Si !!!
Depuis deux ans, je n’avais vu que quelques tristes plaques de neige sale dans ce qui est sensé être l’une des plus belles stations d’hiver de l’Atlas.
Ifrane ! En janvier dernier, je racontais comment nous avions mangé à la terrasse du restaurant, cherchant vainement un quelconque petit flocon…
Nous venons de traverser plusieurs semaines de très mauvais temps. Vu le froid brusquement très agressif, nous supposions qu’il avait neigé sur les hauteurs voisines. Dimanche, premier jour de beau temps depuis notre retour de voyage dans le Sud, nous nous sommes précipités vers Ifrane.
Il avait neigé. Abondamment.
Tous les fassis avaient eu la même idée que nous.
Nous avons mis cinq heures pour parcourir les quelques petits quatre-vingt kilomètres ! Au pas. L’horreur. Chérubin est resté flegmatique. Moi, j’ai frisé l’apoplexie au moins dix fois. J’ai failli tuer un minimum de cinquantaine personnes : sur une route étroite partiellement déneigée, où l’on se croise difficilement, des clampins lassés de piétiner sur place, saoulés par leurs gamins surexcités (Je suis trop bon, beaucoup n’avaient pas cette excuse), stoppaient sans vergogne et descendaient jouer dans le manteau blanc, sans se soucier des énormes bouchons qu’ils provoquaient. Mieux ! Un car de tourisme a débarqué ses passagers, laissant trois malheureux flics débordés organiser tant bien que mal un sens alterné pour éviter l’engorgement ! Sans compter les autres flics rigolant et discutant entre eux sans se soucier le moins du monde des dépassements suicidaires de certains conducteurs tellement plus intelligents que les autres ! Bref, je ne vais pas redire ici ce que je pense de la conduite automobile (et motomobile !) au Maroc !
Les services de voierie n’avaient dégagé que le minimum vital. Les pistes (où Chérubin avait découvert la luge en fin d’hiver dernier) n’étaient pas accessibles. Seule consolation des visiteurs, les boules et les bonhommes de neige ! Et je dois reconnaître que petits et grands s’en donnaient à cœur joie ! Ah ! Si ! Il y avait aussi les Berbères, avec leurs chevaux magnifiquement harnachés qui proposaient des ballades à travers la poudreuse ! (J’ai vu des bêtes avec de la neige jusqu’au poitrail, qui ne semblaient pas particulièrement affectées…)
Au retour, de nuit avec un thermomètre à -4°C qui clignotait pour signaler le risque de verglas, Chérubin a pris le volant. Il valait mieux. Nous avons fait un très long détour pour éviter les points critiques. Nous sommes sains et saufs.





