Carnets de route

Mercredi 19 octobre 2011 3 19 /10 /Oct /2011 17:58

 

oignon116« N’y a plus qu’le P’tit Pierre,

Mais nous le marierons,

A la petit’ Jeannette

La fille du patron,

La fill’ n’est pas bien belle

Mais les oignons sont bons ! »

 

En ce moment, dans ma tête, le dernier couplet de cette vieille chanson française est lancinant.  C’est l’un des joyaux de notre folklore que nous aimions chanter, Monique et moi. Lorsque j’avais encore un filet de voix qui pouvait honorablement accompagner le soprano de ma femme.

 

Le dernier vers ne parle pas des légumes de l’illustration ! C’était une expression populaire qui voulait dire qu’il y avait de la réserve. Un bon gros bas de laine. Bref, du flouze.

 

              oignon115  oignon117

 Ici, l’or ne dégouline pas entre les planches disjointes du grenier. La plupart du temps, les maisons aux toits plats n’ont pas de combles. Résidences ou fermes. Alors, pour conserver leurs oignons, ils utilisent cette technique : un muret de pierres sèches pour protéger de l’humidité du sol et sans doute aussi de quelques parasites.

 

oignon118Les bouquets d’oignons soigneusement empilés sur ces murs, le tout recouvert d’une couche de foin en guise de chaume et de bâches soigneusement arrimées. En ce moment, entre Fès et la montagne, ces alignements réguliers pullulent. Je comprends enfin les raisons de ces murets que j’avais photographiés en décembre 2010 en allant vers  le Sud. A l’époque, je me demandais à quel jeu ils étaient destinés, et le vocabulaire de Chérubin était insuffisant pour qu’il comprenne mes interrogations et qu’il y réponde…

 

 

 

                               oignon004    oignon006

 

Hier, nous nous sommes baladés dans la montagne. Que du bonheur. J’y reviendrai sans doute. Il fait un temps splendide, et nous avions ouvert le toit de la voiture. C’était impressionnant : toute la campagne embaumait l’oignon ! De quoi avoir envie de se mettre à la cuisine ! 

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Mercredi 5 octobre 2011 3 05 /10 /Oct /2011 18:36

P1070053.JPGJe crains trop de savoir pourquoi je sens comme un flottement lorsque j’annonce l’activité professionnelle de mon Chérubin : il est couturier.

En France, c’est clairement un métier de femmes, sauf dans la grande couture où des folles extraverties cherchent à monopoliser le marché. Mais les « petites mains » sont presque exclusivement des femmes. J’exagère ? Si peu, et vous le savez bien.
   

Au Maroc, la couture est essentiellement un métier d’hommes, pour des raisons que je serais bien incapable d’expliquer avec certitude, mais qu’il n’est que trop facile de deviner : horaires impossibles, les femmes bien souvent privées d’activités, le contact avec la clientèle… De vrais mecs. Des virils bien machos. Quelques secteurs sont accessibles aux femmes m’a-t-on dit, notamment les habits pour enfants.

Toujours est-il que dans la famille de mon Chérubin, trois garçons ont été ou sont couturiers, les deux autres fabriquent chaussures et babouches. Et ils en sont fiers !

C’est l’un des frères aînés que j’ai filmé, un jour où il avait ramené du travail à la maison. Un, au charme indéniable, dont la virilité déborde par tous les poils. Je ne voulais aucune équivoque.
Regardez. Écoutez les salaires à la pièce. Un Dirham pour les découpes de tissus, dix pour coudre toutes les fioritures d’une djelaba, Trois pour passer l’habit terminé au pressing… Je suis resté sans voix.

 

Regardez. Voyez la précision des gestes quasi mécaniques. Ils n’ont pas le choix.
 

Que je l’aime, mon chérubin ! 
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...

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Bonjour...

    Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...

     

Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
      1er Février 2012
Je suis de retour dans le Royaume depuis un mois.    
      J'ai entrepris les démarches pour obtenir le statut de résident étranger au Maroc.
      Je ne peux plus me cacher derrière mon petit doigt : C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Je ne veux plus me torturer. Dans quelques mois peut-être, lorsque la France sera redevenue une République ouverte et démocratique...
. Pour l'instant je veux vivre. Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, ici, maintenant.    
Je baigne dedans.    
       
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
 
       
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Qui je suis

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  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, je redécouvre l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune !

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. Je verrai.

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