J’ai lu ce billet sur le blog de WajDi : Aucun intérêt. Ma première réaction. Puis, je ne me suis pas senti le droit d’interrompre ainsi la communication. Je devais continuer à essayer de lire entre les lignes. Apporter ma pierre. Même si elle me revient dans la gueule comme un boomerang. J’aime trop ce garçon pour simuler l’indifférence. Mais je sais que je m’attaque là à une rude épreuve. Je suis nul en dialectique. Je ne sais pas argumenter. Je me disperse dans une logorrhée fastidieuse. Cette fois, je dois essayer d’être clair. Je le lui dois. Je vais faire de mon mieux. En essayant d’être bref.
Je manque de culture, mais pas d’expérience. Je ne citerai ni Musset ni Yung, mais je raconterai quelques anecdotes. J’ai une bonne mémoire. Je n’oublie jamais ceux qui m’ont marqué, ne serais-ce que quelques quarts d’heures...
Bon, Ok, j’ai, tu as, nous avons une bite et une paire de couilles, et nous savons nous en servir en diverses circonstances. Avec des partenaires de style et de sexe différents. Ça prouve quelque chose ?
Bon, Ok, tu parles de " kiffer " et non d’aimer. Ce mot qui recouvre tout et son contraire. Pulsions, désirs, trip, attirance, affection... Je ne sais pas ce que ça veut dire. Déjà que je ne suis pas sûr de savoir ce que veut dire aimer... Aimer d’amour, avec un grand " A ". Mais aimer tout court aussi. C’est la grande interrogation de ma vie. Mes parents m’ont-ils aimé ? Comment ? Jusqu’où ? Les ai-je aimé ? Comme il aurait fallu, comme ils l’auraient mérité ? Les ai-je haï ? Amour et haine, quelles différences ? Quel est ce lien qui m’attache, envers et contre tout à mon frère et à ma sœur ? De l’amour fraternel ? Du conformisme ? Et mes enfants ? Est-ce que je les aime ? N’est-ce pas plutôt un désir de possession, un sentiment fusionnel ? Aimer ? De quoi parlons-nous exactement ? De quoi parles-tu ?
Bon, Ok, je dis n’importe quoi. Ton discours sur le " coming out " est un problème identitaire. L’identité masculine. Homo ou hétéro... Tiens, une petite citation quand même...
" Etre un homme, c’est ne pas être homosexuel
On a déjà mentionné l’importance de la définition " par opposition " de l’identité masculine. Nul doute que la masculinité hétérosexuelle traditionnelle comporte aussi des aspects positifs, tels que le statut, le succès, l’endurance, l’indépendance, ou la domination sociale d’hommes adultes sur d’autres hommes, et leurs relations sexuelles avec les femmes. Mais l’identification mâle reste plus largement différentielle que l’identification femelle. Traditionnellement, la masculinité se définit plus souvent " par l’évitement de quelque chose... que par le désir de ". Etre un homme signifie ne pas être féminin, ne pas être homosexuel ; ne pas être docile, dépendant, soumis ; ne pas être afféminé dans son apparence physique ou ses manières ; ne pas avoir de relations sexuelles ou trop intimes avec d’autres hommes ; ne pas être impuissant avec les femmes. Les négations sont si typiques de la masculinité qu’un écrivain américain s’est taillé un franc succès en publiant un livre au titre ironique : " Real Men don’t Eat Quiche ! ".
L’homophobie fait partie intégrante de la masculinité hétérosexuelle au point de jouer un rôle psychologique essentiel : signifier qui n’est pas homosexuel et montrer qui est hétérosexuel.
... ... ...
Tandis que sous sa forme active, l’homosexualité peut être considérée par l’homme comme un moyen d’affirmer sa puissance ; sous sa forme " passive ", elle est au contraire un symbole de la déchéance. Il ne viendrait, par exemple, pas à l’idée de railler l’enculeur, alors que " enculé " est sans aucun doute une des injures les plus virulentes de la langue française.
... ... ...
Or, de même que certaines minorités jouent le rôle social et politique peu enviable de bouc émissaire, les homosexuels servent de repoussoirs psychologiques aux mâles hétéroxexuels prisonniers de l’idéologie patriarcale. Leur sort, autant que celui des femmes, dépend étroitement de la mort du patriarcat. "
Cette citation devrait attirer ton attention. C’est une femme qui écrit ceci, E. Badinter...
Tu as besoin de définir ton identité. Comme je le comprends. Comme j’aurais voulu savoir qui j’étais, à vingt sept ans... Mais, et ce n’est que mon avis, tu te trompes de combat. Tu veux t’émanciper dans l’expression de ta sexualité, alors que tu es littéralement englué dans un modèle patriarcal. Ton discours sur les femmes, et sur l’amitié virile indéfectible, ne sont que trop explicites.
Je l’ai encore écrit dans le billet précédent. Je suis PD jusqu’au bout des ongles. Mais je suis un mec, un vrai. Pas un pur. Car ce que la vie m’a appris, c’est que la femme est l’égale de l’homme... J’entends d’ici tes cris et contestations ! Toi aussi ! Mais je veux dire, pour être plus précis, que l’homme n’a rien de plus que la femme. N’a aucun pouvoir de droit divin. N’a pas de meilleures qualités. N’a pas plus droit au pouvoir qu’elles. J’ai souvent eu des chefs femmes, ou des supérieures indiscutables et d’ailleurs non contestées. C’est cela le chemin que m’a fait faire mon homosexualité : remettre en cause le patriarcat. Nous sommes loin d’une histoire de cul ! Rassures-toi. Il m’a fallu plus de trente ans, pour arriver à ce résultat.
Mais parlons de cul, un instant. Ceux qui ont un peu lu ce blog, commencent à avoir une idée de mes goûts. Ce sont les petits mecs virils, bien musclés, voire baraqués, petits loubards, militaires surentraînés ou... pompiers... qui éveillent toutes mes attentions. Et j’en ai connu quelques-uns... Des qui assumaient pleinement leur homosexualité (je pense à Medhi, bien sûr), et tout plein qui se disaient hétéros grand teint, mais qui ne rechignaient pas à se faire " brouter le poireau " à l’occasion... Je ne m’attarderai pas sur ceux qui, une fois dans l’intimité, s’empressaient de mordre l’oreiller et de s’abandonner à ma concupiscence... Je ne parlerai pas plus longuement de ceux qui, tout en restant dans leur rôle viril, ne se montraient pas insensibles à mes mains et ma bouche qui venaient s’attarder sur des lieux arrières plus intimes... Mais je veux dire un mot de ces petits machos, réellement hétérosexuels, qui m’accordaient la faveur d’honorer leur " teub " et de les conduire au plaisir. Certains étaient adorables. Mignons, gentils... Mais chez tous, je lisais comme à livre ouvert dans leur mépris, voire leur haine du pédé que j’étais. Ils m’utilisaient, pour me jeter ensuite. Je n’étais pas dupe, et comme je considérais comme un cadeau qu’ils puissent s’abandonner à moi quelques instants, je jouais de leur semblant de supériorité, et le plus souvent je réussissais au final à leur clouer leur adorable bec par une réaction, une attitude, un comportement qui les forçaient au respect.
Alors, vois-tu, aujourd’hui, dans ce monde tel qu’il est, dans cette société patriarcale dont parle E. Badinter, je crois qu'il n'y a pas d’autre choix : ou on assume son homosexualité (quel que soit le degré de bisexualité !) ou on éprouve, à minima, du mépris pour " ce que l’autre nous fait faire ". Avoir un rôle actif, dominant, limite les dégâts. Il ne règle pas le problème. Quant au rôle d’esclave, que je ne connais pas, et que je comprends mal, je suppose à t’avoir lu, qu’une simple pirouette intellectuelle permet de se replacer en position de dominant.
Enfin, pour finir, je voudrais ne reprendre qu'une de tes phrases, qui m’a quelque peu gêné.
" C'est comme ça, j'ai pas choisi, c'est vraiment les meufs ke je kiffe pour faire l'amour au quotidien. "
L’hétérosexualité ne se définit pas par qui on aime le plus baiser... Il y a des mecs qui (par leur âge, leur foi, des circonstances particulières) n’ont jamais touché une femme, et sont profondément et totalement hétérosexuels... Honorer ma femme quotidiennement, voire plusieurs fois par jour, n’a jamais été une contrainte, crois-moi... Et je me considère comme homosexuel. Tu le sais je pense...
Bref, c’est là, je crois que tu te goures complètement. La majorité de tes lecteurs sont gays. Tu as tout fait pour ça... Alors tu crois devoir te définir par rapport à l’homosexualité... Mais je m’en fous, que tu sois PD ou non. Tu ne me rejoindras jamais dans mon lit... Alors quelle importance pour moi ? Quelle importance pour les autres ?
C’est ta personnalité qui a éveillé mon intérêt. Ta démarche de te chercher, de te livrer au regard, d’essayer de te comprendre et de t’accepter. Ce chemin que tu faisais par rapport à ton passé, à ta famille, à tes souffrances cachées, à ce que tu vivais dans le présent. Cette démarche d’homme. De vrai mec. Si rare en définitive.
Je ne t’abandonne pas. Ce n’est pas le sens de ce texte. Je ne te reproche rien. Je suis convaincu de ta sincérité. Mais je pense que tu te trompes, que tu te mens à toi-même. Et je te le dis. Pour le moment, tu ne regardes pas en face les vrais problèmes. Cette expérience au sauna, si vite et si mal présentée. Tu ne me l’as pas dit. Tu ne le dis pas. Je suis sûr pourtant que ce fut une réelle souffrance. Le milieu gay est sans pitié. Et tu n’y étais pas préparé.
lundi 24 septembre 2007, 16 h.00
A la lumière du texte que je viens de citer, il n’y a pas une identité qui écrase l’autre. Dans ce monde patriarcal où l’image du père domine tout, l’homme véritable, l’hétéro se définit entre autre, notamment, essentiellement, comme n’étant pas homosexuel. C’est un fait. Et beaucoup de mecs s’y sont cassés les dents. Et tu n’y peux rien, dans l’immédiat, et seul. Un long combat sera nécessaire. Pour casser l’image du père. Pour qu’enfin, un jour, comme le souhaite ma femme, plus personne ne s’occupe de ce qui se passe dans le lit du voisin...
Mon père me reprochait de m’être marié. On ne mélange pas les genres. On " ne se trompe pas de sexe "... Des hétéros qui ont des écarts homos sont mal vus par leurs congénères. Alors que les vieux qui se payent des minettes de 16 ans font sourire...
Tu revendiques ton droit au choix, et tu as raison. Mais il faudra tuer le père, et peut-être mieux comprendre la mère... Les autres bi ou gay n’y peuvent mais...
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
Pour un retour en 1ère page de l'accueil,
Cliquez sur la bannière ou bien
Depuis le début : 19295
En ligne : Selon OB : 1
Fin Novembre 2010 je rencontrais mon Chérubin.
Aujourd'hui il approche de ses 25 ans, et j'ai moi-même dépassé les 68 bougies.
Depuis plus de deux ans et demi, je vis la relation à laquelle je n'ai jamais réussi à croire.
Et alors ?
Je ne fanfaronne pas. Je ne m’affiche pas : moins d’une quinzaine de lecteurs aborde ces pages, la très grande majorité ne dépassant pas l’affichage issu d’une requête vaseuse dans un quelconque moteur de recherche.
Les rares lecteurs réguliers attendent probablement la fin de l’histoire. Avec plus ou moins de sadisme, plus ou moins de curiosité.
C’est curieux. Je ne veux plus penser à ceux qui me lisent, d’où l’épuration en cours de la mise en page, et en même temps je suis incapable de fermer le blog. Encore moins de tout détruire. Fétichisme ?