Je me prépare

Mardi 24 juillet 2007 2 24 /07 /Juil /2007 17:22

Ce col est vraiment très difficile à grimper pour moi. Aurais-je présumé de mes forces réelles ? Je commençais à envisager de prendre un chemin de traverse pour contourner l’obstacle. Encore une fois le virtuel décide pour moi... Chant du cygne ? Une vieille amie a exprimé l’intention de passer quelques jours avec nous. Elle a soixante quinze ans. Je compte sur sa joie de vivre et son indéfectible optimisme pour nous aider à réagir... Je suis allé la chercher hier sur son précédent lieu de villégiature. Je suis rentré tard, nous avons mangé et papoté comme des commères... Il était environ 1 h. du matin lorsque je me suis connecté à Internet.

Il y a quelques temps, WajDi a mis en place une sorte de jeu sur son blog. Les lecteurs et commentateurs habituels avaient le droit de lui poser n’importe quelle question. Il s’engageait à y répondre. Dans ce cadre je lui avais demandé :

" Malgré ton souci de l'anonymat, et ta crainte compréhensible d'être reconnu par un proche... Si la confiance était suffisante, est-ce que tu accepterais d'aller au-delà du virtuel avec un de tes lecteurs, en le rencontrant autour d'un pot, ou ailleurs ? "

Et deux jours plus tard, vendredi soir, donc, il me répond...

" @Boby : C'etait une question ou une approche ? A priopri, je n'ai pas l'intention de rencontrer un de mes lecteurs ni plusieurs. Ma vraie vie est intense. Je lui vole du temps pour faire ce blog parce que j'y prends du plaisir et j'apprends beaucoup sur moi et maintenant sur l'ecriture. Je rattrappe mon retard et je prends de l'avance. Ici, c'est mon but. Toi tu as un autre but. Rencontrer des gens, otrement ke dans le cadre d'un plan sans lendemain. C'est ton travail à faire sur toi. Etre en relation avec kelk'un. Comme t'as peut-etre vu, j'ai pas eu des tonnes d'expériences avec les gars et notament paske j'en ai jamais rencontré sur internet (je sais bien ke c'est pas ca ke tu voulais t'inkiet). Ca implike de la rareté, plutôt ke de la boulimie. Mais je le regrette pas car chaque expérience est un souvenir et a eu du sens pour moi. Peut etre sans amour et sans tendresse mais chacun a sa place dans mon coeur et m'a touché a sa manière. Le destin aurait pu nous faire nous rencontrer ki sait. Il a voulu ke je te rencontre sur le net. C'est le mektoub. Kan on rencontre un gars pour la première fois, on ne sait pas sur lui tout ce ke vous savez sur moi. On se cache derrière des tas de murs k'on enlève l'un après l'autre. C'est la vie, c'est comme ça une rencontre, ça permet de se protéger. Je ne pourrais soutenir le regard d'aucun d'entre vous. Je ne suis pas assez solide pour ça.

J'ai lu ton article sur le virtuel Boby. Je ne peux ke te conseiller un truc : éteint ton ordinateur, sors, va à la rencontre des vrais gens, dans la vraie vie. Prends les tels qu'ils sont, avec leurs murs autour d'eux. Ca ne les empeche pas d'etre beaux. Voila ma réponse. "

Dimanche après-midi. Depuis hier, je tourne et retourne mes idées dans tous les sens pour essayer de répondre juste. Je ne parviens pas à tirer le bon fil qui ferait se dérouler la pelotte. Tout à l’heure je pars pour une rencontre en réel avec des relations jusque là virtuelles... Je voudrais avancer un peu avant. En désespoir de cause, je décide de commencer par une réflexion phrase par phrase. Donc nécessairement partielle et partiale. Mais qui me donnera peut-être du grain à moudre pour la suite.

" @Boby : C'etait une question ou une approche ? "... Et toc... Un petit tacle. Histoire de me rappeler où j’ose mettre les pieds. Histoire d’essayer de me déstabiliser légèrement. J’y lis aussi un clin d’œil. Une marque d’affection...

" A priopri, je n'ai pas l'intention de rencontrer un de mes lecteurs ni plusieurs. " Réponse directe à la question posée. Prudence de ne pas totalement fermer la communication. Simplement, ça ne fait pas partie de ses projets. Sous-entendu, il n’en voit pas l’intérêt...

" . Ma vraie vie est intense. Je lui vole du temps pour faire ce blog parce que j'y prends du plaisir et j'apprends beaucoup sur moi et maintenant sur l'ecriture. Je rattrappe mon retard et je prends de l'avance. Ici, c'est mon but. " Que de choses dites en deux, trois lignes ! Il a une vraie vie, lui, monsieur... Il ne tient pas un blog parce qu’il est un frustré en mal de rencontres. Il a essayé un truc qui s’avère lui plaire, il le prolonge parce qu’il considère que ça lui apporte quelque chose de positif. Mais c’est son trip, un plaisir personnel, égocentrique qu’il interrompra lorsqu’il ne le satisfera plus. Il le fait pour lui, pas pour les autres. C’est uniquement un chalenge envers lui-même...

" Toi tu as un autre but. " Affirmation. Evidence. Nous ne pouvons pas avoir les mêmes intérêts... Mais moi, ai-je un but précis ? Ma démarche vis à vis d’Internet et mes réactions contre le virtuel forment-elles un but ?

" . Rencontrer des gens, otrement ke dans le cadre d'un plan sans lendemain. " Tellement vrai... Absolument faux. C’est ici je pense que le malaise a trouvé sa source. Je suis las des plans sans lendemain. Vrai. Mais pourquoi cet amalgame entre notre rencontre et ma chasse sexuelle ? Faux. Ai-je malgré moi suscité ce doute et cette suspicion ? Ou bien assimiler mon " ouverture " à un plan de drague est-il pour lui plus rassurant ? J’essayerai d’y revenir après...

" C'est ton travail à faire sur toi. Etre en relation avec kelk'un. " Pertinence de WajDi que je commence à intégrer. Il a facilement vu ou analysé où se situent mes principaux problèmes et mes plus grandes difficultés. Il pondère en même temps la phrase précédente en relativisant les aspects sexuels : le problème est beaucoup plus général et profond.

C’est cette phrase qui le premier soir me laissait complètement sonné... Etrange peut-être, mais c’est son évidence même qui lui donnait toute sa force. Placée ainsi dans ce contexte, entourée des autres réflexions et par l’assurance tranquille de WajDi quant au sens de sa propre vie, elle me criait à la gueule que j’étais un pauvre mec incapable d’établir une relation vraie avec qui que ce soit... Affirmation qui trouvait un fort écho... C’est ce que je ressens depuis pas mal de temps sans parvenir vraiment à le formuler. Sonné le Boby... Je suis parti me coucher avec cette phrase en tête...

" . Comme t'as peut-etre vu, j'ai pas eu des tonnes d'expériences avec les gars et notament paske j'en ai jamais rencontré sur internet (je sais bien ke c'est pas ca ke tu voulais t'inkiet). " La parenthèse, très forte... Me dire en même temps qu’il me connaît et m’apprécie suffisamment pour ne pas me soupçonner d’une démarche graveleuse, mais en même temps sous-entendre qu’il valait mieux d’ailleurs, parce que là... Je me souvenais aussitôt d’un dial d’il y a quelques (nombreux) mois. Je communiquais avec un petit jeune sur un tchat, que je trouvais mignon, certes, mais avec ma curiosité et mon ouverture d’esprit habituelles... Suite à une petite joute verbale à tonalités polissonnes je m’empressais de préciser :

" Hé, c’est clair j’espère ! Je suis pas dans un plan de drague, là ! "

Et le jeune de répondre du tac au tac :

" Je sais bien ! T’inquiètes. J’ai pas de doute ! Il vaut mieux d’ailleurs, parce que sinon, mec, là tu prendrais une méga veste ! " Comme c’était joliment dit. WajDi faisait ici au moins aussi fort avec encore moins de mots...

Dans la même tonalité d’ailleurs, le reste de sa phrase lui permettait de rappeler qu’Internet n’est pas son terrain de chasse.

" . Le destin aurait pu nous faire nous rencontrer ki sait. Il a voulu ke je te rencontre sur le net. C'est le mektoub." Equilibrer le relatif rejet du début de son texte. Souligner qu’il n’y a aucun à priori défavorable... En d’autres circonstances... Ouvrir, ne pas fermé... Très WajDi je trouve.

Un instant j’ai pensé à une pique, une moquerie. Et si je connaissais le vrai WajDi ? La vague impression de " déjà vu " que j’avais parfois ressenti me revenais en mémoire... J’évacuais vite cette éventualité. De toute façon, quelle importance ?

" Kan on rencontre un gars pour la première fois, on ne sait pas sur lui tout ce ke vous savez sur moi. On se cache derrière des tas de murs k'on enlève l'un après l'autre. C'est la vie, c'est comme ça une rencontre, ça permet de se protéger. " Et voila... Je me sentais tout penaud. Celui qui est sensé, qui a la lucidité, qui a tout compris de la vie, ce n’est pas le vieux briscard... Celui-là, il peut retourner à l’école...

" Je ne peux ke te conseiller un truc : éteint ton ordinateur, sors, va à la rencontre des vrais gens, dans la vraie vie. Prends les tels qu'ils sont, avec leurs murs autour d'eux. Ca ne les empeche pas d'etre beaux. Voila ma réponse. "

Pourquoi dans cette conclusion je ressentais quelque chose qui clochait ? Ce même conseil, délivré peu avant pas A. puis par N. . Puis par Lorenzo... Le texte de WajDi était pour moi très fort, très percutant. Et là, pourtant, quelque chose... Je devais laisser décanter.

Enfin, une évidence m’a sauté aux yeux. Je n’étais pas du tout perçu tel que j’étais. J’ai projeté malgré moi sur la toile l’image d’un mec " en manque " qui s’accrochait de façon quasi névrotique aux quelques rares contacts humains qu’il parvenait à établir, et qui cherchait de façon tout aussi névrotique une histoire de cul bien chaude avec une chair jeune et appétissante... Merde... " Ya quec chose qui cloche là-d’dans, j’y retourne immédiatement... "

D’abord, un chiffre immédiat, simple. J’ai eu 62 ans il y a quelques semaines, et je ne me suis mis à fréquenter assidûment ces forums et les blogs que depuis janvier dernier... J’ai un peu vécu avant...

Un jour, en plaisantant, je disais à N. que je ne comptais plus mes aventures par centaines, mais bien par milliers maintenant... Et je pensais aussitôt, " Là, mec, tu pousses le bouchon un peu loin... ". Ne vous moquez pas, j’ai pris ma calculette...

J’ai 62 ans. J’ai commencé à délirer sur le cul à partir de 14 ans. 3 ans de fidélité totale après mon mariage. 1 an de prison. 5 ans de pension que je ne compte qu’à 50%... Reste... Allez, disons un compte rond, 40 ans de drague...

Une moyenne de 3 " aventures " par semaine... Très raisonnable, en tenant compte des périodes peu propices, des séquences de fidélité amoureuse (tellement rares !) des moments où j’étais grippé... Mais aussi des moments de folies, des années où je ne supportais pas de rentrer bredouille et où chaque jour il me fallait au moins mon petit lot de consolation... Des parties délirantes dans les saunas ou des nuits dans les jardins des Tuileries où là les orgies d’avant le Sida augmentaient très sérieusement la moyenne... 3 aventures en moyenne, donc, 3 mecs que j’ai tenus dans mes bras, à qui j’ai donné du plaisir ou qui se sont donnés à moi...

Il y a 52 semaines dans une année... Allez, disons 7 semaines de vacances et de sagesse... Reste 45...

3 fois 45 semaines fois 40 ans de drague... = 5 400 !!

Les mathématiques sont trop cruelles... " On n’est quand même pas des bêtes ! ", me disait A. un jour, en se moquant... Bon... Supposons que là pour le coup je me décris plus obsédé que je ne le suis... Je divise par trois... Hélas, je peux encore parler en milliers, je dépasse les 999...

Je te l’accorde WajDi, tu es très très loin du compte... Et beaucoup plus tranquille... Heu... Trankil... Mais quand même, une dernière petite remarque... Je suis, je le reconnais, exagérément obsédé par la beauté physique... Alors je pense ne pas abuser en affirmant qu’au moins un tiers de ces rencontres étaient des mecs plutôt beaux gosses... Ça doit quand même faire quelques centaines... Alors, " Prends les tels qu'ils sont, avec leurs murs autour d'eux. Ca ne les empeche pas d'etre beaux. "... Je sais, WajDi, je sais...

D’aucuns penseront qu’effectivement je suis un pervers, un obsédé sexuel perpétuellement en chasse. Peut-être... Peut-être pas... Disons qu’aucun de ces mecs n’est parvenu à faire tomber les murs de forteresse qui m’entourent à m’étouffer... Alors, quid d’ici et de mes rencontres sur la toile ? Ok, aucune hypocrisie de ma part ! Je suis certain, WajDi, que si je t’avais rencontré en premier dans " le réel ", je t’aurais d’abord et avant tout considéré comme une proie potentielle. Je pense, avec une quasi-certitude et un flair de chasseur que tu as exactement le physique qui me fait fortement réagir... Et alors ? J’assume... Et alors ? Justement, je ne t’ai pas rencontré en " direct live " et j’ai pu dépasser les leurres de la carapace dorée... Le premier des murs...

Il en va de même pour A. et N. Une évidence que ces garçons, tels qu’ils se sont donnés à voir, dans une première rencontre j’aurais pensé en premier lieu à les mettre dans mon lit... Je les imagine terriblement séduisants... J’irai même en ce qui les concerne encore plus loin... Il ne me déplairait certainement pas de parfaire leur découverte des plaisirs au masculin en rejoignant le couple dans leurs ébats pour des plaisirs plus intenses... Et alors ?... Et alors, comme je l’ai écrit ici sous différentes formes, mon attachement à A. est allé tellement plus loin... Il a pris des formes qui m’ont tellement enrichi, donné des bonheurs immenses... Qu’aucune des quelques centaines de parties de jambes en l’air ne m’ont apporté... Justement, parce que certains murs sont tombés... Certains de MES murs se sont effondrés... Justement, parce que le concept de drague est très très loin, presque effacé à l’horizon...

Ces murs... Ah, ces murs... Combien ton image est belle, bien amenée, bien présentée... Le style WajDi comme le dit un de tes commentateurs-admirateurs... Seulement, mon grand, il me faut juste te rappeler un petit quelque chose... Je suis un ancien " travailleur social "... Un professionnel de la communication et des relations humaines... Mes intérêts, mes passions, au-delà même de ces aspects professionnels ont toujours tourné autour de l’éducation, de la découverte et de l’enrichissement de l’autre. Je me suis toujours attaché à aller au-delà de tous les blocages, à dépasser ces murs lorsque je ne pouvais pas les abattre... Et je crois pouvoir dire sans forfanterie que j’y réussis assez bien... Alors, ces fameux murs ?...

Lorsqu’enfin je suis parvenu à y voir clair, j’ai souri sur ta phrase " Je ne pourrais soutenir le regard d'aucun d'entre vous. Je ne suis pas assez solide pour ça. "... Toute la confusion vient de là... Toi, A., N., Lorenzo aussi sans doute, pensez que vous avez fait tomber " vos murs " par pans entiers, et que vous seriez immensément fragiles dans une rencontre avec les témoins de votre mise à nu...

Moi, au terme d’une vie riche mais hélas beaucoup trop stérile à mon goût, je ne suis venu ici que pour essayer d’abattre MES murs... Ce que la vie, l’amour de ma femme, les années de psychanalyse, n’ont pas réussi à faire, je voudrais essayer de le réussir ici. Je n’ai vu dans le forum, les blogs, MSN, que le moyen de travailler en force à, justement, un abattage de ces énormes murs qui m’enserrent et m’étouffent... Très souvent pendant mon analyse, je butais justement sur cette image... J’étais enfermé dans une forteresse inexpugnable et je tentais vainement de grignoter ces murs de granit qui se régénéraient au fur et à mesure...

Je ne me suis pas livré ici autant que tu le penses, WajDi... Je commence juste ce travail de mise à nu... J’ai fait quelques pas... Une petite brèche est ouverte, je le sens. Et, justement, j’ai envie de voir, de sentir, que quelque chose a bougé... J'ai envie de le sentir dans le réel, dans le concret. J'ai envie de dépasser le virtuel...

Dérision de la situation : mes correspondants ont peur de  s’être trop livré et redoutent mon jugement... Et moi, j’ai soif de mettre à l’épreuve ce nouveau Boby que je sens en train de naître. J’ai soif, et j’ai peur, j’ai envie, et je redoute...

Putain de virtuel...

Dimanche soir, j’ai enfin eu l’occasion, pour la première fois, de rencontrer deux forumeurs, donc de mettre à l’épreuve une partie de ce raisonnement. J’ai vu ses limites. J’ai compris qu’un outil n’avait d’intérêt que par l’usage que l’on en faisait. La rencontre a été riche. Pas inintéressante. Des personnages dont la rencontre aurait été, sinon impossible, du moins hautement improbable dans la vie réelle... Une rencontre qu’il eut été dommage que je ne l’eus pas... Une rencontre toutefois en grande partie vaine. Parce que les murs de la forteresse étaient toujours là. J’ai joué un personnage toute la soirée... Mais mon implication dans notre relation virtuelle était jusque là restée très limitée.

Quelques jours ont passé. La douleur est moins vive. Mais maintenant je sais. J’ai mis à l’épreuve ces nouveaux outils, je crois en leur extraordinaire potentiel. Je suis en bonne voie pour ébranler les murs de la forteresse. Mes murs. Je dois franchir une nouvelle étape en dépassant la virtualité de mes différents personnages. Désolé, A. et N., de vous imposer ces épreuves qui ne sont pas les vôtres. Désolé WajDi de perturber ta tranquille satisfaction de ton évolution personnelle. JE dois avancer... JE me reconstruis. JE me montre égoïste...

La douleur est moins vive, mais toujours là. J’ai bien conscience que je suis en train de détruire et certainement de perdre des amitiés naissantes qui m’aidaient à conserver de la force... Mais continuer comme avant équivalait pour moi à m’enferrer dans un cul-de-sac... Il faut que j’avance...

Ouf... Encore quelques coups de pédales... Le sommet du col n’est peut-être plus très loin...

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Mercredi 18 juillet 2007 3 18 /07 /Juil /2007 19:57

Ah ! Ce titre... ! Vous comprenez facilement : il trotte dans ma tête depuis bientôt une semaine ! Encore un peu, et il va vraiment faire pétard mouillé... Une semaine où les idées m’envahissent, les doutes me taraudent, l’idée de bons mots me fait sourire, et je ne sais pas, je ne sais plus, non ce n’est pas vrai, il vaudrait mieux que je dise ça, mais à quoi ça sert ? Ai-je le droit de dire du mal, de prendre le risque de faire mal, de douter publiquement ? Et puis, y a-t-il seulement une personne intéressée par mes états d’âme sur le virtuel ? Oh, et puis il faut que j’avance... Pas le millième de ce qui me traverse l’esprit depuis vendredi dernier... J’ai la haine du virtuel... Des artifices. Des faux-semblants. Des manipulations. De l’absence de vérité. J’ai la haine. Oh, ce n’est pas nouveau ! J’ai toujours été obsédé par la recherche de la plus grande transparence, de la vérité la plus précise, la plus exacte... Les prémices de cette grosse colère actuelle se sont dessinés pendant la campagne électorale. Les manœuvres étaient grossières. La manipulation de l’opinion écœurante. Chacun cherche à piéger l’autre sans répit... La Droite a été immonde. La Gauche profondément ridicule. Ma candidate préférée trop souvent pas à la hauteur sur ce sujet de la transparence... J’ai souffert...

Et là, en écoutant ma femme dire son souhait de ne surtout pas manquer le feu d’artifice sur le Rhône, le bon titre... L’envie de vider mon sac... De secouer le cocotier...

Et vous savez quoi ? Depuis samedi dernier je ne pose pas les pieds par terre... Je n’ai pas eu une minute pour écrire. Totalement impossible ! Je n’étais pas sur l’ordi que un tel, ou un autre me mettait le grappin dessus. Des choses importantes. Des fariboles. Des émotions. Des douleurs. J’avais du mal à reprendre mon souffle. Je jurais mes grands Diables que l’on ne m’y reprendrait pas... Je n’ouvrirais plus MSN... Mais nouvelle connexion, et... Faut que je voie si j’ai des messages... Et... Trop tard !... Mardi matin, je me lève à cinq heures... Quand même... Je devrais bien réussir à faire juste un petit billet...

Lundi soir, quelques brefs échanges avec WajDi. Une réflexion un peu maladroite de ma part, et aussitôt il se met en position de combat, la défense bien en place, un petit coup de la pointe du pied sur mon flan droit pour me rappeler qui il est... Pas d’uppercut (Private Joke !) mais ça fait mal quand même... J’employais cette image que j’ai envie de reprendre ici : " Moi, je suis plutôt du genre à avancer en ouvrant grand les pans de la chemise pour qu'on voit le coeur... Alors les coups portent à chaque fois... " Oui, je crois que mon problème est en partie là. Ou que l’une des manifestations de mes problèmes est dans cette mise en fragilité... J’ai besoin de m’offrir aux coups de griffes des bêtes sauvages...

Et vous savez quoi ? Encore loupé... Le Virtuel m’a agressé mardi matin... Je n’ai pas su résister à ses sirènes... J’ai répondu à A. ... Ici, là, à cet instant, nous sommes mercredi matin, il est 6 h. 00... Je n’ai pas plus avancé que ça... Cela devient du délire... J’ai le sentiment de ne plus rien contrôler... De me laisser emporter... Le Virtuel a vu, c’est sûr, qu’il était en danger, que je voulais le détruire, et il rue dans les brancards... Utilise toutes ses ruses... Me manipule avec une excitation sadique... J’entends par moment son rire diabolique... Peut-être jette-t-il ses derniers feux de Grand Artificier ?

C’est décidé. Je ne réponds à personne sur MSN... Je suis " Hors ligne "...

Entre deux, j’ai quand même pris le temps de relire certains de mes articles. Il y a longtemps que je tourne autour du pot, que j’exprime des souffrances diffuses sur ce thème du virtuel frustrant... Mais sans jamais rien construire, sans jamais réussir à formaliser. Je sais maintenant que c’est un point très important pour moi. Mais à chaque fois je l’effleure, et je m’échappe en courant... Il suffit donc que je m’empêche de fuir...

Virtuel, ce mot à la mode, est en fait mon compagnon depuis ma plus tendre enfance. Qu’est-il d’autre que l’imaginaire ? Et ça, l’Imaginaire, il pourrait vous dire combien il a été mon compagnon de chaque instant, de chaque moment de solitude, de chaque moment de souffrance, combien il a été trop souvent sans doute, le magistral vainqueur du Réel... Oui, mais il y a quelque chose d’autre.

Dans ce monde moderne, les technologies souvent incomprises font peur. Leur puissance immatérielle est souvent considérée comme menaçante par les néophytes dépassés... La Toile est d’évidence une araignée menaçante pour beaucoup de gens... Mais il y a plus encore...

Ma femme a toujours haï l’informatique. Bien avant que je m’équipe d’Internet. Les autres femmes n’étaient pas une menace pour notre couple. Elle aurait été prête à affronter n’importe laquelle. Les hommes, c’était plus problématique, mais elle avait quand même une grande confiance. Elle savait qu’elle pouvait me partager sans me perdre. Mais cet engin de mort posé sur mon bureau !... Il lui volait son homme... Elle n’a jamais été jalouse d’une femme ou d’un homme, même d’un jeune homme... Elle a dès le premier jour manifesté une haine farouche pour ce malheureux écran... Et lorsque Internet lui a donné une vie planétaire, la concurrence est devenue insupportable...

J’ai dû faire avec...

Je me souviens d’une discussion avec mes amis et elle au tout début de ma rencontre avec A. ... La levée de boucliers ! J’étais inconscient, j’allais être la victime d’un prédateur déguisé en brave pompier de base, je n’avais donc pas lu ces pièges immondes qui se tissaient sur la toile ?... Que répondre à l’irrationnel ?

Les rencontres sur un forum de discussion et sur un tchat sont souvent une caricature de la virtualité... De tendres mamours sont partagés avec des personnes que bien souvent l’on fuirait, ou pour le moins on ne remarquerait même pas dans la vraie vie... Lorsque je me suis engagé dans ce genre de relations sur le forum de Bareback Mountain, elle n’a pas supporté. " Mais qu’ont-ils de plus que moi, eux, pour que tu leur consacres autant de temps ? ", " Mais je suis là, moi, présente. Tu peux me toucher. Me voir sourire... ", " Si tu vas vers eux, c’est qu’ils t’apportent des choses que je suis incapable de te donner. Tu dis que ce n’est qu’intellectuel, donc intellectuellement, je ne t’apporte rien... "... Et tant d’autres...

J’ai une particularité qui, je le crains, n’est pas très originale. Lorsque l’on me critique, je me défends et suis de plus en plus sûr que j’ai raison. Lorsque l’on me harcèle, je m’enferme et me butte dans mes convictions. Je veux avoir raison contre tout le monde. J’éprouve une réelle jouissance à montrer que c’est moi qui avais vu juste...

L’entrée de A. puis de N. dans ma vie a soulevé une foule de questionnements. Ma femme, mes amis, d’autres témoins sur le forum ont mis en doute une histoire tellement romantique et idyllique qu’elle semble préparée pour un roman photo de hall de gare... J’ai considéré comme insultants les doutes émis. On peut s’interroger. On n’a pas le droit de douter publiquement au risque de profondément blesser des protagonistes qui eux seraient innocents et sincères... Je me suis totalement investi, sans aucune réserve, dans leur histoire, telle qu’ils me la racontaient, dans laquelle ils me faisaient partie prenante.

Des doutes, il y en a eu. Des situations troublantes et équivoques, j’en ai rencontré. Des coïncidences troublantes m’ont agressé... Je leur ai parfois dit mes interrogations. Je n’ai jamais voulu douter...

Pourtant, le virtuel me pèse de plus en plus. J’aurais maintenant besoin de déchirer la toile, de passer de l’autre côté de l’écran. J’ai déjà fait un long paragraphe là dessus à la fin de mes vacances. Mais en restant encore beaucoup trop superficiel. Coincé, englué dans des émotions mièvres que je ne parviens pas à maîtriser. Il faut que je réussisse à grimper ce col difficile. Ça devrait aller mieux dans la descente.

Je suis profondément, exagérément attaché à A. et N. . Ce couple parle avec véhémence à mes tripes davantage qu’à ma raison... Bon. Constat.

La relation avec WajDi est en train de prendre une tournure aussi menaçante, bien que totalement différente. Bon. Constat.

Mes autres relations à travers la toile ne rencontrent pas ces difficultés, ne présentent pas ces menaces. Même avec de jeunes mecs pleins de promesses. Bon. Constat.

J’ai compris que le plus virtuel était le personnage que je m’étais construit, et qui est une sorte de négation de mon Moi véritable. Bon. Constat.

J’ai compris que le fait que ces jeunes restent cachés derrière la toile n’était pas un problème dans mes relations, mais un problème dans mon " être ". Bon, constat.

Et je fais quoi, moi, maintenant ?

Hé, bien, c’est le virtuel qui a commencé à me donner la réponse. Les artifices ont réveillé la flamme. Pleins feux... Samedi matin, je ne pensais même pas que nous étions le quatorze juillet. Je me réveillais tôt. A mon habitude. Je m’installais devant l’écran, comme d’habitude. Un œil sur les statistiques du blog. Manie de vieux garçon... Et A. m’apostrophe. Me saute dessus. M’étouffe de ses embrassades virtuelles. Il est fou de joie.

La veille, je les avais eus successivement en ligne tous les deux. Ils avaient des états d’âmes, des doutes et des freins. Non par manque d’amour, mais par excès d’amour. Chacun veut se sacrifier pour le bonheur et l’épanouissement de l’autre. J’avais fortement secoué le cocotier. Je les avais engueulés, leur avais intimé l’ordre de vivre intensément. Absolument, sans se poser davantage de questions.

A. était heureux. Follement heureux. Pendant de longues minutes, je le laissais crier sa joie, son bonheur, son ivresse. Ils avançaient toujours. Ce n’était qu’une simple petite étape. Mais son monde explosait... Je l’écoutais. (Virtuellement pardi... Toujours virtuellement !)

Comment en sommes-nous arrivés à parler de mon père ?

Bob dit : Mon père, j'en ai toujours eu peur... Il a fallu la (ma) prison, et sa difficulté à y faire face, pour que je comprenne ses faiblesses, et combien il était en fait démuni. Combien j'étais bien plus fort que lui...

Bob dit : J'avais 35 ans... N'attends pas mon grand. C'est maintenant que tu es en train de prouver que tu es un mec super...

A. dit : il te cognait ton père ?

Bob dit : Très peu. Enfin, très rarement... Parce que les fois où c'est arrivé, j'ai bien cru y passer... Il était d'une violence inouïe... En fait il me haïssait, et ça transpirait par tous ses pores... Il suffisait qu'il me regarde... Je serais passé par un trou de souris.

A. dit : il faisait quoi ton père ?

... ... ...

Bob dit : C'est vrai... Le choc... Je réalise que je ne parle pour ainsi dire pas de lui dans mon blog... Il est mort depuis 23 ans, et je l'évite encore, je ne dis rien qui pourrait le fâcher... C'est dingue !!

A. dit : ton père a fait fort ! même mort, il te regarde encore !

Bob dit : Oui, c'est un peu ça... C'est très fort ce dont tu me fais prendre conscience là... En fait, je réalise que toute ma vie a été construite pour lui prouver que j'étais un mec bien. Même mon mariage, les enfants, ma fidélité aveugle et bornée à Monique (qu'il adorait !)... Tout... Je n'ai jamais été libre...

A. dit : alors tu devrais écrire, ça te libérerait surement

Bob dit : Ouais, je crois que le sujet du prochain billet est tout trouvé... 

Le reste du dial ne m’économisait pas non plus. A., quand il décide de me prendre le chou, il ne me lâche pas... Genre... " mais ça n'a rien à voir avec le monde à conquérir, personne te demande ça .C'est juste, ètre bien avec toi même , et tes histoires de posthume, de fin de vie, de " j'en ai plus pour longtmeps ", ça, c'est juste pour te dispenser d'évoluer ! ". Mais je ne parvenais plus à l’écouter. Tout tourbillonnait dans ma tête. Un feu d’artifice. Les artifices du virtuel qui me foutent le feu. J’essayais, là en quelques minutes de décanter et comprendre ce que ces p.... d’analystes n’avaient pas réussi à me faire toucher du doigt en plusieurs années à deux séances par semaine... A part leur payer une nouvelle bagnole, ça avait servi à quoi, mes déballages ?

Je commençais à entrevoir des hypothèses... Mon père m’avait toujours rejeté. Pour des raisons que j’essayerai d’approcher dans un prochain billet. Moi, connement, je l’aimais, comme un fils aime son père. Sans y réfléchir. Sans analyser. Mais mon amour était un amour interdit. On n’a pas le droit d’aimer si l’on n’est pas aimé en retour... Je repensais au nombre de fois où j’ai dit que j’étais incapable d’aimer si cet amour me semblait impossible... Donc, puisque je n’étais pas aimable au sens propre, je devais être un personnage au moins supportable mais qui n’envisagerait jamais d’être aimé. Et j’ai construit un personnage virtuel. Totalement virtuel. Artificiel. Qui justifiait qu’il n’était pas aimable... En somme je suis et ai toujours été un personnage virtuel, qui ne supporte pas le virtuel parce que cela met trop l’accent sur sa propre virtualité, mais qui ces derniers temps, profitant des nouvelles technologies, a bâti un personnage imaginaire sur la toile, encore plus virtuel, encore plus artificiel, qui se voudrait toutes les qualités humaines qui pourraient le rendre désirable, même si totalement factices, irréelles, improbables... Une image sans véritable corps, sans âge repérable... Disons... Une image virtuelle... Ouh lala ! Et je dois en laisser à côté. Personne n’y retrouvera ses petits... Moi je suis dans le cirage...

Il va falloir que je laisse un peu reposer... Cette petite semaine de tergiversations n’a d’évidence pas suffit. Mais je vais essayer de prendre les choses dans l’ordre. Bon, d’abord, le virtuel qui n’est que virtuel, qui repose sur des sentiments virtuels et des personnalités artificielles ou incertaines... Je n’en veux plus. Comment essayer de devenir enfin réel, si je reste uniquement dans l’imaginaire dans des relations importantes ?

Je vais faire un beau feu de ces artifices !

A.et N. ... Vous savez combien je vous aime. Combien mon personnage virtuel vous aime. Combien virtuellement de vous appartiens corps et âme (Elle n’est pas virtuelle, elle ? ?) Je ne sais plus. Je ne sais pas. Je n’éprouve aucune agressivité à votre encontre. Notre relation –virtuelle- m’aura donné les plus grands moments de bonheur depuis des années... Mais je ne peux plus... Je ne peux pas continuer...

A chaque connexion, je me mords les lèvres jusqu’au sang (virtuellement) pour ne plus être tenté de parler de photos, de coup de téléphone, de rencontres... Je ne vous rejette pas. Je ne vous abandonnerai pas. Je répondrai à vos éventuels appels de détresse... Mais je serai loin, beaucoup plus loin...

Pourtant, ce serait si simple, si, comme je continue à le penser, il n’y a pas de lézard dans notre histoire...

  • Un portrait de vous deux ensembles fait dans n’importe quel photomaton, puis scanné ;

  • Une conversation téléphonique à trois ;

  • Equiper d’une WebCam l’un de vos ordinateurs, pour que je puisse vous voir...

  • Le top, une rencontre en réel, mais un tel voyage... Irréaliste.

  • Vous avez le choix des armes... Je remets ma vie virtuelle entre vos mains...

A mort, le virtuel !!

WajDI, avec toi la question ne peut se poser dans ces termes. Notre rencontre est trop récente. Ta confiance est à conquérir...

Mais un jour sans doute, pour moi, la question de briser le virtuel se posera...

Dans l’immédiat, je poserai juste une petite question dans ton formulaire...

Voila... Avec ça, je devrais arriver au sommet du col. Alors j’entreprendrai la descente, et alors... Attention aux accélérations !

Jeudi 19 juillet à 18 h. 20

Vingt-quatre heures que j'ai fini d'écrire et posté. Et je souffre. Beaucoup. Le Tour de France après nous avoir fait un petit coucou a roulé tranquillement dans les plaines de Camargue...Moi, je ne suis pas encore en haut du col... Que la pente est rude !

 

Vendredi 20 juillet à 14 h.30

Je n'ai pas fait le bon article. En voulant jouer sur tous les sens de "virtuel", je n'ai obtenu que de la confusion. Lorenzo me conseille de mieux gérer ma relation à la toile et de ne pas tomber "accro"... A. m'a laissé des messages ce matin. Il se confond en excuses, en regrettant de m'avoir trop vampirisé. En approuvant que je veuille prendre de la distance... Mais je ne veux pas m'éloigner ! Lui et N. ne m'ont pas trop demandé ! Je ne me suis pas laissé manipuler, ou si peu, la victime était tellement consentante ! J'ai besoin d'avancer. Et pour celà j'ai besoin de faire tomber les masques. Comme dans la vraie vie il est parfois souhaitable de le faire. C'est pourtant simple. Ou A. et N. ne sont que le produit d'un quelconque imaginaire (celui de l'un d'eux éventuellement), et en le sachant je pourrai mieux poursuivre ma route. Avec ou sans eux. Ou ils sont bien réels, leur amour est profond et sincère, et alors je ne comprends pas ce qui bloque. A moins d'un manque total de confiance en moi et en mes réactions.... Ce que je suis obligé de conclure pour le moment.

Il est vraiment haut ce col. Il recule au fur et à mesure que j'avance !

Samedi 21 Juillet à 15 h. 30

Cette nuit je suis rentré et me suis connecté très tard. Un oeil sur les messages... Rien... Un oeil sur le blog de WajDI. Il répond à ma question. Le souffle coupé. KO. J'ai lu, relu, re relu ses quelques lignes... Intenses. Percutantes... Insupportablement justes... Justes ? Pas si sûr... En tout les cas, il met avec pertinence le doigt là où ça fait mal... Je me suis couché complètement sonné. Mais en sachant qu'un peu de sommeil m'aiderait à y voir plus clair... Ce matin les choses avaient bien décanté. Une amie est à la maison. Pendant quelques jours je ne vais pas avoir beaucoup de temps. Une bonne chose pour prendre le recul nécessaire. Tout à l'heure j'ai croisé WajDi sur MSN. Brièvement. Juste le temps que je comprenne qu'il me sera très difficile d'exprimer la réalité du problème... Quant à ma réponse... Mais j'ai à nouveau envie de dire quelques petites choses... Et c'est déjà un point positif.

Publié dans : Je me prépare
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Bonjour...

    Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...

     

Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
      1er Février 2012
Je suis de retour dans le Royaume depuis un mois.    
      J'ai entrepris les démarches pour obtenir le statut de résident étranger au Maroc.
      Je ne peux plus me cacher derrière mon petit doigt : C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Je ne veux plus me torturer. Dans quelques mois peut-être, lorsque la France sera redevenue une République ouverte et démocratique...
. Pour l'instant je veux vivre. Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, ici, maintenant.    
Je baigne dedans.    
       
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  • Provence Région Parisienne ARLES Gascon Fès au Maroc
  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, je redécouvre l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune !

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. Je verrai.

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