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Jeudi 6 mars 2008 4 06 /03 /Mars /2008 17:00
À la fin de mon séjour, je devais revoir mes premiers amis blogueurs. Ceux là même qui étaient venus me réchauffer quelques jours après la mort de Monique. Fiso devait partager notre week-end. J’étais émoustillé comme une puce qui aurait bu le sang d’un camé… Enfin, pendant ce séjour j’allais briser ce virtuel qui m’insupportait de plus en plus. Voir, toucher ces gens qui m’avaient ouvert leur cœur sans calcul, qui avaient utilisé la toile pour sécher mes larmes. Sentir leur odeur. Me voir vivre dans leurs yeux. Je n’ai pas eu la patience d’attendre toute une semaine. Fiso dès le lundi pouvait me consacrer quelques instants. Fortuitement, je lui avais proposé de nous rencontrer au Chatelet. Là où quelques semaines plus tôt elle avait rencontré mon fils aîné. La vie, des fois…
 
undefined Elle est arrivée derrière moi. Elle s’est amusée de me voir dévorer le spectacle de la rue comme un touriste ayant quitté le trou perdu de sa lointaine province pour découvrir la capitale. Nous nous sommes embrassés. Elle m’a soufflé : « Tu sens bon, c’est agréable »… Je vivais. Je l’ai de mon côté, au premier coup d’œil, trouvée telle que je l’avais imaginée. Non, j’exagère. Elle est encore plus belle, et son sourire encore plus chaleureux et tendre que sur son blog.
Pendant deux heures, nous avons papoté comme deux anciens condisciples qui se retrouvent après des années. J’exagère encore. J’ai surtout bavassé, et elle a eu assez de patience et d’empathie pour m’écouter jusqu’au bout…
Virtuel vaincu ! J’étais heureux !

Dans le billet précédent, j’ai dit deux mots de la douloureuse visite que je fis après l’avoir raccompagnée. Mais Paris a su me remonter le moral.
 
Pendant la semaine, je devais revoir l’un de mes neveux, sa femme et leurs trois monstres adorables, qui n’avaient pu nous rejoindre au moment du deuil. Ma progéniture était de la partie. Bonheur de se retrouver ensemble. Rencontrer des inconnus familiers ne suffit pas à briser le virtuel. Il faut aussi ne plus être un inconnu pour les familiers. Je voulais que tout explose. J’ai laissé Karine donner des pistes à ma nièce pour retrouver ce blog. Elle n’avait pas grand-chose à y découvrir, en dehors du parcours douloureux de la dernière année. Quand même, je ne lui ai pas fait un cadeau.
La chasse au virtuel entraîne parfois des dégâts collatéraux…
 
undefined La fin de mon séjour est arrivée sans crier gare. J’ai quitté la famille, les bras chargés de mimosa. Des fois que je pourrais faire croire qu’il avait fait le trajet depuis la Provence…
J’ai laissé à la porte mes soucis et une bonne partie de ma tristesse en retrouvant O. et Igor. Avec ces deux là, on ne peut pas être triste. En rentrant chez eux, on entre dans un cocon de douceur et de prévenance. Et leur demeure est à leur image.
Fiso nous a rejoint presqu’aussitôt. Deux jours de vraies vacances, câlines et tendres. Ensemble, ils respirent la joie de vivre. Comment aurais-je pu rester morose ? Même si la liaison Wifi m’a refusé l’accès à mon univers de drogué… du virtuel… undefined
 
Le samedi soir était très chargé. Je devais rencontrer Yo, moment que j’attendais avec impatience. Et mes amis m’avaient promis une surprise. Comme un bambin au pied du sapin, j’attendais…
Ce fut ma première soirée « blogueurs »…
Lorsque je sus qui j’allais rencontrer, je modérais mon enthousiasme. D’accord, la curiosité me dévorait. Mais qu’allait donner une telle rencontre ?

undefined Nicolas est un copain de bistrot à Fiso. C’est une bonne carte de visite, ça. J’étais donc allé, toujours un peu fouineur, jeter un œil sur sa production. Je ne m’y étais guère attardé. Les vannes de comptoir, ce n’est pas vraiment mon truc. Et les mecs qui parlent trop de cul, ma vieille expérience m’a appris à m’en méfier. Plusieurs cas de figure. Ce sont, ou bien des honteuses, qui cachent sous des plaisanteries grasses leurs véritables goûts. Ou bien des hétéros purs et durs qui n’établissent de rapport avec les femmes qu’à l’horizontale ou en font la cible de « plaisanteries » lorsqu’elles sont inaccessibles. Ou bien de chauds lapins qui lassent vite avec leurs obsessions. Ou bien des mecs blessés qui disent toute leur amertume dans leurs trompetteries. Il doit y avoir d’autres cas de figure, mais je les ai rarement rencontrés. Dans tous les cas précédents, ces braves garçons sont effroyablement homophobes. Et il y a longtemps que j’ai abandonné l’envie de les rendre plus tolérants. Bien sûr, il est de gauche. Mais… Ça change quelque chose ?

 
A ce propos, je n’ai pas encore tout pigé dans l’univers des blogs. Un blog politique, c’est quoi ? Ça sert à quelque chose, à part conforter l’auteur dans les opinions de l’auteur ? Pas trop envie de m’attarder sur ce genre de choses. Ou bien le blogueur est de gauche, et il a de grandes chances de ne dire que ce que je pense, ou bien il est de droite, et j’ai strictement rien à fiche de ses opinions. La télé d’état me les serine à longueur de journal… 

Rien que pour m'aider à décaniller tous ces clichés, j'aurais voulu pouvoir parler un minimum avec notre hôte...
 
undefined Balmeyer, j’avais repéré son chapeau melon sur mes stats de BlogIt. Régulièrement. Visites silencieuses. Chez une blogueuse qui me lit aussi, il avait échangé quelques mots à mon sujet, que je résumerais par : « Ouais… ». J’étais donc allé le lire. Je ne soulignerai pas la finesse de son style et de ses analyses. Tous ses lecteurs d’extasient. Mais j’ai souvent bien aimé la manière enlevée et alerte dont il traitait ses sujets. Désolé de te contredire, O., mais j’ai tout de suite vu sous le chapeau melon un jeune mec plein de vie. Impression vite confirmée par les allusions à son bébé de fils… Ce que je n’arrivais pas à cerner, c’est qui il pouvait être. Libraire ? Enseignant ? (Je penchais assez pour…) Fonctionnaire dans une administration ? Journaliste ? Ecrivaillon ?... J’aimais bien. Mais il avait les désavantages de ses qualités : ceux qui écrivent bien me foutent les boules…
Et, c’est drôle, O. … Dès que ce gars est entré dans le café, j’ai pensé que c’était lui… Va savoir pourquoi. 
 
undefined Dorham, découvert au travers des commentaires de ces mêmes blogs, me laissait la même impression. Un jeune mec plein de finesse, peut-être plus costaud, lui, et maîtrisant la langue française avec trop de bonheur… Je n’aurais pas osé déposer une phrase de mon charabia sous ses colonnes…
Bref. Je regardais un peu ces mecs là comme un bambin les vitrines des Galeries à Noël… 
 
undefined Tonnégrande et Filaplomb, je les avais juste entre aperçus. Je undefined n’avais pas eu la curiosité d’aller au-delà. Je dois avouer que je ne trouve pas le temps de lire des blogs, hors ceux dont les auteurs ont eu la patience de me prendre par la main…
 





undefined Heureusement, il devait y avoir Zoridaë. Pas mal de temps déjà qu’elle dépose régulièrement des commentaires pleins de finesse et de sensibilité au bas de mes billets. Elle m’a même fait l’honneur de me choisir comme ami chez BlogIt. Au début, j’avais été rebuté par le graphisme de son blog. Et un jour j’y suis retourné, je l’ai trouvé beaucoup plus agréable et j’ai enfin pu le lire vraiment. Beau style. Belle écriture. Je ne sais pas pourquoi (je ne pense pas l’avoir lu dans ses colonnes ?), j’ai tout de suite pensé qu’elle aspirait à devenir écrivain. Et encore une qui me fichait le cafard ! Heureusement que de temps en temps elle me disait qu’elle aimait bien me lire…
Rien que pour elle, j’aurais fait le déplacement. Je l’ai reconnue tout de suite.
 
Lorsque nous nous sommes retrouvés dans l’appartement de Nicolas, j’ai ressenti comme un flottement. Personne n’était à l’aise. Même pas notre hôte, malgré les apparences. Rien que de normal. Je pensais qu’il allait falloir un peu de temps (et pour certains quelques bières ou quelques ballons… moi, comme d’hab., pisse-vinaigre, je m’étais cantonné au soda…) pour que tout ça se dégèle…
Mais nous devions déjà repartir. Je n’ai eu le temps de rien voir, de rien entendre, de rien dire. Ma tête bourdonnait d’interrogations. L’envie de découvrir, de fouiller, de comprendre, me taraudait. Frustration totale.
J’étais monté de ma Provence profonde sus au virtuel, et là, en quelques instants, je générais un virtuel à la puissance dix ! Le baba au rhum que l’on fait passer très vite sous les narines de l’affamé ! Il ne lui reste plus qu’à rêver… D’un banquet virtuel.
O. conduisait. Je n’étais donc pas autonome. J’ai pourtant envisagé de leur dire de partir sans moi. Non, ce n’était pas possible. Je ne pouvais pas manquer le rendez-vous avec Yo.
J’étais tellement ému, presque bouleversé, qu’en voulant prendre un dernier verre avant de partir, J’ai retourné la bouteille de Soda avant de l’ouvrir… Le carnage ! Dorham s’est précipité pour nettoyer, comme il doit le faire quand l’une de ses gamines fait une bourde chez des hôtes… Je restais planté, les bras ballants. Juste plus con que d’habitude…
Enfin, n’ayant pu m’exprimer, dans cet univers que je soupçonnais sans preuve d’être macho, j’ai joué la provocation, dit aux deux jeunes qu’ils étaient mimi tout plein et ai plaqué deux poutous sur leurs joues mal rasées. Devant leurs femmes. Et je me suis enfui.
Depuis, j’en suis malade. Je crois que j’en ai oublié de faire la bise à Zoridaë…
 
N’empêche, avec toutes mes bourdes, nous arrivions encore plus en retard au concert. Le spectacle était commencé. Et Yo nous attendait.
undefined Pas vraiment une surprise. Même seul, je crois que je l’aurais reconnu dans cette foule. J’ai juste eu à baisser les yeux un peu plus undefined que prévu. Adorable. Physiquement. Les yeux que O. avait esquissés, la nuque soyeuse que l’on a envie de caresser. Intellectuellement. Enfin, là, je ne suis pas sûr que le terme « adorable » convienne. Une belle et forte personnalité. Comme je les aime. En plus, et je n’ai pas pu m’empêcher de le lui dire, il me fait fortement penser, très fortement, à mon jeune compagnon d’avant mon mariage. La vie, des fois…
 


J’ai rencontré aussi Steeve. Un sacré bonhomme. Une gueule d’ange, un sourire d’une douceur… Que je crois avoir déjà vu quelque part… Un physique qui déménage… Bref, un des comme, bien entendu, je ne rencontre jamais. Sauf virtuellement.
 
La soirée me réservait d’autres surprises. De quoi alimenter mes fantasmes virtuels. Et pas qu’un peu. Mais j’ai été trop bavard. Over-Blog va me couper… Ce sera l’occasion d’un autre billet. De toute cette soirée, je peux tirer une conclusion :
Chassez le virtuel…
 
...Il revient au galop !

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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...

Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!

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Bonjour...

    Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...

     

Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!        
 Juillet 2012        
      J'ai obtenu le statut de résident étranger au Maroc.
            C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Seulement, il y avait ce satané véhicule ! Je n'ai plus le droit d'avoir mon jouet décapotable français. Je suis rentré en France pour essayer de le vendre afin de racheter un petit véhicule au Maroc. Seulement voila. En période de crise, ce genre de véhicule ne se vend pas ! Ou bien les acquéreurs potentiels n'osent pas investir dans de la fantaisie, ou bien ils ont les moyens d'acheter le même véhicule neuf...
Bref... Je n'ai eu d'autre solution que de racheter moi-même le cabriolet, au prix fort (plus de 22 000 €uros, soit 5000 €uros de plus que l'estimation communément admise. Se rajoutent les frais de douane ("Mise en circulation" au Maroc), environ 11 000 €uros, l'assurance marocaine (l'ancienne assurance ne peut avoir cours à l'étranger), couverture à payer en une fois annuelle (environ 1000 €) Plus... Plus...
Bref... Je suis plus pressé qu'un citron... Mais je suis près de lui.
. Je veux vivre par et pour lui.  Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, maintenant. Tout de suite.   
       
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
 
       
 En tête de colonne, vous trouverez le sommaire des archives.

 

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Qui je suis

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  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, j'ai redécouvert l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune ! C'est lui qui m'a choisi, et je n'ai pas su dire non...

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-deux ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt deux ans qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

J'ai de plus en plus peur. Je sais, je suis totalement ridicule de trouver ceci un peu trop.

"Le marié est-il trop beau ?"

Et puis, quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. C'est inéluctable. 24/67, ratio incontournable. Je verrai.

J'imagine encore que je saurai être digne.

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