J’aurais pu me lever de bonne heure comme dans le temps. Ecouter un instant Monique reposer en paix après une nuit agitée, puis, sur la pointe des pieds venir m’asseoir ici au bureau, pour consulter mes messages et les billets des copains, en attendant l’heure de préparer le petit déjeuner.
J’aurais pu. Mais je me suis levé à neuf heures et demi, après m’être demandé si ça valait vraiment le coup, et, sans un regard pour la pile d’oreillers qui ramène l’espace de ce grand lit au seul qui me soit utile lorsque je laisse tomber mon corps encombrant dans un sommeil lourd et borné…
J’aurais pu donner à manger aux oiseaux pendant que le café passait, et faire une table accueillante avec d’odorantes tartines grillées pour elle.
J’aurais pu. Mais j’ai jeté un œil sur l’écran pendant que le café passait, c’était bien suffisant, il n’y a rien à voir. Et j’ai oublié les oiseaux. Ils ne viennent même plus cogner à la fenêtre. Et j’ai bu vite fait mon café, sur un coin de la table de la cuisine que je n’avais même pas débarrassée de ses miettes de la veille au soir. Le verre était toujours là, bien suffisant pour les quelques médicaments à prendre, pourquoi salir inutilement de la vaisselle ?
J’aurais pu aller mettre un peu d’ordre dans l’appartement du rez-de-chaussée, toujours en attente depuis les dernières visites.
J’aurais pu m’attaquer à la pile de linge à repasser. J’ai eu le courage de faire les lessives juste après leur départ. Et depuis…
J’aurais pu aller arroser toutes les plantes en attente dans l’annexe qui fait office de
serre pendant l’hiver. Elles ont soif. Elles me l’ont dit : le citronnier n’a plus que trois ou quatre feuilles, et ses deux gros énormes citrons ridicules. Pourquoi deux ? Il n’y en
avait plus besoin que d’un.
J’aurais pu aussi ressortir toutes ces plantes qui ne voient le printemps qu’à travers les vitrages. Les nettoyer, les
rafraîchir, leur redonner leur place de la belle saison. J’aurais pu.
J’aurais pu tailler mes deux oliviers qui ont poussé démesurément, de façon indécente l’année passée. J’aurais pu. Mais c’était elle qui taillait. Elle avait le style et la main verte. Moi, je tue tout ce que je touche. Tout.
J’aurais pu mettre un peu d’engrais aux lantanas qui peinent à démarrer. L’année dernière, ils dépassaient la balustrade. Mais c’est moi qui ai dû les tailler à l’hiver.
J’aurais pu m’occuper des mauvaises herbes de la plate-bande de devant, des lavandes en train de mourir parce que non traitées, des canas encore étouffés par leurs feuillages de l’année précédente, des lauriers non taillés courbés par les cosses des fleurs de l’année passée, de désherber les allées, la roubine, de tondre le coin de pelouse moribond, de…
J’aurais pu. Mais je n’ai pas.
J’aurais pu m’attaquer aux nombreux bricolages qui devraient être faits avant l’été. Au cas où je serais contraint à envisager une location. J’aurais pu prendre des mesures, aller au magasin de bricolage préparer les devis, mettre de l’ordre dans mon atelier devenu immonde. J’aurais pu. Mais je n’ai pas.
J’ai traîné ma misère, pris ma douche à treize heures, mangé à quinze, et je suis sorti. Sorti pour sortir. Pour fuir le vide et le retrouver, encore pire, encore plus sordide, dans les chemins creux. J’aurais pu rencontrer un brave garçon, donner et recevoir de la tendresse.
J’aurais pu, qui sait. Mais je n’ai pas.
J’aurais voulu rentrer à la nuit tombée, mais elle vient bien tard, ici, dans le sud, avec la nouvelle heure. Alors je suis rentré quand il faisait encore jour, comme les autres, comme ceux qui reviennent du travail. J’aurais encore pu faire des choses. Jardiner, ranger, bricoler. Comme ceux qui reviennent du travail. Mais je n’ai pas.
J’ai vu la fin des infos, la météo, de la pub, un téléfilm insipide que j’avais déjà vu, et je viens là, faire un petit bilan en buvant un dernier café, avant de me laisser de nouveau tomber sur le lit.
A part ça, ça va.
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 50585
En ligne : Selon OB : 6
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. Je verrai.
Bienvenue Patinter.
Un peu surpris, mais en quelque sorte flatté d'attirer l'attention par mon style... Il me désole tant !
Malheureusement, je crains que tu n'arrives sur ce blog dans une période "maigre"... Mais je le reconnais, il y a encore de quoi lire... Seulement, tu ne sembles pas trop avoir le moral en ce moment, et je ne suis pas sûr dans ce cas que lire tout ça soit la bonne thérapie...