Et maintenant ?

Vendredi 1 février 2008 5 01 /02 /Fév /2008 10:55
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Jeudi 28 - midi


Mon amour,

Je devais t'écrire et je ne l'ai pas fait,
Je devais repasser et je ne l'ai pas fait
Je devais réparer les jouets, les vêtements ...
                            et je ne l'ai pas fait
Je devais être patiente et douce
                           et je ne l'ai pas fait
Je devais être à l'écoute, disponible
                          et je ne l'ai pas fait
Je devais Etre et ne n'ai fait que Paraître.
Du vernis, qui s'écaille
                          se craquèle
et que je ne colmate même plus.
Des mots, du vent.
Comme il est facile de parler ou d'écrire
Mais vivre honnêtement comme tu le fais,
Assumer ce que je dis
Faire ce que je pense
Mettre en pratique mes idées quotidiennement,
Avec l'érosion des heures et des secondes...
Néant. Du cache misère,
Du "sauver les apparences".
Et puis
Toi.
Je t'aime, je t'appelle.
Peut-être que je t'en veux un peu de cet "optimisme" ?
Et qu'ai-je à répondre ?
L'heure des trains.
C'est con.
Je ne fais que ressortir l'agressivité mesquine que l'on m'a inculquée.
La petite bourgeoise, banlieusarde, et tout ce que l'on veut.
Et je parade.
Pouah.
Reviens-moi. Le 2 au plus tard.
Reviens vite car tout pourrait aller bien mal.
J'en ai marre.
Je t'aime.

Monique.



La séance parloir avait été houleuse derrière l'hygiaphone... Le 2 juillet, le procès en appel confirmait le jugement à deux ans dont 1 avec sursis. Je devais attendre, espérer, une libération conditionnelle... Et Monique a attendu...
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Jeudi 31 janvier 2008 4 31 /01 /Jan /2008 19:08

C’est trop fort. Ma femme s’est éteinte il y a six semaines. La maison est toujours empreinte de son odeur. Les monts Opiès continuent à venir lui faire un petit clin d’œil tous les matins. Les oiseaux, privés de graines, volettent en recherchant son ombre au travers de la baie vitrée. Des centaines d’objets n’ont d’autre souvenir que sa main qui les époussette. Les fleurs, privées de leurs petits soins quotidiens baissent leurs feuilles en guise de tristesse…

Et moi, j’oserais descendre la statue de son socle ? C’est trop fort.

Et si c’était la faute à cette satanée correspondance ?

Et si la présence de ce paquet de lettres, là, à portée de la main, n’était pas tout à fait fortuit ?

Je les feuillette, et les re-feuillette, cherchant à leur faire dire les secrets de leurs toutes dernières manipulations, ici, dans ce lit, alors que j’étais sans doute dans la pièce à côté en train de pianoter ou de surfer sur Internet… Je les torture et les étrangle. Elles ne veulent rien me dire…

Si, si. Ce nombre impressionnant de correspondants dont je ne garde plus le moindre souvenir. Certains, qui disent ne pas me connaître, de simplement réagir à la publicité faite autour de mon affaire. Là, normal que le temps ait fait son œuvre sur les souvenirs. Mais aussi des Henri, Françoise, Michel, Marie, Gilbert

(…Parfois un enfant lointain

Arrive en éclaireur vers mon front

Et saute la barre de mon souci ;

Alors sous les arbres reparle la fontaine …),

des Cécile, Bruno, Juliette, Nicolas, et bien d’autres, qui visiblement me connaissent, me couvrent de caresses et d’encouragements, et qui ont désespérément fui ma mémoire…

 

Je t’ai aimée. Prodigieusement. Tu m’as aimé. Abusivement. Nous nous sommes aimés. Désespérément. Souviens-toi…

J’ai été ébloui par ta personnalité et ta force de caractère. Je t’admirais profondément. Ce n’était pas un bon début, ça… Tu souffrais énormément de cette relation impossible avec ta mère. Ce monstre d’égoïsme et de cruauté. Elle te détruisait à petit feu. Elle n’a cessé de te détruire jusqu’au dernier jour. Tu avais besoin de protection et de tendresse. J’en avais à revendre. Ce n’était pas un bon démarrage, ça…Je t’ai appartenu inconditionnellement dès notre première nuit d’amour. Tu venais de faire de moi un homme. Celui que je croyais ne jamais pouvoir être. Ce n’était pas de bons premiers pas, ça…

Tu as fait cette effroyable dépression. Presque détruite. Tu ne vivais plus que par moi, que pour moi. J’en frissonne encore. Je partais à mon travail en te voyant te réfugier dans la position du lotus sur le canapé, en prenant un ouvrage de crochet. Je redoutais, je savais que je te retrouverais exactement dans la même position, huit heures plus tard. Mon retour sonnait la résurrection. Tout n’était ensuite que câlins et bonheur partagé. Nous deux. Rien que nous deux.

Tu avais besoin de cet isolement à deux. Tu avais besoin de moi. Tu me phagocytais. Quel honneur. Quel bonheur ! Je n’ai pas vu, pas compris que tu me coupais du monde. Souviens-toi…

Nous nous étions rencontrés en militant pour le Mouvement. C’était toute ta vie, avant… C’est resté ma raison d’être longtemps. Mais tu ne supportais pas qu’il y ait toujours des gens entre nous. Tu t’es mise à haïr ces réunions où nous étions trente ou soixante, au lieu de deux. Tu as cessé de militer. Tu n’as eu de cesse que j’arrête aussi…

J’étais passionné par le travail éducatif que nous pouvions faire ensemble pendant l’été. J’étais heureux et fier de diriger des colos, en t’ayant à mes côtés comme assistante sanitaire… Toi, tu voyais un mois que nous aurions pu passer en tête à tête sur une plage naturiste partir dans des considérations fumeuses… J’ai cessé de faire des colos.

Tu as été dure, d’une sévérité outrancière avec notre aîné… Que pouvais-tu lui reprocher d’autre que notre relation, peut-être trop privilégiée, de père et fils ? Tu n’as pas laissé se reproduire le phénomène avec le second. Là, c’était ta relation à toi… Là, je vais peut-être être sévère et injuste. Quoi que. Il fallait bien que je sois près de toi, pour profiter un peu de lui…

Aucune de mes relations professionnelles ou amicales n’avait grâce à tes yeux. Tu te montrais d’une rigueur abusive devant leurs petits ratés du paraître… Moi, avec les mêmes œillères dont parle mon père à son propos, je ne voyais rien. Je ne voyais que toi, tes exigences, ta pureté… Même, bien plus tard, lorsqu’une amitié s’est nouée entre mon patron et moi, tu trouvais toujours mille prétextes pour repousser son invitation, et tu étais morose lorsque parfois, le soir, je m’attardais au restaurant  avec lui… En quarante ans, nous n’avons pas dû inviter plus d’une douzaine de fois de simples relations à venir déjeuner à la maison… Seul un cercle étroit d’amis intimes, proches de toi comme de moi, qui ne pouvaient en rien être une menace avait pu tisser des liens réguliers…

Souviens-toi de Junior. Le seul de mes jeunes amants  éphémères que j’ai osé inviter à manger un jour à la maison. Non pas que j’ai eu le moins du monde l’intention d’établir une relation durable. Simplement parce que j’avais aimé sa personnalité, et qu’il faisait un métier passionnant qui allait intéresser nos enfants… Quelle scène ! Quel drame ! De la jalousie ? Non. Un besoin de possession forcené.

Car, jalouse, tu ne l’étais pas, relativement à mes aventures passagères. Tu ne m’as jamais fait la moindre réflexion désobligeante jusqu’à ces derniers mois. Non. Par un phénomène pour moi toujours inexplicable, tu savais toujours lorsque j’avais rencontré quelqu’un. Toujours. Quelle que soient mes précautions. Et tout de suite, je savais que tu savais. Et je faisais une toilette soigneuse avant le coucher. N’est-ce pas souvent ces soirs là que nous avons connu nos plaisirs les plus fous ? Comme si tu avais voulu effacer dans ma chair les traces d’un plaisir qui n’était pas de ton fait.

Je dis tout ça aujourd’hui. Il m’aura fallu quarante ans pour entrevoir une explication cohérente… Certains disent « bourrin » je crois ?

Et il y a eu notre départ de la région parisienne. L’abandon au loin de toutes nos relations, de tous nos amis, de nos enfants… Ici, seuls tous les deux. Enfin. Je n’ai pas cherché à comprendre. Je n’ai même plus dragué, jusqu’à l’aggravation de ton état. Tu semblais heureuse, enfin. Quoi que. Moi, j’étais seul, très seul. Que m’importait, si tu semblais y trouver ton compte !

Isolé. Seul, oui. Car regarde, même  mon meilleur ami d’enfance, Bob. Subrepticement, il s’est établi une relation privilégiée entre son compagnon et toi. Très forte. Maintenant, quand nos couples se rencontraient, c’était d’abord les retrouvailles de toi et de Jo. Nous, Bob et moi, nous devenions accessoires…

Et maintenant, je suis seul. Bien seul. Totalement seul. Les seules relations qui m’entourent ne sont que virtuelles. Sont-elles seulement, sont-elles vraiment ? Comprends-moi. Elles existent, indiscutablement. Mais qui pourrait dire leur vraie réalité ? Certainement pas moi. Elles m’entourent, me cajolent, me secouent… Mais elles n’ont appris à aimer qu’un texte, une histoire, une femme d’exception. Car au bout du compte, c’est souvent toi qu’ils, ou qu’elles, admirent et aiment.

Je t’ai aimée. Prodigieusement. Tu m’as aimé. Abusivement. Nous nous sommes aimés. Désespérément. Pourquoi as-tu refusé que nous partions ensemble ?

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Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
      1er Février 2012
Je suis de retour dans le Royaume depuis un mois.    
      J'ai entrepris les démarches pour obtenir le statut de résident étranger au Maroc.
      Je ne peux plus me cacher derrière mon petit doigt : C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Je ne veux plus me torturer. Dans quelques mois peut-être, lorsque la France sera redevenue une République ouverte et démocratique...
. Pour l'instant je veux vivre. Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, ici, maintenant.    
Je baigne dedans.    
       
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
 
       
 En tête de colonne, vous trouverez le sommaire des archives.

 

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  • Provence Région Parisienne ARLES Gascon Fès au Maroc
  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, je redécouvre l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune !

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. Je verrai.

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