Mon dernier article a provoqué des remous. Je m’y attendais. Ce ne sont pas toujours des commentaires virulents. Parfois les silences sont encore plus explicites. J’ai reçu un mail d’un fidèle lecteur de Wajdi.
J’ai voulu prendre un peu de temps avant de répondre. Ne pas réagir à chaud. Je ne pouvais pas être objectif. Au moins que j’essaye d’être honnête...
" Aujourd'hui ce sera sur le ton de l'aîné qui parle à son petit frère. En tout cas c'est ce que j'aurais fait si j'avais eu un petit frère. "
... ... Quel ressenti de recevoir en pleine poire (c’est la première fois de ma vie...) ce paternalisme condescendant que, je le sais bien, je ne pratique que trop. Oublier que l’autre est un
adulte responsable de ses actes, et qu’il a vraisemblablement longuement réfléchi avant de donner à voir une part si sensible de son intimité.
... Pardon. Pardon à tous ces jeunes que j’ai dû étouffer d’une feinte supériorité qui prétend apporter des baumes aux plaies et qui ne fait qu’exacerber des frustrations insupportables.
Oui, je place l’éventuel lecteur en position de voyeurisme. Mais n’est-ce pas un des fondements même du concept des blogs ? Comme c’est l’une des conséquences inévitables des journaux
intimes lorsqu’ils sont publiés ? J’étale impudiquement ma souffrance à longueur de billets. Qu’y a-t-il de plus indécent ? Que ce soit la culpabilité sourde de ne pas avoir fait
ce qu’il faut, ou d’en avoir trop fait, dans l’éducation de mes enfants. Que ce soit la douleur d’avoir un corps qui n’est pas à la hauteur de ce que mon âme espérait, d’avoir une sexualité si
mesquine par rapport à d’une libido qui ne s’apaise jamais. Que ce soit la simple souffrance face à la maladie...
Serait-ce qu’une photo est plus insupportable qu’un texte ? Oui, sans doute. La parole laisse libre cours à l’imagination, qui d’elle-même se limite à ce que nous sommes capables d’accepter ou de supporter. Une photo oblige à voir. A regarder. Une photo agresse. Je le sais. J’ai voulu dire quelque chose par ces deux dernières photos. Quelque chose qui, me semblait-il, n’était pas entendu.
Il ne s’agit plus de les protéger, mais de continuer à les aider à grandir. A affronter la vie. En faisant face à la mort, qui fait partie de la vie.
Je le sais.
Je vais être prétentieux dans les quelques phrases qui suivent. Prétentieux au delà du raisonnable. Mais j’ai beau réfléchir, je pense vraiment profondément ce que je vais dire... Vois-tu, cher
lecteur, je suis profondément convaincu que, s’il y avait des choses à faire pour mes enfants, il est trop tard, elles auraient dû déjà être faites depuis longtemps. Et j'ai l’orgueil de croire
que ma femme et moi nous avons fait tout ce qu’il était nécessaire sur ce plan. Nos enfants savent ce qu’est la mort. Ils savent que nous ne sommes pas éternels, et qu’il est dans la nature des
choses que nous partions alors qu’ils sont dans la pleine force de l’âge. Ils savent, et me l’ont dit, que je n’attendrai pas les prémices d’une déchéance pour me retirer discrètement. Ils savent
que leur mère a fait ses choix, ils les respectent, comme ils nous respectent. Ils ne sont pas ici dans une démarche égoïste, mais dans une volonté d’accompagnement. Ils sont bouleversants
d’attentions...
Effectivement, Monique ne sait pas, et je souhaite qu’elle ne le sache pas. Comme je ne souhaitais pas étaler devant ses yeux mes
aventures sexuelles et mon avilissement progressif... C’est la raison pour laquelle je n’ai pas voulu qu’elle connaisse le contenu de ce blog. Avec les risques que le mystère impliquait. Comme
toujours, elle a imaginé le pire pour le contenu de ces écrits interdits. Le pire pour elle. Et le pire n’était pas que je m’envoie en l’air dans les fourrés. Le pire était que j’écrive mon
testament.
Pour tes enfants ensuite qui souhaitent la plus grande sérénité dans ces durs moments.
Laissez à mes enfants la liberté de décider ce qu’ils souhaitent. Je les aime trop pour penser à leur place. Et, au point de vue perturbation de leur sérénité... Qu’y a-t-il de plus
horrible ? Le fait que j’ose montrer une image de leur mère en fin de vie, au bas d’un article qui crie mon admiration et mon respect, ou le fait de la voir quotidiennement sombrer dans une
déchéance qu’elle n’accepte pas, ils le savent bien ?
Car là est la base de la polémique et de la provocation que j’ai voulue. Je dis, depuis de longues semaines que nous refusons tout ce qui s’apparente à un avilissement. Subi ou imposé. Je m’étais juré de lui éviter de vivre cela. J’ai échoué. Chaque jour m’oblige à la voir sombrer un peu plus. Le dire ne parlait pas. Le voir semble plus explicite.
Et vois-tu cher lecteur, la voir ainsi ne diminue en rien mon amour. Ça décuple ma culpabilité de n’avoir pu tenir parole. La voir la bouche ouverte n’est pas choquant. Etre obligé de s’approcher et d’attendre la fin de son apnée pour être certain qu’elle respire encore, est bien plus douloureux. Et mes enfants le vivent. Autant que moi.
... ... ... et au contraire rassemble autour de toi. Tu en auras besoin et eux aussi.
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 22061
En ligne : Selon OB : 5
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. Je verrai.
Pourquoi ai je voulu ce message discret ? Parce qu'une discussion ouverte, surtout sur un sujet aussi intime, ne m'est pas apparue propice à une réflexion sereine. Je me suis trompé, voilà !.
Voici donc le texte intégral de ce que j'ai envoyé à Boby il y a peu de jours. Les extraits ne sont que des extraits et sortis du contexte ils peuvent prendre une autre tournure.
Je n'ajouterai rien d'autre, quoi qu'il arrive.
"Boby, Boby,
Aujourd'hui ce sera sur le ton de l'aîné qui parle à son petit frère. En tout cas c'est ce que j'aurais fait si j'avais eu un petit frère.
J'ai lu avec tristesse les derniers développements relatés dans ton blog. Tristesse parce que ce que tu racontes est poignant, tristesse parce que tu le racontes. Je me suis vu un peu dans la peau du voyeur, parce que tu donnes à voir.
Je comprends très bien ta souffrance même si je ne peux pas la mesurer comme toi ni l'apaiser. Pourtant Boby, ne le prends pas en mauvaise part, as tu pensé à la souffrance des autres dans ton entourage, tes amis et en tout particulier celle de tes enfants ? Eux qui vont perdre une mère et peut être un père qui a déjà annoncé un possible départ ! N'est-ce pas un peu inhumain ce qui leur arrive et ce que tu leur imposes en supplément ? Parce que j'ai cru comprendre qu'ils connaissent l'existence de ton blog.
Tu m'as dis que tu étais un gars du sud et donc avec le sang chaud. Puis-je t'exhorter à devenir comme moi, au moins un certain temps, un gars du centre ayant du sang paysans et toute la retenue, j'espère la modestie aussi qui m'animent pour t'aider à franchir ce cap très difficile.
Boby je t'en conjure, n'en ajoute pas plus, pour Monique d'abord qui je suppose ne sait pas ce que tu fais de ses photos et qui sans doute, telle que tu la décris, n'aimerait pas se voir ainsi exposée sur ton blog dans la déchéance où l'a placée la maladie. Pour tes enfants ensuite qui souhaitent la plus grande sérénité dans ces durs moments. Pour toi enfin que la souffrance égare un peu et pourrait te faire dire des paroles regrettables qui dépasseraient le profond de ta pensée. Laisse tomber ton égocentrisme et au contraire rassemble autour de toi. Tu en auras besoin et eux aussi.
Intériorise un peu tout cela et si tu veux je te laisse mon email pour m'engueuler si tu en ressens le besoin.
Je n'ai pas souhaité publier ça sur ton blog et j'ai trouvé ce moyen pour te joindre.
Pardonne moi si tu te sens offensé par ma démarche, mais mon but n'est pas là."
C'est toute la limite de Boby, son plus gros defaut sans doute. Le fait ke les espaces intimes ne sont pas protégés. Je lui en ai voulu. Mais je crois k'il ne peut pas se rendre compte combien c'est destabilisant et désagréable pour l'otre.