- Pffff… Tout ça
pour ça… Vraiment, j’ai de plus en plus de mal avec ces blogs littéraires. Avec beaucoup de blogs en fait. Une sorte de lassitude…
- Hé bien, quoi ? Tu n’as pas aimé ce nouveau texte ?
- Je ne sais pas. Un billet plein de style, de grâce, d’élégance, comme toujours…
- Oui, mais ?
- Je ne vois pas pour quoi faire. Être beau pour être beau. C’est un peu barbant, non ?
- Tiens ! Tu trouves le beau barbant, toi ??
- Ben, là, je parle d’écriture. Sans une vraie finalité, ça sert à quoi, un texte ?
- Ah, parce que toi, tu écris toujours utile ?
- Toujours. Peut-être pas aux yeux de ceux qui lisent, mais à mes yeux, en tout cas, oui. Le seul fait d’écrire, et surtout de publier ensuite est une énorme victoire pour moi-même. « Tiens, j’ai réussi à produire quelque chose de pas trop pourri… »
- Qui te dit que ce blogueur n’éprouve pas le même genre de sentiment ?
- Oh non ! Lui, il écrit pour les autres tout autant que pour lui-même. Il écrit pour être lu. Et entendre dire qu’on l’admire. Il a une écriture narcissique. « Regardez comme je suis beau ! »…
- Et, en fait, il est beau ?
- Je ne veux plus parler de beauté.
- Toi ? Qui ne vit et ne pense que beauté des corps et de l’esprit ? Pourquoi dis-tu ça ?
- Parce que ça me fait trop mal. J’en ai plus que marre que les autres soient beaux.
- Ils ne s’en rendent peut-être pas compte !
- Mon œil ! Être beau sans le savoir ? A moins d’être sourd et aveugle…
- Tout le monde te dira comme une évidence que la beauté est relative…
- Je me marre ! Quasimodo n’a jamais dit ça ! Ce sont toujours de belles personnes qui émettent de telles sentences ! « Mais non mon brave ! L’essentiel est invisible pour les yeux ! »… « Allez, cherche encore ! Tu finiras bien par trouver en toi un truc pas trop dégueulasse ! »…
- Rien en toi ne trouve donc grâce à tes propres yeux ?
- Rien !
- Pourtant il y a des gens à qui tu plais !
- Parlons-en ! Ou bien ils s’intéressent à ce qui n’existe pas, ils voient leurs fantasmes et non la réalité, ou bien ils aiment ou sont émus par ce que moi je trouve de plus exécrable dans ma personne !
- Et pourquoi ce serait eux, qui auraient toujours tord ?
- Parce que, s’ils aiment ce que je déteste, c’est qu’ils aiment ce que je représente pour eux, et qu’ils ne m’aiment pas, moi, juste pour moi !
- Et pourquoi ce serait toi, qui aurait toujours raison ?
- Je ne revendique pas d’avoir raison ! Est-ce que l’on demande à un crabe pourquoi il marche de travers ? J’ai toujours vécu en détestant mon corps et mon apparence. Cela est. Point.
- As-tu seulement fait la moindre petite chose pour essayer de changer cet état de fait ?
- Tu veux parler de faire du sport et d’une manière plus générale d’entretenir, voire d’améliorer ce physique ?
- Par exemple…
- Mais une telle démarche suppose un minimum d’espoir ou d’illusion. Et je n’en ai jamais eu la moindre parcelle. C’est une évidence, un état de fait depuis toujours. D’ailleurs, quand j’étais petit, ma mère me disait pour me consoler : « Ce n’est pas grave pour un garçon qu’il soit beau ou laid, tu sais mon chéri… Ah si tu étais une fille !... Mais un homme, il faut qu’il soit bon et courageux. Ça suffit. »
- Pourtant une femme au moins t’a aimé…
- Plus que de raison. Et je n’ai jamais réussi à comprendre pourquoi. Au début, je pense qu’elle est tombée amoureuse d’un… quiproquo… Elle a cru aimer un puissant mâle viril, courageux et tenace, qui allait la protéger…
- Et tu penses qu’elle a été déçue ?
- C’est évident ! Mais elle a su dépasser ces désillusions… Elle fait partie de ces rares personnes qui, au lieu de partir en courant quand elles prennent conscience qu’elles se sont trompées, fouillent davantage pour trouver d’autres raisons qui justifient leur engagement…
- Elle a donc trouvé matière à te supporter pendant quarante ans ?
- Je n’ai jamais compris. Pendant quarante ans je lui ai posé la question : Pourquoi ?... Disons qu’elle est la seule qui a su trouver, apaiser, valoriser, l’intérieur de mon être… Ce n’est pas pour rien qu’elle adorait cette phrase : « L’essentiel est invisible… … »
- Hé bien, tu vois qu’on peut trouver…
- Mais bordel ! Je ne suis pas en train de pleurnicher et de dire que je suis juste à chier et à jeter sans rien garder ! Je sais reconnaître ce qui n’est pas trop mauvais dans cette carcasse immonde !
- Ben voila !
- Voila, voila quoi ? Pas le physique ! Je ne supporte pas que l’on s’extasie sur mes mains boudinées ou sur mon œuf colonial, ou sur ma peau flasque et avachie ! Je suis laid ! Et j’aimerais qu’on fasse avec ! Pas qu’on le nie, ou fasse semblant de l’ignorer… Je suis vieux, et je n’accepte pas que l’on dise que c’est secondaire !
- Les autres ont au moins le droit d’aimer ce que tu écris ?
- Et encore ! Aimer ne me semble pas le mot juste ! J’écris parce que j’en éprouve le besoin. Décharger tous ces mots et les publier m’aide à surmonter les passages difficiles. Mais surtout, surtout, je ne produis pas une œuvre ! Les éventuels visiteurs qui consacrent un peu de temps à lire prennent ce qu’ils veulent. Ils le font leur. Ils se l’approprient, ou le rejettent, mon texte chez eux est à eux. Il n’est plus mien. C’est sans doute la grande différence entre un écrivain et un blogueur. Un écrivain entre chez son lecteur. SON nom et SON livre s’imposent chez celui ou celle qui le lit. Il prend une place sur l’étagère. Il s’installe. Un visiteur de blog picore sur la toile et s’approprie ce qui est susceptible de l’intéresser. En oubliant aussitôt le reste. La grande majorité des visiteurs doit d’ailleurs le ressentir ainsi, puisqu’elle ne dépose jamais de commentaires. Et c’est très bien ainsi.
- Pourtant, tu as bien eu la prétention d’écrire un roman !
- Effectivement, j’ai voulu par là vaincre de multiples blocages. Mais je me suis vite rendu compte qu’en fait je souhaitais une preuve par l’absurde que je ne devais surtout pas me laisser piéger par des illusions ridicules nées de commentaires trop élogieux. J’espérais au plus profond de moi que l’expérience se termine par l’indifférence polie de l’éditeur… Je suis servi.
- Pas le physique, pas l’écriture, rien alors ?
- Rien d’extérieur… L’intérieur peut-être. En cherchant bien. Si, il y a une chose dont je suis sûr et que je revendique même : mon amour des autres. Et ma tendresse.
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 28182
En ligne : Selon OB : 2
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-deux ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt deux ans qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
J'ai de plus en plus peur. Je sais, je suis totalement ridicule de trouver ceci un peu trop.
"Le marié est-il trop beau ?"
Et puis, quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. C'est inéluctable. 24/67, ratio incontournable. Je verrai.
J'imagine encore que je saurai être digne.