Quand il faudrait s'assumer

Jeudi 7 février 2008 4 07 /02 /Fév /2008 22:41
Dans le cadre d’un dial, je viens d’écrire ceci à mon correspondant :
 
-          « Tu doutes beaucoup en ce moment. De tout. De tous. Et de toi-même ! »
 
Trouble. Je parle de lui ou bien de moi ?
Je viens de passer une semaine très difficile. Jeudi dernier je parvenais à écrire ce billet. Pour la première fois un petit article m’avait demandé des heures de réflexion, de tergiversations, d’hésitations, de phases dépressives. Depuis que je tiens ce blog, maintes fois j’ai effleuré un sujet que je n’étais pas, mais pas du tout prêt à aborder… « Solitude… Solitude à deux… », « Suis-je heureux ?... Mais c’est quoi le bonheur ?... », « Je ne sais pas ce que c’est que d’aimer… Je l’aime à en mourir… Comment pourrait-on m’aimer ? … »… J’en passe, il vaut mieux. Ceci a dû lasser plus d’un lecteur occasionnel.
Lorsque j’ai perçu ce qui bouillonnait dans mon crâne, j’ai eu peur. Très peur. Remettre en cause quarante ans de vie commune… Pourrais-je oser ? Et puis, je me suis rendu compte que ce n’était pas une remise en cause. Juste un constat. Je me suis pris par les épaules, je me suis secoué, et je me suis dit, droit dans les yeux, que j’avais toujours su affronter les constats. Je n’allais pas commencer à me défiler…
Non, Olivier, Je ne suis pas au bout de l’hommage que j’ai à rendre à Monique. Loin s’en faut. Je crains que ce qui me reste de vie n’y suffise pas. Mais je suis un peu triste que tu n’aies pas vu la souffrance qu’il y avait dans ce texte, toi si perspicace d’habitude. L’admiration que tu nourris pour ma femme t’a induit en erreur. Ici, je ne lui rends pas un hommage. Je parviens enfin à mettre des mots sur une de ses limites. Je réussis à verbaliser qu’elle était une femme comme toutes les autres. Avec ses faiblesses. Ses manques. Ses fractures.
Je ne peux d’ailleurs lui tenir rigueur de quoi que ce soit. Si je me suis laissé enfermer dans cet amour exclusif, « amour prison » me dit un correspondant, c’est que, d’une certaine manière, j’y trouvais mon compte. J’aurais pu ruer dans les brancards. Me révolter. M’affranchir… Ubuesque… Moi aussi, je ne vivais que par elle, que pour elle…
Je suis certain que ce n’était pas calculé, réfléchi de sa part. Mais en me laissant le champ libre pour des aventures passagères, aussi éphémères qu’inévitablement vaines et souvent même médiocres, elle tuait dans l’œuf toute possibilité d’une rencontre plus significative… Et je le savais pertinemment. D’évidence ceci me sécurisait. Rien ni personne ne pouvait prétendre arriver à sa hauteur ! Lui faire, tant soit peu, un peu d’ombre… Je n’avais donc pas à lutter.
 
Le problème, c’est que maintenant je dois faire face. Apprendre à vivre sans elle. Sans barrière naturelle.
Je ne sais pas combien de temps il me reste. Mais si je dois vivre encore un peu, je ne peux me satisfaire de vivoter. De végéter. Je dois avancer. Sans trop d’illusion. Comprenons-nous bien. Ce que j’écrivais dans cet article est toujours, hélas, d’actualité.
 
Alors, j’ai voulu réagir. De cette phase d’introspection il ressortait que je m’étais progressivement coupé, ou qu'elle m’avait subrepticement coupé, de toutes mes relations personnelles. Je devais renouer les contacts, lorsque cela était possible.
Mais pas n’importe comment. Cartes sur table. Pouvais-je encore, moi, Boby, moi tout seul, être « aimable » ?
 
Je venais de reprendre contact avec un ami perdu de vue depuis quelques années. Son intelligence, sa finesse, ses capacités d’analyse, sa droiture parfois cruelle, me diraient ma réalité. Je lui ai ouvert les portes de ce blog.
Quatre jours en apnée. A attendre une réaction. Je l’ai reçue. Je ne suis pas rejeté. Je respire de nouveau. Mais je reste un idiot incurable : le challenge me fait peur.

 

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Mercredi 10 octobre 2007 3 10 /10 /Oct /2007 23:40

La journée d’hier avait été difficile à la clinique. A vouloir encore poster, j’avais eu une nuit trop courte. Ce matin c’était la course pour mes problèmes de santé personnels... Un peu raz la casquette. Tout en faisant du rangement, ma tête bourdonnait de mes dernières histoires... Soudain j’ai réalisé que l’on était mercredi, qu’il y avait pile une semaine que j’avais rencontré mon petit biquet. Le lendemain, je l’avais ré aperçu, il avait fait mine de venir vers moi, mais je lui avais fait comprendre que je n’avais pas le temps. Je partais rejoindre Monique à ses rendez-vous de la clinique.

Cette histoire d’écart d’âge me travaille beaucoup, je le reconnais. Cette attirance que j’ai eue pour ce môme qui, très longiligne, n’est pas franchement beau, malgré son adorable petite frimousse, n’est pas faite pour m’apaiser. Désir ou faiblesse ?

L’heure correspondant à la première rencontre approchait. J’ai tout planté, aspiro en plein milieu de la pièce, repas en cours de préparation, et je suis allé sur les quais...

Il était là. En train de tourner autour d’un biquet de la vingtaine, un petit métis black, un peu rondouillard, des arabesques complexes dans des cheveux courts très bruns mais largement méchés de blond... D’un doigt sur la bouche, mon biquet me fit le signe " chut "... Je m’installais un peu plus loin appuyé à la rambarde.

Ils ont parlé assez longuement. Finalement Richard, (je pourrais quand même cesser de le nommer " biquet "), s’éloigna seul vers les petits bosquets complices. Je pensais un moment qu’ils allaient se rejoindre. Rien. Richard me fit des signes. Je lui répondis dans le même langage que je ne savais pas s’il m’attendait moi, ou l’autre... Avec véhémence il me désigna d’un doigt accusateur... Je l’ai rejoint.

Scénario bis repetita de la semaine passée, je ne vais pas détailler. A noter quand même qu’il m’a de nouveau juré ses grands dieux qu’il avait plus de dix-huit ans, qu’il a clairement manifesté du plaisir à me retrouver, et qu’une relation beaucoup plus tendre s’est établie...

Nous devons nous revoir. J’avoue que je ne comprends pas trop. Et moi, et ce gamin. Je lui ai redit que je pouvais être son grand-père, il a rit et m’a embrassé tendrement sur la bouche. Malgré ses réticences. Ça m’interroge beaucoup par rapport à mon physique. Je vais y revenir.

A midi, je me foutais de tout. J’étais bien. J’avais jeté la morale au panier. Les opinions des lecteurs avec...

Ce soir, c’est encore autre chose. Mais j’y reviendrai dans le prochain billet, si j’ai la force d’aller jusqu’au bout de mes projets...

 

Addict de la beauté.

 

J’ai souvent pensé en faire le sujet d’un article. Mais je ne suis pas mûr. Je n’y vois pas encore clair. Je veux juste ce soir y consacrer une petite parenthèse.

Avant de dire quelques mots sur mon attachement exagéré à la beauté physique des autres, les choses étant liées, je me dois de dire quelques mots sur MA perception de MON physique.

J’ai toujours haï mon corps, aussi loin que je me souvienne. Je ne me sentais pas chez moi. J’aurais dû être autre. J’ai souffert énormément, enfant, des quolibets de mes condisciples. " Patate ". " Sac à patates " aussi, tant qu’à faire... " Bouboule ". " Gros lard ". " Le gros ". " Le pouf ". " Bichon " (surnom d’un nounours de mon époque). J’en oublie, c’est sûr...

J’en ai parlé, ma force n’était pas un atout, mais un handicap supplémentaire.

Je ne cessais de me faire des grimaces dans la glace, de me jeter à la figure des " T’es laid pauvre con ! "... L’idée ne m’est jamais venue que j’aurais pu travailler ce corps pour en augmenter les performances et en améliorer l’aspect. Mes deux parents étaient gros. Tous deux diabétiques, à la limite de l’obésité... Je considérais cela comme une fatalité. Je ne me suis jamais interrogé pourquoi mon frère et ma sœur, eux, étaient minces et beaux... Bof, plaisanterie classique : ils étaient passés devant, et avaient tout pris...

Je suis certain que c’est une sorte de jalousie envieuse qui m’attirait irrésistiblement vers les plus beaux de mes congénères. Une sorte d’accaparement, de prise de possession de cette beauté inaccessible. Peut-être y a-t-il là l’origine même de mon homosexualité.

Toujours est-il que je n’ai jamais pu être attiré par une fille, un garçon, qui n’ait eu un charme évident, flagrant. Voire une beauté hors norme... En feuilletant des photos, j’ai retrouvé une photo de JRC, mon jeune amant pendant mes cinq ans d’internat. Un profil grec parfait, digne d’une médaille. Je ne fantasme pas en disant qu’il était le plus beau de notre promotion. Il l’était. Momo était un magnifique adolescent, Jean-Yves était un très très beau gars, etc. ...

Je suis passé à côté de combien de gars très ordinaires, qui auraient su m’apporter cette tendresse et cette stabilité que j’appelais de mes vœux ?

Les quelques rares femmes qui ont compté pour moi avaient une plastique irréprochable. Monique est restée fort belle femme jusqu’à récemment... Et parfois je me suis demandé comment j’aurais réagit, si, avec l’âge elle avait pris de l’embonpoint, des hanches trop larges, des jambes lourdes comme sa sœur. Pas de réponse. J’ai frémis.

Et si mes enfants n’avaient pas été beaux ? Car ils le sont tous trois, dans des styles très différents. Ils savent d’ailleurs en exploiter les possibilités... Mais s’ils avaient été moches ? Handicapés ? Un peu débiles ? Je ne peux pas répondre. Je frémis.

Il n’y a que dans le boulot que je me suis obligé à un énorme travail de contrôle de moi et de dépassement de cette tendance. Car je savais bien qu’une jolie fille sensuelle, un bel ingénieur brun aux yeux bleus avaient au départ plus de chance d’être recrutés qu’un malheureux cageot... Là, je suis parvenu à regarder au-delà. C’était vital. Et j’ai eu de belles réussites à ce propos.

Mais je vous assure, l’addiction à la beauté, c’est une vraie maladie !

Et maintenant, au couchant de ma vie, mes certitudes partent en pièces. Il m’arrive d’être obligé de le reconnaître. Quelquefois, je plais. Mais pourquoi bon dieu ? C’est vrai que tous ces canons, tous ces amants, ils m’ont choisi aussi, je ne les ai pas violés. Mais bon, la nature humaine tolèrent facilement les exceptions qui confirment la règle. Mais maintenant... Richard, ce gamin, qui laisse tomber un petit biquet, pas le top, certes, mais d’une vingtaine d’années pour me rejoindre. Stephan, refuse le jeune concurrent arrivé après pour rester avec moi... Je n’ai à rougir d’aucuns des amants de passage que j’ai rencontrés ici. Tous avaient du charme. Sinon je ne serais pas allé avec eux, c’est vrai. Mais eux auraient pu choisir tellement mieux...

Mais que me trouvent-ils donc ?

Vous le voyez, il faudrait que je continue mon travail de transparence encore quelque temps, pour réussir un vrai billet sur ce sujet...

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La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
      1er Février 2012
Je suis de retour dans le Royaume depuis un mois.    
      J'ai entrepris les démarches pour obtenir le statut de résident étranger au Maroc.
      Je ne peux plus me cacher derrière mon petit doigt : C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Je ne veux plus me torturer. Dans quelques mois peut-être, lorsque la France sera redevenue une République ouverte et démocratique...
. Pour l'instant je veux vivre. Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, ici, maintenant.    
Je baigne dedans.    
       
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
 
       
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  • Provence Région Parisienne ARLES Gascon Fès au Maroc
  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, je redécouvre l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune !

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. Je verrai.

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