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Lundi 27 octobre 2008 1 27 /10 /Oct /2008 20:27

Douleur.

Mal partout, du bout des doigts qui effleurent le clavier, au bas du dos, les reins se bloquent.

Bouche sèche. Horriblement sèche. Je ne bois pas assez.

Tempes qui battent le rythme, épuisant.

Les yeux qui se ferment seuls. Je ne suis pas fatigué. Je voudrais juste dormir. Et ne pas me réveiller.

J’ai trop fumé. La cigarette se consume seule dans le cendrier. Il faudrait que je boive. Ou que je me lave les dents. Chasser l’amertume.

Je n’ai pas envie d’écrire. Mais j’écris. Allez comprendre. Oui, bien sûr, un gosse de maternelle comprendrait. J’étale les mots pour qu’ils sèchent plus vite. Pour que je puisse ensuite les balayer sans qu’ils laissent de trace. Je nettoie, en fait. Comme l’on verse de la sciure sur une grosse flaque d’huile.

Sauf qu’il n’y a pas d’huile. Pas de flaque. Pas le liquide plus ou moins sirupeux. La sécheresse. Absolue. Du corps. Du cœur. De l’âme.

J’ai appuyé sur le cendrier. Il a vaguement tournicoté, freiné par une énorme couche de goudrons et de nicotine. Mais le mégot est parti. Caché.

J’éloigne le paquet de gitanes et le briquet. Qu’ils soient moins accessibles. Pour éviter d’en allumer une sans m’en rendre compte. Je n’en ai pas envie, je suis même écœuré par l’odeur. Mais le manque va très vite se faire sentir. Je le sais. Mais je veux me faire mal.

Je voudrais… Je ne sais pas. Cette manie de toujours me punir !

 

La journée avait bien commencé. J’avais bien dormi, j’ai un peu flemmardé. Réveillé. Somnolé. Re réveillé. Re somnolé. Il y a un an, je ne supportais pas de rester couché ne serais-ce qu’un quart d’heure après avoir ouvert les yeux. Sauf lorsque nous embringuions aussitôt sur des jeux polissons. Nous étions plutôt du matin. Ou de la sieste. Plus rarement le soir. Maintenant, Je dois faire d’immenses efforts pour me lever. Pour quoi faire ? Rien, justement. Sauf samedi, où j’attendais mes libellules. Je n’ai pas eu besoin de mettre le réveil.

 

La journée avait bien commencé. J’étais encore sur la petite planète que m’avaient laissé en souvenir mes libellules. Petit déjeuner sympa, petit tour dans mon Netvibes. Trop tôt. Et puis, je ne sais pas si vous l’avez remarqué, il y a comme un passage à vide, du moins sur les blogs que je fréquente. P’tit déj, toilette, un peu de ménage, du linge à étendre… Petit train train d’un solitaire. Dont je dois bien me contenter. Puis ce fut l’heure d’aller au tabac faire le plein pour la semaine. Suivi comme à l’accoutumé d’un petit tour… Il n’y a plus de tournesols. Nous sommes en plein labour. Ça a aussi son charme. Il a fait très beau aujourd’hui. J’avais comme un petit air printanier dans la tête.

 

La journée avait bien commencé. Qu’est-ce qu’il avait à m’emmerder le mec devant, un vieux à tous les coups, dans sa vieille R5, à se traîner lamentablement sur cette route très étroite ? Pourquoi je m’excite ? Mais je m’excite. Et je le double un peu en catastrophe. Non sans jeter un regard furibard sur ce vieux c… Nom de Dieu ! Un archange ! Pas eu le temps de bien voir, mais… La chaleur monte dans mes joues… Je me gare pour me laisser redoubler. Oui, j’ai bien vu. Je le suis. Et il prend la direction de… Fichtre !

J’ai dépassé le stade du jeu du chat et de la souris. J’en ai dit deux mots quand j’ai rencontré Ahmed. J'affronte la bête. De face. Piètre matador. Prise de risque ? Quels risques pourrais-je craindre ? Lorsqu’il s’est garé hors du lieu habituel, je l’ai suivi. Et j’ai eu raison. Il est vraiment très, très joli garçon. Et je ne l’ai pas fait fuir… A cet instant du moins. Discussion sympa. Réservé, timide, et visiblement pas le moral. « Pas maintenant ». Soit. Il me donne rendez-vous dans l’après-midi. Je lui dis que j’y serai, lapin ou pas.

Pas de lapin. Je n’ai pas eu le temps de lire beaucoup de pages du livre que j’avais emporté. Reprise de la conversation. Il s’offre volontiers à la découverte que mes mains entreprennent. Et la découverte est de taille. Très nettement plus qu’honorable. La découverte semble en outre très motivée…

Steevy, se laisse difficilement convaincre de ne pas rester en un endroit aussi exposé. Après de nombreuses résistances, il accepte de me suivre chez moi.

Cinq kilomètres, c’est long. Je ne quittais pas le rétroviseur des yeux. Et dans la ville… Pffff…

Je suis rentré seul.

 

La journée avait bien commencé.

Douleur.

J’ai mal partout.

Si au moins ils m’envoyaient chier.

Ou me cassaient la gueule.

Je suis con. Vraiment très con.

Et tout ça pour ? Gagner quelques semaines, quelques mois.

Je suis con.

J’allume une cigarette.

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Commentaires

Tu n'es pas idiot, c'est l'instinc de vie qui est normal. Nous y sommes tous plus ou moins confronté. Pourqoi, te punir ?
tu n'es absoluement pas responsable de la mort de Monique.. Du tout, la vie est un chemin soitaire et solidaire a la fois... il nous montre nos vraies responsabilités. Accepter ce qui nous icombe et passer son chemin lorsque nous ne sommes plus concernés.
Ce qui n'a rien à voir avec l'oubli ou l'indifférence. Ce sont d'uatres sujets..
Tu es avec nous et c'est énorme...
Commentaire n°1 posté par christie le 28/10/2008 à 10h06
??
J'ai eu très mal, simplement.
Réponse de Boby le 28/10/2008 à 22h51
Salut Boby.
Bon. Tu sais que je n'aime pas mettre des commentaires sur ton blog, parce que c'est difficile. Et que j'ai pas envie de faire l'explication ou le commentaire dun texte que tu écris avec coeur et tripes. Ou peut-être je ne sais pas faire. Ici, c'est comme pour un livre quoi, sans comms. Comme pour le blog de mon homme aussi. Et puis je ne suis personne pour te faire la leçon, et que la compassion écrite ne ressemble à rien.
Mais là...
Merde Boby, chaque échec, chaque loupé n'est pas la fin du monde ! Des jules qui croiseront ton chemin, y'en aura d'autres. Celui-là s'est tiré, oui et alors ? Ca arrive à tout le monde des plans comme ça, c'est le problème de l'autre pas le tien à la limite. Si ce n'est gérer une bonne frustration du corps et du coeur, c'est vrai. Mais il y a des demains. Et pourquoi faudrait-il que des mecs versatiles qui savent pas ce qu'ils veulent te pétent la tronche ou t'envoient chier ! Putain Boby, c'est toi qui chies dans la colle, là ! :D
Appelle quand tu veux, on fumera des clopes ensemble à distance.
Je t'embrasse fort.
Commentaire n°2 posté par bénédicte le 28/10/2008 à 22h14
Je mesure à sa juste valeur le fait que tu aies pris la plume, Béné...
Bien sûr, tu as raison de m'engueuler. J'ai tenté de le dire, je n'ai écrit que pour essayer de mieux effacer. La douleur a été vive, connement.
Oui, connement. J'y ai beaucoup pensé aujourd'hui. En fait, je n'en veux pas du tout au mec "versatile". L'est-il d'ailleurs ? (Et puis il est trop beau : il a tous les droits !). Je m'en suis voulu à moi. C'est visiblement ce que je n'ai pas su exprimer hier.
Dans l'état où je suis en ce moment, je n'ai pas eu la lucidité pour regarder simplement les choses en face. Ça aurait pu être un plan Q, comme tant d'autres. Agréable à coup sûr. Il avait envie. J'avais envie. Pourquoi cela ne m'a pas suffit ?
J'ai voulu lui forcer la main. Il était trop proche de mes fantasmes idéalisés. Je n'ai pas su me contenter de ce qu'il souhaitait : un simple plan. J'ai voulu plus : ouvrir vers autre chose. Et je n'ai rien eu.
Si ce n'est pas être con, ça !! C'est ce que j'ai essayé de dire.
Réponse de Boby le 28/10/2008 à 23h06
Non, c'est pas être con.
Tu es un romantique.
Commentaire n°3 posté par bénédicte le 28/10/2008 à 23h18
Tu es la seconde à me dire ça en quelques jours !
Seulement, le copain qui me l'a dit récemment, a ajouté que les romantiques ne tenaient que par l'alcool et les drogues... Et moi je n'ai que la cigarette... A haute dose, c'est vrai.
Réponse de Boby le 28/10/2008 à 23h24
Je sais que tu as eu très mal, je l'ai senti. Comme cette culpabilisation sous-jacente.
Je n'ai peut-être pas tout compris.
en tout cas, ce que je veux te dire est que tu n'es pas un con mais être humain..
Le reste n'est qu'étiquette et je me méfie toujours des étiquettes.Après la douleur  peut donner une coloration ou une autre, comme chaque sentiments. Nous sommes un tout fait de blanc et de noir, de bon et de mauvais. Et ce sont des opposés indisociables.
Ce qui est important est que tu sois capable d'exprimer ce que tu ressens et que tu l'ananlyse.
Combien de personnes en sont capables?tu es "lucide", ce qui te rends ouvert et intelligent.
Qui ne s'est JAMAIS trompé, pas moi, en tout cas.

Commentaire n°4 posté par christie le 29/10/2008 à 08h24

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La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!        
 Juillet 2012        
      J'ai obtenu le statut de résident étranger au Maroc.
            C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Seulement, il y avait ce satané véhicule ! Je n'ai plus le droit d'avoir mon jouet décapotable français. Je suis rentré en France pour essayer de le vendre afin de racheter un petit véhicule au Maroc. Seulement voila. En période de crise, ce genre de véhicule ne se vend pas ! Ou bien les acquéreurs potentiels n'osent pas investir dans de la fantaisie, ou bien ils ont les moyens d'acheter le même véhicule neuf...
Bref... Je n'ai eu d'autre solution que de racheter moi-même le cabriolet, au prix fort (plus de 22 000 €uros, soit 5000 €uros de plus que l'estimation communément admise. Se rajoutent les frais de douane ("Mise en circulation" au Maroc), environ 11 000 €uros, l'assurance marocaine (l'ancienne assurance ne peut avoir cours à l'étranger), couverture à payer en une fois annuelle (environ 1000 €) Plus... Plus...
Bref... Je suis plus pressé qu'un citron... Mais je suis près de lui.
. Je veux vivre par et pour lui.  Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, maintenant. Tout de suite.   
       
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
 
       
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Qui je suis

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  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, j'ai redécouvert l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune ! C'est lui qui m'a choisi, et je n'ai pas su dire non...

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-deux ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt deux ans qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

J'ai de plus en plus peur. Je sais, je suis totalement ridicule de trouver ceci un peu trop.

"Le marié est-il trop beau ?"

Et puis, quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. C'est inéluctable. 24/67, ratio incontournable. Je verrai.

J'imagine encore que je saurai être digne.

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