« N’y a plus qu’le P’tit Pierre,
Mais nous le marierons,
A la petit’ Jeannette
La fille du patron,
La fill’ n’est pas bien belle
Mais les oignons sont bons ! »
En ce moment, dans ma tête, le dernier couplet de cette vieille chanson française est lancinant. C’est l’un des joyaux de notre folklore que nous aimions chanter, Monique et moi. Lorsque j’avais encore un filet de voix qui pouvait honorablement accompagner le soprano de ma femme.
Le dernier vers ne parle pas des légumes de l’illustration ! C’était une expression populaire qui voulait dire qu’il y avait de la réserve. Un bon gros bas de laine. Bref, du flouze.
Ici, l’or ne dégouline pas entre les planches disjointes du grenier. La plupart du temps, les maisons aux toits plats n’ont pas de combles. Résidences ou fermes. Alors, pour conserver leurs oignons, ils utilisent cette technique : un muret de pierres sèches pour protéger de l’humidité du sol et sans doute aussi de quelques parasites.
Les bouquets d’oignons soigneusement empilés sur ces murs, le tout recouvert d’une couche de foin en guise de chaume et de bâches soigneusement arrimées. En ce moment, entre Fès
et la montagne, ces alignements réguliers pullulent. Je comprends enfin les raisons de ces murets que j’avais photographiés en décembre 2010 en allant vers le Sud. A l’époque, je me
demandais à quel jeu ils étaient destinés, et le vocabulaire de Chérubin était insuffisant pour qu’il comprenne mes interrogations et qu’il y réponde…
Hier, nous nous sommes baladés dans la montagne. Que du bonheur. J’y reviendrai sans doute. Il fait un temps splendide, et nous avions ouvert le toit de la voiture. C’était impressionnant : toute la campagne embaumait l’oignon ! De quoi avoir envie de se mettre à la cuisine !
