Et maintenant ?

Mercredi 5 mars 2008 3 05 /03 /Mars /2008 22:18
undefined Je suis parti de chez moi sans trop me poser de questions. J’avais un but précis. En plus la promesse de quelques autres rencontres, et la possibilité de revoir mes enfants. Mieux valait ne pas trop réfléchir. Et si je m’étais pris à penser que je fuyais ?
On ne fuit pas sa douleur. Elle ne vous lâche pas. Tenace.
Il y avait tellement longtemps que je n’avais pas fait un aussi long trajet seul. Quand Monique attendait Karine, pour être précis. Les médecins lui avaient interdit la voiture. Elle avait pris l’avion avec les garçons pour partir quand même en vacances. Je les avais précédés avec les bagages et la chienne. Souvenir. Sinon, nous nous disputions plutôt le volant. Nous aimions conduire autant l’un que l’autre. Quand même bien pratique, pour des banlieusards qui voulaient toujours descendre loin dans le sud. Souvenirs. Et je ne voulais pas penser…
Je me suis absorbé le plus possible dans la conduite. En essayant de ne regarder que le ruban de bitume. Chaque nouveau paysage m’assaillait de souvenirs. Dur.
J’espérais l’arrivée sur l’Ile de France comme une libération. Les véhicules étaient de plus en plus nombreux, la circulation de plus en plus en accordéon. Et là, mécanisme surprenant. J’ai très nettement senti que je changeais de type de conduite. Plus nerveuse. Un rien agressive. Je me retrouvais dans mon élément. J’ai été troublé. Mon esprit s’éveillait. Se réveillait. C’était comme si j’avais quitté Paris la veille.
J’étais attendu. J’ai mis mon envie d’entrer dans la Capitale sous le boisseau.
Dès le lundi, j’avais des rendez-vous. J’ai choisi de me garer en plein cœur de la ville, sous les Halles. La cohue dans les escalators m’émoustillait. Une foule grouillante m’a accueilli Porte Lescot. J’étais surpris, excité, un peu ivre. (Pas besoin de bière ni de chit…). Nous étions en semaine pourtant… Une grande majorité de jeunes… Ah, oui… Les vacances…
J’ai remonté la Rue Saint Denis, zigzaguant entre les promeneurs. Épiant les possibles changements. Guère. La rue Etienne Marcel. Réaumur Sébastopol. Je jubilais. L’air froid et cinglant me laissait indifférent. Pas une seconde je n’ai pensé au soleil du midi. L’heure du premier rendez-vous approchant, je suis revenu vers la porte Lescot, et me suis installé à la terrasse d’une brasserie. Cigarette oblige. Béat, je dévorais les passants (et passantes…) des yeux. Tout m’amusait, me réjouissait. Y compris la mine triste et l’air empressé de la plupart des piétons. Je souris encore plus franchement en apercevant deux jeunes blacks habillés dans le plus pur style « djeun »… Pantalon de toile où ils auraient pu facilement loger à trois, fond à hauteur des genoux, liquette flottante et trop longue, des tas de colliers et gourmettes, casquette visière sur l’oreille… Mais le tout visiblement de grande qualité, sinon de grande marque… En passant à ma hauteur l’un d’eux a lancé agressivement : « Qu’esqu’il a à se marrer çui là ? »… J’ai souri de plus belle. « Suis heureux !... » Chui pas sûr qu’ils aient entendu. Ils ont continué leur chemin.
Le soir, mon ivresse était bien retombée. Un petit passage dans les cités difficiles de la banlieue rouge m’avait ramené à un peu plus de réalisme. L’amie rencontrée là vit une situation tellement précaire ! Sa vie quotidienne est désastreuse et sordide ! Elle et son gamin de quatre ans survivent avec un salaire de misère. Il est vrai qu’elle n’a que Bac+cinq… Un petit DESS… Pour environ le SMIC… Je suis sorti de là tout retourné. J’ai ressenti un besoin irrépressible de me noyer dans une foule insouciante…
undefined J’ai d’abord roulé, roulé… La circulation était fluide en ce jour de semaine. Mais les nouvelles voies de bus, tantôt à droite, tantôt à gauche, tantôt au milieu de la chaussée, obligent à un gymkhana qui accaparait toute mon attention. Cela m’a fait un bien fou. J’ai fui Pigalle, envahi de cars de tourisme et de Pokémons, comme dirait (affectueusement) un ami blogueur. J’ai survolé, si j’ose, la Gare du Nord, pour jeter un œil sur les travaux enfin terminés. Un petit pincement au cœur. Cette gare fut si longtemps le centre de ma vie nocturne et aventureuse ! Et pendant plusieurs années mes bureaux étaient à deux pas… Il ne reste pas grand-chose de mes souvenirs. En dallant toute la place ils l’ont aseptisée. Aucune vie. Même les sous-sols sont devenus clairs et sans âme… J’ai bien croisé quelques regards acérés qui cherchaient le micheton sous mon masque civilisé et débonnaire. Des ressortissants d’Europe de l’Est, très probablement. Tout sauf du romantisme dans ces regards… Envolés Eric, Farid, Mouloud, José et les autres… Je ne me suis pas attardé.
Finalement, je me suis réfugié sur les Champs. Rien de mieux que les valeurs sûres, quand tout va mal. Bien sûr, j’ai croisé bon nombre de touristes. Mais pas seulement. Et cette belle avenue est je crois la seule dans Paris où l’on voit toujours les gens sourire et rire… Portés par l’insouciance du luxe. J’ai traîné jusqu’à une heure indue. Mais je suis rentré dans ma banlieue apaisé, prêt à m’écrouler sur le lit.
Les jours suivants, je n’ai manqué aucune occasion de me noyer dans la circulation et la foule parisienne. Je jubilais. J’ai beaucoup roulé. Je voulais voir tous les lieux aimés, chargés de souvenirs. Je suis passé dans la rue où nous habitions au début de notre mariage. J’ai arpenté la Butte aux Cailles. J’ai disséqué le quartier de la Gare Montparnasse, la Rue de Rennes, Saint Germain, qui étaient parmi nos promenades préférées. Je n’ai pas eu le temps d’aller rêver au Jardin du Luxembourg, au Parc G. Brassens, au Parc Citroën. Je n’ai vu le Jardin des Tuileries que de loin. J’aurais voulu arpenter tous les trottoirs et toutes les allées que j’ai piétinés pendant quarante ans. Et soudain, le voile s’est déchiré, j’ai compris. Je suis drogué de Paris.
Pendant quatre ans, je me suis bouché les yeux et les oreilles. Je voulais vivre là où elle voulait vivre. Je me plaisais là où elle se plaisait. Je ne regrettais rien. Il ne me manquait rien. Je colmatais furieusement avec un mouchoir la moindre petite brèche dans la digue avant qu’elle ne se fende… Mais, imagine pour image…
J’étais naufragé, isolé au milieu de l’océan, loin de mon île…
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Mardi 4 mars 2008 2 04 /03 /Mars /2008 09:47

 

Quand j’étais tout petit, j’avais été profondément troublé par ce petit lapin, tout gris, tout ordinaire, qui brusquement, la mauvaise saison arrivant, se transformait en un magnifique lapin des neiges immaculé. Enfin, il s’intégrait parfaitement dans la nature, et devenait invisible. Le blanc. La pureté. Le lapin. La douceur et la tendresse. La discrétion. Summum de l’élégance. Tout le monde l’aimait. Pour ce qu’il était. Pour ce qu’il représentait. Mais lui… Il était aimé parce que. Et je savais qu’il aurait voulu être aimé bien que
Il y a bien longtemps, dans un autre temps où j’étais encore jeune… Avant les événements qui allaient faire exploser ma vie… Au fil de mes butinages en quête d’aventures, j’avais lié sympathie avec un groupe de jeunes qui traînaient dans les allées du Centre Commercial. J’étais accueilli comme un pote, et ils ignoraient ostensiblement le but de mes balades. Deux ou trois surent simplement profiter de mon besoin de tendresse… Sans autre conséquence. L’objet essentiel de leur préoccupation était bien entendu « les filles »… L’un de ces tout jeunes adultes était d’une beauté à couper le souffle. Éphèbe gracieux et non gracile, athlétique, vif et nerveux, sensuel, il se trouvait souvent au centre du cercle… Un jour où il se lamentait plus que d’habitude sur les difficultés pour « lever une nana » (ce n’était pas encore des meufs…) j’ai voulu un peu le moucher en affirmant qu’avec sa petite gueule, quoi qu’il dise, il ne devait pas avoir beaucoup de mal… Je fus submergé par une agressivité désespérée. Il explosait littéralement, m’accusant de « m’y mettre aussi »… Les filles ne voyaient en lui qu’un petit mignon, et ne parlaient de rien d’autre… Il ne supportait pas d’être ravalé au rang de joli bibelot… Estomaqué, je réalisais réellement pour la première fois, combien il pouvait être difficile d’être aimé parce que. Comme il eut été doux pour lui de l’être bien que.
Ces jours derniers, je parlais avec une de mes nièces préférées de ma difficulté à accepter d’éveiller l’intérêt de jeunes gérontophiles, parce que j’avais l’aspect débonnaire d’un gros nounours enrobé… Elle s’insurgeait ! Et si je me décidais enfin à accepter que l’on s’intéresse à moi tel que j’étais… Que je cesse de vouloir le beurre et l’argent du beurre… Je n’ai pas su lui dire que je n’aimais pas parce que et que je préférais bien que
Tout à l’heure, la nuit était tombée, j’avais stationné mon véhicule près d’un certain croisement au bord du Rhône… Je pensais à ce billet, le construisant patiemment. Soudain un énorme rat se mit à trottiner au milieu de la chaussée. Un bon trois ou quatre kilos ! Immonde. Ses minuscules pattes se démenaient à grande vitesse pour trimbaler sa lourde carcasse bossue et sa longue queue inutile qui traînait derrière lui. J’ai démarré. Avec la ferme intention de bien viser le repoussant nuisible. J’ai arrêté le moteur. N’aurait-il pas droit, lui, au bien que ?
 
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L’une de mes premières découvertes en abordant le monde virtuel, fut son obsession du paraître et de l’illusoire. A croire que personne dans cet univers ne s’acceptait tel que… J’ai appris très vite à tenir pour nulles et non avenues les allusions à un aspect physique. De la belle gueule au braquemart fantasmagorique, des plaquettes de chocolat aux biceps d’haltérophile… Par réaction peut-être, je m’acharnais, moi, à me décrire de la façon la plus crue et la moins ragoutante possible… Un jour peut-être, mettrai-je ici un texte écrit pour refroidir les ardeurs d’un admirateur trop enthousiaste… Explicite.
Une phrase du billet précédent, écrite spontanément, m’a surpris et éveillé mes interrogations après coup. Oui, je pense effectivement avoir essayé de développer des sens nouveaux, et, comme un aveugle, à avoir prudemment mais avec persévérance développé de nouvelles façons de percevoir  et acquis de nouvelles sensations… Dans la vie de tous les jours, nous sommes englués dans le paraître. Nos sens et notre affectif réagissent d’abord à ce que nous offre la vue. Il faut du temps (ou un œil d’artiste) pour percevoir dans un paysage à couper le souffle le détail charmant ou anachronique qui en fait ce qu’il est. Il faut du temps (ou l’aide d’un écrivain) pour dépasser la beauté ou la laideur d’un personnage pour atteindre son âme…
Pourquoi en serait-il différemment sur la toile ?
Les hasards de ce blog m’ont amené à établir une relation privilégiée et intense avec un jeune blogueur qui, au travers de ses écrits, véhiculait tous les fantasmes de la gaytitude… Jeune, sportif de haut niveau, mince et nerveux, sensuel, sexuel, carnassier… Et intelligent, fin, racé, troublant, affectif, émotif, rare.
Je n’ai aucun mérite. Là où d’autres ne voyaient qu’un jeune mâle excitant et trop parfait pour être honnête (les doutes, quel délire !) je ne percevais qu’une personnalité attachante, avec une forte demande affective, une tristesse incompréhensible, une sensibilité exacerbée, un besoin d’amour à donner et à recevoir, une maturité exceptionnelle qui ne pouvait s’expliquer que par un vécu douloureux mais riche, une âme rare, une intelligence hors norme. Et le tout englué dans des doutes. Mon problème n’était pas de parvenir à toucher une image fantasmée et totalement inaccessible. C’était de trouver la bonne clef qui ouvrirait la bonne porte. Pour laisser passer sans contrainte mon rayon de soleil…
L’huis s’est entrouvert. Ma toute nouvelle voiture m’aurait permis de faire le tour de l’Europe…. J’ai rejoint la main tendue. Et trouvé la personnalité attachante, le besoin de donner et de recevoir, la tristesse, la sensibilité, la maturité, le vécu, la belle âme, l’intelligence bluffante. Et les doutes. Et j’ai su que je pouvais être utile. En offrant mon amour-amitié, non pas parce que, mais bien que
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...

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Clin d'oeil !

 

Bonjour...

    Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...

     

Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
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      1er Février 2012
Je suis de retour dans le Royaume depuis un mois.    
      J'ai entrepris les démarches pour obtenir le statut de résident étranger au Maroc.
      Je ne peux plus me cacher derrière mon petit doigt : C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Je ne veux plus me torturer. Dans quelques mois peut-être, lorsque la France sera redevenue une République ouverte et démocratique...
. Pour l'instant je veux vivre. Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, ici, maintenant.    
Je baigne dedans.    
       
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 En tête de colonne, vous trouverez le sommaire des archives.

 

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Qui je suis

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  • Provence Région Parisienne ARLES Gascon Fès au Maroc
  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, je redécouvre l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune !

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. Je verrai.

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