Quantcast
Dimanche 2 septembre 2007 7 02 /09 /Sep /2007 17:15
Tout à l’heure, je me suis enferré. Dialogue avorté avec un de mes lecteurs préférés... Extrait :

 

W. : j'repondrai aux kestions ke tu poses sur ton dernier comm

Moi : Quand tu veux... J'ai le temps...

W. : peut etre plus tant ke ca

Moi : Mais si... M. va mieux depuis 2 jours.

W. : tant mieux pour elle, et puis ca te laisse du répi pour profiter encore un peu de cette belle vie

Moi : Oui, je suis cerné d'étalon qui me donnent beaucoup de plaisir !! mdr...

W. : kan tu seras veuf, tu te sentiras libre, ca vaut le coup de vivre cette periode la de ta vie

Moi : Arrête, tu vas me fâcher !! Libre de fantasmer !!

W. : je me fous de te facher sur ce projet la

Moi : Rien de valable, mec, à l'horizon. Parlons plus de ça.

W. : tu sais a kel point je le trouve debile, jamais je te soutiendrai sur ce coup

Moi : Je sais. Mais tu ne peux pas comprendre, je sais bien. Tout t'est possible à toi. Des Cyprien et des Jason tant que tu veux ! Moi, de minables films pornos. Je ne te demande pas de me soutenir. Sois ce que tu es. Point. Un rayon de soleil pour moi.

Moi : M. bouge. Je vais préparer le repas... Bises mon grand.

W. : ya pas ke le cul dans la vie.

 

Je ne pouvais pas répondre. Je n’en avais pas le temps, et j’avais encore besoin de mettre de l’ordre dans mes pensées. Je ne voulais plus parler de tout ça avec lui. Essayer aussi d’en parler moins sur ce blog. Redonner plus de place à la vie. Mais je ne peux ignorer les retombées des phrases que j’ai ainsi lancées en l’air. Ce ne serait ni honnête ni courtois. Et puis, je ne saurais l’expliquer de façon rationnelle, mais je réagis très fort lorsque les thèmes " Vivre à tout prix ", " La vie est trop belle ", " La mort est horrible ", etc. ... sont abordés devant moi. Nom d’un bon sang, c’est dingue ça. Tripalement, mes idées sont une évidence ! Et je suis incapable de m’en expliquer rationnellement... Allez, encore un coup, je vais essayer d’être plus clair...

 

" La vie est belle " !! Qui, et de quel droit peut affirmer cela ? J’y vois un vulgaire bourrage de crâne. Il faut penser ceci, parce que sinon, qui supporterait le dixième, le centième de ce que la vie nous fait subir ? meurtres, assassinats, exterminations, guerres fratricides, violence, prison, viols, exploitation, misère sordide, racisme, xénophobie, haine, maltraitance, douleurs, souffrances, martyre, que sais-je ? Tout ce que l’on peut dire, c’est " J’ai de la chance, je suis passé à côté... ". Je suis né le jour du suicide d’Hitler... Toute ma vie j’ai été obsédé par cette question : si j’étais né vingt ans plus tôt, de quel côté aurais-je été ? Celui des résistants sacrifiant leur vie pour la gloire d’idéaux qu’ils ne connaîtront jamais, ou du côté des tortionnaires qui me troublèrent tant dans " Les Damnés " ?... Non, la vie n’est pas belle du tout...

 

" La vie mérite d’être vécue " !! Si vous le dites... En êtes-vous si sûrs ? Je vis, et comme je l’ai souvent écrit ici, tant que je vis, je vis, à fond la caisse autant que possible. Mais soyons clair : si, comme pour un vulgaire magnétoscope à l’ancienne je pouvais faire " retour arrière ", je laisserais défiler la cassette jusqu’au début du film. Et si j’avais le choix, je ferais en sorte que le film n’ait jamais existé. Quand je suis né, après 10 mois de grossesse, je pesais 5kg250. Celles qui ont été mère apprécieront... Je crois l’avoir déjà raconté, tant pis, le médecin accoucheur a demandé à mon père qui il devait sauver en priorité : la mère ou l’enfant ? Mon père a répondu sans hésiter : " J’ai déjà deux enfants "... J’étais condamné avant de naître. Pourquoi ai-je survécu ? Encore une question qui n’aura jamais de réponse. Mais je peux le dire : je suis en sursis depuis soixante-deux ans...

 

Stop ! Ne dites rien ! Je sais. Si je n’avais pas vécu, mes trois enfants ne seraient pas là. Je sais. C’est un argument. Mais qui dit que Monique n’aurait pas eu un Frédéric, un Xavier et une Karine tout à fait semblables à ceux qui " me doivent la vie " ? Qui peut affirmer que l’héritage des chromosomes est aussi primordial que ça ? Et si mes enfants n’avaient toutes leurs qualités que de par leur mère, et tous les défauts de par moi ? Où serait l’intérêt ? Un autre homme n’aurait-il pas été porteur de meilleurs vecteurs ?

Quand j’étais gamin, je lisais avec passion " Pif le Chien ", pas encore gadget... Il publiait des nouvelles. Dans une, l’histoire d’une famille qu’il fallait sauver de toute sorte de pépins, parce que le fils à venir devait sauver le monde quand il serait adulte... Une sorte de " Terminator " sans violence et plus philosophique. Je m’étais passionné pour cette histoire. Elle a sans doute participé à ce besoin obsessionnel d’avoir des enfants qui m’a hanté toute ma jeunesse... Si moi je n’étais rien, je devais participer à la chaîne qui sauverait le monde... Maintenant, voyez-vous, j’ai comme des doutes...

 

Mais moi, en tant que MOI... Quel peut être mon bilan ? Pas grand chose. Je n’ai aucun mérite à ce que j’ai vécu. J’ai subi ma vie, plus que je ne l’ai construite. Même les quelques choses dont je puis être fier, n’ont de mérite que par les réponses que j’ai essayé d’apporter à des évènements que je ne dominais pas. Que je subissais. J’ai été fier de mon combat en détention. Je l’ai trop mis en avant sur ce blog. Après ma sortie, mes avocats étaient venus manger chez nous. A un moment, ils ont froidement résumé ce qui s’était passé : " En somme, ce que tu as fait et vécu n’est rien d’autre qu’un suicide social "... Point. Plus besoin de discuter...

 

Je ne peux bien entendu pas parler de la vie et de la mort sans souligner que nos choix de vie, et notamment celui de choisir le moment de sa mort, sont les seules libertés individuelles qui nous restent. LIBERTE ! Mon grand... On ne choisit pas de naître. On ne choisit pas de survivre à des maladies. On ne choisit pas sa compagne ou son compagnon : en réalité la vie le fait pour nous. On ne choisit souvent pas d’avoir ou non des enfants. Encore moins, on ne choisit d’être homo ou hétéro... On ne choisit pas son métier... Quoi qu’on en pense. Que peut-on choisir ? Le moment de sa mort. Ça, oui.

Et, tu n’en seras pas surpris, je suis un farouche partisan de l’euthanasie. L’être humain est un être social. Il n’a de sens qu’intégré et participant à la société. L’avortement est donc, pour moi une chose totalement normale. Tant qu’il n’est pas né, le fétus n’est pas un être humain. C’est son premier cri qui l’ouvre à la vie. Quand une personne n’a plus rien d’un être humain, et est beaucoup plus à rapprocher d’un légume, il a le droit de ne plus continuer à vivre...

. J’ai exigé qu’on interrompe la réanimation de mon fils né prématurément. Je l’ai euthanasié.

. J’ai exigé des médecins qu’ils cessent l’acharnement thérapeutique sur ma mère atteinte au dernier degré de la maladie d’Alhzeimer. Je l’ai aussi, d’une certaine façon euthanasiée.

. J’ai demandé aux médecins de soulager mon père aux derniers stades de son cancer des poumons. La morphine a haute dose a soulagé ses souffrances et l’a libéré. J’ai participé à son euthanasie.

Et pour moi, il faudrait que je laisse faire la nature ? Personne ne doit culpabiliser de ne pas avoir réussi à me retenir. Ni aucun de vous, lecteurs impuissants, ni mes enfants, ni quiconque. J’exercerai mon droit à la liberté de choix. Quand le moment sera venu.

Alors, désolé, le petit moraliste qui voulait m’envoyer chez les psychiatres... Je lui fais un bras d’honneur !

 

Venons en à la dernière phrase de W. . " ya pas ke le cul dans la vie. ".

Encore une fois, j’ai trouvé le moyen de donner à ressentir le contraire de ce qu’il y a dans ma tête. Je ne suis pas un obsédé sexuel. Loin s’en faut. Bon, je plaisante souvent avec la phrase de Wolinsky, " Je ne pense qu’à ça... ". C’est un peu vrai. Mais il y a beaucoup de jeu là-dedans...

Surtout, W., qu’y a-t-il d’autre dans la vie ? Autre chose que je n’aurais pas, ou que je n’aurais pas connu ?

Des réussites sociales ? Trois fois j’ai été mis au tapis. Trois fois je me suis relevé et j’ai atteint une réussite professionnelle que beaucoup m’enviaient. J’ai eu des engagements militants, j’ai su me faire apprécier par la plupart de mes concitoyens. Lorsque j’ai été incarcéré, pas un seul de mes proches ou de mes voisins n’a refusé d’adhérer au Comité de Soutien créé par ma femme. Je n’en suis pas peu fier, même si c’est surtout à elle que je le dois.

Une femme qui m’aime et que j’aime ? Là encore que pense avoir connu quelque chose que l’on ne connaît pas deux fois dans sa vie. Heureusement d’ailleurs. Car ce n’est pas toujours facile.

Des enfants ? Que pourrais-je espérer de plus ? Trois enfants plus beaux les uns que les autres. Vifs et intelligents. Artistes doués (je le pense). Bon, je grince souvent des dents, en les voyant mener la vie de bras cassés qu’ils mènent. Mais je n’échangerais pour rien au monde ! Même pas pour les princes d’Angleterre ! (Pourtant ils sont mimis ces deux là !)

Des amis ? Ok, c’est plutôt le désert de ce côté là. Sans doute suis-je trop exigeant. Ou trop chiant. Ou les deux. Pourtant je suis fidèle comme ce n’est pas permis...

Et puis... J’y pense souvent. Si je retrouvais mes grands amours de jeunesse, Momo, JRC, Jean-Yves par exemple... Qui retrouverais-je ? Ils sont peut-être morts. La vie n’épargne rien ni personne. Et sinon ? Des petits vieux ventripotents, chauves, radoteurs ou lubriques ? Beurk !... Comme tu dis...

Bref, je pourrais y passer des heures... Et ça n’a pas beaucoup d’intérêt. Je ne regrette rien de ce que j’ai vécu. Même si, le magnétoscope faisant " retour arrière ", je changerais volontiers bien des choses... Mais est-on jamais vraiment satisfait de ce que l’on a vécu ?

 

Alors, oui, aujourd’hui, je ne commencerai pas une nouvelle carrière. Je ne ferai pas de nouveaux enfants. Je ne m’engagerai pas politiquement, ni socialement. Je suis " out " à ce niveau. Je crois déjà avoir dit cette anecdote. En arrivant ici, j’ai essayé de prendre contact avec les associations militantes dans mes idées... Un ramassis de vieux et vieilles schnocks qui m’ont fait partir en courant... Désolé, W. ... Je n’aime vraiment pas les vieux... Surtout depuis que dans ma famille c’est ma génération qui est passée en première ligne...

 

Alors, oui, le cul, il me reste le cul. Non pas le sexe à tout prix, non pas la recherche de plaisirs lubriques... Juste un peu l’espoir de pouvoir toucher encore un peu la jeunesse. De pouvoir donner un instant de plaisir. Je sais, je dois te choquer.. Pourtant, c’est ainsi. Le mythe du vampire qui se nourrit du sang des jeunes vierges... Il y a un peu de ça...

Quand j’étais plus jeune, il y eut l’époque de mon " activité optimale ", qui me fit cumuler un nombre d’amants d’une heure qui aujourd’hui me donne le frisson. Alors, en cas de pénurie, il m’arrivait d’accepter les caresses de partenaires d’un âge, disons... " hors de mon créneau "... Ce que j’appelais mes " lots de consolation "... Je sais ce n’est pas très sympa... Mais aujourd’hui, j’en serais totalement incapable. Je peux accepter de rester des jours, des semaines, voire des mois sans aventure. Mais je ne peux prendre dans mes bras que de jeunes amants dont la beauté éveille mes sens... Je sais, c’est dégueulasse. Mais c’est.

Alors, quand je te parle de ma quête, ne vas pas t’imaginer que je cherche juste à prendre mon pied... En vieux pervers. Non. Lorsque ma femme me dit que quand elle ne sera plus là, je pourrai enfin vivre ce qu’elle m’empêche de vivre, à savoir avoir un petit ami, je dis simplement, non, ce n’est pas vrai. Aucun espoir de ce côté là. AUCUN. Il me reste simplement l’espoir, si parcimonieux, de plus en plus improbable, de ne pas laisser indifférent un jeune homme au physique agréable, qui acceptera pendant quelques instants que je le prenne dans mes bras, et qui me quittera sans demander mon nom ou me donner son prénom...  " Pour quoi faire ? "...

 

Or c’est vrai, je veux bien le concéder. Si j’avais auprès de moi, un jeune et beau mec, qui me couvre de tendresse, ou qui simplement accepte la mienne, ait besoin de la mienne, je regarderais le futur d’un autre œil... J’envisagerais la vie, simplement. Mais là, avec certitude, je dois dire : " No future "...

Je ne demanderai jamais à un WajDi, à un Alex, à un Nico, à un Lorenzo de tenir un tel rôle. Vous vous en doutez. Il faudrait que cela soit, sans que personne ne choisisse. Et cela ne peut pas être.

Publié dans : Je me prépare
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Retour à l'accueil

Retour à l'accueil

Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...

Pour un retour en 1ère page de l'accueil,

Cliquez sur la bannière ou bien

ICI   

 

 

 
Mais ce constat est tellement difficile à faire !

Visiteur

tumblr hit counter

Depuis le début :  19937 

En ligne : Selon OB :  2 

Qui je suis

  • Boby
  • Les petites histoires de Boby
  • Homme
  • 29/04/1945
  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, j'ai redécouvert l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune ! C'est lui qui m'a choisi, et je n'ai pas su dire non...

Constat :

Fin Novembre 2010 je rencontrais mon Chérubin.

Aujourd'hui il approche de ses 25 ans, et j'ai moi-même dépassé les 68 bougies.

Depuis plus de deux ans et demi, je vis la relation à laquelle je n'ai jamais réussi à croire.

Et alors ?

Je ne fanfaronne pas. Je ne m’affiche pas : moins d’une quinzaine de lecteurs aborde ces pages, la très grande majorité ne dépassant pas l’affichage issu d’une requête vaseuse dans un quelconque moteur de recherche.

Les rares lecteurs réguliers attendent probablement la fin de l’histoire. Avec plus ou moins de sadisme, plus ou moins de curiosité.

C’est curieux. Je ne veux plus penser à ceux qui me lisent, d’où l’épuration en cours de la mise en page, et en même temps je suis incapable de fermer le blog. Encore moins de tout détruire. Fétichisme ?

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés