C’est une réponse de Balmeyer à l’un des commentaires sur
son blog qui a servi d’élément déclencheur. Beaucoup l’ont compris depuis longtemps. J’ai la comprendure un peu lente…
Je suis totalement incapable de sabrer dans mes écrits, ne serait-ce qu’un tout petit peu. Un minimum. Après quelques 290 000 caractères alignés dans ce qui essaye d’être une fiction, j’ai mis quoi à la corbeille ? Une vingtaine de phrases tout au plus.
Ce n’est pas que je fasse de l’autosatisfaction sur mes écrits. Je le dis à longueur de notes : je n’aime pas mon style et ma façon d’écrire.
Ce n’est pas que je considère avoir été concis. J’ai un minimum de lucidité et je sais bien que je suis horriblement verbeux.
Ce n’est pas que je m’imagine avoir un vocabulaire suffisamment riche pour livrer, au moment où il le faut, le mot qu’il faut. Je souffre d’être aussi ignare.
Ce n’est pas que j’imagine avoir peaufiné et fini le travail. Non. Je me jette à l’eau.
Je suis incapable de travailler un texte. Aussitôt terminé, je le jette loin de moi. En pâture à d’éventuels lecteurs. Ou je l’enterre. Définitivement.
Lorsque je me
suis lancé dans la fiction, j’ai eu l’idée de m’offrir ce merveilleux petit jouet issu de notre belle technologie. Mon cerveau fourmille d’idées lorsque je conduis, ou lorsque je stationne dans
les chemins creux… La juxtaposition de deux mots. Une intrigue. Un rythme. Parfois simplement un titre. Un fil conducteur. Une réflexion sur la vie. La mort. Et tout ça, souvent, se perdait dans
la brume de la fatigue, ou dans les salves hormonales lorsque, accidentellement, la chance me souriait.
Le dictaphone me permet de capter ces prémices d’idées. Je ne m’installe devant le clavier que lorsque dans ma tête le billet ou la scène de fiction se dévide comme un film bien monté… Et alors là… Je pisse à la ligne. Connement. Parfois comme en transe. Je ne sais pas si c’est moi qui écris. Alors je n’ose plus y toucher. Même ce qui me gêne et me paraît mauvais, me semble avoir son importance et du sens. Alors, quelques corrections de coquilles, quelques répétitions évitées (si, si, je vous assure, j’en supprime !!). C’est tout.
Mes trois
enfants font de très belles photos. Chacun dans son style, avec sa personnalité. Œil pour le cadrage, saisie d’un instant magique, expressions des visages ou des corps fortes et troublantes. Mais
ils ont un point commun : ils élaguent leurs prises de vue sans aucun état d’âme. Lorsque nous visionnons les prises de la journée avec un diaporama, ils ont le geste facile, précis et
définitif. La prise ne leur plaît pas ? A la corbeille ! Et moi, je m’insurge. « Oh, non ! Mais elle était intéressante ! Pourquoi tu la vires ? »
Moi, je photographie très peu, de moins en moins. Mais je ne jette jamais une photo ratée. Même nulle, je lui trouve toujours une part d’humanité, et un intérêt présent ou… à venir…
J’ai compris. Je ne suis pas un artiste.
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Fin Novembre 2010 je rencontrais mon Chérubin.
Aujourd'hui il approche de ses 25 ans, et j'ai moi-même dépassé les 68 bougies.
Depuis plus de deux ans et demi, je vis la relation à laquelle je n'ai jamais réussi à croire.
Et alors ?
Je ne fanfaronne pas. Je ne m’affiche pas : moins d’une quinzaine de lecteurs aborde ces pages, la très grande majorité ne dépassant pas l’affichage issu d’une requête vaseuse dans un quelconque moteur de recherche.
Les rares lecteurs réguliers attendent probablement la fin de l’histoire. Avec plus ou moins de sadisme, plus ou moins de curiosité.
C’est curieux. Je ne veux plus penser à ceux qui me lisent, d’où l’épuration en cours de la mise en page, et en même temps je suis incapable de fermer le blog. Encore moins de tout détruire. Fétichisme ?