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Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 18:48

 

 

J’avais, dans mon for intérieur, décidé de ne plus écrire sur ce blog. Pour quoi l’aurais-je fait ? Je ne me reconnais plus guère dans ces écrits mi-narcissiques, mi-dépressifs. J’ai encore au plus profond de moi la brûlure violemment douloureuse du reproche de WajDi de mettre en scène ma propre mort, dans les derniers jours de vie de Monique. J’étais alors pourtant profondément sincère. Ma vie n’avait plus aucun sens, et stupidement sans doute, j’étais, totalement convaincu que je limiterais la souffrance de mes enfants et de mes proches en insistant lourdement sur les aspects délibérés et lucides de mes choix de vie et de mort. Mais, j’ai bien dû me l’avouer, j’étais déjà lâche et veule, et je me suis, avec tellement de facilité que c’en est risible (jaune), laissé convaincre que mes enfants pouvaient encore avoir besoin de moi.

 

 

J’ai vécu. Plus honnêtement, je me suis forcé à survivre, chaque jour me méprisant davantage pour mes médiocres lâchetés quotidiennes. En écrivant ici. Pour tromper les autres et me tromper moi-même, bien évidemment.

 

 

L’intermède Zig m’a donné l’illusion de pouvoir donner encore un sens à ma vie. J’y ai cru, aveuglément. Jusqu’à ce que la succession de baffes me ramène à un peu plus de lucidité.

 

 

Après avoir consacré mes dernières semaines et la quasi-totalité de mes disponibilités financières à laisser une « succession propre et nette », pensant avoir fait le tour de mes faux-fuyants, mais non de mes turpitudes, j’avais juste conservé l’indispensable pécuniaire pour un grand tour des pays du Maghreb, au cours duquel je projetais de ne rien me refuser, hors l’immoral.

 

 

Mon petit bolide décapotable était sensé faciliter mes prétentions… Jusqu’à aujourd’hui.

 

 

Voyant une nouvelle fois approcher l’échéance, je me suis refusé à m’étaler sur la toile. Mais la vie fait que… J’ai besoin aujourd’hui de mettre noir sur blanc mes lâchetés successives. Sans doute  pour rien… J’ai besoin. C’est un argument suffisant, non ?

 

 

 

 

Ceux qui me lisent de temps en temps, savent quelle tournure a pris ce voyage qui s’imaginait « bouquet final ». J’ai pris en pleine tronche un amour invraisemblable. Un plan Q qui m’échappe. Un éphèbe de vingt-deux ans  qui décide que « nous » devons être « un ». J’avais beau compter et recompter, pas de doute c’était bien du simple au triple ! Vingt-deux contre (ou avec) soixante six. Ans. Pas centimètres !

 

 

Il ne s’est pas agit de l’aimer. Ça, ce fut dès la première seconde. Il s’est agit d’accepter cet amour. Je suis tordu et torturé : Je ne suis pas gêné de promener mes vieilles mains sur le corps sculptural d’un jeune Dieu qui s’abandonne, si j’imagine qu’il me fait là un cadeau en s’offrant. En revanche, je n’arrivais pas à admettre qu’il puisse me désirer et m’aimer. Aimer cette vieille chair flasque a un nom : gérontophilie. Ce qui veut dire aimer ce que j’abhorre ! Finalement, c’est vrai, je me suis laissé aimer. Parce que je suis lâche. Il a fallu du temps, beaucoup de temps, pour que je parvienne à accepter que nous nous aimions. Je dis bien « nous nous »… Moi, j’étais accro depuis la première minute.

 

 

 

 

Dix-huit mois maintenant que je suis sur un petit nuage. Qui l’eut cru ? Certainement pas moi ! Je n’avais pas prévu de survivre aussi longtemps. Partant, je ne l’avais pas budgété. Encore moins prévu de partager  cette vie entre la France et le Maroc. Depuis un an, je jongle. Avec plus ou moins de bonheur. Je tire sur la ficelle. D’économies en coups de passe-passe, de fermetures d’emprunt prétextes à des réouvertures plus ambitieuses, j’ai réussi à tenir. A aider à vivre mon amoureux qui ne demande rien, et à vivre moi, pour continuer à le voir, à le savourer, à m’enivrer de sa présence…

 

 

Lorsque je suis rentré en France pour voter aux présidentielles, je pensais bien que c’était la dernière fois. J’ai tout préparé pour qu’il puisse être le plus longtemps possible, le plus autonome possible. J’ai égoïstement et abusivement profité de son amour, de son attention, de son corps. J’ai beaucoup pleuré lorsqu’il ne me voyait pas. Tout était prêt pour un départ en douceur après le vote. Faut pas déconner : je voulais que ma voix compte pour virer celui qui nous a fait tant de mal, qui m’a fait tant souffrir pendant cinq ans. Je devais ça à la tristesse de Monique en 2007, quelques mois avant que le crabe soit vainqueur. Après…

 

 

Mais dès que j’eus posé mes pieds en France, j’ai su qu’encore une fois je serai pleutre, lâche, et que je m’accrocherai à la vie.  Éloigné de lui depuis trois jours seulement, j’étais à deux doigts de tourner casaque et de me précipiter vers le premier bateau… Le soir même, ses yeux sur Skype m’ont dit qu’il m’attendait, que je l’espérais, que j’étais incapable de partir ainsi, lâchement. Où était la lâcheté ? Je ne savais plus. Mais j’étais sûr qu’il avait encore besoin de moi, que je pouvais lui être encore utile.

 

 

La voiture était l’achoppement le plus grave. En attendant les élections j’ai recherché la ou les solutions qui pouvaient me donner encore un sursis. Je pensais pouvoir retourner au Maroc jusqu’à l’été. Puis en vendant la 308 et en rachetant une voiture plus petite, je pouvais « tenir » encore un an. Ma décision était quasiment prise. J’ai hésité à passer une commande immédiatement. Heureusement, pour une fois, je ne me suis pas précipité. J’ai entendu la voix de mon Chérubin, et sa façon bien personnelle de repousser une décision qui le gêne en disant :

 

 

-          « On verrrraaa… On na l’temps… On verra… »

 

 

Heureusement.

 

 

 

 

En outre, j’ai prolongé mon séjour en France de quelques jours pour profiter de mon fils qui n’a pu me rejoindre qu’après les élections. Je n’avais pas vu Fred depuis un an et demi. Je tenais à ces retrouvailles. Voyage de retour très, très agréable, consacré à la lecture de livres polissons (j’en parlerai peut-être un de ces jours, qui sait ?)… Agréable jusqu’au moment où, comme à l’accoutumé, j’ai fait les démarches administratives en préparation de mon entrée sur le territoire marocain. (La police et la douane marocaines sont présentes sur le bateau pour régler  les formalités au maximum et faciliter ainsi le passage aux points de contrôle du port). Et là, douche glacée… Que dis-je ? Le ciel m’est tombé sur la tête. Mon cœur s’est arrêté de battre. J’ai hurlé mon impuissance.

 

 

-          « Mais vous êtes résident ! Vous n’avez pas le droit d’importer un véhicule étranger sur le sol marocain ! »

 

 

Personne ne m’avait prévenu. « Nul n’est sensé ignorer la loi » s’est fait un plaisir de me rappeler le Commandant du poste de douanes, une fois débarqué à Tanger…

 

 

Dérogation ? Mesure exceptionnelle ? Connaissent pas ! Il s’est d’ailleurs fait un malin plaisir de me rappeler les tracasseries qu’impose l’administration française en ce qui concerne leur immigration à eux ! Et je ne pouvais que lui donner raison.

 

 

Ma demande de carte de résident devait, à mes yeux, me simplifier la vie. Elle me détruit.

 

 

Après avoir hésité à faire demi-tour et à reprendre le même bateau pour un retour à la case France, à mes yeux irrémédiablement, puis m’être révolté en refusant de partir sans serrer une dernière fois mon ange dans mes bras, je me suis résolu à être un tantinet raisonnable. Je n’ai eu d’autre choix que d’accepter le mettre mon véhicule dans le dépôt de la douane et de quitter la frontière à pied… Comme en novembre dernier à Melilla…

 

 

J’ai téléphoné à Chérubin que je faisais patienter au téléphone depuis des heures. De plus en plus inquiet, il ne cessait de m’appeler pour savoir où j’en étais. Quand je lui ai précisé la situation, sans hésiter un instant, il m’a crié, « J’arrive ! »…

 

 

 

-          « Mais chéri ! Avec ta vieille voiture ?

 

-          Quoi ? Elle est belle ma voiture !

 

-          Mais tu te rends compte ! Il y a 450 kilomètres ! Depuis que tu l’as, tu n’as pour ainsi dire jamais quitté Fès !

 

-          Je viens, c’est tout !

 

-          Mais si….

 

-          On verra !... »

 

 

 

J’ai vécu cinq heures dans l’angoisse, mais bouleversé par son amour.

 

VoitureA01J’avais débarqué à 10 heures. A 19 heures 30,  j’ai aperçu sa voiture qui rentrait dans le parking de la Gare Maritime. Je l’ai vu arriver, en nage (il fait très chaud ici), non rasé, titubant de fatigue. Il n’avait pas mangé depuis le matin, et fait la route d’une traite en plein cagnard… Au  milieu du hall je l’ai serré dans mes bras à l’étouffer. Non… IL m’a serré dans ses bras, moi je pleurais, incapable de parler.

 

 

 

Après s’être rafraîchi et un minimum nourri, il a voulu repartir aussitôt. Je lui ai proposé de dormir dans un hôtel de Tanger et de ne partir que le lendemain, mais il voulait que nous nous retrouvions au plus vite dans l’intimité. Six heures pour le retour, c’était trop ! Les baisers volés à 120 km/h sur l’autoroute ne me semblaient pas particulièrement prudents. Après un dernier « Non, chéri, pas en conduisant ! », il a brutalement bifurqué vers un petit parking désert où j’ai enfin pu, sereinement, purger son trop-plein d’envies, pour mon plus grand plaisir…

 

 

Arrivés vers deux heures du matin, il était épuisé bien que j’aie pris le volant une bonne partie du trajet. Nous nous sommes effondrés sur le lit jusqu’en fin de la matinée du lendemain…

 

 

 

 

Me voici, ici, à Fès, au Maroc, sans véhicule. A réfléchir sur ce que je vais devoir faire. Je ne peux, ni ne veux, laisser longtemps ma voiture dans ce dépôt douanier. Et puis, à quoi cela sert-il ? Je vais donc devoir retourner prochainement en France, pour essayer de la revendre. Ce qui n’est pas simple. Je risque de laisser en route un max de pognon… Et puis il va falloir trouver le budget pour envisager d’acheter une petite voiture, sur place, au Maroc. Pas évident ! Ici, je n’ai pas assez de revenus pour envisager un crédit. En France, si. Mais je n’ai pas les moyens de payer le dédouanement.

 

 

Quadrature du cercle. Histoire que je ne m’ennuie pas trop. Et que je m’accroche à la vie.

 

 

Il a besoin de moi. Il me l’a dit !

 

 

Qué sera, sera… Qui vivra, verra…

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Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 01:21

Je l'ai eue aujourd'hui !

 

Residence 

 


Je peux aller voter tranquillement.

Si le monstre repasse, je ne refiche plus les pieds en France !  

Publié dans : Carnets de route
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  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, j'ai redécouvert l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune ! C'est lui qui m'a choisi, et je n'ai pas su dire non...

Constat :

Fin Novembre 2010 je rencontrais mon Chérubin.

Aujourd'hui il approche de ses 25 ans, et j'ai moi-même dépassé les 68 bougies.

Depuis plus de deux ans et demi, je vis la relation à laquelle je n'ai jamais réussi à croire.

Et alors ?

Je ne fanfaronne pas. Je ne m’affiche pas : moins d’une quinzaine de lecteurs aborde ces pages, la très grande majorité ne dépassant pas l’affichage issu d’une requête vaseuse dans un quelconque moteur de recherche.

Les rares lecteurs réguliers attendent probablement la fin de l’histoire. Avec plus ou moins de sadisme, plus ou moins de curiosité.

C’est curieux. Je ne veux plus penser à ceux qui me lisent, d’où l’épuration en cours de la mise en page, et en même temps je suis incapable de fermer le blog. Encore moins de tout détruire. Fétichisme ?

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