Pour moi, encore une matinée délirante... Ce serait quand même bien que je me sorte de cette satanée bronchite. Et kiné, et hôpital pour des radios, et pharmacie... Je rentrais vanné vers 12 h.30, et me laissais tomber sur le fauteuil devant l’ordi. Le téléphone sonne. Monique, quelque peu paniquée. Elle venait d’avoir la visite du médecin chef de l’étage, qui lui avait fait un tableau pessimiste de sa situation et aurait fait pression pour qu’elle accepte la chimio alopéciente... Je lui ai promis de venir tôt pour rencontrer le médecin.
La course reprenait.
Le médecin est venu nous voir dans la chambre. Franche et bonne discussion. Sans langue de bois. Ce qui n’est déjà pas si mal. Il est très pessimiste. Il pense que la chimiothérapie par voie orale en cours ne donne pas les effets attendus. La morphine ne suffit pas à calmer les douleurs. S’il l’augmente trop, elle perdra en autonomie, jusqu’à devenir grabataire. Ça vaudrait quand même le coup d’essayer d’utiliser un traitement plus puissant...
Lui : C’est quand même dommage de s’en priver uniquement
à cause de la perte des cheveux ! Mais c’est votre choix, Madame, je le respecterai...
Moi :Elle a fait son choix, les choses sont claires depuis longtemps, pourquoi revenir ainsi en arrière, faire une sorte
de harcèlement ?
M. excédée : Je peux
parler ? Si je changeais d’avis, et qu’on mette en place ce traitement... Quels seraient les avantages ? Les effets secondaires ? La prolongation de l’espérance de
vie ?
Est venue alors une longue explication technique, des tas de circonvolutions, des hésitations aussi. Dont il ressort en gros : Ils doivent pouvoir dans tous les cas permettre à ma femme de
tenir jusqu’à la fin de l’année. Mais au-delà du premier trimestre 2008, faut pas trop rêver...
Si la chimio orale ne tient pas ses promesses, à Noël, elle sera quasi grabataire...
Dans tous les cas, elle doit s’installer un lit, un fauteuil, une table à l’étage, et ne pas espérer pouvoir faire autre chose. Hors de question de descendre au rez-de-chaussée. Ni au jardin, ni dehors... Trop de risques.
Avec le nouveau traitement, elle devrait venir à la clinique un jour par semaine. Pas d’effets secondaires. Intervention pour la mise en place d’un cathéter. Une légère amélioration de l’autonomie. La douleur ne peut être entièrement annihilée...
Quant à l’espérance de vie, avec le nouveau traitement, on devrait quand même pouvoir gagner un an... Sans commentaire...
Lui : Je crois que je vous ai tout dit, je vous ai donné tous les éléments. Je continue à penser que c’est quand même dommage, uniquement à cause de la perte des cheveux...
Moi : Docteur, si on vous apprenait que pour vous sauver, ou pour prolonger votre vie d’un an il fallait vous castrer, tout vous enlever ?
Lui : Un testicule, j’accepte, la fonction n’est pas remise en cause...
Moi : Docteur, tout...
Lui : Quand même, je m’en apercevrais auparavant, il faut environ six mois pour que tout soit attaqué !
Moi : Docteur... Tout... Moi, je refuserais...
Lui : Oui, mais les cheveux ça repousse !
Moi : Vous savez très bien qu’ils n’auront pas le temps de repousser !
Lui : ... ...
Moi : Ma femme m’a dit vouloir " être mise dans la boîte entière, y compris avec ses cheveux "... Je ferai tout pour faire respecter ses volontés...
M. : Vous parlez trop vite !
Bref... En conclusion, nous essayons quinze jours encore la chimio par voie orale, nous faisons le point, et prenons la décision définitive. Si nouveau traitement, il doit être commencé début novembre. Encore une nouvelle échéance... Réfléchir... Décider... Je ne sais pas si Monique en a encore la force...
Dans l’immédiat, elle devrait pouvoir sortir dans le courant de la semaine prochaine. Je dois voir l’Assistante sociale pour mettre en place un système d’aide à domicile. Je dois me procurer un fauteuil médical et confortable. On va lui installer un système de pompe à morphine personnel, transportable...
Je vais préparer la maison... Que du bonheur en perspective...
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
Pour un retour en 1ère page de l'accueil,
Cliquez sur la bannière ou bien
Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 23656
En ligne : Selon OB : 7
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. Je verrai.