Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 10:56

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Faire des bagages les plus compacts possible : je vais devoir tout porter seul pendant près d'un kilomètre !

 

Revenir sur mes pas, seul. Chérubin dort comme un ange. Il me dira sans doute que lorsque je ne suis pas là il n'arrive pas à bien dormir...

 

Rendre la voiture de location à Nador, seul. On me demande des nouvelles du deuxième conducteur ;

 

Me faire conduire à la frontière, seul ;

 

Me présenter aux autorités et constater qu'elles ne sont pas rancunières ;

 

Passer les quatre postes de police et de douane à pied, chargé comme un baudet ;

 

 

Récupérer ma voiture sagement garée dans un parc souterrain, seul ;

 

Marcher et galérer un max pour réussir à trouver de quoi manger, seul ! Un conseil en passant : n’allez pas à Mellilia pour faire du tourisme gastronomique ! Les restaurants sont encore plus rares que les cheveux sur le sommet de mon crane. Je me suis rabattu sur le petit chinois que j’avais trouvé près de l’hôtel la semaine précédente. Une cantine chinoise fortement matinée de goûts espagnols…

 

Découvrir des procédures d'embarquement simples et efficaces ! Dommage que le départ de Mellilia ne permette que d'aller au Sud de l'Espagne. Je choisirais toujours ce port d'embarquement ! Mais pas seul !

 

Une nuit de sommeil efficace, mais seul, et j'arrive à Malaga sans encombre ;

 

Me perdre trois-quarts d'heures dans les environs du port, seul ! J'ai négligé de mettre à jour Tomtom !! Visiblement il y a peu ils ont joué à chambouler tous les sens interdits ! La logique implacable de Chérubin me manque. Toujours seul.

 

Faire les 1 400 kilomètres du trajet d'une seule traite, seul, avec juste une petite pose pour le déjeuner et une autre pour le dîner... Je n'ai pas le cœur à faire du tourisme, seul, comme me l'avait suggéré ma fille ;

 

Arriver en Arles assez tôt pour me connecter sur le visiophone et souhaiter une bonne nuit à mon Chérubin. Oublier ma solitude quelques minutes.

 

Me retrouver seul dans cette grande maison…

 

 

 

Le mois va être long !

 

Publié dans : Carnets de route
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Samedi 26 novembre 2011 6 26 /11 /Nov /2011 08:00

 

 

genzoe19.jpgQuarante ans. Encore un anniversaire que nous ne fêterons pas.

 

Monique et moi n’étions pas des adeptes forcenés de l’union consacrée. Nous l’avions envisagée, parce qu’à cette époque encore, ce pouvait être difficile pour un enfant de naître hors mariage. Mais nous avions le temps : notre premier n’était pas programmé dans les mois à venir. Nous vivions ensemble dans un minuscule appartement du 14ème arrondissement parisien, et nous étions parfaitement heureux ainsi. Ce sont de vulgaires contingences matérielles qui ont précipité notre union. (Je ne pouvais obtenir l’attribution d’un logement de fonction, pourtant vacant, que si j’étais officiellement marié… Le Ministère de la Justice ne reconnaissait pas le concubinage sous Pompidou !). La date de la cérémonie fut donc fixée à la va vite, en ne prenant en compte que le délai imposé par la publication des bans.

 

Pourquoi est-ce que je cause de ça, moi ? Ah oui ! Juste pour dire que cette date n’a jamais eu beaucoup d’importance pour moi. Monique aimait bien que nous la marquions par une petite balade, par un bon resto, par un séjour prolongé sous la couette. C’est tout. Alors, pourquoi revenir sur cet anniversaire foiré ? Les dizaines se fêtent ? Monique m’a quitté voici bientôt quatre ans.

 

Mariage2.jpg

 

Oui, mais non. C’est un autre anniversaire que je voulais honorer. J’ai rencontré Chérubin le 27 novembre 2010. Il y a un an tout juste, un samedi. Un an que je ne comprends pas ce qui m’arrive. Bien entendu, à l’époque j’avais remarqué la concomitance des dates. J’avais souri et haussé les épaules. Je ne pouvais alors pas imaginer l’importance que prendrait pour moi ce qui n’était au départ qu’une simple aventure. Et les dates, la symbolique, tout ça… RàB. « Rien à branler », si vous voyez ce que je veux dire ! Quoique. Cette expression, n’est peut-être pas parfaitement bienvenue en l’occurrence. Je n’ai plus jamais eu envie de garder mes mains au fond des poches. Si vous voyez ce que je veux dire.

 

Alors ? Hein ? Alors ?

 

Ben, je le jure sur ce qui m’est le plus cher : je n’ai jamais été, et je ne suis pas devenu superstitieux. Oh que non ! Je suis toujours autant agnostique et athée. Même après plus d’une année passée dans des pays où chaque phrase se conclue par « Inch’ Allah ». Je ne crois pas, et je n’ai jamais donné la moindre signification aux concours de circonstances.

 

Mmmmm ? N’empêche. N’empêche.

 

Il y a quelques jours je suis retombé sur ce billet. Et le trouble profond qui m’avait assailli lorsque je me suis retrouvé seul à accompagner mon père dans ses derniers instants, m’a submergé de nouveau. Il y a quand même de ces hasards qui donnent le frisson et qui font trembler les plus fortes convictions…

 

N’empêche. N’empêche.

 

J’ai rencontré Chérubin un samedi après midi il y a un an. Nous ne nous sommes plus quittés. En soi, c’est déjà troublant. Tout s’est déroulé comme « si c’était écrit ». Le plus naturellement du monde. Ah, oui, tiens, je préfère préciser :  je ne suis absolument pas un fan des anniversaires. La date de cette rencontre n’avait aucune raison de se graver dans ma mémoire. En fait, il se trouve que nous avons aujourd’hui des témoins implacables : les photos sont mémorisées avec la date et l’heure de leur prise de vue… Et comme à cette époque là j’avais tendance à mitrailler mes conquêtes…

 

N’empêche. N’empêche.

 

J’ai raconté ici la seule rencontre de ma vie qui a fait vaciller mon engagement auprès de Monique. Je le reconnais, cette histoire là m’a profondément marqué, et aujourd’hui encore je ne peux y penser sans un douloureux serrement du cœur. Mais pour « raconter », je n’avais pas osé donner son vrai nom au jeune algérien, et j’avais choisi « Mehdi », prénom que je trouve doux comme une caresse, et auquel sont associés d’autres charmants et sensuels souvenirs. Or, le temps passant, ma mémoire s’est troublée, et le nom de « Mehdi » est devenu si intimement lié à cette aventure que la véritable identité s’est enfouie au plus profond de mon inconscient.

 

Un jour, en zappant sur le parcours d’un lecteur, le fait de retomber sur ce texte et de faire le rapprochement avec mon Chérubin m’a particulièrement troublé, au point d’en faire un billet.

 

Le mois d’Août dernier a été difficile à supporter, moi, seul en France me laissant déprimer avec complaisance, lui, seul dans notre appartement, assurant péniblement ce Ramadan, seul pilier de l’Islam qu’il pratique rigoureusement, comme beaucoup de musulmans marocains. J’essayais de tromper ma désolation en bricolant un peu et en rangeant, rangeant… Comme l’on range lorsque l’on envisage de déménager ou de disparaître… Et ce rangement me valut une surprise violente dont j’eus du mal à me remettre.

 

Je suis tombé sur une impression basique pliée en huit, d’un vieux tableur qui était la sauvegarde ou l’archivage de mes contacts téléphoniques d’une très lointaine époque. Par simple curiosité je l’ai parcouru et… Le nom de mon algérois m’a sauté à la gueule ! Je l’ai reconnu sans la moindre hésitation, et des bouffées de souvenirs m’ont envahi.

 

Ce prénom ? Vous l’avez compris je pense : c’est celui de mon Chérubin. Pourquoi le déclic ne s’était-il jamais produit ? Pourquoi ai-je cru découvrir ce prénom avec mon Chérubin ? J’ai pleuré pendant des heures.

 

N’empêche. N’empêche.

 

Cette mésaventure en début de semaine que je vis comme un drame. Justement cette semaine. Justement mon appréhension à l’approche de la date anniversaire. D’aucuns s’en souviennent peut-être, la saga « Zig » s’est terminée quelques jours avant que l’année soit révolue.

 

Les jours qui ont précédé notre balade utilitaire, j’appréhendais de plus en plus le départ. A plusieurs reprises j’ai dit à Chérubin combien je redoutais ce voyage. « Mais pourquoi ? », « Je ne sais pas, je ne le sens pas… Je n’arrive pas à me projeter dedans… » Au point, avant le départ, de rédiger et ranger dans mon portefeuille un texte où je donnais mes dernières instructions. Au cas où…

 

Celle-ci « d’aventure », je ne supporte pas l’idée qu’elle puisse avorter. Ou capoter.

 

Publié dans : Journal au jour le jour
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Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
      1er Février 2012
Je suis de retour dans le Royaume depuis un mois.    
      J'ai entrepris les démarches pour obtenir le statut de résident étranger au Maroc.
      Je ne peux plus me cacher derrière mon petit doigt : C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Je ne veux plus me torturer. Dans quelques mois peut-être, lorsque la France sera redevenue une République ouverte et démocratique...
. Pour l'instant je veux vivre. Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, ici, maintenant.    
Je baigne dedans.    
       
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  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, je redécouvre l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune !

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. Je verrai.

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