Oui, c’est dur. Tout va si vite.
Monique semblait aller mieux aujourd’hui. Je suis arrivé, elle se levait de sa sieste. Plutôt bien. Souriante. Fatiguée, mais paisible.
Je lui ai donné la lettre. Elle l’a posée sur le coin de sa table de nuit.
Bien plus tard, après ma pause café, je lui ai demandé si elle l’avait lue. " Oui, je l’ai lue. ".
Flop.
Quand je suis sorti pour mon petit tour à la cafétéria, j’ai croisé le médecin dans les couloirs. Je lui ai demandé entre deux portes s’il avait les résultats du scanner de vendredi...
" Mon pauvre... Oui, je les ai... "
Le cancer galope. Le foie est sérieusement touché. Le péritoine aussi. Les échéances se raccourcissent...
Je me suis étonné qu’il n’ait rien dit à ma femme... " Elle ne m’a rien demandé "...
Bah ! Comme je disais à Monique un peu plus tard, normal, après tout. Ils se comportent avec les malades comme nous le préconisions avec les touts petits : répondre à toutes les questions, ne répondre qu’aux questions, ne jamais anticiper...
Mon café avait un goût amer. Mais j’ai pu reprendre sur moi, être de nouveau battant quand je suis remonté dans la chambre.
Ma femme était déjà épuisée. Elle souffrait et a demandé un petit flash de morphine. J’ai frémis. Serait-elle assez lucide quand le médecin viendrait comme il me l’avait promis ?
Calme plat la fin de l’après-midi.
Le toubib est venu. Il a répondu à nos questions. Sans fioritures. Ne plus rêver. Noël est bien, bien loin...
Nous préparons la sortie de ma femme pour vendredi. Normalement. Je voudrais tant en être certain... Même si j’ai pas mal de boulot sur la planche...
Monique, comme d’habitude devant l’adversité, a montré une force incroyable. Elle réfléchissait. Passait en revue ce qu’il fallait faire. Elle a voulu téléphoner elle-même à sa sœur pour l’informer, pour " qu’elle puisse prendre ses dispositions "...
Priorité des appels. Les personnes qu’elle aimerait revoir. Les rangements indispensables.
Je devais la freiner... " Nous avons quand même un peu de temps devant nous, chérie "...
Elle m’a donné les consignes, énuméré les choses à faire. Ordonné de me reposer. " Tu vas avoir besoin de toutes tes forces ". Intimé la prudence sur la route. Plusieurs fois. Pas de danger chérie, s’il arrivait un accident " avant ", c’est que ce serait vraiment un accident. Con. Inopportun.
Je suis rentré, et j’ai téléphoné à ma fille. J’ai pleuré. Quel con. Moi qui voulais être fort. Qui voulais les protéger... C’est elle qui s’est montrée forte.
J’avais dix sujets de billets en tête ce matin. Il me semble que j’ai encore tellement de choses à dire. A rectifier. A justifier. A argumenter. Ce ne sera pas pour ce soir.
Je suis seul. J’ai besoin d’être seul. J’entrouvre la fenêtre avec ce blog, mais je referme vite la porte. Je veux la sentir cette solitude. La palper. Pour me confirmer qu’elle n’est pas faite pour moi. Douze jours, et c’est déjà trop.
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 22026
En ligne : Selon OB : 5
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. Je verrai.
Je viens de lire ton message d'hier. Il m'a beaucoup touché et je voulais te dire, vous dire, que, par la pensée, je suis à tes, à vos côtés. J'admire le courage de ta femme, j'admire ton courage. Vous me/nous donnez une belle leçon d'humanité.
Je ne sais comment dire ce que je ressens, et mes mots me semblent tellement convenus alors... que je désire tant vous dire mes sentiments... vrais.
Je ne peux à dire plus ce soir.
Jacques