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Mercredi 17 septembre 2008 3 17 /09 /Sep /2008 15:39

C’était l’une des grandes batailles de Monique. Elle voulait remettre mon esprit à l’endroit. Il paraîtrait qu’il est quelque peu tordu, et que j’ai une irrépressible tendance à énoncer la conclusion avant d’avoir abordé les causes…

Vous ne voyez pas ce que je veux dire ? Mais si…

 

« D'amour mourir me font, belle Marquise, vos beaux yeux. »

 




Je ne suis ni gentilhomme ni bourgeois, toutefois ceci me serait, semble-t-il, naturel. Cela désespérait l’esprit cartésien de mon épouse.

Malgré une indiscutable maîtrise de notre langue, Monique n’aimait pas écrire. Surtout les lettres administratives ou plus ou moins officielles. J’étais invariablement appelé à la rescousse. Et je m’y collais. Mais le texte devait passer sous les fourches caudines de sa correction. Et elle se désespérait…

 



« Tu écris comme tu parles. A l’envers ! »

 

Bon. Il se peut que ses exigences rigoureuses ne m’aient pas particulièrement aidé à prendre confiance en ma plume. Mais à chaque fois je devais bien le reconnaître. Elle avait raison.

 

« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement »… Ben, non. Souvent dans ma tête les choses sont d’une évidence confondante. Le charabia qui s’échappe du clavier reste pourtant abscons. Ah… Ah !... (rire aigre…)

 

« Dans ma tête les choses sont souvent d’une évidence confondante… »

Ou : « Dans ma tête les choses sont souvent d’une confondante évidence… »

Voila, voila…

 

Je viens de terminer mon exercice de fiction. Poser au bas de la page, main tremblante sur le clavier, le mot « FIN ».  Soulagement ?

Pas vraiment. Il y aurait comme la menace d’un vide. Et il va falloir maintenant procéder aux corrections. M’obliger à me relire avec un œil critique. Avec, au moins, quatre objectifs :

 

-          Pourchasser les répétitions. Gros problème lorsqu’on a un vocabulaire maigrichon.

-          Ne pas hésiter à sabrer l’inutile. Balmeyer, je vais essayer d’intégrer ta leçon

-          Remettre dans le bon ordre les choses de guingois. Essayer de lire avec les yeux de Monique, ou plus simplement, imaginer que je lui lis le texte…

-          Faire la chasse à ce que, lorsqu’il corrigeait mes dossiers, mon Maître appelait « les oranges pas chères »… Les « Et », « Mais », « Cependant », « Toutefois », « certes », etc. … que je mets à toutes les sauces.

Bref, rendre mon texte lisible.

 

Et il y a du travail ! Les premières perles :

 

Je l’avais bien entendu observé  lorsque l’éclairage de la rue me l’avait permis à la sortie du parc.

Lorsqu’à la sortie du parc l’éclairage de la rue me l’avait permis, je l’avais bien entendu observé.

 

Oui ? Bof.

 

J’avais été surpris et quelque peu suspicieux quand elle lui avait dit « Je m’en doutais » lorsqu’il lui avait révélé, pour moi, après m’avoir demandé mon accord. « Ce sera tellement plus simple ! » m’avait-il suggéré.

Après m’avoir demandé mon accord, « ce sera tellement plus simple ! », il lui avait révélé la réalité de mon vécu. J’avais été surpris et quelque peu suspicieux quand elle lui avait alors dit : « Je m’en doutais ».

 

Oui ? Un peu moins bof…

 

Bon, et puis après tout, ça m’occupe. Ça repousse d’autant le prochain vide…

 

 

 

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE: On les peut mettre premièrement comme vous avez dit: Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d'amour. Ou bien: D'amour mourir me font, belle Marquise, vos beaux yeux. Ou bien: Vos yeux beaux d'amour me font, belle Marquise, mourir. Ou bien: Mourir vos beaux yeux, belle Marquise, d'amour me font. Ou bien: Me font vos yeux beaux mourir, belle Marquise, d'amour.

Publié dans : De l'écriture
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Commentaires

J'aime beaucoup le terme "oranges pas chères" ! :))

bonne réflexion, sinon ! Ton interrogation sur l'ordre des mots me laisse perplexe : à méditer !
Commentaire n°1 posté par balmeyer le 18/09/2008 à 14h03
Un terme qui pourtant m'a bien souvent amené les larmes aux yeux. En voyant réduire à pas grand chose des heures de rédaction et de travail !
Attention ! Comme toi, je suis loin d'affirmer que c'est une règle absolue, cette histoire du bon ordre des mots ! (remettre à l'endroit svp...). En réponse à Z., j'ébauche mes interrogations...
Réponse de Boby le 19/09/2008 à 10h47
Quelle bonne idée de parler de ce travail là !

Bon courage :))
Commentaire n°2 posté par Zoridae le 19/09/2008 à 06h17
Ou, Z., probablement...
Mais que de doutes ! Où se situe la limite entre essayer d'écrire un français correct, et respecter un style personnel ? Par moment, j'ai l'impression de tout aplanir, de rendre tout fade...
Réponse de Boby le 19/09/2008 à 10h43
Ou là là, ça me rapelle mes cours de français. Mes rédactions et dissertations.
Invairblement ma maîtresse ou mon prof me rapellais de faire des phrases courtes. De bonnes idées, mal exprimées.
Du coup, je me suis tournée vers la poésie. La porte de la prose  semblant définitivemnt fermée à mes envies plumitives...
Commentaire n°3 posté par christie le 20/09/2008 à 09h20
Je comprends ton "rendre tout fade".
J'ai quelques erreurs ou maladresses d'expression auxquelles je tiens beaucoup. Perso, j'aime bien quand tu parles à l'envers, mais ce n'est que mon avis (d'ailleurs, tes envers me semblent souvent à l'endroit... Je dois avoir l'esprit tordu ! ;-))
Commentaire n°4 posté par M. le 20/09/2008 à 22h48
Pourtant, ce n'est pas moi ton jumeau !!
Réponse de Boby le 21/09/2008 à 10h59
tu diras quand ton texte sera remis à l'endroit ? Histoire de le lire dans le bon ordre, et puis surtout de pas le lire deux fois... Comme Z., j'aime bien aussi que tu détailles les problèmes que pose l'écriture...
Commentaire n°5 posté par Oh!91 le 21/09/2008 à 10h57
Tu as bien raison ! Une seule fois suffit bien largement !
Réponse de Boby le 21/09/2008 à 11h00

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Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!        
 Juillet 2012        
      J'ai obtenu le statut de résident étranger au Maroc.
            C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Seulement, il y avait ce satané véhicule ! Je n'ai plus le droit d'avoir mon jouet décapotable français. Je suis rentré en France pour essayer de le vendre afin de racheter un petit véhicule au Maroc. Seulement voila. En période de crise, ce genre de véhicule ne se vend pas ! Ou bien les acquéreurs potentiels n'osent pas investir dans de la fantaisie, ou bien ils ont les moyens d'acheter le même véhicule neuf...
Bref... Je n'ai eu d'autre solution que de racheter moi-même le cabriolet, au prix fort (plus de 22 000 €uros, soit 5000 €uros de plus que l'estimation communément admise. Se rajoutent les frais de douane ("Mise en circulation" au Maroc), environ 11 000 €uros, l'assurance marocaine (l'ancienne assurance ne peut avoir cours à l'étranger), couverture à payer en une fois annuelle (environ 1000 €) Plus... Plus...
Bref... Je suis plus pressé qu'un citron... Mais je suis près de lui.
. Je veux vivre par et pour lui.  Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, maintenant. Tout de suite.   
       
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Qui je suis

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  • 29/04/1945
  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, j'ai redécouvert l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune ! C'est lui qui m'a choisi, et je n'ai pas su dire non...

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-deux ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt deux ans qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

J'ai de plus en plus peur. Je sais, je suis totalement ridicule de trouver ceci un peu trop.

"Le marié est-il trop beau ?"

Et puis, quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. C'est inéluctable. 24/67, ratio incontournable. Je verrai.

J'imagine encore que je saurai être digne.

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