Douleur.
Mal partout, du bout des doigts qui effleurent le clavier, au bas du dos, les reins se bloquent.
Bouche sèche. Horriblement sèche. Je ne bois pas assez.
Tempes qui battent le rythme, épuisant.
Les yeux qui se ferment seuls. Je ne suis pas fatigué. Je voudrais juste dormir. Et ne pas me réveiller.
J’ai trop fumé. La cigarette se consume seule dans le cendrier. Il faudrait que je boive. Ou que je me lave les dents. Chasser l’amertume.
Je n’ai pas envie d’écrire. Mais j’écris. Allez comprendre. Oui, bien sûr, un gosse de maternelle comprendrait. J’étale les mots pour qu’ils sèchent plus vite. Pour que je puisse ensuite les balayer sans qu’ils laissent de trace. Je nettoie, en fait. Comme l’on verse de la sciure sur une grosse flaque d’huile.
Sauf qu’il n’y a pas d’huile. Pas de flaque. Pas le liquide plus ou moins sirupeux. La sécheresse. Absolue. Du corps. Du cœur. De l’âme.
J’ai appuyé sur le cendrier. Il a vaguement tournicoté, freiné par une énorme couche de goudrons et de nicotine. Mais le mégot est parti. Caché.
J’éloigne le paquet de gitanes et le briquet. Qu’ils soient moins accessibles. Pour éviter d’en allumer une sans m’en rendre compte. Je n’en ai pas envie, je suis même écœuré par l’odeur. Mais le manque va très vite se faire sentir. Je le sais. Mais je veux me faire mal.
Je voudrais… Je ne sais pas. Cette manie de toujours me punir !
La journée avait bien commencé. J’avais bien dormi, j’ai un peu flemmardé. Réveillé. Somnolé. Re réveillé. Re somnolé. Il y a un an, je ne supportais pas de rester couché ne serais-ce qu’un quart d’heure après avoir ouvert les yeux. Sauf lorsque nous embringuions aussitôt sur des jeux polissons. Nous étions plutôt du matin. Ou de la sieste. Plus rarement le soir. Maintenant, Je dois faire d’immenses efforts pour me lever. Pour quoi faire ? Rien, justement. Sauf samedi, où j’attendais mes libellules. Je n’ai pas eu besoin de mettre le réveil.
La journée avait bien commencé. J’étais encore sur la petite planète que m’avaient laissé en souvenir mes libellules. Petit déjeuner sympa, petit tour dans mon Netvibes. Trop tôt. Et puis, je ne sais pas si vous l’avez remarqué, il y a comme un passage à vide, du moins sur les blogs que je fréquente. P’tit déj, toilette, un peu de ménage, du linge à étendre… Petit train train d’un solitaire. Dont je dois bien me contenter. Puis ce fut l’heure d’aller au tabac faire le plein pour la semaine. Suivi comme à l’accoutumé d’un petit tour… Il n’y a plus de tournesols. Nous sommes en plein labour. Ça a aussi son charme. Il a fait très beau aujourd’hui. J’avais comme un petit air printanier dans la tête.
La journée avait bien commencé. Qu’est-ce qu’il avait à m’emmerder le mec devant, un vieux à tous les coups, dans sa vieille R5, à se traîner lamentablement sur cette route très étroite ? Pourquoi je m’excite ? Mais je m’excite. Et je le double un peu en catastrophe. Non sans jeter un regard furibard sur ce vieux c… Nom de Dieu ! Un archange ! Pas eu le temps de bien voir, mais… La chaleur monte dans mes joues… Je me gare pour me laisser redoubler. Oui, j’ai bien vu. Je le suis. Et il prend la direction de… Fichtre !
J’ai dépassé
le stade du jeu du chat et de la souris. J’en ai dit deux mots quand j’ai rencontré Ahmed. J'affronte la bête. De face. Piètre matador. Prise de risque ? Quels risques pourrais-je
craindre ? Lorsqu’il s’est garé hors du lieu habituel, je l’ai suivi. Et j’ai eu raison. Il est vraiment très, très joli garçon. Et je ne l’ai pas fait fuir… A cet instant du moins.
Discussion sympa. Réservé, timide, et visiblement pas le moral. « Pas maintenant ». Soit. Il me donne rendez-vous dans l’après-midi. Je lui dis que j’y serai, lapin ou
pas.
Pas de lapin. Je n’ai pas eu le temps de lire beaucoup de pages du livre que j’avais emporté. Reprise de la conversation. Il s’offre volontiers à la découverte que mes mains entreprennent. Et la découverte est de taille. Très nettement plus qu’honorable. La découverte semble en outre très motivée…
Steevy, se laisse difficilement convaincre de ne pas rester en un endroit aussi exposé. Après de nombreuses résistances, il accepte de me suivre chez moi.
Cinq kilomètres, c’est long. Je ne quittais pas le rétroviseur des yeux. Et dans la ville… Pffff…
Je suis rentré seul.
La journée avait bien commencé.
Douleur.
J’ai mal partout.
Si au moins ils m’envoyaient chier.
Ou me cassaient la gueule.
Je suis con. Vraiment très con.
Et tout ça pour ? Gagner quelques semaines, quelques mois.
Je suis con.
J’allume une cigarette.Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 22201
En ligne : Selon OB : 2
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-deux ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt deux ans qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
J'ai de plus en plus peur. Je sais, je suis totalement ridicule de trouver ceci un peu trop.
"Le marié est-il trop beau ?"
Et puis, quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. C'est inéluctable. 24/67, ratio incontournable. Je verrai.
J'imagine encore que je saurai être digne.