Je suis ridicule.
Je me fous du ridicule.
Je suis versatile.
Je dois m’en satisfaire.
Je n’ai aucune fierté.
Il y a bien d’autres choses qui me manquent.
Je n’ai aucun respect de moi-même.
Exact. Je me déteste.
Je suis exhibitionniste.
Sans nul doute. Un travers de l’orgueil. Evidemment.
Je souffre.
Alors, pour ça ou pour autre chose…
Je suis en vie.
Il faut bien que je fasse avec.
Je reviens. Ce blog va recevoir mes nouvelles élucubrations.
Pour un temps. Juste le temps qu’il faudra.
Un échec.
Lorsque j’ai interrompu le fil de mes billets, je savais que je ne tiendrais pas le choc si je m’enfermais dans une solitude stérile. Et mon orgueil m’a fait prêter l’oreille aux compliments de quelques lecteurs et lectrices trop complaisants. Je me suis essayé à l’écriture. Il est vrai aussi que là, j’avais un énorme handicap à vaincre. Et le challenge m’excitait. Je n’avais jamais été capable de dépasser les trois ou quatre pages de texte original. Sauf ce document écrit pour ma femme depuis ma cellule. Mais il ne parle que de moi, et elle seule l’a lu. C’est préférable. Sauf ce blog. C’est en réalisant le volume de la production que représente cette succession de billets, que je me suis pris à y croire. Crédulité inconsciemment souhaitée…
Je me suis donc essayé à la fiction. Enfin, fiction… Dans les limites de mon imagination.
Mais j’avais beaucoup de mal à écrire pour moi seul. Très vite, l’idée de donner à lire ma production au fur et à mesure que j’avançais s’est imposée. J’imaginais des dialogues constructifs avec de nouveaux lecteurs qui corrigeraient les dérapages inévitables de mon égocentrisme exacerbé… J’ai ouvert un nouveau blog, en veillant scrupuleusement à ne faire aucun lien avec celui-ci.
Aucune visite. A part quelques Bog It-istes qui venaient jeter un regard curieux et allaient leur chemin… J’ai accusé le fonctionnement de l’hébergeur (Blogger) qui gérait mal le référencement… La faute aux outils, bien sûr…
Je suis revenu créer le même blog sur OverBlog. Aussi vainement.
J’ai fait quelques ouvertures vers mes vieux lecteurs. Tout aussi vainement.
Comment interpréter ce constat ?
Ou bien, comme cela m’a été dit, les textes longs sont incompatibles avec le principe des blogs. Les lecteurs sont dans l’instantanéité. Tout voir et tout comprendre en un clin d’œil est la règle majeure. S’approprier une histoire en remontant dans le fil des billets est insupportable car trop long. Peut-être. Pourtant quelques lecteurs sont venus ici et ont passé des heures à relire les billets depuis le début…
Ou bien, les lecteurs espèrent des frissons, des émotions fortes, des mots qui tirent les larmes, de l’intensité, du malheur à la pelle, qui leur fait croire qu’eux mêmes ne sont pas tant à plaindre… Et les histoires simples, avec leurs passages anodins barbent. Barbent et lassent.
Ou bien ma production est exécrable. Je penche assez vers cette probabilité, bien que trois ou quatre lecteurs aient
manifesté quelque intérêt. (Merci Bénédicte, Jérôme, Shakti, principalement…).
J’ai commencé, j’irai jusqu’au bout. Question d’orgueil, de ténacité, et de challenge que j’ai besoin de mener à terme…
Mais je peux parler d’échec. D’un magistral échec.
Ce ne sont pas ces blogs qui m’ouvriront de nouvelles possibilités de rencontres.
D’où l’éventualité de réactiver ce blog-ci qui s’est imposée.
Jusqu’où ne pas aller trop loin ?
Une autre raison ? Oui. Parfois je me fais peur. Seul. Et j’ai souvent le sentiment de me débattre dans des sables mouvants. Je ne redoute rien. Puisque je ne crains pas la mort.
Mais… ???
Jusqu’où ?
Je viens de passer trois semaines en région parisienne. J’en espérais beaucoup. J’ai trouvé peu. La période n’était pas la meilleure. Je montais à la capitale quand tous les parisiens s’enfuyaient en vacances… Je n’ai vu presque personne de ceux que j’espérais… Et les rencontres effectives ont été trop brèves. De toute façon, je n’aurais pas pu faire mieux : Les travaux prévus dans les appartements de ma fille (elle a déménagé) ont pris tout mon temps. Je n’ai pour ainsi dire pas mis le nez dehors…
Ceci juste pour expliquer que je suis rentré ici avec une bonne dose de frustrations…
Avant de me remettre à écrire, j’aurais aimé vivre quelque chose d’intense.
Je suis sorti. J’ai dragué comme un forcené. Ridiculement.
J’ai rencontré un vacancier, beau garçon algérien, bien bâti, bien équipé, doux et sensuel. Il promettait beaucoup. J’attendais trop. Il a assouvi ses pulsions, vite, trop vite. En m’abandonnant chauffé à blanc, ivre de désirs, les frustrations exacerbées.
J’ai su alors que j’étais capable, dans l’instant, de faire le con. Je ne sais même pas si j’ai vraiment déconné. Ça aurait pu mal tourner. Je m’en rends compte.
Je suis ressorti immédiatement avec l’intention de prendre mon pied. Absolument. Coûte que coûte.
J’ai été entrepris, oui, je dis bien, j’ai été dragué, par un drôle de petit mecton. Petit. Roumain. Pas jeune. Mais super bien roulé, belle gueule aux cheveux coupés extra courts. Sensuel. Il était désirable, indiscutablement. Et dans cet instant j’aurais sans doute fait les yeux doux à une poupée gonflable…
Il se prostituait. Il y a des limites que je ne saurais dépasser. Quel que soit mon état.
Nous avons longuement parlé, appuyés au muret du belvédère des Deux Lions, à regarder les lumières multicolores de la ville scintiller dans la courbure du Rhône. Spectacle magnifique qui avait impressionné Van Gogh. C’est beau, grandiose, romantique… Apaisant.
Il était en fait en pleine détresse. Sans papiers, sans travail, sans argent, sans domicile. Il squatte dans une vieille maison abandonnée... Il finit par offrir ses services en échange seulement d’une douche et d’un repas.
Ce n’est pas la pitié qui m’a guidé. Mais une profonde envie de paterner. Il est juste un peu plus vieux que mes enfants. Je l’ai ramené à la maison.
Dans la voiture j’ai réalisé qu’il sentait mauvais. Aussitôt arrivés je l’ai installé dans un bain, j’ai préparé le rasoir et tout ce dont il avait besoin.
Je lui avais fait vider les poches du pantalon et du blouson de toile qui étaient ses uniques vêtements. Quelques malheureuses pièces de cuivre et quelques jaunes. Un ou deux €uros tout au plus. Un bout de câble électrique en guise de ceinture. Des chaussettes à la couleur indéfinissable. Pas de slip. Pas de maillot de corps ou de chemise.
Je lui ai sorti un vieux short devenu trop étroit pour moi. Pendant qu’il prenait son bain j’ai fait la lessive.
J’ai préparé un bon repas complet. Nous avons mangé en échangeant peu. Il parle mal le français. Il était ébloui par tout « mon luxe »…
Pendant que la lessive se terminait, nous sommes descendus faire le lit de la chambre d’amis.
J’ai honte d’avoir pensé que s’il avait des idées malhonnêtes, dans l’appartement du bas il n’y avait pas grand-chose à voler.
Je ne voulais pas non plus l’obliger à partager ma couche. Je doutais de plus en plus de sa gaytitude.
J’ai mis ses vêtements dans le sèche-linge. Je ne voulais également pas qu’il puisse croire que j’avais lavé ses vêtements pour l’empêcher de partir…
Pourquoi faut-il avoir des pensées calculatrices, même dans une démarche généreuse ?
A l'intérieur, il faisait très lourd. En attendant que ses habits soient secs nous nous sommes installés sur le banc dans le jardin. La nuit était généreusement belle et douce.
Il m’a supplié de le faire un peu travailler. N’importe quoi. Pour pouvoir s’acheter des cigarettes. Le lendemain, après réflexion, je lui ai proposé de tondre la pelouse. Pour vingt €uros. Une misère. Le mieux que je pouvais.
Au coucher, une tentative de câlins m’a prouvé qu’il n’était prêt à accepter que pour me faire plaisir. Il n’en était pas question. Il s’est lové avec délectation tout seul dans son grand lit, et je suis revenu chez moi, à l’étage. Dormir. Vite.
Il s’est réveillé tard. Ebloui par le calme et la tranquillité. Puis il a tondu la pelouse et arraché de mauvaises herbes. Deux heures de travail à onze €uros de l’heure. Ce que me demande mon jardinier occasionnel. Je l’ai gardé pour le repas de midi, avant de le raccompagner en ville, avec deux ceintures adaptées à sa taille, deux polos, le short… Et ses vingt deux €uros.
Mais je n’arrive pas à avoir bonne conscience.
Je sais que ceux qui m’aiment vont me traiter de fou ou d’inconscient.
Je sais qu’une démarche en apparence généreuse est issue de …
Je sais.
Je souffre.
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 22275
En ligne : Selon OB : 5
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. Je verrai.
je crois que la vie est faite de ça:
donner et recevoir et je te trouve très dur vis-àvis de toi-même.
Nos motivations inconscientes ou conscientes sont souvent bien obscure et eu final, c'est bien les moments de bonheurs que tu as pu donner que retiendra ce jeune. Merci du repsect que tu lui as donner.
La vie est si bizarre...si courte ou trop longue mais pas forcément simple à vivre..
Et c'est l'amour donné qui l'emporte sur le besoin car ce jeune à ta façon, tu l'as aimé...
J'en suis sure..
amitiés
Oui, je prends le risque de revenir. Le retour ne peut pas être plus douloureux que le départ.
Dans quelques jours, j'envisage une petite virée vers chez toi. La rencontre aura-t-elle enfin lieu ? Je t'enverrai un mail.
Bises amicales.
(ou Bobby, comme tu veux tu choisis !)
Quelle importance que le début de ta démarche ait été ambigu ou plutôt incertain, après tout. Tu n'en savais rien de cet homme, de qui il était vraiment, et ça t'a fait du bien de faire du bien en l'accueillant avec respect et générosité, alors ne te torture pas plus avec ça.
Ne renonce pas à l'écriture sous prétexte de l'ingratitude des moteurs de recherche ! Ne confonds pas la reconnaissance que tu cherches, et qui ne sera jamais à la mesure de tes espoirs (c'est toujours comme ça, et pour tout le monde, Al...) avec les réactions ou non-réactions à tes textes, et le besoin que tu as d'écrire. (Merde, je parle trop à l'impératif, non ? :p) Je t'ai déjà dit, il y a des textes qu'on ne peut pas commenter, il y a de l'écrit qu'on lit comme un livre et pas comme un blog. Question de respect et de pudeur, sans doute. Ne te décourage pas pour si peu, je t'assure.
A bientôt !
Content de te retrouver ici, chez BoBy... Chez moi.
J'avais pensé te joindre pendant que j'étais là haut, mais j'ai été pris par le temps... Et d'ailleurs peut-être es-tu, toi aussi, dans nos provinces.
Je ne renonce pas à écrire, je crois avoir chopé vraiment le virus. Mais maintenant je vais m'y remettre avec un autre esprit. faire simplement une expérience, et laisser vivre le texte. A sa guise. Le temps dira s'il mérite de rester en ligne. Quand je l'aurai bouclé.
Et les éventuelles rencontres, ce blog y pourvoira, s'il le veut bien.
Pour le -relativement- jeune Roumain, j'espère lui avoir redonné l'estime de lui-même. Je trouve dramatique de monnayer son corps, sans plaisir, sans désir. Encore, ceux qui joignent l'utile à l'agréable, je peux comprendre... Mais s'avilir par désespoir ! La vie mérite mieux.
Au plaisir d'une prochaine rencontre... Ici, chez toi, ou en "live".
Je sais d'expérience (je blogue depuis deux ans et demi) à quel point il est difficile de trouver un équilibre entre vie privée et publique, entre ce que l'on peut exposer et ce qui est déformé... c'est bien pour cela que j'en suis à mon quatrième blog. J'ai ouvert ce dernier en prenant d'infinies précautions, en me protégeant plus. J'ai du coup peut-être négligé de protéger ma vie personnelle dans la réalité comme tu l'a lu et tu m'as d'ailleurs si gentiment répondu à ce sujet, mais c'est une autre histoire.
La tienne, tu as le droit de l'écrire comme tu le souhaite, tu as le droit de souhaiter que l'on te lise, d'avoir envie de plaire sans te priver d'être toi. Mais c'est difficile.
Je me souviens du blog que tu avais ouvert. J'y étais passé, et j'avais commencé à lire tes histoires, j'aimais ton style.
Alors si tu en as envie, si cela te fais du bien, je ne peux que te dire de continuer.
Continues de nous raconter tes histoires, si longues soient-elles, elles t'appartiennent en propre, que tes pensées soient toujours louables ou non. On n'est pas des anges, et je disais il y a pas longtemps: "les bons font pleins d'erreurs et les méchants peuvent être sympas"... c'est ma réalité en tout cas.
Je t'embrasse et à très vite.
Je suis encore en vacances, je vais, je viens. Je ne trouve pas toujours le temps de lire tous ceux que j'aime. Mais bientôt je serai plus dispo...
J'ai jeté un oeil chez toi... Pour quelqu'un en vacances, tu as écrit de bien beaux billets. Et je te trouve plus sereine. Tant mieux. Nous en reparlerons ?
:)
Je trouve ça beau, cette rencontre avec le jeune Roumain. J'ai d'abord pensé "il est fou, Boby, de ramener un mec inconnu comme ça chez lui". Mais bon, tu es comme ça, ta porte est ouverte et c'est ce que j'aime chez toi. Ne change pas.
(c'est toi, sur la photo ? je sais plus maintenant moi, vu qu'apparemment, tout m'échappe sur les bannières ... ;)
Mais un petit coup de Photoshop... Le gars n'allait pas dans le bon sens, et je voulais apparaître beau... Donc... Ce n'est pas moi, mais il est sensé me représenter...-;)
:)