Je ne veux pas tomber dans le style pleureuse... Ce n’est vraiment pas moi. Ce que je clamais fort lorsque j’envisageais une fin prochaine est toujours vrai. Tant qu’il y a de la vie, vivons. A fond la caisse. Je ne sais pas si l’image est très heureuse... Vivons. Point.
J’ai soif d’air et de tendresse. Sans pour autant devenir un veuf joyeux. J’ai choisi de continuer un temps le chemin. Je dois donc vivre. Mais je ne sais plus, je ne sais pas, je ne peux plus, je ne peux pas. Pas de gnagnanerie ridicule. Je n’arrive pas à me retrouver. Je ne sais plus où j’en suis. Et ça m’insupporte à un point que vous ne pouvez imaginer.
Le départ de Fred a été difficile. Je l’ai quasiment mis à la porte. Je voyais le moment où mes enfants n’allaient plus me lâcher, allaient de coucouner et me materner pendant des mois. Et quand j’ai été seul, le vide. Le vide total, sidéral. Et ça me fout en rogne, en rogne ! En rogne !
Je fuis la maison. Tous les prétextes sont bons. Courses. Démarches. Rouler au hasard, simplement. Passer par les lieux de dragues aussi. Sans envie. En me demandant ce que je fous là. Et incapable de prendre le chemin du retour.
Vendredi, je m’étais posé une nouvelle fois au bureau de Monique. Je regardais ses affichages. J’essayais de m’encourager, de me secouer... J’ai relevé un pan de calendrier affaissé, et dessous, il y avait la coupure jaunie annonçant la mort de Denys Colomb... Pourquoi, je ne sais pas, une bouffée de rage et de désespoir m’a envahi. J’ai tout laissé en plan, et j’ai fui. Je suis allé me garer à mon poste d’observation habituel vers les lieux de drague. Je suis resté là, prostré, fumant cigarette sur cigarette. Il n’y avait pas un chat. La nuit a commencé à tomber, je ne bougeais pas. Je n’ai même pas vu la voiture se garer derrière moi. C’est lorsque le gars s’est penché à ma portière, tout sourire, que je suis sorti de ma torpeur...
Bruno, c’est le jeune VRP que j’avais découvert là... Pas une réussite comme premier contact...Et bien plus mignon et bien fait que je ne l'avais perçu en premier lieu... Mais nous nous étions revus. Et sa gentillesse, sa sensualité, avaient su me conquérir. Nous avions pris quelques plaisirs limités par l’étroitesse de l’habitacle... Il voulait à tout prix m’emmener dans un Sauna à Nîmes. C’était exclu pendant la maladie de Monique.
J’avais confiance. Je n’ai pas hésité cinq secondes. Trop le vertige de rentrer seul. Je l’ai ramené à la maison. Il était au courant de la maladie de ma femme. Il a vite compris, et trouvé normal que je ne sois pas en forme... Et ...
Fuir, fuir à tout prix... Pendant qu’il récupérait ses filles à la gymnastique et les ramenait chez lui, je préparais rapidement un petit repas simple... Il devait dire à sa femme qu’il repartait pour un déjeuner d’affaire... Collation rapide, mais qui m’a permis de mieux l’apprécier, un petit temps devant l’écran, histoire de lui faire découvrir ce blog, et direction le sauna...
Nous avions bien trop tardé. Il n’y avait plus guère de monde. Mais le but était de faire connaissance avec l’endroit, et d’être ensemble dans un environnement agréable. Réussi sur ce plan. Ce petit établissement, bon enfant, très propre, avec de beaux équipements (piscine chaude, salle de muscu), outre les services habituels... Et, soulagement pour moi, salle fumeur.. Que Bruno ouvre, pour me montrer... A l’intérieur, un mec, genre beau mâle viril et une midinette en froufrous... (La soirée est " spéciale bi ", ouverte aux couples hétéros. Ou se disant tels...)
Je vois Bruno littéralement loucher, et devenir aussi excité qu’une puce...
J’essaye de lui remettre les pieds sur terre...
Le reste de la visite devenait aléatoire... Ses pas le redirigeait toujours vers la salle fumeur...
Il n’avait pas compris ce que j’avais dit, le temps que je retourne au casier, je l’ai perdu de vue. Et je me suis retrouvé dans la salle fumeur seul à seul avec le brave travelo.
Vous me connaissez un peu, je suis assez sociable... J’engageais donc la conversation, en toute amitié et sans intention aucune...
Ces braves créatures ne me font absolument pas fantasmer. C’est vrai qu’il a des jambes magnifiques, très bien galbées, à faire crever de jalousie nombre de dames légalement référencées... Il
n’était que travesti. Guêpière, bas résille, talons hauts, mais poitrine normale, pas de gonflette de ce côté là... Il m’avouera d’ailleurs très vite que dans le " civil " il est tout
ce qu’il y a de plus classique chez les cadres, style costume trois pièces et cravate...
Sympa au demeurant le mec...
Le problème, c’est qu’il semblait sérieusement en chaleur et que je paraissais ne pas trop lui déplaire... Le petit macho précédent ne lui avait visiblement pas suffit...
Dans mon for intérieur... J’appelais, je hurlais : BRUNO ! ! !
Le Ciel soit Loué, j’ai été entendu ! (C’est fou cette nouvelle tendance que j’ai d’appeler le Ciel au secours pour un oui, pour un non...)
Bruno est enfin rentré dans la salle. A mon grand soulagement, au moment où le cadre dévergondé relevait sa jupette pour me montrer qu’il n’y avait pas que les jambes qui étaient bien, que son postérieur aussi, imberbe et non dissimulé par un string qui s’était réfugié dans la raie, méritait quelque attention... Bruno était assis, heureusement. Il serait tombé. Je me suis précipité pour tapoter son bras... remets-toi mon gars, ce n’est qu’une imitation !
Mais j’aurais eu beau faire... J’avais perdu le combat ! Le Papy devait céder la place à la midinette en carton pâte...
Bon, quand je dis que je devais céder la place, je ne suis pas objectif. Le gentil travesti me semblait tout à fait envisager de se partager entre les deux amis...
J’essayais de relancer la conversation. Nous en sommes arrivés à dire nos prénoms. J’interrogeais le jeune homme... Il s’appelle Bruno ! Ce fut le coup de grâce pour MON Bruno... Il allait se pâmer ! Je choisis la fuite (Tiens, encore...). Je leur proposais de continuer seuls la conversation pendant que j’allais boire un pot au bar...
J’ai pris mon temps. Bien discuté avec le serveur qui était la seule personne susceptible d’éveiller mon intérêt dans l’établissement... A cette heure, ou à une autre... Vingt Dieux (encore !) qu’il est mimi ce biquet... J’en aurais bien fait mon ordinaire...
L’heure de la fermeture approchait. Je me suis décidé à retourner à la rencontre de mon guide. Son repas d’affaires ne pouvait pas s’éterniser. Il allait falloir rentrer. Introuvable. J’ai dû me résoudre à entrouvrir les portes unes à unes. Enfin, dans des toilettes confortables...
Bruno baisait Bruno... Nous deux... Ce sera pour une autre fois...
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Fin Novembre 2010 je rencontrais mon Chérubin.
Aujourd'hui il approche de ses 25 ans, et j'ai moi-même dépassé les 68 bougies.
Depuis plus de deux ans et demi, je vis la relation à laquelle je n'ai jamais réussi à croire.
Et alors ?
Je ne fanfaronne pas. Je ne m’affiche pas : moins d’une quinzaine de lecteurs aborde ces pages, la très grande majorité ne dépassant pas l’affichage issu d’une requête vaseuse dans un quelconque moteur de recherche.
Les rares lecteurs réguliers attendent probablement la fin de l’histoire. Avec plus ou moins de sadisme, plus ou moins de curiosité.
C’est curieux. Je ne veux plus penser à ceux qui me lisent, d’où l’épuration en cours de la mise en page, et en même temps je suis incapable de fermer le blog. Encore moins de tout détruire. Fétichisme ?