Jeudi 25 octobre 2007 4 25 /10 /Oct /2007 23:20
Fred est arrivé ce midi. Soulagement. Dire que je me croyais plus fort que la moyenne...

Matériellement je ne pouvais pas continuer tout seul. Monique sollicite de plus en plus de présence. J’ai ainsi pu aller, sans courir, récupérer un fauteuil de malade dans une ville voisine. Je pourrai demain aller chez le kiné et faire quelques courses. Sans stresser, sans inquiétude.

Peut-être faire aussi une petite escapade. Quoique. Va comprendre, je n’ai pas trop le cœur à ça... Tout à l’heure, en allant chercher le fauteuil, j’ai fait mon petit détour par le circuit de drague... Et je me suis demandé ce que je foutais là. Simple automatisme. Il aurait fallu un mec sacrément canon pour me faire pointer l’oreille... Enfin. Oui... Je suis parti. Un peu fuite. Un peu honte. Un peu de culpabilité. Le sentiment d’un non-sens. A quoi ça sert tout ça ?

Si je rencontrais le mec de mes rêves maintenant, quelque chose serait-il changé dans mes projets ? Non, bien évidemment...

Si un mec tombait raide dingue amoureux de moi brusquement... (Avec des " si " ce que l’on peut rêver !!)... Qu’ai-je à lui offrir ? De la souffrance, rien que de la souffrance.

Déjà, j’ai le sentiment de répandre le mal et la désolation autour de moi. Tout le contraire de ce dont je rêvais en ouvrant ce blog.

Je crois que W. n’a pas supporté les perspectives que je dévoilais... Je veux dire que je pense l’avoir, réellement et profondément, fait souffrir. Alors qu’après tout je ne suis qu’un vague contact virtuel... Mais je titille les vieilles terreurs ancestrales.

O. et F. Sont tout aussi mal à l’aise. Ils fuiraient s’ils avaient moins de droiture et d’empathie.

Il y a depuis quelques jours de plus en plus de lecteurs. Silencieux. Simples curieux ? Voyeurs ? Hasard ?

Tout à l’heure, Monique a eu de violentes souffrances. La pompe à morphine s’était accidentellement débranchée. Je ne suis pas sûr que ce soit la seule explication. Le masque de la terreur recouvrait celui de la souffrance. Elle a planté ses yeux bleus dans les miens. Des yeux si clairs, si pâles. Comme ils ne l’ont jamais été.

" Ça ne va pas durer des mois comme ça ? " m’a-t-elle demandé pour la énième fois...

" Je te le dis depuis des semaines, on peut arrêter quand tu veux... " Lui ai-je répondu, comme à chaque fois...

Elle a haussé les épaules. Elle ne veut pas. En fait, elle n’est pas prête. Je dois l’attendre.

Et Fred est là, maintenant, au milieu. Attentif. Attentionné. Tendre. Beau. Câlin.

" Il faut qu’on prenne le temps de boire un café et de parler un peu... " M’a-t-il soufflé en m’embrassant avant d’aller se coucher tout à l’heure. Sous-entendu, " seul à seul "... Qu’a-t-il derrière la tête lui aussi ?

Publié dans : La vie continue
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Commentaires

Fuir ou ne pas fuir... Il faut plus que de la droiture, pour survivre à ce pacte où tu nous entraînes malgré nous. Il faut quelque chose qui appartient au registre des sentiments, pas de la morale. C'est pourquoi, en ami, je t'ai dit combien ton projet n'avait pas de sens. Tu projettes ton avenir dans la répétition à l'infini de séquences vécues là, dans l'attente du drame,  comme une parenthèse qui n'en finirait plus, et qu'il te faudrait, toi, refermer.
Et moi je te dis que demain ne sera pas cela, si tu en décides. Il sera un autre chose, fait de mouvement, de découverte, quelque chose de la renaissance. Non pas que Monique t'empêche de vivre : avec elle, auprès d'elle, hier autrement et aujourd'hui dans ce don sublime d'accompagnement et de présence, tu donnes à ta vie un certain sens, à ton amour une certaine utilité, au temps une certaine nécessité. Demain, Monique partie, cette "mission" s'achèvera, mais qui te dit qu'une autre page ne peut pas s'ouvrir ? Où as-tu donc décrété que tu n'aurais plus rien à découvrir, et plus rien à faire découvrir ? Plus rien à prendre et plus rien à donner ? Plus rien à voir et plus rien à montrer ? Ta déception avec Alex donne-t-elle à tous tes actes, à toutes tes paroles le goût de l'échec ? Les papillonnages de Wajdi veulent-ils dire que tu n'as de prise sur rien ?
Accepte donc que les jeunes prennent leur envol après s'être nourri, et regardent au delà de ton épaule en prenant de la hauteur. Un peu comme ton Fred, un peu comme tes enfants, un peu comme nous faisons tous. Et vis ta propre vie, pas reclus dans ces mûrs, mais tourné vers les autres. Vers ces petits enfants, désormais tout près de t'arriver, et que tu serais bien bête de priver de grand-père. Vers tes enfants, plein de talents mais encore fragiles, qui ont besoin de toi. Vers tes amis, nous, et ceux de ta vie réelle, vers des gens simples à rencontrer à travers le monde... Arles n'est pas un terminus, merde ! On est si jeune à 62 ans pour fuir. Bises, Olivier.
Commentaire n°1 posté par Oh!91 le 27/10/2007 à 00h14

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Bonjour...

    Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...

     

Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
      1er Février 2012
Je suis de retour dans le Royaume depuis un mois.    
      J'ai entrepris les démarches pour obtenir le statut de résident étranger au Maroc.
      Je ne peux plus me cacher derrière mon petit doigt : C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Je ne veux plus me torturer. Dans quelques mois peut-être, lorsque la France sera redevenue une République ouverte et démocratique...
. Pour l'instant je veux vivre. Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, ici, maintenant.    
Je baigne dedans.    
       
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Qui je suis

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  • 29/04/1945
  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, je redécouvre l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune !

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. Je verrai.

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