Et maintenant ?

Jeudi 24 janvier 2008 4 24 /01 /Jan /2008 19:12

J’ai une nouvelle voiture. Anecdotique. Pourquoi en parler sur le blog ?

Simplement parce que je jubile... Après avoir eu quelques sueurs. Etrange ou puéril, mais pas facile psychologiquement.

 

Lorsque nous avons changé de voiture il y a deux ans, les discussions étaient serrées. Pas une grosse voiture, nous ne pouvions nous le permettre, et Monique n’aimait pas. Pas trop petite non plus. Il y avait la chienne, ses 35 kilos à caser, mes propres 120 kilos, et quelques bagages quand nous étions amenés à nous déplacer... Pas autant que lorsque les enfants étaient petits, mais quand même... Surtout pas une deux portes. Ma tendre épouse aurait fait de la claustrophobie si elle avait dû monter à l’arrière pour une raison quelconque...

Monique se séparait difficilement de la petite Clio que son père lui avait donnée lorsqu’il avait réalisé qu’il ne conduirait plus jamais. Elle n’a pas pu s’en débarrasser. Karine en a hérité.

Nous avions opté pour une 206 SW. Ce petit break ne fait que quatre CV mais présente un espace disponible impressionnant. Moyen terme, en quelque sorte.

 

Pour une raison qui m’échappe, la location longue durée avait été faite au nom de Monique. Il ne pouvait y avoir qu’un seul locataire ! Entre autres démarches administratives, je suis donc allé au garage pour voir comment modifier le contrat. Impossible de changer de nom ! Je pouvais garder la voiture en continuant à payer (bien sûr !) mais je recevrais tous les mois la facture au nom de ma femme. Pendant encore trois ans. Insupportable.

Ils ne voulaient connaître qu’un locataire ? Hé bien, la personne étant décédée, je leur ai rendu la voiture. Ça, ils ne pouvaient pas y échapper...

 

Mais que choisir ? Seul, plus de chien. Je pouvais viser plus petit, bien que je n’aime pas trop les petits véhicules. Ou alors il faut qu’il soit bien nerveux... Histoire de délirer un peu... J’ai repensé à une deux (trois) portes. Les ouvertures sont nettement plus grandes, ce qui n’est pas négligeable pour loger ma lourde carcasse... J’ai osé. J’ai pris ce petit jouet :

 

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Mais je dois être un peu taré sur les bords. J’ai dû m’y reprendre à dix fois... Je veux, je veux pas... J’ose, j’ose pas... Monique n’aime pas les deux portes... Hé merde !

Pour la première fois de ma vie, j’ai le sentiment de lui faire une infidélité... Oui, vous avez bien lu.

Un peu con, non ?

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Mercredi 23 janvier 2008 3 23 /01 /Jan /2008 22:58

Je suis passé jeter un œil au cimetière cet après-midi. Le marbrier n’a toujours pas entrepris les finitions ni fait la gravure. Ce n’est pas grave. Monique a le temps.

En traversant les allées, mon attention a été attirée par les plaques souvenir. " Regrets éternels " supplante largement les autres " à mon père ", à mes parents ", " à ma sœur bien-aimée "... Bref. Au début j’ai voulu m’amuser à les compter, ensuite je me suis dit qu’il valait mieux compter les tombes qui ne l’avaient pas, pour finir... Je m’en fous un peu...

Mais qu’est-ce qu’ils ont tous à avoir des regrets pour leur éternité ?

 

Regrets d’avoir perdu un être bien-aimé ? Je dois être anormal, je n’ai pas de regret, seulement de la souffrance.

 

Regrets de ne pas l’avoir aimé suffisamment quand il était là ? Ce serait un peu tard pour se reprocher son égoïsme. Je ne sais pas si j’ai aimé ma femme suffisamment ou pas assez. J’ai l’impression, je crois, je pense, allez, je suis convaincu que je ne pouvais pas l’aimer davantage. Elle a été ma raison de vivre pendant quarante ans. Pardon les enfants. Mais c’est vrai.

 

Regrets de ne pas lui avoir été fidèle ? Ce ne serait pas des regrets, mais des remords. Même pas. Je l’ai écrit là, ici, ailleurs, à maintes reprises. Je ne crois pas en la fidélité physique. C’est dur d’affirmer ceci en pensant à Monique qui n’a jamais eu le moindre écart. Dur ? Non. Je crois pouvoir dire qu’elle n’a eu à combattre aucune tentation. Même pas pour se venger de mes fréquents... disons marivaudages. Quelqu’un peut regretter de ne pas avoir fait l’effort de résister à une aventure facile. Je n’ai jamais eu l’impression de me laisser aller. Chaque rencontre avait sa part non négligeable de douleur. C’était une sorte de besoin vital. Pour exister. Nous en avons souvent parlé. Pourquoi est-ce que je ressentais comme une exigence de survie la nécessité de laisser s’exprimer cette facette de ma personnalité ? Alors que je ne savais que trop qu’elle en souffrait. Et que je souffrais de la faire souffrir. Sans ces aventures, j’aurais été un handicapé. Privé de l’un de ses membres. Et je ne peux accepter le handicap.

Parfois elle m’a dit : " Si tu vas voir ailleurs, c’est que je ne t’apporte pas ce dont tu as besoin. " Et elle aurait fait plus que son possible, elle a beaucoup tenté, pour satisfaire tous mes fantasmes... Mais il ne s'agissait pas de fantasmes.

Il ne s’agissait même pas, en réalité, de passage à l’acte... A essayer de l’écrire, maintenant, cela me semble con. Aberrant. Il fallait que je me sente reconnu comme homosexuel. Obsédé par la peur de me trahir moi-même, de me désavouer... Sans cela, je n’aurais plus été moi. Donc j’aurais été... Rien !

 

Regrets des choses non dites à temps ? Je crois que ce sentiment est fréquent. Nous avons toujours voulu être discrets sur l’état de santé réel de Monique. A quoi bon inquiéter inutilement les gens qui de toute manière auraient été impuissants. Pourquoi anticiper une souffrance inévitable ? Certains d’entre vous m’ont reproché de ne pas être plus explicite avec mes enfants. De ne pas les appeler à l’aide. Je continue de penser qu’il aurait été cruel de dresser trop tôt une telle épée de Damoclès au-dessus de leur tête. Les circonstances m’ont donné en partie raison. Quand ils ont su, ils ont tous trois abandonné leurs activités pour venir au chevet de leur mère. Au risque d’en payer fort le prix quelques temps après. Maintenant. La vie d’artiste n’est pas simple. On ne se met pas en congé longue durée sans conséquence.

Il est vrai que notre médecin de famille avait insisté sur l’importance de ces moments d’accompagnement avant, qui aident à préparer le deuil. Il avait utilisé cet argument pour demander à ma femme de ne pas précipiter son départ, comme elle le souhaitait. Monique a accédé à ces arguments. Elle a essayé de " tenir ". Au prix de quelles souffrances, de quelles dégradations ? C’était sans doute une erreur. Pendant plusieurs semaines ils ont été là, auprès d’elle, attentifs et aimants. Pourtant, je le sais, ils me l’ont dit, ils n’ont pas pu lui dire tout ce qu’ils auraient voulu lui dire. Ils peuvent même en garder un sentiment de frustration, voire de culpabilité, parce que les circonstances auraient pu le permettre... On ne dit jamais tout ce que l’on voudrait dire. Quelle que soit la durée de la conversation. D’autres idées viennent toujours, après... Surtout, pas de regret. Le bonheur d’avoir vécu un moment fort, intense, ensemble.

Bien sûr, certains de nos proches sont tombés des nues, et ont clamé sur tous les tons : " Si nous avions su ! "... Mais nous ne voulions pas qu’ils viennent nous voir parce que la mort rodait. Mais parce qu’ils en auraient eu envie. Monique a écrit : " Nos roues ont tourné. "...

 

Regrets de voir partir trop tôt un humain au potentiel encore si riche ? Douloureux. Indiscutablement. Injuste. Amèrement. Mais il y a des moments où il faut faire des choix. Accepter une dégradation progressive au fil de longues années de souffrances et de contraintes multiples et médicalement variées, est-ce encore vivre ? J’ai choqué dans un billet en affirmant que la vie humaine est infinitésimalement petite au regard de l’univers... Que représentent quelques mois, quelques années ? Monique a choisi. Comme elle me l’avait écrit, dans une toute autre circonstance, " Nous avons vécu des choses trop intensément belles pour que j’accepte maintenant la médiocrité. ". Pas de regret. De merveilleux souvenirs.

 

Regrets de rester seul ?... Peut-être, plus égoïstement, y a-t-il beaucoup de cela dans ces fameux " Regrets éternels "... Dans une intense discussion il y a quelques mois, elle m’avait dit qu’après son départ, je pourrais enfin " avoir le petit ami que je n’avais jamais eu à cause d’elle "... Expression d’une souffrance. Irréalisme. Elle ne me voyait pas avec des yeux objectifs. J’en ai parlé à plusieurs reprises dans différents billets... On ne vend pas encore de pochettes surprises avec ce type de produit. Et c’est vrai que la solitude est inhumaine.

Côté maison, pas de problème. Papy Confitures ne se débrouille pas trop mal..... Il y a plus d’un an que je porte la maison à bout de bras. Alors.. Et la cuisine, ça va. Je peux encore recevoir sans que les invités soient inquiets... Des visiteurs en vue ?

 

Alors, comme le chantait la grande Piaf : " Non, rien de rien... "... Je suis désolé et bien triste... Je n’aurai pas de regrets éternels !

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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...

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Bonjour...

    Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...

     

Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
      1er Février 2012
Je suis de retour dans le Royaume depuis un mois.    
      J'ai entrepris les démarches pour obtenir le statut de résident étranger au Maroc.
      Je ne peux plus me cacher derrière mon petit doigt : C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Je ne veux plus me torturer. Dans quelques mois peut-être, lorsque la France sera redevenue une République ouverte et démocratique...
. Pour l'instant je veux vivre. Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, ici, maintenant.    
Je baigne dedans.    
       
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
 
       
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  • Provence Région Parisienne ARLES Gascon Fès au Maroc
  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, je redécouvre l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune !

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. Je verrai.

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