Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...
Ensuite, au fil des jours, j'ai continué à éditer des billets d'humeur. Sans véritable chronologie.
Aujourd'hui, ce blog redevient un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'a plus guère d'importance.
Quand même, pour une meilleure compréhension,
pour ceux qui découvrent ce Blog...Mieux vaut suivre un ordre chronologique.
(En tête de colonne, vous trouverez le sommaire des archives...)
Dans sa première version ce blog a rencontré :
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Je me suis surpris à utiliser trop fréquemment ce terme tellement éloigné de mon vocabulaire habituel. Improbable. Je ne m’étais jamais attardé sur les choses peu vraisemblables, ou douteuses. J’étais plus volontiers un adepte de la chanson de Zanini : « Tu veux ou tu veux pas ? ». L’improbable, je le laissais sur le bord du chemin. J’avais autre chose à faire que de prendre le risque de perdre mon temps…
Je sais. J’ai dû passer à côté de beaucoup de belles choses. Je sais. Je n’arrive pas à le
regretter. Ce serait une autre perte de temps.
Mais aujourd’hui, choisir de briser le virtuel, c’est aller à la rencontre de l’improbable.
Oh, je commence juste à effleurer cette réalité là. Je tends les bras, allonge désespérément mes membres et mes phalanges, et la pulpe de mes doigts sent le frémissement de cette vérité sans que je puisse encore l’appréhender. J’avance doucement sur le chemin de la patience, j’approche du carrefour de la tolérance…
Hé bien oui, je dois le dire. J’ai été tout, sauf tolérant. Moi, le militant convaincu des droits de l’homme, du droit à la différence, adepte même du principe réfléchi du droit à l’indifférence positive… Porte-drapeau des luttes anti-racistes, des combats identitaires, des droits de toutes les minorités. Intellectuel en diable. Moralisateur imbu de son bien-penser, jargonneur des combats évidents, défenseurs de libertés de moins en moins remises en cause par tous ceux qui ont un minimum d’humanité et de sens républicain…
Mais là, ici, au quotidien, dans les situations les plus banales. Le classé « pilier de bistrot » n’a droit qu’à toutes mes foudres sentencieuses (Nicolas, pardon…), le petit ventre rond ou le crâne dégarni n’ont aucune chance de me séduire, la femme banalement hétérote ne reçoit que mon indifférence polie, le handicapé subit une attention et une amabilité condescendante. J’arrête. La liste serait trop longue.
Merci le virtuel.
Pas n’importe lequel. Les tchats de drague sont trop souvent la négation même des différences. Les annonces sont stéréotypées, les présentations faussées, les photos truquées. Ce n’est pas la quête de l’autre, c’est la chasse aux fantasmes.
Merci les blogs.
Là, qu’importe ce que veut dire et faire passer l’auteur. Qu’importe qu’il se bâtisse un personnage conforme à ses rêves les plus fous. Qu’importe qu’il mente ou qu’il fabule. Qu’importe qu’il soit proche ou dans la schizophrénie. Dans la durée, rien ne résiste au verbe. Il croit balader le lecteur, et à un moment ou à un autre il finit par se livrer nu, dans toute sa fragilité… Ou sa puissance.
Alors, lorsque l’on apprend à connaître ainsi, au fil de l’eau, touche par touche, billet par billet, silence après silence, humeur après humeur, rire après rire, on sait. On prend possession de la vraie profondeur de la personnalité. Ou bien la page est tournée. Depuis longtemps.
Alors les affinités sont des évidences. Alors on ne peut être surpris d’être si bien, si confiant, si sûr du bien-fondé des retrouvailles. Alors les rencontres peuvent être, et deviennent improbables. Car notre regard sera peut-être, sans doute surpris. Mais seulement le regard !
Car la connaissance est venue de l’intérieur. Et qu’importe l’enveloppe !
« On ne connaît bien qu’avec le cœur »… disait le Renard.
Monique, tu avais raison.