Ce matin, le ciel est d’un bleu intense. Comme légèrement teinté par un filtre violet ou vieux rose, qui le rend chaleureux. Un bleu chaud. Il
n’y a que dans le sud que l’on voit ça. Un bleu qui faisait dire à Monique sans se lasser ; « Mais qu’est-ce que nous fichions à Paris ? »…
Dans la maisonnette du balcon les moineaux piaillent et disputent aux tourterelles les deux mesures de graines que je leur ai versées. Je ne
peux pas me décider à les abandonner. C’était notre récréation du matin.
Derrière la maison, le champ est blanc de givre. Il fait froid dehors. J’ai dû gratter les vitres de la voiture pour aller
chercher mon pain. Pourtant, derrière la baie plein Est, le soleil commence à sérieusement chauffer. Il va faire très beau aujourd’hui. Dans le jardin, un jeune plant de mimosas met une touche
printanière. Il resplendit. Monique ne l’aura jamais vu fleurir… C’est elle qui l’avait choisi l’année dernière.
La terre commence à revivre… Attention au coup du balancier. Des froids sévères peuvent encore arriver… Il est peut-être trop tôt pour que je
commence à revivre…
Je voulais démarrer tôt aujourd’hui. Des tas de choses à faire, à commencer par le ménage, que depuis dimanche je repousse de demi-journée en demi-journée. C’est raté.
Et je me retrouve devant ce maudit écran… Avachi. Le ventre reposant sur mes cuisses. La bouche ouverte comme une carpe qui cherche l’eau… Un peu hagard. Décervelé, oui.
Je dois y passer. Ya pas. Je vais surfer, de blog en blog, pendant un long moment.
Lire ceux des copains et copines. Souffrir devant ceux pleins de poésie… Vous savez, celles et ceux qui n’ont pas grand-chose à dire, juste de petites choses, mais qui le disent si, tellement, merveilleusement bien… Moi, j’aurais sans doute, probablement, certainement des choses à dire. Mais je ne peux, ne veux, ne réussis à rien formuler. Quelques borborygmes s’échappent de ma cervelle… Je les ré enfouis vite au plus profond.
Rester dubitatif devant des personnages trop. Trop ? Oui, même davantage.
Avoir le cœur serré devant ceux qui sont tellement. Que j’ai envie de serrer dans mes bras. Mais dont j’entends déjà les hurlements d’effroi… « Ciel ! Un vieux ! »
Arrêter de consommer, de lire. Faire, agir, produire…
Parler pour ne rien dire ?
Vouloir effleurer et trop en dire ?
Dire mon bonheur de casser du virtuel quand je sens mes amis dans la désespérance déçue ?
Vouloir dire sa souffrance et n’émettre que des grincements de porte mal huilée ?
Accepter d’être lu, mis à nu, ou maquiller un peu plus le masque ?
Écrire pour les autres, ou pour soi ?
Écrire ? Pourquoi ?
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 38867
En ligne : Selon OB : 2
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-deux ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt deux ans qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
J'ai de plus en plus peur. Je sais, je suis totalement ridicule de trouver ceci un peu trop.
"Le marié est-il trop beau ?"
Et puis, quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. C'est inéluctable. 24/67, ratio incontournable. Je verrai.
J'imagine encore que je saurai être digne.