Jeudi 25 janvier 2007 4 25 /01 /Jan /2007 23:14

Où je découvre le plaisir bucal et tout un monde inimaginable....

Mon père louait un grand jardin dans le vieux village voisin. C'était celui d'un presbytère abandonné, en ruine. Dans la cour, des ouvriers itinérants habitaient dans une caravane. Leur fils, d'un an mon aîné, se montrait difficile, espiègle, marginal. Un peu voyou, quoi. Lorsque nous pouvions rester seuls, nous aimions nous cacher dans le vieux presbytère  où, appuyés au lit couvert de poussières de Monsieur le Curé, dans cette pièce froide, humide, sentant le moisi, sous le regard d'un Christ incliné, point d'attache de nombreuses toiles d'araignées, nous échangions les plaisirs libérateurs. C'est lui qui, au cours de ces rencontres clandestines et silencieuses, m'apprit que le corps entier appelait les caresses et les baisers, à ne pas monopoliser son attention au-dessous de la ceinture.

Il était beau, merveilleusement souple et félin. Je découvrais les grâces d'un corps ferme et athlétique, la douceur de la peau sous les doigts. Une seule chose me gênait et m'intriguait : un phimosis important affligeait sa verge longue, fine, toujours en érection.

Un jour que nous revenions d'une promenade à vélo, il m'entraîna dans un sous-bois proche, et allongés dans l'herbe au milieu des fougères, nous nous enlaçâmes. Soudain, il me demanda si je m'étais déjà fait sucer. Abasourdi, ne comprenant ni l'intérêt, ni comment on pouvait penser à une chose pareille, je répondis par la négative. Il entreprit aussitôt de m'initier.

Glissant le long de mon corps, il prit ma verge dans sa bouche. Je manquais de suffoquer, le ciel chavirait, les fougères dansaient autour de moi. Haletant, comme cloué au sol, je n'arrivais pas à analyser les sensations violentes qui m'assaillaient. Je sentis monter la vague de jouissance, voulus écarter le garçon, mais il s'agrippa jusqu'à ce que, m'arrachant des cris, il but mon plaisir. Je restais prostré, ahuri, ivre de joie. Il avait remonté son visage à hauteur du mien et me souriait.

- Ca t'a plu ? Tu as aimé ? Je ne pus répondre que par un signe de tête, en l'enlaçant de nouveau. Lorsqu'il voulut que je lui donne la même satisfaction, je m'exécutais après une brève hésitation. Agréablement surpris par le plaisant contact de ce membre vibrant sur mes lèvres et sur mon palais, maladroitement d'abord, plus passionnément ensuite, je lui prodiguais ces caresses. Au dernier moment je me retirais et regardais couler le liquide familier sur son ventre frémissant. Je restais un long moment ainsi, la tête sur sa poitrine, caressant ce sexe encore chaud et moite, toujours doux et sensible. Je comprenais que je venais de découvrir un des grands bonheurs de ma vie. J'avais quatorze ans.

Je voulais savoir d'où il tenait un tel secret. Je le pressais de questions auxquelles il répondait sans aucune gêne, avec même cette petite fierté de celui qui connaît. Il avait rencontré un type, un vieux, entre trente et quarante ans, dans les W-C publics de la ville nouvelle. Le gars l'emmenait chez lui et lui apprenait tout ça. Il lui donnait même des sous ! Depuis, il allait le voir de temps en temps, et ils se mettaient tout nus dans un lit ! Sans voix je l'écoutais, à la fois surpris et peiné. Ainsi il faisait ça avec d'autres que moi ! En plus avec des vieux ! Et on lui donnait de l'argent pour ça ! Mais c'est dégueulasse ! N'empêche que les vieux, ils savent de ces trucs ! Et les W-C publics devant lesquels je passais si souvent ! Les mecs que j'avais vu aller et venir devant cherchaient... Ils ne venaient que pour ça ! Mais c'est dégueulasse ! Ils allaient avec n'importe qui, même s'ils ne le connaissaient pas, même si ce n'était pas leur ami ! Mais c'est dégueulasse ! Oui, mais peut-être que là, à portée de la main se trouvait le bonheur que parfois je cherchais si loin... Non, c'était par trop dégueulasse !

Ces révélations me faisaient voir mon jeune ami avec d'autres yeux, je devenais plus sensible à son comportement asocial. Mais je ne parvenais pas à m'en détacher, revenant chaque fois auprès de lui rechercher cette ivresse qu'il me prodiguait avec une satisfaction non dissimulée. Un jeudi la caravane n'était plus là : le père avait suivi son entreprise vers un autre chantier.

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Jeudi 25 janvier 2007 4 25 /01 /Jan /2007 14:14

Les premières rencontres, les premiers souvenirs amoureux... J’ai le plus souvent entendu des garçons très marqués par UN évènement, une aventure plus ou moins violente, plus ou moins subie... Lorsque je fouille mes souvenirs, j’ai beaucoup de mal à en trouver un qui n’ait pas une forte connotation sexuelle...

J’avais dix ans lorsqu’un nouveau déménagement nous conduisit au cœur du Béarn, dans une région sauvage et pauvre, agricole, qui devait connaître un grand essor par une industrialisation brutale.

 

A l’école (classe unique de garçons, avec tous les niveaux), un garçon de l'Assistance Publique, berger dans une ferme, me témoigna quelque intérêt. Il allait avoir quatorze ans, et ne venait plus à l'école que lorsque vraiment il n'avait rien de mieux à faire. Le jeudi, le samedi, j'adorais l'accompagner pour garder les vaches dans les prés lointains, au milieu des bois et des touillas. Il connaissait une multitude de choses. Je crois bien qu'il savait tout. Il m'apprit à tailler les branches, à sculpter le bois, à connaître et à ramasser les champignons. Il m'apprit à regarder la forêt, à écouter le cri des animaux.

Il m'apprit à tirer à la fronde. Il adorait me raconter des histoires qui faisaient peur. Je l'admirais, le trouvais fort intelligent, rusé. J'admirais son corps puissant lorsque d'un adroit rétablissement, il prenait pied sur une branche haute. Je l'admirais et je l'adorais. Je l'aurais suivi au bout du monde.

Il compléta mon éducation sexuelle. Il me montrait comment tirer du plaisir de mon propre corps, et pour me faire la main, me demandait de le masturber. Je m'y prêtais de bonne grâce, impressionné chaque fois que les jets violents de liquide blanchâtre giclaient. Je me désolais de ne rien voir sortir de mon sexe enflammé, lorsque les spasmes de la jouissance bloquaient ma respiration. Il me rassurait en m'affirmant que cela viendrait bientôt.

D'ailleurs, lui non plus n'était pas tout à fait un homme, puisque du liquide coulait, et qu'il ne faisait pas les minuscules bébés que l'on dépose dans le ventre des femmes ! ... Il me fallut attendre plusieurs années avant de comprendre qu'il m'avait induit en erreur, et que jamais un petit baigneur tout blanc ne jaillirait de mon méat dilaté...

 

Je n'éprouvais pas de honte. Je percevais bien que ces jeux devaient rester cachés des adultes. Mais ils étaient normaux, naturels, puisque je les désirais spontanément ; ils restaient clandestins, tout au plus : je préssentais que dix ans, c'est bien jeune pour s'occuper de ces choses là... Pendant quelques années encore, je pus garder cette illusion. Heureusement ? Tant pis ? Je ne puis rien affirmer, mais je pencherais plutôt vers heureusement. On souffre toujours bien assez tôt.

Je n'éprouvais pas de honte, je percevais seulement que je n'étais pas fait comme les autres, que je m'intéressais à ce que les autres désapprouvaient. Ces jeux devaient rester cachés des adultes : ils étaient marginaux, anormaux, et puisque je les désirais spontanément, j'étais anormal. A dix ans courir après les bites et les filles au lieu de jouer aux billes et suivre les matches de rugby ! Pendant quelques années encore, je pus me faire illusion. Heureusement ? Tant pis ? Je ne puis rien affirmer, mais je pencherais plutôt vers tant pis. On souffre d'autant plus que la chute est brutale et tardive.

Version optimiste ? Version pessimiste ? A ce moment là, je ne me posais pas cette question, pas plus qu'aucune autre en ce domaine. De petits fourmillements parcouraient mon corps, et je découvrais une grande chose : à ces jeux sexuels pouvaient s'ajouter avec bonheur des sentiments doux, enthousiasmants, qui réchauffaient le cœur.

 

A onze ans, je fus pubère. Cet événement s'enchevêtra avec mon entrée en sixième au Cours Complémentaire. Le collège était situé à six ou sept kilomètres que nous faisions à vélo. La fatigue due au trajet, au nouveau rythme scolaire, à mes pulsions internes, affola mes parents et me valut une rencontre avec un psychologue. "Précoce, trop mûr, atone, manque de vitalité, idées morbides.", fut le diagnostic énigmatique et réservé du spécialiste... Atone ? Manque de vitalité ? Pourtant les aventures se succédaient à un rythme rapide. Plutôt que de dire avec Wolinski que je ne pensais qu'à ça, je dirais que j'étais toujours un peu amoureux de quelqu'un.

Ma cousine, mes petits copains, mes voisines et mes camarades de classe subissaient les feux d'une passion violente et passagère... et partageaient mes jeux érotiques. De loin le plus évolué, en avance de quelques coudées, j'étais une attraction, et je n'avais aucune peine à séduire mes complices. Lorsque le hasard ne me donnait ni compagne, ni compagnon, je me consolais par des pratiques solitaires parfois effrénées.

De petite copine en petit camarade, j'atteignis mes treize ans, et je connus un nouveau déménagement. Quelques kilomètres plus loin, nous nous installions dans une ville nouvelle jaillie du sol. Les bulldozers avaient envahi les bois et les touillas un jour d'avril ; en octobre nous aménagions dans un immeuble tout blanc entouré de boue et de chantiers.

Je restais dans la même école, mais je découvrais de nouveaux camarades venus de tous les coins de France. Certains d'entre eux surent me prouver que je ne connaissais pas tout, et que notre corps offrait des possibilités insoupçonnées... De tendres souvenirs de caresses, de baisers, se rattachent à toutes mes activités d'enfant. La chasse aux champignons, la pêche, les constructions de cabanes, les retours à vélo de l'école, les jeux à travers bois, les vacances au bord de la mer, les premiers bals, tout était occasion de faire naître une amourette, de vivre des aventures largement sexuées

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Bonjour...

    Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...

     

Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
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      1er Février 2012
Je suis de retour dans le Royaume depuis un mois.    
      J'ai entrepris les démarches pour obtenir le statut de résident étranger au Maroc.
      Je ne peux plus me cacher derrière mon petit doigt : C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Je ne veux plus me torturer. Dans quelques mois peut-être, lorsque la France sera redevenue une République ouverte et démocratique...
. Pour l'instant je veux vivre. Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, ici, maintenant.    
Je baigne dedans.    
       
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Qui je suis

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  • Provence Région Parisienne ARLES Gascon Fès au Maroc
  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, je redécouvre l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune !

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. Je verrai.

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