Bientôt quatre ans que nous sommes venus nous installer ici en Provence. Pour toi.
Juste deux mois aujourd’hui que tu t’es libérée de toutes tes chaînes. En me les refilant.
En quatre ans, nous n’avions pas réussi tout à fait à nous installer. L’annexe était encore pleine de caisses de déménagement qui attendaient. Qui attendaient quoi au juste ?
Lorsque je me suis retrouvé seul entre ces quatre murs, tous mes proches, la famille, les amis, de simples connaissances même, me conseillaient sentencieusement de me dépêcher de partir, de voyager, de me « changer les idées ». Je recevais très mal et douloureusement ces conseils bienveillants. Il était inenvisageable que je m’éloigne, ne serait-ce que de quelques kilomètres, de cette maison où nous avions bâti tant d’espoirs.
L’impensable est arrivé. L’appel de la vie, le besoin irraisonné de tendre la main vers une souffrance que je savais pouvoir apaiser, et j’ai envisagé de préparer ma valise.
J’ai craqué. Psychologie à deux balles. J’ai acheté une bibliothèque pour y ranger soigneusement tous mes rêves avortés.
Bof. Je ne sais pas si je me complais dans une médiocre analyse psychique de bazar. Mais en travaillant dur, sans perdre de temps, en urgence, comme si ma vie en dépendait, je pensais…
Tous les prétextes étaient bons pour reporter les aménagements nécessaires à cette fin d’installation. Il y avait toujours quelque chose de plus urgent à placer en priorité. Comme si tu ne souhaitais pas arriver à ce moment où nous aurions pu dire : « C’est bon, maintenant nous pouvons nous laisser vivre… ». Comme si, tout bêtement, tu n’avais jamais cru à une vie possible. Même avant ce maudit cancer. Le voyageur qui ne vide jamais sa valise entièrement.
Et pour moi, maintenant, c’était devenu une urgence. Je devais m’installer. Graver dans le granit, près de ton nom, que j’avais décidé de poursuivre encore un peu le chemin.
J’ai vidé les placards, archivé à tour de bras.
J’ai acheté la bibliothèque.
J’ai vidé tous les cartons de livres.
J’ai affronté les souvenirs.
La bibliothèque est pleine.
A la fin de la semaine, dans trois jours, demain…
Je peux prendre la route.
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 43187
En ligne : Selon OB : 2
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-deux ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt deux ans qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
J'ai de plus en plus peur. Je sais, je suis totalement ridicule de trouver ceci un peu trop.
"Le marié est-il trop beau ?"
Et puis, quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. C'est inéluctable. 24/67, ratio incontournable. Je verrai.
J'imagine encore que je saurai être digne.