Elle est arrivée derrière moi. Elle s’est amusée de me voir dévorer le spectacle de la rue comme un touriste ayant quitté le trou perdu
de sa lointaine province pour découvrir la capitale. Nous nous sommes embrassés. Elle m’a soufflé : « Tu sens bon, c’est agréable »… Je vivais. Je l’ai de mon côté, au premier coup
d’œil, trouvée telle que je l’avais imaginée. Non, j’exagère. Elle est encore plus belle, et son sourire encore plus chaleureux et tendre que sur son blog.
La fin de mon séjour est arrivée sans crier gare. J’ai quitté la famille, les bras chargés de mimosa. Des fois que je pourrais faire croire qu’il avait fait le trajet depuis la
Provence…
Nicolas est un copain de bistrot à Fiso. C’est une bonne carte de
visite, ça. J’étais donc allé, toujours un peu fouineur, jeter un œil sur sa production. Je ne m’y étais guère attardé. Les vannes de comptoir, ce n’est pas vraiment mon truc. Et les mecs qui
parlent trop de cul, ma vieille expérience m’a appris à m’en méfier. Plusieurs cas de figure. Ce sont, ou bien des honteuses, qui cachent sous des plaisanteries grasses leurs véritables goûts. Ou
bien des hétéros purs et durs qui n’établissent de rapport avec les femmes qu’à l’horizontale ou en font la cible de « plaisanteries » lorsqu’elles sont inaccessibles. Ou bien de chauds
lapins qui lassent vite avec leurs obsessions. Ou bien des mecs blessés qui disent toute leur amertume dans leurs trompetteries. Il doit y avoir d’autres cas de figure, mais je les ai rarement
rencontrés. Dans tous les cas précédents, ces braves garçons sont effroyablement homophobes. Et il y a longtemps que j’ai abandonné l’envie de les rendre plus tolérants. Bien sûr, il est de
gauche. Mais… Ça change quelque chose ?
Balmeyer, j’avais repéré son chapeau melon sur mes stats de BlogIt. Régulièrement. Visites silencieuses. Chez une blogueuse qui me lit aussi, il
avait échangé quelques mots à mon sujet, que je résumerais par : « Ouais… ». J’étais donc allé le lire. Je ne soulignerai pas la finesse de son style et de ses analyses. Tous ses
lecteurs d’extasient. Mais j’ai souvent bien aimé la manière enlevée et alerte dont il traitait ses sujets. Désolé de te contredire, O., mais j’ai tout de suite vu sous le chapeau melon un jeune
mec plein de vie. Impression vite confirmée par les allusions à son bébé de fils… Ce que je n’arrivais pas à cerner, c’est qui il pouvait être. Libraire ? Enseignant ? (Je penchais
assez pour…) Fonctionnaire dans une administration ? Journaliste ? Ecrivaillon ?... J’aimais bien. Mais il avait les désavantages de ses qualités : ceux qui écrivent bien me
foutent les boules…
Dorham,
découvert au travers des commentaires de ces mêmes blogs, me laissait la même impression. Un jeune mec plein de finesse, peut-être plus costaud, lui, et maîtrisant la langue française avec trop
de bonheur… Je n’aurais pas osé déposer une phrase de mon charabia sous ses colonnes…
Tonnégrande et Filaplomb, je les avais juste entre aperçus. Je
n’avais pas eu la curiosité d’aller au-delà. Je dois avouer que je ne trouve pas le temps de lire des blogs,
hors ceux dont les auteurs ont eu la patience de me prendre par la main…
Heureusement, il devait y avoir Zoridaë. Pas mal de temps déjà qu’elle dépose régulièrement des commentaires pleins de finesse
et de sensibilité au bas de mes billets. Elle m’a même fait l’honneur de me choisir comme ami chez BlogIt. Au début, j’avais été rebuté par le graphisme de son blog. Et un jour j’y suis retourné,
je l’ai trouvé beaucoup plus agréable et j’ai enfin pu le lire vraiment. Beau style. Belle écriture. Je ne sais pas pourquoi (je ne pense pas l’avoir lu dans ses colonnes ?), j’ai tout de
suite pensé qu’elle aspirait à devenir écrivain. Et encore une qui me fichait le cafard ! Heureusement que de temps en temps elle me disait qu’elle aimait bien me lire…
Pas vraiment une
surprise. Même seul, je crois que je l’aurais reconnu dans cette foule. J’ai juste eu à baisser les yeux un peu plus
que prévu. Adorable. Physiquement. Les yeux que O. avait esquissés, la nuque soyeuse que l’on a envie de caresser.
Intellectuellement. Enfin, là, je ne suis pas sûr que le terme « adorable » convienne. Une belle et forte personnalité. Comme je les aime. En plus, et je n’ai pas pu m’empêcher de le
lui dire, il me fait fortement penser, très fortement, à mon jeune compagnon d’avant mon mariage. La vie, des fois…
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 39004
En ligne : Selon OB : 2
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-deux ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt deux ans qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
J'ai de plus en plus peur. Je sais, je suis totalement ridicule de trouver ceci un peu trop.
"Le marié est-il trop beau ?"
Et puis, quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. C'est inéluctable. 24/67, ratio incontournable. Je verrai.
J'imagine encore que je saurai être digne.