Quantcast
Dimanche 25 novembre 2007 7 25 /11 /Nov /2007 01:48

Ce qu’il y a de plus ignoble dans la tenue d’un blog, c’est que l’exercice exacerbe l’égocentrisme naturel de l’auteur. A longueur de pages, je ne parle que de moi. Alors que toute ma vie tourne, et a tourné depuis des années autour de ma femme et de mes enfants. Bien sûr, en creux ils sont toujours là, elle est omniprésente. Mais en creux. Jamais sur le devant de la scène. Discrète. Timide et réservée. Comme toujours. C’est ainsi que je la remarquais. Nous militions tous les deux dans un mouvement d’éducation nouvelle. J’étais instructeur de base, elle, instructrice permanente, détachée de l’Education Nationale. Elle faisait partie des six ou sept " monstres sacrés " comme nous les nommions affectueusement, qui avaient la force et le courage d’encadrer une bande effroyable de soixante ou soixante-dix adultes de tous âges, aux personnalités diverses mais toujours fortes et quelque peu indisciplinées... Lors des regroupements régionaux, lorsque je la voyais se camper devant cette assemblée tumultueuse, en levant les bras pour attirer l’attention et demander le silence, et que sa merveilleuse voix de soprano donnait le ton pour le chant que nous allions reprendre en cœur, j’étais inévitablement surpris de voir ce petit bout de femme, timide, effacée, discrète, qui soudain donnait toute la mesure d’une personnalité hors du commun.


Monique001.jpg

Elle est issue d’une famille très modeste de l’Ile de France. Elle a toujours voulu être enseignante, ses parents se sont démenés pour lui permettre de poursuivre ses études.






Monique002.jpg


Après avoir échoué à l’entrée en Ecole Normale (Devenues IUFM), elle s’est accrochée, et le bac en poche, elle est entrée par la petite porte dans la grande maison. Remplaçante. A 18 ans, elle se retrouvait avec des classes de fin d’étude, et des mômes plus que turbulents de 14 ans...







Ici, vers 14 ans justement, en arlésienne...





Elle s’est naturellement orientée vers les classes maternelles, et cinq ans plus tard le hasard et son courage l’amenaient à Monique003.jpg diriger une école de dix classes... Le Mouvement la remarquait. Elle a rejoint la commission nationale " Petite Enfance ". Quelques courtes années plus tard elle est devenue permanente du Mouvement.

Même si après la naissance de Karine, notre troisième enfant, elle a choisi de redevenir enseignante de base pour être plus disponible pour ses enfants plutôt que pour ceux des autres, j’ai toujours pensé qu’elle faisait un travail remarquable, notamment vers les enfants issus des milieux les plus défavorisés.

Et pourtant... Combien de fois l’ai-je entendu dire : " Je ne fais rien de bon, je ferais mieux d’aller vendre des allumettes sur les marchés... "


 

Non, je ne dois pas continuer dans ce sens. Ce serait atroce de faire aujourd’hui un éloge funèbre. Surtout pas. Elle vit. Elle est là parmi nous. Discrète. Réservée. Il y a quelques jours son cousin est venu nous voir. Quand elle s’est couchée, nous avons un peu parlé. Il était bouleversé. La voir ainsi alors que l’on sait qu’elle n’ignore rien de son état, et que ses jours sont comptés. Jamais Monique n’a prononcé un mot sur ses souffrances, sur ses angoisses. Elle demandait des nouvelles de tous, s’intéressait aux enfants, aux petits enfants. Racontait des anecdotes, lançait quelques traits d’humour. Jusqu’à ce qu’une fatigue trop forte l’oblige à se retirer. Avec nos enfants, elle insiste pour qu’ils ne remettent pas en cause leurs projets. Pour qu’ils continuent de vivre. Vivre. Jusqu’au bout. Jusqu’à la dernière seconde.


Monique004.jpg

 

Monique a eu une éducation plutôt rigide, plutôt coincée. La petite jeune femme sage et bourrée de principes et d’interdits, au petit chignon serré sur le haut du crâne, que j’ai connue en premier, s’est libérée seule, a fait son chemin seule. Ses cheveux libres et flottants sur ses épaules ont été l’un des premiers signes de son affirmation de femme en tant que femme. C’est sans doute l’une des raisons qui ont fait qu’elle ne pouvait supporter de perdre ce symbole, sa chevelure. Au point de refuser les traitements qui entraînaient inévitablement une alopécie, au risque de se condamner à court terme. Elle a fait ses choix, en connaissance de cause.





Monique01p.jpg


Et personne n’a le droit de les critiquer. Personne ne peut imaginer les combats qu’elle a dû mener pour être ce qu’elle est : une femme libérée. Et moi, je peux dire encore moins de choses. Je le sais, c’est en grande partie pour moi qu’elle a fait ce chemin.











Monique02p.jpg     Monique04p.jpg
La naissance de Xavier...

 

Aucun de vous non plus ne peut seulement imaginer tout ce qu’elle représente ; Je pourrais passer des pages et des pages à faire son panégyrique. Vous n’auriez qu’une minuscule idée de ce qu’elle est, de ce qu’elle représente pour moi. Je ne reconnais à personne le droit de me dire que la vie continue.

 

Monique03p.jpg


Il y a dix-huit mois


Monique06p.jpg Monique05p.jpg  
















Ces jours-ci. Jour "sans"... ... ... ... ... ... ... ... ... Jour "avec" ...

Publié dans : La vie continue
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Retour à l'accueil

Retour à l'accueil

Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...

Pour un retour en 1ère page de l'accueil,

Cliquez sur la bannière ou bien

ICI   

 

Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...

Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!

1011170025m

Clin d'oeil !

 

Bonjour...

    Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...

     

Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!        
 Juillet 2012        
      J'ai obtenu le statut de résident étranger au Maroc.
            C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Seulement, il y avait ce satané véhicule ! Je n'ai plus le droit d'avoir mon jouet décapotable français. Je suis rentré en France pour essayer de le vendre afin de racheter un petit véhicule au Maroc. Seulement voila. En période de crise, ce genre de véhicule ne se vend pas ! Ou bien les acquéreurs potentiels n'osent pas investir dans de la fantaisie, ou bien ils ont les moyens d'acheter le même véhicule neuf...
Bref... Je n'ai eu d'autre solution que de racheter moi-même le cabriolet, au prix fort (plus de 22 000 €uros, soit 5000 €uros de plus que l'estimation communément admise. Se rajoutent les frais de douane ("Mise en circulation" au Maroc), environ 11 000 €uros, l'assurance marocaine (l'ancienne assurance ne peut avoir cours à l'étranger), couverture à payer en une fois annuelle (environ 1000 €) Plus... Plus...
Bref... Je suis plus pressé qu'un citron... Mais je suis près de lui.
. Je veux vivre par et pour lui.  Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, maintenant. Tout de suite.   
       
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
 
       
 En tête de colonne, vous trouverez le sommaire des archives.

 

Visiteur

tumblr hit counter

Depuis le début :  30250 

En ligne : Selon OB :  2 

Qui je suis

  • Boby
  • Les petites histoires de Boby
  • Homme
  • 29/04/1945
  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, j'ai redécouvert l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune ! C'est lui qui m'a choisi, et je n'ai pas su dire non...

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-deux ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt deux ans qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

J'ai de plus en plus peur. Je sais, je suis totalement ridicule de trouver ceci un peu trop.

"Le marié est-il trop beau ?"

Et puis, quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. C'est inéluctable. 24/67, ratio incontournable. Je verrai.

J'imagine encore que je saurai être digne.

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés