance marocaine (l'ancienne assurance ne peut avoir cours à l'étranger), couverture à payer en une fois annuelle (environ 1000 €) Plus... Plus...
Bref... Je suis plus pressé qu'un citron... Mais je suis près de lui.
. Je veux vivre par et pour lui.  Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, maintenant. Tout de suite.   
       
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  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, j'ai redécouvert l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune ! C'est lui qui m'a choisi, et je n'ai pas su dire non...

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-deux ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt deux ans qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

J'ai de plus en plus peur. Je sais, je suis totalement ridicule de trouver ceci un peu trop.

"Le marié est-il trop beau ?"

Et puis, quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. C'est inéluctable. 24/67, ratio incontournable. Je verrai.

J'imagine encore que je saurai être digne.

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