Lundi 15 octobre 2007 1 15 /10 /Oct /2007 23:34

Oui, c’est dur. Tout va si vite.

Monique semblait aller mieux aujourd’hui. Je suis arrivé, elle se levait de sa sieste. Plutôt bien. Souriante. Fatiguée, mais paisible.

Je lui ai donné la lettre. Elle l’a posée sur le coin de sa table de nuit.

Bien plus tard, après ma pause café, je lui ai demandé si elle l’avait lue. " Oui, je l’ai lue. ".

Flop.

Quand je suis sorti pour mon petit tour à la cafétéria, j’ai croisé le médecin dans les couloirs. Je lui ai demandé entre deux portes s’il avait les résultats du scanner de vendredi...

" Mon pauvre... Oui, je les ai... "

Le cancer galope. Le foie est sérieusement touché. Le péritoine aussi. Les échéances se raccourcissent...

Je me suis étonné qu’il n’ait rien dit à ma femme... " Elle ne m’a rien demandé "...

Bah ! Comme je disais à Monique un peu plus tard, normal, après tout. Ils se comportent avec les malades comme nous le préconisions avec les touts petits : répondre à toutes les questions, ne répondre qu’aux questions, ne jamais anticiper...

Mon café avait un goût amer. Mais j’ai pu reprendre sur moi, être de nouveau battant quand je suis remonté dans la chambre.

Ma femme était déjà épuisée. Elle souffrait et a demandé un petit flash de morphine. J’ai frémis. Serait-elle assez lucide quand le médecin viendrait comme il me l’avait promis ?

Calme plat la fin de l’après-midi.

Le toubib est venu. Il a répondu à nos questions. Sans fioritures. Ne plus rêver. Noël est bien, bien loin...

Nous préparons la sortie de ma femme pour vendredi. Normalement. Je voudrais tant en être certain... Même si j’ai pas mal de boulot sur la planche...

Monique, comme d’habitude devant l’adversité, a montré une force incroyable. Elle réfléchissait. Passait en revue ce qu’il fallait faire. Elle a voulu téléphoner elle-même à sa sœur pour l’informer, pour " qu’elle puisse prendre ses dispositions "...

Priorité des appels. Les personnes qu’elle aimerait revoir. Les rangements indispensables.

Je devais la freiner... " Nous avons quand même un peu de temps devant nous, chérie "...

Elle m’a donné les consignes, énuméré les choses à faire. Ordonné de me reposer. " Tu vas avoir besoin de toutes tes forces ". Intimé la prudence sur la route. Plusieurs fois. Pas de danger chérie, s’il arrivait un accident " avant ", c’est que ce serait vraiment un accident. Con. Inopportun.

Je suis rentré, et j’ai téléphoné à ma fille. J’ai pleuré. Quel con. Moi qui voulais être fort. Qui voulais les protéger... C’est elle qui s’est montrée forte.

 

J’avais dix sujets de billets en tête ce matin. Il me semble que j’ai encore tellement de choses à dire. A rectifier. A justifier. A argumenter. Ce ne sera pas pour ce soir.

 

Je suis seul. J’ai besoin d’être seul. J’entrouvre la fenêtre avec ce blog, mais je referme vite la porte. Je veux la sentir cette solitude. La palper. Pour me confirmer qu’elle n’est pas faite pour moi. Douze jours, et c’est déjà trop.

Publié dans : La vie continue
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...

Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!

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Clin d'oeil !

 

Bonjour...

    Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...

     

Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
      1er Février 2012
Je suis de retour dans le Royaume depuis un mois.    
      J'ai entrepris les démarches pour obtenir le statut de résident étranger au Maroc.
      Je ne peux plus me cacher derrière mon petit doigt : C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Je ne veux plus me torturer. Dans quelques mois peut-être, lorsque la France sera redevenue une République ouverte et démocratique...
. Pour l'instant je veux vivre. Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, ici, maintenant.    
Je baigne dedans.    
       
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Qui je suis

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  • 29/04/1945
  • Provence Région Parisienne ARLES Gascon Fès au Maroc
  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, je redécouvre l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune !

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. Je verrai.

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