Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...
Ensuite, au fil des jours, j'ai continué à éditer des billets d'humeur. Sans véritable chronologie.
Aujourd'hui, ce blog redevient un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'a plus guère d'importance.
Quand même, pour une meilleure compréhension,
pour ceux qui découvrent ce Blog...Mieux vaut suivre un ordre chronologique.
(En tête de colonne, vous trouverez le sommaire des archives...)
Dans sa première version ce blog a rencontré :
35 515 Visiteurs...
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Quand nous avons commencé à envisager sérieusement de quitter la région parisienne, j’ai aussitôt mesuré ce que pouvait signifier pour moi la séparation brutale de mon environnement
familier. Allez, pas de périphrases. J’allais être privé de ces multiples lieux de rencontre où je pouvais, en quelques quarts d’heures, écluser sans peine le trop plein d’énergie affective et
sexuelle qui ne trouvait pas son apaisement dans ma vie de couple. L’amour de ma femme était pourtant bien réel et tout aussi puissant et réciproque que trente ans plus tôt. Loin d’être éthéré et
prude… Trop puissant peut-être. Quelques courts instants insouciants, sans engagement, dans les bras d’un jeune homme m’apportaient la paix désirée.
J’ai voulu croire que quelques « plan Q » compenseraient. Jusque là, j’avais négligé, voire méprisé, les pratiques internet. Je me suis inscrit sur un site de rencontres gays. Le bilan est sans appel. En cinq ans, deux rencontres positives, deux ou trois plans foireux… Je garde l’abonnement. J’achète sans illusion un petit bout d’espoir…
Lorsque, il y a un an, j’ai créé ce blog, je n’attendais rien, je n’espérais rien, je choisissais inconsciemment de m’exposer nu, comme à un sacrifice expiatoire. En essayant de croire au prétexte de la trace laissée à mes enfants.
Et je me suis confronté, non préparé, au virtuel.
J’ai été pris dans le tourbillon bouillonnant d’une affectivité exacerbée tout autant que pudique avec Alex, mon jeune pompier amoureux d’un condisciple. Témoin dévoré consentant.
Pour aussitôt être plongé dans un bain glacé.
J’ai rencontré sur la toile un fantasme impossible. Un peu plus expérimenté, j’ai su lire entre les lignes. Et j’ai trouvé et appris à tailler un diamant brut. Oh, juste une ébauche de taille. Mais j’ai pu voir, de mes yeux, les premiers éclats. J’ai pu effleurer de mes doigts la surface encore rugueuse. Mais je sais maintenant que le virtuel peut être beau et riche…
Et cette toile énigmatique qui avoue qu’elle n’attend que d’être déchirée. Les premières rencontres. Les premières maladresses. Évidemment les premières susceptibilités. Quand il déchire son cocon, le papillon a les ailes tellement fragiles… Mais le virtuel qui avoue sa vraie nature : il n’est qu’une étape transitoire. Tous ses adeptes espèrent la reconnaissance.
Voyage à Paris, en cela, d’une prodigieuse richesse.
Et ce Week-End.
Là, assis en bout de table. A la place de l’hôte. Je regarde mes invités. La maison de Monique bruisse d’une vie inconcevable il y a un an.
O., l’empathie incarnée. Tout son être tendu vers les autres, attentif, attentionné, généreux. Il écoute, sourie, câline. Il irradie du bonheur qu’il distribue. Il s’ouvre pour recevoir les confidences, il referme ses bras pour envelopper et fusionner avec l’autre…
Fiso, si forte, si fragile. A la beauté souriante, au rire insouciant, à la joie communicative, à la richesse inouïe, et dont l’âme marque si facilement… Il faut faire patte de velours, la moindre griffe laisse si facilement une trace…
M., à la finesse et à la subtilité troublantes, un peu trop soucieuse de son paraître, comme si sa remarquable beauté naturelle lui faisait peur. Ou comme si elle avait besoin de protéger une personnalité aussi fine et fragile qu’une dentelle de cristal…
G., son marin, aux longues rames qu’il manipule avec un brin d’hésitation, comme surpris et étonné d’être dans un courant dont il ignore où il peut le conduire… Un peu perdu aussi, un peu malhabile, comme inquiet de se retrouver au milieu de ces amis tellement intimes, qui pourtant se rencontraient pour la première fois.
Et moi. Moi, le patriarche, l’instigateur, le prétexte. Heureux d’être entouré de sa marmaille, surpris d’un bonheur à cent mille lieux de ses préoccupations habituelles si bassement au dessous de la ceinture…
Dois-je en conclure que je ne peux trouver paix et bonheur qu’en oubliant que…
Est-ce le prix à payer ?
Je suis encore sous l’emprise de l’ivresse radieuse de ces deux jours. Et une vague peur s’insinue…