Mardi 10 mai 2011 2 10 /05 /Mai /2011 19:02

Je ne comptais pas en parler. Ces commémorations m’emmerdent. Ceux qui se permettent d’en parler sont la plupart du temps des usurpateurs qui n’ont aucun droit pour se mettre en avant. Les détracteurs de Mitterand feraient mieux d’aller se cacher !

Alors, pourquoi en parler, moi, à ma dizaine de visiteurs réguliers, ainsi qu’à la vingtaine de passagers plus ou moins distraits et totalement indifférents ?

Simplement un tout petit témoignage personnel. Un hommage que je dois à ce grand homme. Moi, personnellement.

Juillet 1980, je sors de prison, après 10 mois de détention, deux grèves de la faim longues et vaines, brisé, désabusé. Je n’aurais pas tenu le coup sans Monique, épouse solidaire et attentionnée, et mes enfants, si petits et si fragiles à l’époque.

Après des mois de chômage non rémunéré, de désespérances et de haines sourdes et destructrices, j’ai enfin retrouvé un emploi, au bas de l’échelle dont j’ai entrepris de grimper les marches quatre à quatre.

Je n’ai pas voté pour Mitterand : le jugement me privait également de mes droits civiques (et parentaux) pour dix ans.

Si j’avais pu, bien sûr que j’aurais voté pour lui ! Malgré toutes les accusations que l’on portait –déjà- sur lui. Je doutais de son ancrage à gauche. Mais il avait pris deux engagements –à contre-courant des opinions publiques- qui pour moi valaient un blanc seing : la suppression de la peine de mort et la décriminalisation de l’homosexualité. Après 1982, deux ans après ma condamnation, je n’aurais plus été poursuivi pour les faits incriminés.

Le soir du 10 Mai, assis sur le canapé main dans la main, Monique et moi attendions les résultats. A 8h00mn15s j’ai fondu en larmes dans les bras de ma femme.

L’espoir renaissait.

Comme les larmes me viennent en regardant la vidéo complète dont j’ai tiré l’extrait ci-après. Ces deux acteurs sont l’espoir d’un monde futur. L’un d’eux est devenu ma raison de vivre.

J’aime mes larmes.

 

 

Publié dans : Encore y croire
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Commentaires

Tout est devenu tellement simple aujourd'hui (même s'il reste encore beaucoup de choses à faire pour que plus aucun p'tit gars ou p'tite nana ne souffre à cause ce celui ou celle qu'il/elle aime) qu'on n'oublie tout le chemin qui a été parcouru. Ton témoignage est vraiment "utile" en plus d'être émouvant.

Tres belle vidéo : Il a bien de la chance, ce petiot, de se faire chatouiller comme ça par un si joli garçon ... allez, je la regarde encore une fois ...

Commentaire n°1 posté par Gat le 15/05/2011 à 15h31

Oui, et j'ai l'espoir -modeste- que mon témoignage aidera les jeunes (parfois arrogants) a prendre conscience du chemin parcouru en quelques années, au prix (pas nécessairement étalé sur la place publique) de quelques souffrances, quelques sacrifices, et pourquoi ne le dirais-je pas, de quelques actes courageux...

Le petiot, il ne peut pas se rendre compte de sa chance : son père et ses quatre oncles sont plus beaux les uns que les autres ! (Là, j'exagère ! "le mien" est beaucoup, beaucoup plus beau que les autres ! Quoi que... Le cadet de 15 ou 16 ans menace dangereusement le monopole du charme...)

Mais "le petiot", Gat, regarde bien, et imagine dans 20 ans...

Réponse de Boby le 15/05/2011 à 21h01

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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...

Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!

1011170025m

Clin d'oeil !

 

Bonjour...

    Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...

     

Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
      1er Février 2012
Je suis de retour dans le Royaume depuis un mois.    
      J'ai entrepris les démarches pour obtenir le statut de résident étranger au Maroc.
      Je ne peux plus me cacher derrière mon petit doigt : C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Je ne veux plus me torturer. Dans quelques mois peut-être, lorsque la France sera redevenue une République ouverte et démocratique...
. Pour l'instant je veux vivre. Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, ici, maintenant.    
Je baigne dedans.    
       
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  • 29/04/1945
  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, je redécouvre l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune !

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. Je verrai.

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