Vendredi 14 septembre 2007 5 14 /09 /Sep /2007 21:15

(Début du sujet ici...)

Depuis plusieurs jours déjà je tourne en rond pour essayer de présenter, aussi objectivement que possible la situation de Fred. J’ai beaucoup de mal pour parler de lui de façon détachée, en essayant d’être neutre. J’écris des phrases qui ne reflètent que mes états d’âme, qui ne parlent pas vraiment de lui. Et j’efface.

Jusqu’aux " événements ", il n’y a pas grand chose à raconter sur lui. Il était magnifique. A tout point de vue. Physiquement très beau, avec son visage rond et sensible, et ses immenses yeux clairs, candides. Vif et intelligent, il se développait harmonieusement, presque trop… Dans le sens où tout semblait facile et acquis d’avance pour lui. Monique et moi plaisantions parce qu’il semblait illustrer les livres de pédiatrie et de psychologie. L’âge de la première dent ? A deux jours près, il avait sa première quenotte… L’âge des premiers pas ? Hop ! Il était sur ses jambes… Ni trop tôt, ni trop tard. L’âge des " pourquoi ? "… Il nous en servait en veux-tu en voilà… Pas de problème à l’arrivée du petit frère, puis de la sœur. Pas de conflit. Pas d’autorité à exercer, il s’autorégulait seul, et nous écartions les tentations inutiles. Nous nous voulions pédagogues. Il semblait répondre à toutes nos attentes et être l’illustration parfaite de l’éducation réussie.

Il avait cinq ans ½ lorsque j’ai été arrêté. Après le rejet de ma première demande de mise en liberté, lorsqu’il est apparu que ma détention allait durer, après en avoir longuement parlé avec Monique, nous avons décidé de dire la vérité aux enfants. Il a su le pourquoi de mon incarcération, le comment. Dans la limite bien sûr de ce qu’il pouvait poser comme question à cet âge, conformément aux préceptes pédagogiques que nous défendions. Il est venu me voir au parloir de la prison. Il n’a cessé de dessiner d’effroyables monstres qu’il m’envoyait par courrier, " pour faire peur à la juge et qu’elle libère Papa " (Il savait que tout mon courrier était lu par la juge d’instruction). Dans chaque courrier je joignais une histoire illustrée que j’écrivais et dessinais pour eux. Histoires qui, maintenant encore font partie de la culture familiale.

J’ai toujours été obsédé par la crainte des conséquences de ce vécu pour lui et ses frère et sœur. Mais j’étais convaincu que tout de que je pouvais faire était de verbaliser, verbaliser, verbaliser. Je n’ai cessé de le faire. Trop peut-être ? Il m’a idéalisé, prenant fait et cause pour ce combat que j’avais mené. C’est vrai, il a toujours été convaincu de mon bon droit et de mon honnêteté foncière. Aurais-je dû, comme me le disait Bob, lui dire que j’avais commis des délits et que je n’avais eu que ce que je méritais ? C’est vrai, j’en ai été jusqu’à présent incapable, et partant, je plaçais peut-être pour lui la barre bien trop haut.

Je ne parviendrai jamais à écarter la culpabilité de ce que je lui ai fait vivre, mais je ne peux davantage me résoudre à tenir les évènements pour seuls responsables.

Très tôt, il a été en échec scolaire, et nous l’avons porté à bout de bras jusqu’à la fin de sa scolarité. Allant jusqu’à l’inscrire dans une école privée catholique, contre tous nos principes sociaux, politiques et moraux.

Au CP et au CE1, il a eu un instit qui était littéralement en adoration devant lui. Au point de vouloir également prénommer son premier enfant Frédéric. Disant souhaiter avec sa femme (enseignante) que leur nouveau-né lui ressemble. L’admirant, l’adorant, il n’avait aucune exigence pédagogique vis à vis de Fred. Il nous racontait, qu’il donnait la bonne réponse dans des délais record, passant à dessiner le reste du temps où ses condisciples planchaient. Admiratif, amusé, il était cependant conscient de l’inadaptation de Fred au système scolaire. Et il nous avait prévenus de difficultés à venir… C’est vrai que je n’y croyais guère, sûr de la réussite de nos méthodes pédagogiques, et ayant une confiance totale (sans aucun doute aveugle), dans ma progéniture.

Les difficultés scolaires ont empiré de jour en jour, mois par mois, section par section. Je me montrais incapable de l’aider. Quand je voulais m’occuper de lui, je ne parvenais pas à lui expliquer le moindre problème, je m’emportais, le bloquais, il perdait tous ses moyens. Je compensais en ayant une forte présence de parent d’élève et en aplanissant au mieux les difficultés qu’il rencontrait avec l’institution.

Il me reproche de l’avoir " empêché " d’entrer aux Beaux-Arts. J’aurais simplement voulu qu’il s’y prépare davantage, car, non-bachelier, il ne pouvait passer le concours qu’une ou deux fois, et je ne le sentais absolument pas prêt. Alors, pression malheureuse de ma part, ou bien, encore une fois, reporte-t-il sur les autres son incapacité à agir ?

Il a dû travailler en tout et pour tout 2 ans ½ ou 3 dont 8 à 10 mois dans ce qui est sensé être son métier : le dessin.

Sa première expérience professionnelle réelle a été la participation à l’équipe de réalisation de " K. ". Succès phénoménal. Eblouissement. Etourdissement ?

S’il a passé les étapes de sélection et a été intégré dans l’équipe, c’est que des professionnels lui ont trouvé certaines capacités. S’il semble avoir été grillé et que l’on n’a plus fait appel à lui, c’est peut-être qu’il n’a pas donné entière satisfaction. Trop pinailleur, trop indécis, difficultés à finaliser un travail, question métaphysiques perpétuelles là où il n’aurait fallu que de la simple réalisation technique ?

Toujours est-il qu’après cette magnifique expérience, il n’a plus jamais été capable de se tenir à un travail. Refus des propositions qu’il jugeait indignes de lui. Incapacité à respecter les délais. Problèmes d’horaires, retard chroniques. Ainsi, ou lui ou le studio rompait le contrat au bout de 4 à 6 semaines.

Depuis maintenant plusieurs années, il vivote avec le RMI, parfois dessinant, parfois ne faisant rien pendant des semaines.

Après K. et la période faste de chômage qui a suivi, il a commencé à s’enfoncer, ne payant plus son loyer, vivant des semaines avec le riz et les quelques conserves que nous lui donnions. Quand il a atteint le point limite, que sa logeuse a menacé de saisir tout ce qu’il avait (ses œuvres, mais aussi de très beaux livres d’art qu’il avait achetés dans sa période rémunérée), je lui ai demandé de revenir à la maison, et nous avons déménagé ses affaires en une nuit. Il s’installait provisoirement dans son ancienne chambre. Quatre ans plus tard, il y était encore, vivant en parasite.

Maintes fois, nous avons parlé, discuté, j’ai essayé de le faire réagir. Mais chaque fois je ne pouvais pas terminer autrement qu’en lui réaffirmant que, quoi qu’il arrive, notre porte serait toujours ouverte, que nous ne le rejetterions jamais.

Quoiqu’il ait pu arriver, nous aurions quitté la Région Parisienne. Le désir de Monique de revenir sur les terres qui l’avaient vu naître était trop fort. Mais il est également vrai que ce fut le seul moyen de l’obliger à prendre ses distances, en somme de le mettre à la porte… Sans conflit.

Depuis, il squatte de ci, de là. Il lui arrive de dormir dans le minuscule local de 2 m² que j’ai loué pour qu’il puisse stocker ses affaires, " en attendant ". Il utilise aussi beaucoup le local atelier de sa sœur, au risque de lui poser des problèmes avec la Mairie qui le lui prête en tant qu’atelier d’artiste. Il est en fait réellement un SDF.

Il fume de l’herbe, du hach, je ne sais pas exactement. Pas énormément. Mais pas mal quand même. Surtout d’une façon qui pourrait être malsaine, seul replié sur lui-même, en se coupant du monde.

Il sait mon refus catégorique de toutes les drogues. Il sait aussi que je ne veux pas dramatiser et que j’ai confiance en lui pour qu’il sache résister à des drogues plus dures. Mais je suis incapable de l’aider dans ce domaine, et c’est vrai, parfois j’ai peur. Très peur.

Il ne semble pas avoir de réelle vie affective. Il dit être un pur hétéro, mais n’a jamais eu de copine régulière. A ma connaissance, ce sont généralement les filles qui le draguent ou le relancent, il se contente de se laisser faire. 

Il a une relation trouble avec l’un de ses meilleurs amis, ouvertement bi, qui lui raconte ses aventures homo dans les détails et l’a déjà entraîné dans des clubs échangistes. Pourtant, autant que je sache, il n’a jamais eu de relation homosexuelle. Il m’a toujours dit être très au clair sur ce point, dans sa tête et dans son cœur.

Mais je suis bien obligé aussi de penser que je ne lui ai guère laissé le choix. Il connaît mes goûts, il sait bien aussi tout ce que j’ai investi sur lui, mon espérance d’une éducation sexuelle réussie. En fait, s’il avait réellement des tendances homo, mon attitude l’obligerait quasiment à se l’interdire. Et vivre une hétérosexualité épanouie avec un père qui n’a connu et aimé qu’une seule femme… Quelle galère !

J’ai totalement et lamentablement échoué là où j’aurais le plus voulu réussir. Je ne sais pas où en est Fred. Il ne doit pas le savoir lui non plus. Xavier, totalement secret en ce domaine n’a toujours pas trouvé l’âme sœur. Karine a eu plusieurs aventures, jamais simples, et je crains là aussi d’être élément de blocage.

Pendant un temps j’étais soucieux car Fred semblait attiré par les toutes jeunes filles. Nous en avons parlé. Il m’a assuré que non, et ses relations semblaient plus normales aux dernières nouvelles. Même si, de façon contradictoire mais si fréquente, il semble privilégier les femmes de très petite taille, alors que lui est plutôt grand.

Il vit en dehors du monde réel. Il est couvert de dettes. Poursuivi par les huissiers et les officiers du budget chargés de recouvrir les multiples amendes (circulation sans billet, condamnation pour " taggage " des wagons SNCF, etc. …)

Il vit en dehors du monde réel. Dans son univers. Il se raconte des histoires auxquelles il finit par croire. Il est toujours plein de projets… Mais ne passe jamais à l’acte.

Difficile d’expliquer ces affirmations. Un exemple peut-être.

Lorsqu’il est venu l’année dernière, nous sommes allés visiter l’atelier de Cézanne à Aix. Il a longuement parlé avec une jeune responsable de l’association (drague ? ? ). Cette jeune femme lui a parlé de leur désir d’ouvrir le lieu à de jeunes artistes débutants… Immédiatement, fantasme ! Mais rien de plus bien sûr.

Il y a quelques semaines, il envisageait de venir, parce qu’il voudrait nous voir, mais aussi retourner à Aix pour voir comment organiser une exposition… Que la rencontre date d’un an, que les dires de la jeune femme aient pu être des paroles en l’air, que l’association ait pu déjà trouver un artiste qui lui convenait, le fait qu’il n’ait jamais pu passer le cap de présenter ses œuvres à un public… Il n’avait rien envisagé de tout ça. Il tournait en rond depuis un an, mais bien sûr, on l’attendait et on allait s’extasier sur son travail…

Nos relations n’ont jamais été satisfaisantes. Trop fusionnelles, je n’ai jamais su couper le cordon ombilical. Et pourtant ! C’est bien moi qui ai pris les ciseaux et qui ai accompli cet acte hautement symbolique le jour de sa naissance !

Monique est inquiète, trop peut-être. Il y a aussi en elle quelque chose qui relève de la culpabilité. Qu’avons-nous fait, ou que n’avons-nous pas fait pour qu’il puisse être comme ça ?

Parfois je me rassure et je pense qu’il finira bien par la vivre, sa vie. Quand je suis inquiet je me souviens aussi qu’aucune action ne sera efficace tant qu’elle ne viendra pas de sa propre demande.

Et puis, une émission médicale à la télé, qui parle des personnes limites (Border line). Proches de la schizophrénie. Et j’ai l’impression que toutes les descriptions se rapportent à Fred. Et j’ai peur.

Et puis, une émission sur les drogues, où l’on redit que " fumer " n’est pas un réel problème, sauf pour une toute petite minorité fragile qui risque de se couper du monde réel. Avec cette tendance de Fred à souvent fumer seul, replié dans sa coquille, j’ai peur.

Alors, la première question elle est là. Avant de savoir les causes et les responsabilités, avant de " faire quelque chose ", avant de battre ma coulpe ou de foncer faire des mea culpa auprès de Fred, d’abord savoir : quel est son réel état de santé psychique ?

C’est vrai que je ne pourrais jamais me pardonner mon inaction s’il lui arrivait malheur.

C’est vrai que si nous savions comment, nous serions prêts à faire n’importe quoi pour lui.

C’est vrai aussi que le meilleur moyen de l’aider consiste peut-être à le laisser se débattre dans ses difficultés et ses contradictions. A laisser du temps au temps. Comment savoir ?

L’aide d’un professionnel est indispensable. Mais comment ?

 

Ouf... Finalement, j’aurais mieux fait de ne pas commencer ce blog. Publier cette lettre aurait suffit... Et j’ai réalisé que j’avais déjà pioché des pans entiers pour certains articles... Mais non, après tout, ceci illustre magistralement que mes obsessions sont les mêmes, deux ans après... Et que cette lettre n’a rien solutionné. Je sens Bob s’éloigner de plus en plus de moi. Plus le temps passe, moins il admet que l’on puisse être " bi "... Ils ont eu des locataires pendant quelques jours. L’un des mecs était père de famille, sa femme " savait " aussi avant leur mariage. Et " ça " se passait au plus mal, vis à vis de sa femme, et apparemment aussi vis à vis des enfants... Et Bob de me dire... " Tu vois, ‘ça’ ne peut pas marcher... "

Est-ce moi qui suis totalement à côté de la plaque ??

PS : Les lecteurs assidus détecteront peut-être des contradictions entre mes écrits. Je n’ai fait qu’une relecture rapide de celui-ci. Mais les témoignages divergent toujours... 
re-PS : L'année d'après, Fred est venu vivre deux mois avec nous. J'en ai profité pour lui faire rencontrer un psy spécialisé dans le monde artistique... Echec. Fred a trouvé le gars intéressant. Le psy voulait une participation financière de Fred pour montrer son engagement. Refus que "j'aide"... Fred a laissé tomber. Je ne sais toujours pas s'il est en danger ou non...

Publié dans : Et maintenant ?
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Commentaires

Ca y est. J'ai tout lu, de la première à la dernière ligne. Une bonne heure de lecture : on peut dire que tu es exigent avec tes interlocuteurs ! Mais enfin, j'ai compris des choses. Surtout que je n'avais en fait jamais pris le temps d'éplucher ton blog dans sa totalité, et que de ton histoire, en dehors de quelques récits particulièrement structurants, et de tes papiers les plus récents, des épisodes importants me manquaient donc.
La profondeur de tes analyses me scotche toujours, tout comme la transparence à laquelle tu te soumets, notamment avec Monique. Mais aussi avec ton ami Bob, si je comprends bien, car tout ce que je viens de lire, tu le lui avais écrit il y a de cela deux ou trois ans, c'est ça ? Ma première réaction a été de me dire ; quel parcours de vérité tu t'infliges ! et tu infliges aussi à tes plus proches. Es-tu sûr à chaque fois qu'ils y sont prêts ? Est-ce ta façon à toi de brusquer le destin, de clarifier en permanence, et presque en temps réel, tous les noeuds de la vie ?...

Dans cette "étude", tu abordes plein de sujets, et il y en a deux - qui ne sont pas centraux dans ton propos- qui m'ont particulièrement interpellé : celui où tu livres des doutes sur l'homoparentalité. Moi, ça y est, il m'a fallu un peu de temps, mais j'ai fini par me convaincre complètement que seul le principe de l'égalité des droits tenait la route. Chaque personnalité résulte de parcours singuliers, jalonnés de repères, de moments de références, de personnages de référence, de traumatismes aussi... Je n'ai jamais remarqué que les personnalités les plus interessantes, les plus attachantes résultaient des parcours les plus lisses ou les plus protégés. Je me suis longtemps, comme tu le décris pour toi-même, vu comme inintéressant, mièvre, plat et pour tout dire non-aimable ; parce que la vie me portait sans que j'aie des choses sérieuses à y affronter. Et les personnages qui m'attiraient, qui me fascinaient, les personnalités fortes qui rayonnaient dans mon entourage, c'était les enfants de divorcés, les mômes qui avaient connu tôt la perte d'un frère ou d'un parent, la guerre, la migration, bref, tous ceux qui sortaient des schémas classiques à la Freud ou à la Dolto. Alors je crois très fort qu'un enfant qui évoluerait entre des parents du même sexe, ou qui aurait des parents biologiques éclatés dans deux foyers homosexuels, s'il y a de l'amour, pourrait se construire de sorte d'être capable de vivre en société. D'ailleurs, maintenant que l'on commence à avoir du recul, puisque les enfants de couples homoparentaux existent de fait, je ne crois pas que l'on ait observé que ce serait d'avantage criminogène, exclusiogène, qu'on y trouverait d'avantage de chômeurs ou de cas sociaux, donc...

La deuxième chose concerne ton Fred : là, j'ai pas de conviction, évidemment. A la lecture, la seule chose qui me vient à l'esprit, en rapport avec son rejet du système scolaire, c'est ce qu'il a du affronter à 5 ans et demi. Auriez-vous du faire autrement ? Le laisser penser que ta peine de prison était légitime, que la société avait eu raison de te punir ? Construire en lui un "respect" pour la société en reportant son rejet sur son propre père ? Outre que le succès de son "intégration sociale" n'en était pas pour autant assuré, qu'aurait-il alors perdu ? Pour moi, ç'aurait été plus grave, plus destabilisant, plus fragilisant. Là il a souffert, mais il a gardé son père. Votre choix a été le bon. Vos enfants ont ainsi grandi avec peut-être plus de responsabilités sur les épaules que la moyenne des autres. Mais ils ont aussi grandi dans la vérité. Au fond, leur "asocialité" tient sans doute plus à des valeurs morales, philosophiques et politiques, un rejet de la société de l'argent et du confort bourgeois, qui allaient de pair avec cette oeuvre de sincérité, mais qui n'étaient pas cette sincérité en soi. Tout ça n'apporte pas de réponse à vos inquiétudes actuelles. La vie vous dira comment les choses peuvent évoluer.

J'ai juste une réflexion supplémentaire, dépourvue d'expérience, évidemment : pour faire oeuvre d'autonomisation, il faut toujours, d'abord, assurer une présence. Constante. On ne se jette jamais aussi bien d'un trapèze à un autre que quand en bas est tendu un filet de sécurité. Ne prive pas tes enfants, une seconde fois, de leur père. C'est trop tôt.

Bises. Oh!91

Commentaire n°1 posté par Oh!91 le 16/09/2007 à 20h16
Juste un mot dans un premier temps. Pour dire combien je suis sensible à l'intérêt que tu me portes... Il me semble qu'en rentrant de la fête de l'Huma, j'aurais pensé à faire autre chose que passer une heure à lire les radotages d'un vieux PD que tu ne connais même pas.
D'abord, l'histoire de la transparence... Plusieurs fois, et plusieurs personnes m'ont fait cette remarque... Que je ne comprends pas trop bien : je ne saurais pas vivre autrement. Que mes interlocuteurs aient de la peine parfois ? Possible. Je crois le constater ces derniers temps. Mais pas Monique, qui a une exigeance encore plus grande de vérité. Avec elle, c'est plutôt moi qui suis (verbe suivre !)... Mais pas Bob, il a toujours tout su de moi depuis si longtemps. Il a été la première personne prévenue lorsque j'ai été arrêté. Il a toujours été à mes côtés lorsque j'appellais à l'aide. Aujourd'hui, il semble s'éloigner de moi pour "prendre le parti" de Monique... Il semble supporter de moins en moins les "deux poids, deux mesures"...
Pour l'homoparentalité, nous semblons avoir des idées semblables. Tout à fait d'accord avec ce que tu dis. Mais je rajoute que, lorsque c'est possible, rien ne remplace les vrais parents. Et que ceci mérite quelques efforts, ou quelques sacrifices. Je voulais que MES enfants aient leurs père et mère auprès d'eux. J'étais prêt à des sacrifices. Mais non au mensonge. Et ceci pose inévitablement quelques contradictions, sinon quelques conflits...
Pour Fred, je ne sais pas où est le problème. Le pire, je ne sais pas s'il y a un problème. Et c'est le plus difficile à assumer. Pour faire le lien entre les deux thèmes... Fred devait avoir 4 ou 5 ans ("avant", donc...), un jour, il s'assoie sur les genoux de sa mère, lui fait un calin, et demande :
"- Tu sais pourquoi je vous aime beaucoup Papa et toi ?
- Dis-moi....
- Parce que vous dites toujours la vérité..."
Monique a été scotchée... Elle a vite écrit ce mot d'enfant sur un post-it. Il est resté pendant des années affiché au dessus de son bureau....
Bises.
Réponse de Boby le 17/09/2007 à 08h37

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Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
      1er Février 2012
Je suis de retour dans le Royaume depuis un mois.    
      J'ai entrepris les démarches pour obtenir le statut de résident étranger au Maroc.
      Je ne peux plus me cacher derrière mon petit doigt : C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Je ne veux plus me torturer. Dans quelques mois peut-être, lorsque la France sera redevenue une République ouverte et démocratique...
. Pour l'instant je veux vivre. Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, ici, maintenant.    
Je baigne dedans.    
       
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  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, je redécouvre l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune !

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Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

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Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

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