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Jeudi 20 septembre 2012 4 20 /09 /Sep /2012 14:27

 

Quelques uns le constatent. Je n’écris plus.

J’en ai fait la remarque à plusieurs reprises : il m’est plus difficile de parler bien-être que de farfouiller dans ma souffrance. Probablement parce que les mots approximatifs passent mieux lorsqu’on geint que lorsque l’on ose ne pas se plaindre…

Et pour ce qui est des mots approximatifs !... Vingt Dieux comme je me sens pauvre et ignare !

Lorsque j’ai vu son pseudo sur l’écran MSN je me suis réjoui.

 

Moi         C'est pas vrai ??? Bonjour !

 

F.             Tiens Robert...Comment va ?

 

Moi         Bien ! Première fois que je te vois connecté depuis des mois !!!

 

 

Je sais, je sais ! J’ai son téléphone et il ne tenait qu’à moi de ne pas couper les liens. Mais tout un chacun sait que je suis un vieil ours bougon et égoïste…

 

 

Moi         Si tu lis ma prose devenue rare, tu sais que je suis heureux. Ignoblement, égoïstement heureux, et j'accepte de lui ce que je te refusais. Je suis con, et j'évolue très très lentement en mieux...

 

F.             Je ne sais que te répondre....

 

Moi         Rien... je te vois hésiter, tu sais, il n'y a rien à dire. J'ai pour toi une tendre affection, malheureusement, je n'ai jamais su aller au delà.

                Ici, lui, c'est sans doute sa force, ne m'a rien demandé, il a pris, et il a gardé. Point.

 

F.             Heureux? Ce n'est pas l'impression que ta prose dégage....Au contraire elle me donne l'impression que tu en es tjrs au même point. Une incapacité au bonheur méthodiquement entretenue. Alors que tu as aujourd'hui tout ce que tu as tjrs souhaité...

 

Moi         Ah ? Je m'exprime donc mal ! Je connais au contraire un vrai bonheur quotidien, tranquille. Mais je ne suis pas dupe : j'approche les 70 ans, nous venons de fêter ses 24... Il aime les "nounours", et beaucoup lui tournent autour... Je me refuse à envisager les choses en laid : genre il pousse le fauteuil roulant d'un pépé sénile... J'arrêterai avant, je l'espère ! C'est ce qui doit te donner….

 

Pourquoi je dévoile cette bribe d’intimité, là, aujourd’hui ? Pardon, F.

 

Depuis des jours cet échange m’obsède. Je dis que je suis heureux, mais le suis-je vraiment ? Je dis vouloir son bonheur, mais ne suis-je pas un pur égoïste, au-delà même de ce que je formule souvent, qui ne pense qu’à son propre bien-être ? Lui, lui, dans tout ça ?

 

Comment trouver les bons mots pour dire, sans grandiloquence, sans forfanterie, sans impudeur en restant pudique, ce merveilleux jeune corps musclé qui se love contre moi, ce bras si léger qui barre ma poitrine, ces lèvres brûlantes qui viennent nicher un baiser dans le creux de mon cou ? Il dort. Moi, je reste encore un moment éveillé, mesurant chaque millième de seconde d’un bonheur invraisemblable, que je ne saurai plus dire, le lendemain. Je laisse couler quelques larmes apaisantes, et très vite, je le sais bien, je vais le rejoindre dans son cinéma… (J’ai beau faire, il refuse d’appeler ses « rêves » autrement que « cinéma »…)

 

Comment raconter cette inversion des responsabilités lorsque, alors que je rame au milieu des formalités administratives pour faire immatriculer mon véhicule dans le royaume, ils me gronde me secoue, et décide que ça ne sert à rien d’attendre à Fès que la situation se débloque. Si nous devons partir quelques jours c’est tout de suite, après, il aura trop de travail… Et nous partons. J’aime lui obéir. J’aime sentir sa force de caractère. Comme j’aime calmer son désespoir de voir son avenir bouché ou insondable, et qu’il se réfugie en pleurs dans mes bras. Comment raconter ce qui ne devrait pas être raconté ? Pourquoi, en fait, ces velléités d’exhibitionnisme ?

 

Plage02.jpgNous sommes à Agadir depuis bientôt dix jours. Occasion de nouvelles avancées, de nouveaux bonheurs grignotés. Quatre amis à lui, de son âge, viennent de faire également un séjour ici, et nous nous sommes retrouvés associés à leurs excursions. Y compris une nuit dans un appartement prêté par un de leurs amis, à cent cinquante kilomètres au Sud. Chérubin a été malade de peur : quelles questions ces garçons allaient-ils me poser ? Qu’allaient-ils penser ? N’allais-je pas les draguer ? Croiraient-il ses salamalecs « d’ami-de-l’oncle-qui-en-France »…. Il a paniqué quand je lui ai dit que je ne mentirai pas, que je ne raconterai pas de salade, que je resterai nature, et que ses amis ne poseraient pas de question… Au fil des heures il s’est libéré, décoincé, enfin soulagé : ses amis ne posaient aucune question, prenaient plaisir à ma compagnie, et m’adoptaient.

 

Moi, j’ai été encore plus heureux que jamais : une nouvelle porte s’ouvre. Chérubin aura peut-être moins envie de me cacher…

Et puis, la plage… J’adore les regards gourmands des filles et de certains nounours lancés vers MON Chérubin. Où va se nicher l’orgueil ?!!

Publié dans : Carnets de route
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Dimanche 2 septembre 2012 7 02 /09 /Sep /2012 14:33

 

Avec le billet de la traversée en poche, je n’étais pas moins stressé. Clairement, tant que je n’aurais pas garé mon ridicule petit bolide devant mon appartement de Fès, je ne serais pas rassuré. Je n’avais pas tout à fait tord…

 

L’embarquement au port de Sète a été un plaisir. Paisible, tranquille. Peu de candidats à la traversée, en dernière minute j’ai pu modifier mon billet pour avoir une cabine sans partage… Et j’en avais besoin. Croisière qui devient routinière, j’ai passé quarante-huit heures dans un nuage cotonneux, floue et anesthésiant. Surtout ne pas penser ! Laisser le stress caracoler sur les vagues avec la bande de dauphins qui se sont amusés à nous suivre toute une demi-journée pendant que nous longions les côtes espagnoles…

 

Tanger ! J’ai regardé les côtes approcher avec le cœur pris dans un sabot de torture. Ne pas penser ! Ne pas penser ! Et j’étais assailli par de continuelles images de catastrophes plus ignobles les unes que les autres…

 

Pourtant, tout s’est bien passé. Tous mes interlocuteurs, du plus petit douanier aux grands pontes que j’ai du mettre à contribution ont été aimables et cordiaux. Chérubin m’avait fait la leçon :

 

-          « Calme ! Tu restes calme ! Des sourires, et si on te dit non, tu inclines la tête, attend un moment, et repose la question… Calme ! Patience ! »

 

De la patience, il m’en a fallu… Mais tout s’est bien passé. A bientôt soixante-dix ans, un éphèbe de vingt ans m’apprend à être sociable…

 

Tout s’est bien passé… Mouais… Ils me l’ont quand même mise bien profond… La « Mise en consommation du véhicule ». Des heures et des heures d’attente pour découvrir une douloureuse qui dépassait de mille coudées mes prévisions les plus pessimistes… Du flous ! Du flous ! Il y en a marre du flous ! M’en fous ! Une seule chose comptait : j’allais bientôt serrer Chérubin dans mes bras !

 

L’homme en question, mon homme, mon Chérubin, ma merveille sur pattes, était venu m’attendre à Tanger. Nous avions rendez-vous en ville. Les formalités trainant en longueur, je lui ai demandé de me rejoindre à la gare maritime, pensant gagner du temps, et prendre ainsi directement l’autoroute lorsqu’ils me délivreraient le précieux laissez-passer… Je rêvais, encore…

 

Du flous, du flous, mais pas n’importe comment ! Pas question d’un simple chèque, solution si évidente qu’elle en est inenvisageable ! Un chèque de banque certifié ou des espèces ! Des billets pour une somme proche des cent-dix mille Dirhams (11 000 €uros environ…) ! Ben voyons !

 

Débarqué vers 9h30, à 17h30 j’ai dû constater que j’étais dans l’impossibilité de régler l’addition, et que j’étais bon pour attendre le lendemain… Depuis midi, Chérubin modérait mes humeurs bouillonnantes. « Cool, boy, cool… »… Pendant mon séjour en France j’ai réécouté l’intégrale de West-Side-Story. Ça m’a aidé…

 

Nous avons rejoint en taxi notre hôtel préféré, dans le vieux Tanger. Chérubin tenait à marquer nos retrouvailles d’un menhir en pierre blanche. Je dis menhir… Mon absence fut longue, j’essayais d’être à la hauteur de ses frustrations… Vu la canicule, les fenêtres grandes ouvertes nous laissaient plongés dans le brouhaha de la vie nocturne tangéroise… Peu importait : nous ne pensions pas à dormir…

 

Les traits tirés, et la tête dans les nuages, dans une agence de ma banque marocaine j’ai retiré le jeudi matin  le montant exigé par les douanes en espèces sonnantes et trébuchantes… Disons plutôt un gros paquet de papier-monnaie qui vint bourrer le maigre dossier que j’avais prévu. De retour au port, j’ai enfin pu libérer mon malheureux petit véhicule qui n’y pouvait mais…

 

Dédouane02

 

Parti d’Arles lundi après-midi, je posais mes valises à Fès jeudi soir…

 

Chérubin et moi en avions du temps à récupérer ! Je n’ai pas pu écrire une ligne avant ce dimanche après-midi. Toutes mes excuses présentées à mes nombreux lecteurs qui doivent être très inquiets sur mon devenir… Aimer et être aimé. Rien de moins, rien de plus.

 

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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...

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Bonjour...

    Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...

     

Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!        
 Juillet 2012        
      J'ai obtenu le statut de résident étranger au Maroc.
            C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Seulement, il y avait ce satané véhicule ! Je n'ai plus le droit d'avoir mon jouet décapotable français. Je suis rentré en France pour essayer de le vendre afin de racheter un petit véhicule au Maroc. Seulement voila. En période de crise, ce genre de véhicule ne se vend pas ! Ou bien les acquéreurs potentiels n'osent pas investir dans de la fantaisie, ou bien ils ont les moyens d'acheter le même véhicule neuf...
Bref... Je n'ai eu d'autre solution que de racheter moi-même le cabriolet, au prix fort (plus de 22 000 €uros, soit 5000 €uros de plus que l'estimation communément admise. Se rajoutent les frais de douane ("Mise en circulation" au Maroc), environ 11 000 €uros, l'assurance marocaine (l'ancienne assurance ne peut avoir cours à l'étranger), couverture à payer en une fois annuelle (environ 1000 €) Plus... Plus...
Bref... Je suis plus pressé qu'un citron... Mais je suis près de lui.
. Je veux vivre par et pour lui.  Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, maintenant. Tout de suite.   
       
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Qui je suis

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  • 29/04/1945
  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, j'ai redécouvert l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune ! C'est lui qui m'a choisi, et je n'ai pas su dire non...

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-deux ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt deux ans qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

J'ai de plus en plus peur. Je sais, je suis totalement ridicule de trouver ceci un peu trop.

"Le marié est-il trop beau ?"

Et puis, quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. C'est inéluctable. 24/67, ratio incontournable. Je verrai.

J'imagine encore que je saurai être digne.

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