Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...
Ensuite, au fil des jours, j'ai continué à éditer des billets d'humeur. Sans véritable chronologie.
Aujourd'hui, ce blog redevient un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'a plus guère d'importance.
Quand même, pour une meilleure compréhension,
pour ceux qui découvrent ce Blog...Mieux vaut suivre un ordre chronologique.
(En tête de colonne, vous trouverez le sommaire des archives...)
Dans sa première version ce blog a rencontré :
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Julien, dans sa nudité triomphante, étire langoureusement ses bras au dessus de sa tête, pousse un long rugissement avant de s’exclamer :
- « Raôôôhhh… J’y crois pas… »
Dans le même temps il accroche ses mains au bois du lit, tire, bandant tous ses muscles. Ses biceps doublent de volume, les veines de ses bras se tendent, ses pectoraux jaillissent, ses abdos se crispent, sa jambe sursaute sous la mienne.
Couché sur son flanc, le couvrant de mon bras et de ma jambe droite, mon genou agace ses bourses et son sexe enfin au repos…
- « Tu n’crois pas à quoi ? » dis-je d’un ton badin qui masque mal mon pincement au cœur…
- « Là, je suis là dans ce lit, mort, HS, avec un mec contre moi, son genoux sur mes couilles et sa main sur ma poitrine… J’y crois pas…
- Tu le regrettes ?...
- T’es con ou quoi ? !! »
Il m’a renversé sur le dos, emprisonne fermement mes bras de chaque côté de ma tête, son torse se plaque sur le mien, ses yeux, faussement en colère sont à quelques millimètres des miens. Je devine ma barbichette dans ses iris, je me noie dans ses prunelles sombres pourtant protégées par des cils d’une longueur invraisemblable. Il frotte la barbe naissante et drue de son menton sur ma joue fraîchement rasée, puis lèche la peau enflammée et vient mordiller quelques poils blancs de mon collier…
- « Putain, j’ai jamais été aussi bien !...
- « Putain », c’est pour moi ?
- Con !!... »
Il rit. Il est encore plus beau quand il rit, ses dents en rangées impeccables brillant dans la clarté rougeoyante du soir tombant. Je le dévore des yeux. Je me dégage un peu pour me redresser et venir effleurer ses lèvres d’un baiser pudique. Je j’ose pas trop. J’ai peur de casser le rêve.
Il retombe à côté de moi. Ses mains ne lâchent pas mes poignets.
- « N’empêche, si on m’avait dit ça hier…
- C’est vraiment la première fois que tu vas avec un mec ? A mon tour d’avoir du mal à y croire…
- Ouais, je te comprends… Et pourtant, je te l’ai dit, je te jure que c’est vrai. A part deux ou trois bêtises d’ados, je ne suis allé qu’avec des filles. Je te le jure…
- Je n’ai aucune raison et aucun droit de douter… Ça me surprend. Et j’en suis encore plus troublé…
- Je te l’ai dit. J’ai une copine. On vit ensemble depuis l’été dernier…
- Et ça va bien ? Vous êtes bien ensemble ? »
Ricanement. « Ouais. Jusqu’à présent je le croyais… »
- « Ben, quoi ? Tu m’as dit qu’elle était jolie ? »
Il opine du menton. Sur ma joue. Je vais avoir une sacrée marque, à force…
- « Super canon. Les copains de fac n’arrêtent pas de me charrier, en me conseillant de bien la surveiller, ou que sinon, ils ne répondent de rien…
- Elle est étudiante aussi ?
- Ouais… On est dans la même section d’infographie…
- Donc, elle n’est sans doute pas idiote… Alors ?
- On s’entend super bien, c’est vrai, c’est la classe. On aime les mêmes trucs, la même musique, les mêmes groupes, en général on est top après avoir vu un film…
- À plus forte raison, alors ?... Au pieu, ça ne va pas ?
- Elle, elle est contente, je crois. Je suis pas trop mal équipé, et je bande facile… »
Je plonge mes mains dans ses boucles de jais, empoigne fermement cette magnifique tignasse, et le secoue tendrement…
- « Et tu as plutôt une jolie gueule, en plus du reste…
- Arrête… Elle m’appelle « son brigand sicilien »…
- Ah… Pas mal vu… … Où est le hic ? Je ne vois pas bien…
- Quand on fait l’amour, c’est toujours elle qui prend l’initiative… Vite faits, bien faits, les préliminaires… Elle n’aime pas sucer. Elle s’ouvre, me guide, et elle se déchaîne dès que je suis en elle. Elle jouit assez vite, je trouve. Des fois, je dois me concentrer pour la rejoindre à temps… Et quand c’est fini, c’est fini. Elle se retourne se love dans mes bras, position « cuillère », tu sais… Et là, pas question de bouger jusqu’à ce qu’elle soit calmée et se lève pour sa sacro-sainte toilette… Et dodo !
Je souris… caresse sa joue, ses lèvres, remonte vers son front, suit le dessin gracieux et viril de ses sourcils…
- « C’est une jouissance de mec que tu me décris là… D’habitude, j’entends plutôt les filles se plaindre de l’inverse… Les éjaculateurs précoces sont un vrai drame pour elles… Faut reconnaître que toi… Mais tu dis bien que tu prends du plaisir avec elle !
- Je jouis ! Ça oui. Prendre du plaisir, maintenant je sais que ce n’est pas exactement ça… Et je ne te parle pas des fois où elle décide de me chevaucher… Une vraie furie ! Parfois, je me sens comme violé !
- N’en rajoute pas dans le drame, quand même… Pour ce qui est d’être violé… Tu vas me faire sourire !
- Bon d’accord… (Il rit…) Mais toi, tu m’as fait jouir trois fois de suite ! Trois fois !
- Les circonstances… Tu étais très excité, moi aussi… Tu réagissais tellement bien à ma bouche et à mes baisers… Je n’aurais pas accepté que ma langue oublie un millimètre carré de ta peau…
- Arrête ! Sinon je ne réponds de rien !
- C’est quand tu as voulu te donner à moi, que j’ai été surpris… Je n’osais même pas l’espérer…
- Je n’ai pas réfléchi… Ta bouche m’avait fichu le feu… Il fallait bien que tu l’éteignes…
- Julien… Ça me fait peur… C’est trop, et trop beau pour moi… Un vieux machin décati, qui, pris d’une folie soudaine a fait du rentre-dedans ouvertement à un mec hyper viril rencontré dans un bar… Pourtant tu venais d’arriver… Tu n’avais pas trop bu…
- Rien bu du tout ! Deux bières, maxi… Mais j’avais le bourdon, et ton regard triste pour accompagner tes vannes… Comment ?... Osées ?... (Il rit de nouveau…) Putain, tu m’as quand même dit comme ça, devant tout le monde, « Ça ne devrait pas être permis d’être aussi beau ! C’est dangereux pour mon cœur malade ! » Tu te rends compte ? J’ai craqué… Et le vieux machin, il n’est pas prêt de se débarrasser de moi ! »
Je souris. Bêtement. Tristement. J’attire son visage et embrasse ses paupières et son nez… C’est lui qui cherche ma bouche et m’envahit d’un baiser passionné. J’ai cru que je n’allais pas pouvoir retrouver mon souffle… Mais il se redresse, riant de nouveau aux éclats…
- « Putain, c’est malin ! J’ai encore envie… »
À quoi pensais-tu, Monique, le soir de cette discussion ? Pouvais-tu croire à une telle possibilité ? Non, Monique, tu ne me voyais pas avec de bons yeux. C’est du roman. Du mauvais roman de gare.
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