Et maintenant ?

Dimanche 24 février 2008 7 24 /02 /Fév /2008 15:50

Internet est une fenêtre sur le monde… C’est vrai. Et je lui suis sacrément redevable.
Isolé dans un enfermement schizophrène par la montée en puissance de la maladie de ma femme, qui sait jusqu’où aurait pu aller cette douleur destructrice sans une toute petite ouverture sur l’immensité du monde, aussi minuscule soit-elle ?
Aujourd’hui, quand je repense à la démarche initialement ludique de l’ouverture de ce blog, je suis bien obligé de concéder à l’instinct primaire de survie la part la plus fondamentale de la démarche. Oui, sans doute…
Internet est une fenêtre… Mais aux puissantes vitres blindées… Et avec un calfeutrage qui ne laisse passer le moindre filet d’air… Il y a encore de l’étouffement dans cette immensité.
 
Très tôt, je me suis insurgé contre la facilité confortablement douillette du virtuel. Sans une analyse objective et distanciée de la problématique. Je ressentais l’écran me séparant de mes interlocuteurs comme une phénoménale menace. S’imposait à mon esprit l’ombre chinoise illusoire qui, dans mes jeux d’enfant, faisait simuler une opération chirurgicale par l’extraction caricaturale de cordages noueux, derrière un écran trompeur supprimant distances et perspectives…
Non pas une menace tangible et matérielle comme me la décrivaient ma femme et mes amis lors d’un débat houleux, ces derniers redoutant quelques arnaque phénoménale organisée par un quelconque pervers polymorphe…
Non pas une remise en cause de mon intégrité physique ou mentale par quelque sadique échappé d’un asile…
Non pas un risque matériel planifié de façon magistrale par un malheureux hacker en mal de victimes plus rentables…
 
Je ne raisonnais pas vraiment. J’étais frustré de l’absence de regard, d’observation pragmatique des mimiques, de contact physique. J’étais privé de mes outils instinctifs…
Bien sûr, j’ai très rapidement trouvé le moyen de « lire entre les lignes ». Comme l’aveugle remplace son sens défectueux par une prodigieuse sensibilité tactile, j’ai très vite appris à remplacer mon regard critique par une perception exacerbée des hésitations dans l’écriture, des lapsus maladroits, des émotions non contrôlées. Très tôt j’ai recommencé à prendre confiance dans un nouvel instinct. Mais je restais frustré. Effroyablement frustré.
 
J’ai passé outre les réticences de Monique pour rencontrer deux des participants du forum BBM… J’ai pu à cette occasion « améliorer le réglage » de mes nouveaux outils d’appréciation…
J’ai préféré rompre douloureusement cette relation intense, riche et généreuse, que j’avais trouvée dans les échanges « virtuels » avec Alex, plutôt que de me laisser submerger par un doute impuissant…
Ces derniers temps, devenu vertigineusement seul, j’ai pris conscience que je ne cessais de buter contre les vitres blindées de la fameuse fenêtre virtuelle, à l’instar de la grosse mouche bête et bornée qui s’acharne à vouloir sortir par l’ouverture condamnée…
 
J’ai voulu m’obliger à « sortir » traînant un peu en ville et m’attardant dans les cafés… Échec. Je crois que je ne réussirai pas à devenir un pilier de bar ou un partenaire de belotte ou de 421…
Je me suis laissé balader dans la vieille ville de Montpellier par un copain retrouvé que j’ai dû étourdir et saouler par ma soif de communication et d’échange… Moments très agréables, mais objectivement… Cautère sur une jambe de bois…
Et j’ai pris la route… 1000 kms pour essayer, sinon de briser la vitre blindée, du moins de la contourner par un large détour… Large détour ? En fait, je me jetais à l’eau. J’attaquais de front, en allant à la rencontre du virtuel dans toute sa virtualité… J’aurais pu me brûler les ailes.
Ce ne fut que du bonheur.
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Samedi 16 février 2008 6 16 /02 /Fév /2008 14:47

 

Bientôt quatre ans que nous sommes venus nous installer ici en Provence. Pour toi.

Juste deux mois aujourd’hui que tu t’es libérée de toutes tes chaînes. En me les refilant.

 

En quatre ans, nous n’avions pas réussi tout à fait à nous installer. L’annexe était encore pleine de caisses de déménagement qui attendaient. Qui attendaient quoi au juste ?

 

Lorsque je me suis retrouvé seul entre ces quatre murs, tous mes proches, la famille, les amis, de simples connaissances même, me conseillaient sentencieusement de me dépêcher de partir, de voyager, de me « changer les idées ». Je recevais très mal et douloureusement ces conseils bienveillants. Il était inenvisageable que je m’éloigne, ne serait-ce que de quelques kilomètres, de cette maison où nous avions bâti tant d’espoirs.

L’impensable est arrivé. L’appel de la vie, le besoin irraisonné de tendre la main vers une souffrance que je savais pouvoir apaiser, et j’ai envisagé de préparer ma valise.

 

J’ai craqué. Psychologie à deux balles. J’ai acheté une bibliothèque pour y ranger soigneusement tous mes rêves avortés.

 

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Bof. Je ne sais pas si je me complais dans une médiocre analyse psychique de bazar. Mais en travaillant dur, sans perdre de temps, en urgence, comme si ma vie en dépendait, je pensais…

 

Tous les prétextes étaient bons pour reporter les aménagements nécessaires à cette fin d’installation. Il y avait toujours quelque chose de plus urgent à placer en priorité. Comme si tu ne souhaitais pas arriver à ce moment où nous aurions pu dire : « C’est bon, maintenant nous pouvons nous laisser vivre… ». Comme si, tout bêtement, tu n’avais jamais cru à une vie possible. Même avant ce maudit cancer. Le voyageur qui ne vide jamais sa valise entièrement.

 

Et pour moi, maintenant, c’était devenu une urgence. Je devais m’installer. Graver dans le granit, près de ton nom, que j’avais décidé de poursuivre encore un peu le chemin.

J’ai vidé les placards, archivé à tour de bras.

J’ai acheté la bibliothèque.

J’ai vidé tous les cartons de livres.

J’ai affronté les souvenirs.

La bibliothèque est pleine.

A la fin de la semaine, dans trois jours, demain…

 

Je peux prendre la route.

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    Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...

     

Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
      1er Février 2012
Je suis de retour dans le Royaume depuis un mois.    
      J'ai entrepris les démarches pour obtenir le statut de résident étranger au Maroc.
      Je ne peux plus me cacher derrière mon petit doigt : C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Je ne veux plus me torturer. Dans quelques mois peut-être, lorsque la France sera redevenue une République ouverte et démocratique...
. Pour l'instant je veux vivre. Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, ici, maintenant.    
Je baigne dedans.    
       
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
 
       
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  • Provence Région Parisienne ARLES Gascon Fès au Maroc
  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, je redécouvre l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune !

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. Je verrai.

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