Je me prépare

Samedi 11 août 2007 6 11 /08 /Août /2007 08:27

 

Ah ! Mes enfants, là c’est autrement plus compliqué... Ils peuvent déjà être tombés sur ce blog. Ils ont les moyens et les compétences pour farfouiller sur le net... Mais non. Je le saurais. Ils m’en auraient parlé aussitôt.

Mes idées foisonnent, fourmillent, vont dans tous les sens... Je ne sais quel bon fil tirer pour dévider un raisonnement cohérent. C’est très clair. Ils me posent problème.

Pas par les révélations qu’ils pourraient trouver sur ma vie cachée. Ils savent l’essentiel, je pense. Et puis ils ont entre 30 et 34 ans. Quand même.

Pas par les relations entre leur mère et moi que je relate ici, ils y retrouveront je pense la relation fusionnelle qu’ils nous connaissent.

Pas par ce que je dis de moi par ailleurs. Pas grand chose ne les surprendra, j’en suis convaincu.

Pas par mes intentions d’en finir. Ils savent ce que je pense de la vieillesse.

Pas par ce que je peux dire d’eux. Enfin, non. Enfin si. Le problème est sans doute là. Et il me semble bien difficile à résoudre.

 

J’ai trop étalé, au fil de certaines de ces pages la culpabilité de ne pas avoir été un bon père pour eux. A trop culpabiliser, la culpabilité pouvait passer dans leur camp. Je m’en suis rendu compte, avec l’aide de certains lecteurs. J’ai essayé de moins parler d’eux.

Maintes et maintes fois, je me suis surpris à faire de l’autocensure, à ne pas dire ce que j’avais envie de dire à leur sujet, parce que " quand ils liront ça leur fera du mal inutilement "... Le contraire de la franchise et de la transparence que je revendique.

Que l’on soit intellectuel ou plutôt manuel, que l’on soit intelligent ou borné, riche ou pauvre, citadin ou campagnard, affectueux ou rigide, proche de sa progéniture ou distant, qu’on le veuille ou non, à un moment ou à un autre, on est bien obligé de prendre conscience que " ce ne sont pas eux qui ont choisi de venir sur cette terre... " Et qu’ils sont en droit de nous demander des comptes.

Cette prise de conscience, je l’avais pour ma part avant même de les concevoir. J’ai longtemps pensé que parce qu’ils étaient intensément désirés, parce que leur arrivée au monde était chaque fois une fête, ils ne pourraient jamais douter du sens de leur vie... Pas si simple.

 

Ma femme et moi avons toujours veillé à leur faire savoir combien ils avaient été désirés. Combien nous étions heureux chaque jour de les voir là, présents, pleins de vie... Souvent, il m’est arrivé de dire en leur présence " Nous avons toujours voulu trois enfants, ça n’a pas été simple, mais nous les avons eus... ".

Ma fille, logiquement en tant que petite dernière, en a tiré une conclusion inattendue... " Alors, si " le Bébé " avait survécu, moi je n’aurais jamais été là... " Raisonnement effroyable d’une intelligence trop vive... Nous nous sommes insurgés. Nous avons argué que dans ce cas, nous aurions sans doute choisi d’avoir un quatrième enfant, pour avoir une fille... N’empêche... Ce n’est pas par une pure fantaisie si elle inclue dans ses pseudos et autres mots de passe le prénom masculin qu’elle aurait porté si la nature l’avait doté de l’autre sexe... Ce " William " mis à toutes les sauces me met encore mal à l’aise.

J’ai dit combien l’arrivée de Frédéric, mon premier, avait été un choc violent, inimaginable, bien qu’attendu pendant des mois. J’ai dit aussi combien notre relation trop fusionnelle avait été pour moi difficile à maîtriser. Combien j’avais eu du mal à prendre mes distances quand il est devenu adulte... Et ma femme me dit parfois : " Tu ne te rends pas compte, tu lui fais peur... " Peur ? Peur ? Comme mon père me faisait peur ?

 

Alors, oui, vraiment. C’est très difficile de " dire les choses "... Nous savons bien que lorsque nous lisons un texte, il y a les mots et les idées de l’auteur, l’affectif qui nous lie à cet auteur, mais aussi notre état d’âme du moment, les bisbilles et petites satisfactions qui nous ont occupés dans les heures ou les minutes qui précèdent... Nous avons tous, à un moment ou à un autre, eu l’occasion de mesurer cet écart entre ce que vous voulions dire et ce qui était perçu. Et lorsque c’est à ses enfants que l’on souhaite laisser un message, cet abîme d’incompréhension fait peur... Très peur.

 

Pardonnez-moi si j’ai un peu de mal à préciser mes tiraillements, mes doutes. Nous avons toujours veillé à laisser nos enfants libres de leurs choix, libres de mener leur vie. Nous essayions d’être des références, des repères, mais surtout pas des guides...

Y avons-nous réussi ? Ils le diront peut-être un jour.

Nous avons veillé à ne pas les " protéger ". Nous acceptions de les laisser prendre des risques... Nous acceptions d’être mis en insécurité...

Il y a quelques jours, je lisais un blogueur, Andesmas, que je visite de temps en temps. Il venait d’écrire ce billet, un tantinet nostalgique. Une phrase m’accrocha par le collet : " comme c'est sécurisant d'avoir une grande personne qui vous protège et s'inquiète pour vous... ". Pile poil dans les interrogations que j’avais à ce moment là. Je lui ai laissé un commentaire qui, en fait, était une sorte de réflexion à voix haute...

" ... ... ... Plus précisément, c'est sécurisant de se sentir aimé, non ?
Je dis ça, parce qu'en fait, pour moi, protection et inquiétude sont le début de l'asservissement. J'aime mieux sentir être aimé d'une autre façon...

En tant que parent, c'est difficile à éviter. Souvent difficile à cacher. Mais la liberté (des enfants) est à ce prix. "

 

 

Voila. J’y suis, je crois. " Protection et inquiétude ". Refus de protéger, et hésitations à dire clairement ce que je pense. Refus de leur montrer mon inquiétude, pour les laisser libre, et inquiétude réelle, forte, puissante, dévastatrice de n’avoir pas fait tout ce qu’il faut avant de les quitter...

Protection et inquiétude reçues maintenant pourraient être vécu, sinon comme un début d’asservissement, du moins comme des contraintes chiantes et frustrantes...

C’est pour cela que je ne voudrais pas qu’ils lisent ce blog maintenant.

Protection et inquiétudes lues " après " sont une preuve d’amour. Sincère. Total. Sans nuance.

C’est pour cela que je voudrais qu’ils lisent ce blog après notre départ.

 

Je me sens mieux. C’est dingue combien l’écriture de ce blog me donne le sentiment d’avancer... Je vais pouvoir me lâcher. Supprimer l’autocensure. Dire quand j’ai mal. Sans craindre de leur faire du mal.

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Mardi 7 août 2007 2 07 /08 /Août /2007 14:58

 Je parle beaucoup de ma femme, ici. Certains m’ont dit que j’étais exhibitionniste. D’autres que j’étais impudique. D’autres font la moue et doutent de ma sincérité.

Quelques lignes d’un échange avec un athlète que j’aime bien, il me demandait si ma femme lisait mon blog...

 

Lui :  elle le lit?

Moi :  Non, je ne veux pas qu'elle le lise encore. Parfois j'ai envie, mais ça lui ficherait une trouille monstre... Je lui fais lire des extraits que j'imprime... En enlevant ce qui est le plus gênant...

Lui : en meme temps je comprends, tu parles d'elle. c son intimité ke tu devoiles

Moi : Oui, c'est ça qui la gênerait

Lui : j'ai ressenti pareil kan t'expose notre relation a tous les deux, en moins fort bien sûr.

J’y ai beaucoup réfléchi depuis. Je suis sûr que ce n’est pas ce que je dis de notre intimité qui la gênerait. Non. D'ailleurs, je ne pense pas dévoiler grand chose de vraiment intime... Dans le texte cité dans les premiers chapitres de ce blog, oui... Mais elle sait que j’en ai diffusé de larges extraits. Et elle ne m’a pas semblé choquée... Depuis, au présent, je pense avoir conservé un minimum de pudeur... Non, vraiment. Mais trois points la choqueraient, j’en suis certain.

 

D’abord, j’exprime à longueur de pages l’amour que je lui voue. Elle me dirait qu’elle préfèrerait que je le lui dise à elle. Souvent, très souvent, elle me reproche de ne pas assez parler avec elle, et de préférer m’épancher devant mon écran. Je reste impuissant à lui répondre. Je lui dis que je ne pense qu’à elle, à longueur de journée. Ce n’est pas suffisant.

Une anecdote. Un jour dernier, nous parlions beauté, elle exprimait sa rage de se voir vieillir. A un moment, un peu excédé, je lui lançais :

" Mais arrête donc ! Tu ne te rends pas compte que tu as un corps que bien des femmes de quarante ans t’envieraient ? "

Sa réponse vint, cinglante, le menton tremblant, les larmes dans la voix...

" Mais je m’en fous ! Je me fous de ce que peuvent penser les femmes de quarante ans ! "

Je restais impuissant, démuni. Ce n’est que quelques jours plus tard, lors d’un petit câlin, qu’elle complétait son idée : " Je me fous de ce que pensent les autres. Je me fous d’avoir un corps encore assez bien fait... Parce que toi, tu ne me le dis pas... "

Je n’ai jamais su parler pendant l’acte d’amour. Je n’ai jamais su dire " Je t’aime ". Je n’ai jamais su faire de compliments. J’ai essayé d’aimer. De toutes mes forces.

 

Ensuite, ils y a mes aventures. Ce n’est pas le plus gênant. Elle se doute bien. Non. Elle sait. Mais les détails ne lui plairaient pas. Parce qu’elle trouve avilissant pour moi (et par contre coup pour elle, bien sûr) que je m’adonne ainsi à des parties de baise en pleine nature. L’image d’Epinal des satyres forniquant dans un fourré l’agresse...

Et puis, bien sûr, chaque geste d’amour que j’offre à un partenaire de rencontre est un geste dont je la prive, que je lui vole. Dans son esprit, son état de santé actuel ne peut être en jeu, puisque je pratiquais quand elle était en pleine forme...

En fait, je pense sincèrement que la maladie a réveillé une jalousie qu’elle avait toujours maîtrisée, profondément enfouie au fond d’elle-même. Et puis elle voudrait que je sois toujours là, près d’elle. A cet instant, elle fait une sieste. Elle dort profondément. Mais je suis sûr qu’elle voudrait que je sois allongé à ses côtés, lui tenant la main... Je ne peux pas. Je veux vivre...

 

Enfin, il y a l’idée de mon accompagnement jusqu’au bout, mon désir que nous partions ensemble. Elle le sait. Parfois elle le comprend et en accepte le concept. D’autres fois, elle s’insurge, se fâche, me rappelle mes devoirs vis à vis des enfants, me dit que j’ai encore des tas de choses à vivre, que je pourrais " enfin " avoir un petit ami...

Nous nous sommes plusieurs fois chamaillés sur ce thème... J’y ai fait allusion ici à une ou deux reprises.

Pour le moment elle a exprimé son désir de continuer. Elle a entrepris la chimiothérapie par voie orale. Donc je continue. Point. Pourquoi discutailler davantage sur un projet qui n’est pas d’une actualité immédiate ?

Mais sur ce blog, j’ai un peu besoin de m’épancher. De dire mes désirs profonds. De décrire mon cheminement intime. D’essayer aussi de le rendre compréhensible pour mes enfants qui liront ces lignes après notre départ. Ils se poseront bien l’inévitable question : " Mais pourquoi ? ".

 

Trois raisons qui font qu’il ne m’est pas possible de lui donner accès à ce blog, et de le lui laisser lire en mon absence. Trois raisons égoïstes, mais la démarche même de tenue d’un blog n’est-elle pas égoïste ?

Je n’aurais pas dû lui dire que j’en avais ouvert un... C’est mon meilleur ami qui m’a piégé involontairement. Un soir où nous dînions chez eux, nous parlions des jeunes pompiers avec qui j’entamais cette si belle mais virtuelle relation. Tout à trac, il m’a lancé ... " Et toi, tu en as un, de blog ? ". Quand j’ai retrouvé mes esprits, j’ai nié, bien sûr. Mais Monique n’a pas été dupe, et dans les jours qui ont suivi, elle n’a eu de cesse de me le faire reconnaître.

Je lui ai dit que je ne me sentais pas capable de lui laisser lire pour le moment. Que je parlais de choses très personnelles, très égoïstes. En soulignant qu’il reposait essentiellement sur le texte que je lui avais écrit quand j’étais à Fleury, je sous-entendais qu’elle savait l’essentiel. Une simple actualisation d’un texte vieux de trente ans...

Elle ne me lira donc pas tout de suite. Mais pas du tout pour les raisons qui, j’en suis sûr, sont venues prioritairement en tête de la plupart des lecteurs...

 

Pardonnez-moi... Mais je reporte à plus tard mes réflexions sur l’éventuelle découverte de ce blog par mes enfants. Je ne m’en sens plus le courage aujourd’hui...

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Bonjour...

    Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...

     

Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
      1er Février 2012
Je suis de retour dans le Royaume depuis un mois.    
      J'ai entrepris les démarches pour obtenir le statut de résident étranger au Maroc.
      Je ne peux plus me cacher derrière mon petit doigt : C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Je ne veux plus me torturer. Dans quelques mois peut-être, lorsque la France sera redevenue une République ouverte et démocratique...
. Pour l'instant je veux vivre. Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, ici, maintenant.    
Je baigne dedans.    
       
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
 
       
 En tête de colonne, vous trouverez le sommaire des archives.

 

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Qui je suis

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  • Provence Région Parisienne ARLES Gascon Fès au Maroc
  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, je redécouvre l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune !

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. Je verrai.

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