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Carnets de route

Jeudi 24 novembre 2011 4 24 /11 /Nov /2011 18:17

P1070389Ce voudrait être de l’humour. Un brin de dérision pour relativiser les emmerdes qui me sont tombés sur le paletot. Oui, mais voilà. Je n’ai ni le cœur à rire, ni l’envie de fanfaronner. J’ai fait -ou plutôt tenté de faire- une énorme connerie, et je me suis fait piquer la main dans le pot de confiture.

 

Image classique du gamin déluré qui ne résiste pas aux friandises que la grand-mère pense avoir mises en sécurité en haut de l’armoire normande. Il ne s’agit de rien de plus que ce genre de chapardage, sauf que là, je n’ai plus six ans mais soixante six, et que les conséquences ne sont pas une tape sur les fesses. J’ai, pour un bon moment encore, le front rouge de honte.

 

Je vais essayer d’expliquer simplement. Non que je doute  des capacités de compréhension des quelques lecteurs qui entreprendront de me lire, mais pour tenter, moi, de retrouver mes petits. Et de les remettre dans les bonnes cases.

Revenons à la genèse…Un véhicule étranger, français notamment, ne peut séjourner plus de six mois sur le territoire marocain. J’avais donc dû me résoudre à rentrer en France. Après avoir passé ce temps de rêve à Fès auprès de mon Chérubin, j’ai rencontré de sérieuses difficultés pour quitter le territoire. J’en parlais ici. J’ai ainsi découvert que, hors de l’Europe, les séjours sont rigoureusement règlementés. Les visas touristiques sont généralement accordés pour trois mois.

Les contraintes concernant l’importation d’un véhicule sont encore plus rigoureuses, du moins ici, au Maroc. Pendant mon séjour en France j’ai passé des heures et des heures sur Internet à rechercher une ou des solutions. J’en ai tiré deux possibilités :

 

-          « Perdre » mon passeport, et repartir avec un passeport neuf pour redonner une virginité à mon petit cabriolet chéri. Ainsi fut fait. Je ne pus me résoudre à détruire l’ancien Sésame, et je le planquais soigneusement dans la voiture ;

-          Plusieurs internautes conseillaient de sortir du territoire marocain, ne serait-ce que pour 24 heures, pour retrouver au retour un nouveau visa valable trois mois. L’enclave espagnole de Mellilia est idéale pour cette formule…

 

Nous voici donc partis, Chérubin et moi, pour une balade touristique dans le nord du royaume, qui devait passer par Nador pour me permettre de faire un saut de puce sur le territoire espagnol.

Seulement voila. Au contrôle de frontière le policier me fit les gros yeux en me disant qu’il n’était pas dupe, et que je ne devais pas rêver, je n’obtiendrais pas si facilement une prolongation de trois mois de mon séjour « touristique ». Il m’a fichu la trouille, et m’est alors venue une idée de génie : un tour de passe-passe, et l’ancien passeport a pris la place de celui en cours…

 

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Seulement voila. Les policiers marocains ne sont pas plus cons que les européens… Et leurs outils informatiques progressent de jours en jours.

 

Résultat des courses : pris en flagrant délit, les doigts dans le pot de confiture. Le rapprochement fait, ils ont exigé que je leur présente les deux passeports (utiliser deux « documents de voyage » est un délit puni par la loi…) Ils ont fait le rapprochement entre les deux séjours de la voiture dans la même année. J’avais donc largement dépassé les six mois règlementaires. Le véhicule est resté bloqué à la douane. Je suis rentré au Maroc à pied…

 

Bon, après m’avoir traité comme le pire des délinquants, avec un mépris inouï que je n’avais jamais connu, ils ont assoupli leur position en me permettant d’aller à Mellilia garer de façon correcte mon véhicule. Mais je suis bel et bien sorti de la zone douanière à pied, mes bagages à la main.

 

Nous avons loué une petite voiture, et je suis revenu à Fès, la queue entre les jambes…

 

Je ne peux rester ainsi. Je dois donc quitter le territoire au plus tôt, aller dans l’enclave espagnole récupérer ma voiture et y prendre un bateau… Qui me fera débarquer dans le sud de l’Espagne ! Il me restera à faire quoi ? Environ 1500 à 1800 kilomètres pour rentrer chez moi…

 

Pourquoi est-ce que je vis cet « incident » très difficilement ? Il est vrai que, même à l’armée, même lors de mon incarcération il y a plus de trente ans, je n’ai jamais subi un tel mépris, une telle agressivité latente dans une relation. J’ai fauté, oui. J’ai commis un délit, oui. J’ai essayé de tricher, sans nul doute. Mais… J’aime le Maroc, tous ses habitants. Ok, un plus particulièrement. Ok…

 

P1070390Je suis en train de découvrir le plus possible d’auteurs marocains :

 

-          Abdelhak Serhane, « Les enfants des rues étroites » ;

-          Ahmed Sefrioui, « La boîte à merveilles » ;

-          Driss Chraïbi, « Le passé simple », « La Civilisation, ma Mère !... » ;

-          Mohamed Choukri, « Le pain nu ».

 

Ces auteurs parlent du « protectorat français ». Et je ne dois pas oublier que ce qu’ils racontent a moins de soixante-dix ans. Grosso-modo, la répression sanglante a eu lieu lorsque j’étais né. A cette époque Mohamed Choukri a mangé des poissons pourris et du pain jeté dans une mer huileuse pour ne pas mourir de faim…

 

 

Alors, l’agressivité envers un descendant de ces ignobles colonialistes…

 

 

 

P1070398

Un âne ? Qui est l'âne ?

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Mercredi 19 octobre 2011 3 19 /10 /Oct /2011 17:58

 

oignon116« N’y a plus qu’le P’tit Pierre,

Mais nous le marierons,

A la petit’ Jeannette

La fille du patron,

La fill’ n’est pas bien belle

Mais les oignons sont bons ! »

 

En ce moment, dans ma tête, le dernier couplet de cette vieille chanson française est lancinant.  C’est l’un des joyaux de notre folklore que nous aimions chanter, Monique et moi. Lorsque j’avais encore un filet de voix qui pouvait honorablement accompagner le soprano de ma femme.

 

Le dernier vers ne parle pas des légumes de l’illustration ! C’était une expression populaire qui voulait dire qu’il y avait de la réserve. Un bon gros bas de laine. Bref, du flouze.

 

              oignon115  oignon117

 Ici, l’or ne dégouline pas entre les planches disjointes du grenier. La plupart du temps, les maisons aux toits plats n’ont pas de combles. Résidences ou fermes. Alors, pour conserver leurs oignons, ils utilisent cette technique : un muret de pierres sèches pour protéger de l’humidité du sol et sans doute aussi de quelques parasites.

 

oignon118Les bouquets d’oignons soigneusement empilés sur ces murs, le tout recouvert d’une couche de foin en guise de chaume et de bâches soigneusement arrimées. En ce moment, entre Fès et la montagne, ces alignements réguliers pullulent. Je comprends enfin les raisons de ces murets que j’avais photographiés en décembre 2010 en allant vers  le Sud. A l’époque, je me demandais à quel jeu ils étaient destinés, et le vocabulaire de Chérubin était insuffisant pour qu’il comprenne mes interrogations et qu’il y réponde…

 

 

 

                               oignon004    oignon006

 

Hier, nous nous sommes baladés dans la montagne. Que du bonheur. J’y reviendrai sans doute. Il fait un temps splendide, et nous avions ouvert le toit de la voiture. C’était impressionnant : toute la campagne embaumait l’oignon ! De quoi avoir envie de se mettre à la cuisine ! 

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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...

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    Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...

     

Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!        
 Juillet 2012        
      J'ai obtenu le statut de résident étranger au Maroc.
            C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Seulement, il y avait ce satané véhicule ! Je n'ai plus le droit d'avoir mon jouet décapotable français. Je suis rentré en France pour essayer de le vendre afin de racheter un petit véhicule au Maroc. Seulement voila. En période de crise, ce genre de véhicule ne se vend pas ! Ou bien les acquéreurs potentiels n'osent pas investir dans de la fantaisie, ou bien ils ont les moyens d'acheter le même véhicule neuf...
Bref... Je n'ai eu d'autre solution que de racheter moi-même le cabriolet, au prix fort (plus de 22 000 €uros, soit 5000 €uros de plus que l'estimation communément admise. Se rajoutent les frais de douane ("Mise en circulation" au Maroc), environ 11 000 €uros, l'assurance marocaine (l'ancienne assurance ne peut avoir cours à l'étranger), couverture à payer en une fois annuelle (environ 1000 €) Plus... Plus...
Bref... Je suis plus pressé qu'un citron... Mais je suis près de lui.
. Je veux vivre par et pour lui.  Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, maintenant. Tout de suite.   
       
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
 
       
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  • 29/04/1945
  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, j'ai redécouvert l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune ! C'est lui qui m'a choisi, et je n'ai pas su dire non...

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-deux ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt deux ans qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

J'ai de plus en plus peur. Je sais, je suis totalement ridicule de trouver ceci un peu trop.

"Le marié est-il trop beau ?"

Et puis, quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. C'est inéluctable. 24/67, ratio incontournable. Je verrai.

J'imagine encore que je saurai être digne.

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