Samedi 4 août 2007 6 04 /08 /Août /2007 16:49

Ce matin, pour remplir le vide qui me torture encore, je me suis mis à surfer de blog en blog. Les commentaires postés sur l’un conduisent à un autre. La promenade peut être sans fin. Beaucoup de perte en route. Souvent je ne lis que deux ou trois paragraphes et je passe vite à autre chose. C’est sans doute cruel et injuste. Il faut que le style me plaise, qu’il y ait de la matière, que l’auteur me parle. A moi. Qu’il ne se parle pas seulement à lui-même. Je ne suis pas un littéraire, mais j’aime les mots. Trop peut-être. A un moment, j’ai repensé à ma découverte du blog de WajDi. Inattendue. Imprévisible. Le choc. Chacun de ses termes, de ses " banlieuseries ", étaient autant d’épines qui m’accrochaient et m’empêtraient de plus en plus dans les broussailles de ses questionnements. Epines ? Pourtant tout était clair, limpide. A d’autres moments, une vraie cascade d’eau fraîche... Etranges, ces mécanismes qui nous font " accrocher " ou non...

Ainsi ce blog ce matin. Un mec certainement gentil, études supérieures, très cultivé, très... protégé. Genre " J’ouvre un blog, mais je ne me livre surtout pas ". Ceci m’est tellement étranger. Et pourtant. Les mots glissent bien. Le non-dit me parle. Ou est-ce moi qui projette ? Une phrase. Une simple phrase. " il y a des blogs où l'on sent une certaine sincérité se dégager, mais sur d'autres j'ai le sentiment de voir des gens qui, sans pudeur, multiplient et démultiplient l'intensité de leurs sentiments... ". Et la machine à rêver se met en place. Je suis interpellé. Agressé. Caressé à rebrousse-poil. Et je sens un profond désarroi chez ce mec, désespoir de ne pouvoir être vraiment lui. Va comprendre...

 

Voila. Il suffit parfois de si peu. Depuis le passage de l’administration en V2 je m’interrogeais, justement.. Qui sont ces lecteurs et lectrices qui échouent sur mon blog ? Il n’y a pas si longtemps, ils étaient très peu nombreux. Et, je l’ai déjà avoué ici, en fait, je m’en foutais. Je n’écrivais pas en premier pour des lecteurs inconnus. Ma femme et mes enfants étaient d’abord mes interlocuteurs privilégiés bien que potentiels... seulement... Quoi que... Je vais y revenir. Mais quand même, il y a une énorme différence entre écrire pour des lecteurs et écrire en prenant le risque d’être lu. Le genre journal intime atteint vite ses limites. Le choix du blog oblige à envisager une interactivité avec... Le complice ? L’opposant ? L’adversaire ? La menace potentielle ?

C’est la V2, avec le détail des accès via les moteurs de recherche qui m’a interpellé. Je connais le principe du référencement. Mais je n’y ai jamais attaché d’importance, et je n’imaginais pas être repérable ainsi. Des mots clés simples donnent donc accès à mon blog :

  •  

  • - " Enfant voulant vivre chez père homo "
  • - " Première pipe homo lieu 
  • - " homo marié 
  • - " avoir une vie sociale 
  • - " enfant homo 
  • - " Lieu de drague homo "

Ceci veut donc dire que des personnes me connaissant pourraient " tomber " sur ce blog inopportunément... Inopportun ? Pourquoi ?

Et de m’obliger à imaginer des cas à problème... A problème ? Et pourquoi donc ?

Mes parents ne peuvent plus jouer depuis longtemps avec un clavier... Tous mes proches de cette génération les ont rejoint. Reste une vieille vieille tante... Je l’imagine en train de se marrer, toute frétillante devant un possible scandale... Non, je suis trop dur, Anaïs. C’est vrai que tu as toujours aimé remuer la m... avec une longue cuillère en bois. En tapant dans le plat de temps en temps, histoire de faire quelques éclaboussures... Mais le jour où je t’ai dit devant ma femme, après ma sortie de prison, que j’étais homosexuel, et ce qui s’était passé, tu n’as pas bronché, tu m’as re proposé à boire affectueusement, et tu es restée ma " petite tata chérie ".

Ma sœur. Ah ! Elle... Aucun risque. Sa fille lui règle son téléphone portable. Alors, l’informatique... De toute façon elle ne comprendrait rien. Ça la dépasse. Je me souviens de longues soirées sur sa terrasse à essayer de l’aider à comprendre nos choix, à Monique et à moi. Non, c’était trop. Je l’imagine bien. Après avoir lu tout le blog, elle ne retiendrait que mon choix de partir en même temps que ma femme et elle me dirait : " Non, c’est pas possible ! Tu ne vas pas ME faire ça, à MOI ! "...

Mon frère. Dès les premières lignes, il hausserait les épaules et passerait à autre chose. Ce qui l’intéresse, c’est de trouver une femme suffisamment chaude pour réchauffer ses 72 balais de faux veuf... Il y a longtemps qu’il a fait une croix sur ma personne. Il a un mépris total de tous les pédés " qui n’ont réussi qu’à nous apporter le Sida ", et une haine farouche de ce qui ne rentre pas dans la " normalité "...

Mon cousin préféré ou ses enfants. Qui sait ? Peut-être que ça décoincerait la parole. Que nous nous retrouverions. Ils me manquent. Ils savent l’essentiel. Mais je pense qu’ils n’ont jamais bien su le gérer. Quelle idée aussi que mon filleul, le fils aîné, aime également les hommes... Ils ont beau savoir que je n’y suis absolument pour rien, j’étais l’aîné, et j’ai donné le mauvais exemple...

Ma cousine, sa petite sœur. Elle sait tout et un peu plus. Elle a toujours été très proche de ma femme, tout en restant " ma petite cousine ". Mais je pense que c’est l’idée de la mort qu’elle ne supporterait pas elle aussi. Elle est trop affective.

Les autres ? Je m’en fiche. Je ne me suis jamais caché de rien. Ils m’ont pris tel quel ou pas du tout. La plupart, presque tous, sont restés ouverts sans arrière pensée. J’en vois certains qui tiqueraient sur mon " exhibitionnisme "... D’autres qui s’insurgeraient sur l’éventualité d’un suicide. D’autres hausseraient les épaules, simplement, en me demandant si je n’ai rien de mieux à faire que d’écrire...

Les autres, autres... Je m’en fous.

 

Reste ma femme et mes enfants. Mais eux, ils auront bien droit à un chapitre en propre...

(Suite...)

Publié dans : Je me prépare
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...

Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!

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Clin d'oeil !

 

Bonjour...

    Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...

     

Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
      1er Février 2012
Je suis de retour dans le Royaume depuis un mois.    
      J'ai entrepris les démarches pour obtenir le statut de résident étranger au Maroc.
      Je ne peux plus me cacher derrière mon petit doigt : C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Je ne veux plus me torturer. Dans quelques mois peut-être, lorsque la France sera redevenue une République ouverte et démocratique...
. Pour l'instant je veux vivre. Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, ici, maintenant.    
Je baigne dedans.    
       
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Qui je suis

  • Boby
  • Les petites histoires de Boby
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  • 29/04/1945
  • Provence Région Parisienne ARLES Gascon Fès au Maroc
  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, je redécouvre l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune !

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. Je verrai.

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