Vendredi 23 novembre 2007 5 23 /11 /Nov /2007 13:01

(Début ici)


Je pourrais te promettre que tout est fini, que maintenant, après ce coup de semonce, nous allons pouvoir construire un vrai bonheur, et être heureux sans craindre une "rechute". Je pourrais également t'affirmer qu'à part quelques incartades sans conséquence nous allons bâtir une vie riche où nous pourrons concilier mon désir de justice, ma volonté de prendre en compte le problème homosexuel, notre amour, et le bonheur de nos enfants. La société n'est pas prête à accepter ce genre de situation. Je ne peux te laisser croire à la possibilité d'un pareil bonheur.

Ce serait faux. Ce serait lâche et égoïste.

 

Voila tout ce que je ne t'avais pas dit, tu n'ignores plus rien. Cette centaine de feuillets n'a certainement pas été toujours facile à lire. Tu as découvert un monde, un homme que tu ignorais. Ta vision s'est transformée aussi. Il y avait des choses que tu amplifiais, que tu dramatisais, alors qu'elles n'en valaient pas la peine. Il y avait celle que tu ne soupçonnais même pas et qui conditionnaient notre vie de couple. Qui étaient cause des difficultés qui se mettaient en travers de notre route.

 

 

 

 

 

Voila. Je suis soulagé de m'être ainsi mis nu devant toi. Enfin débarrassé des oripeaux qui nous maintenaient éloignés l'un de l'autre.

Voila tout ce qu'il fallait que tu saches pour qu'après ce drame nous puissions essayer de reconstruire quelque chose. Si tu le désires. Pour qu'après mûre réflexion, tu puisses enfin et en toute liberté choisir ton avenir.

En laissant reposer sur toi seule la décision, je ne veux plus être lâche et égoïste. Je suis prêt à assumer mes responsabilités dans tous les cas. Nos enfants sont trop petits pour choisir, mais je veux que toi, tu puisses être libre de choisir la route qui sera pour toi la moins douloureuse. La moins douloureuse, car je sais bien que je ne peux plus te proposer que malheur et chagrin ou chagrin et malheur.

Si tu acceptes mon amour malgré les craintes justifiées que notre avenir peut t'inspirer, alors je ne veux pas repartir sur des bases fausses qui voueraient notre tentative à l'échec, de façon plus ou moins rapprochée. Maintenant que tu sais tout sur moi, nous pouvons réfléchir à ce qu'il nous reste à faire, c'est à dire tout.

 

Je t'aime. Oui, je peux prononcer sereinement ces mots. Je t'aime toujours autant. Je t'aime même davantage. Chacune des rides que mon inconscience et mon inconstance ont gravées sur ton front te rendent plus chère. J'aime ton corps resté si ferme et si gracieux malgré les souffrances qu'il a subies. J'aime ton cœur si entier, si absolu. Je t'aime et depuis plus de deux mois je te cherche, je t'espère. J'attends de pouvoir te serrer dans mes bras, de pouvoir sentir sous mes lèvres ta douceur et ta chaleur. Oh, je ne m'illusionne pas ! En revenant auprès de toi, j'entraînerai toujours mes fantasmes, mes appréhensions, mes terreurs.

J'essaye parfois d'imaginer ce que seront ces premiers instants. Mais je fuis aussitôt ces rêves que je sais immatériels, et qui ne tiennent pas compte de la réalité de mon corps. Je suis l'esclave de celui-ci, et malgré tous mes désirs et toutes mes volontés, c'est lui qui commandera.

Il est le maître, mais je ne puis tolérer que ceci dure encore longtemps. Je suis prêt à tout pour retrouver mon entité, pour que plus rien ne s'interpose entre nous et notre amour. Et maintenant je le sais, tu ne peux pas ne pas en être convaincue, nous ne parviendrons à rien sans une aide extérieure.

 

Quels que soient les problèmes financiers que cela entraînera, quelles que soient les contraintes matérielles que de telles démarches nous imposeront, je désire dès que possible affronter le problème par deux côtés à la fois :

- D'abord, tenter de prendre conseil auprès d'un médecin sexologue. Le docteur B. doit pouvoir nous en indiquer un sérieux et compétent. Je n'espère pas de miracle, mais maintenant je ne puis accepter de ne rien tenter. Ces consultations auront l'avantage de concilier ma demande propre, la tentative de guérison de ma relative "impuissance", et la tienne, c'est à dire entreprendre quelque chose au niveau du couple. Car je crois savoir qu'il est possible et même souhaité que les deux partenaires participent au travail de réflexion.

- Conjointement, je crois maintenant indispensable de commencer une thérapie personnelle. Dans quel sens ? Je ne sais pas encore.

 

 

 

L'analyse continue à me faire peur, surtout par le temps nécessaire pour la mener au bout. Six-huit ans. Ne sera-t-il pas trop tard alors ? J'ai vaguement entendu parler d'autres techniques, et je pense poser la question à Dominique M. qui, en tant que psychologue, m'avait semblé au courant de pas mal de méthodes.

Une chose est certaine, je ne dois plus repousser à toujours plus tard, la prise à bras le corps de mes, de nos difficultés. Quel que soit mon avenir professionnel, je devrai réagir tout de suite, et j'espère que tu m'y aideras.

Comprends bien quelle est ma démarche. Il ne s'agit pas pour moi de nier ce que je suis et d'espérer me transformer en homme "normal". Je ne désire pas rentrer à tout prix dans le "moule". Je veux rester convaincu que notre amour ne souffrirait pas d'une liberté librement acceptée par chacun de nous. Je ne crois toujours pas à la notion judéo-chrétienne du couple. Une aventure belle et saine, passagère, occasionnelle, n'aurait rien d'extraordinaire dans le cadre de la libération des mœurs que nous connaissons.

Voila. Je t'aime, tu le sais, mais je ne veux plus te raconter d'histoire (pour autant que je l'aie jamais fait), je ne veux plus me raconter d'histoire. Je sais bien que, plus ou moins, quoi qu'il arrive, je resterai toujours attiré par les beaux garçons, et que de les rencontrer de temps en temps me restera indispensable. Pour un relatif épanouissement, sans lequel je ne parviendrais pas à vous rendre heureux, toi et les enfants.

C'est dur, tu sais, de dire ça, ne crois pas que je trace ces mots avec indifférence, mais nous ne pouvons plus fermer les yeux. Il faudra vivre avec "ça", hélas.

 

Cette aide extérieure nous permettra aussi, je l'espère, d'affronter mieux toutes les autres difficultés que nous rencontrions journellement. Cette course incessante après le temps ; cette lassitude, cette fatigue qui nous empêchait tout épanouissement ; notre incapacité à parler, à avoir des amis. Je ne peux supporter l'idée de vivre de façon misérable et terne.

Souvent, je pensais que nous avions trop d'ambitions et que nous gâchions des moments paisibles par un excès d'exigences. Mais en même temps, cette volonté de ne pas céder à la facilité faisait la valeur de notre amour. Elle a sans doute permis qu'il résiste aux coups si cruels qui viennent de lui être portés, comme il a résisté aux multiples petits drames quotidiens.

Alors, je voudrais que nous parvenions à trouver l'équilibre entre une modestie qui nous faisait sans doute défaut, et le refus d'un ronron quotidien que nous ne supporterions pas et qui ruinerait tous nos efforts.

Ce que nous traversons nous a fait découvrir qu'autour de nous il y avait des gens plus que valables, et pour moi tout au moins, qu'il était indispensable que je révise mes échelles de valeur et mes principes trop figés. Pour beaucoup de mes connaissances et de mes relations professionnelles, j'affichais une relative indifférence. Ils ne partageaient pas suffisamment mes idées, ils avaient quelque travers que je critiquais. Je ne pourrai plus les considérer de la même façon. Qu'importe qu'ils croient ou qu'ils ne croient pas en Dieu, que leurs plaisanteries soient plus ou moins raffinées, qu'ils aient ou non nos conceptions pédagogiques. Confrontés à notre malheur, ils ont su montrer leur grandeur d'âme, et maintenant je crois que c'est ce qui compte le plus.

(à suivre...) 

Publié dans : Quand un Homo se marie
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...

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Bonjour...

    Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...

     

Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
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      1er Février 2012
Je suis de retour dans le Royaume depuis un mois.    
      J'ai entrepris les démarches pour obtenir le statut de résident étranger au Maroc.
      Je ne peux plus me cacher derrière mon petit doigt : C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Je ne veux plus me torturer. Dans quelques mois peut-être, lorsque la France sera redevenue une République ouverte et démocratique...
. Pour l'instant je veux vivre. Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, ici, maintenant.    
Je baigne dedans.    
       
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Qui je suis

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  • Provence Région Parisienne ARLES Gascon Fès au Maroc
  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, je redécouvre l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune !

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. Je verrai.

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